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Ismayl Urbain, Un militant arabophile

samedi 9 janvier 2010, par Michel Levallois


Voici la présentation de Wikipedia

"Ayant appris l’arabe en Égypte, il obtient le poste d’interprète aux armées en Algérie, pour lequel il a postulé. Débarqué à Alger en 1837, il sert comme interprète sous divers généraux, dont Bugeaud, Rumilly, Changarnier. En 1840, il épouse une jeune Algérienne, dont il aura, en 1843, une fille. Ses vastes connaissances et son expérience de l’islam l’amènent à participer à l’administration algérienne à un haut niveau. Devenu membre du Conseil Consultatif affecté au Gouverneur-Général, il est inclus dans la plupart des décisions majeures touchant à l’Algérie.

Appelé au ministère de la guerre en 1845, il retourne en France, où il fera venir sa femme. Le 29 mai 1857, constatant l’échec du rapprochement qu’il avait espéré entre la famille musulmane et la famille française, il se résout à épouser sa femme devant l’état-civil et fait baptiser le lendemain sa fille, qui subissait sans cesse les moqueries de ses camarades de pension des Sœurs de la Doctrine chrétienne à Constantine. Cet acte ne suffit pas à apaiser le milieu catholique composé d’Espagnols, de Maltais, d’Italiens et de Méridionaux composant la nouvelle société des colons en Algérie, qui lui reprochent de ne pas avoir fait bénir son mariage à l’église et l’absence de baptême de sa femme.

Largement responsable de la politique arabophile de Napoléon III, dont il était le conseiller personnel, Urbain correspondait avec de nombreuses personnalités politiques, militaires et culturelles majeures de l’Algérie de son temps. Dans un article de la Revue de Paris de 1857, Urbain dénonça l’expression de « Kabylie » comme une invention due à l’esprit français de systématisation, que n’utilisaient ni les Arabes ni les Berbères d’Algérie.

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L’Algérie pour les Algériens.
L’Algérie pour les Algériens de Georges Voisin autrement dit Ismaÿl Urbain.

En 1861, il publie sous le nom d’emprunt de Georges Voisin l’Algérie pour les Algériens, où il défend les idées de royaume arabe que Napoléon III, influencé par les idées saint-simoniennes, voulait mettre en œuvre à l’instigation d’Urbain, mais auxquelles s’opposèrent farouchement les colons et les intérêts économiques algériens.

Pour lire le livre cliquer sur la vignette ci-dessous

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L’Algérie pour les Algériens de Georges Voisin pseudonyme de Ismaÿl Urbain
Ismaÿl Urbain défend les idées de royaume arabe que Napoléon III voulait mettre en œuvre. Il rencontra une opposition farouche de la part des colons. Sa position heurtait les intérêts économiques algériens.

Le renouvellement des attaques d’Urbain, dans l’Algérie française : indigènes et immigrants, en 1870, suscita une très vive agitation dans la colonie. Les écrits d’Urbain soulevèrent des réactions si passionnées que la polémique qui en résulta eut pour conséquence d’éclipser presque complètement les idées qui y étaient développées.

À la mort d’Urbain, Émile Masqueray reprit le combat pour la défense des droits des Algériens contre le comportement répressif des colons.


Le site, Société des études saint-simoniennes, sous la plume de Michel Levallois, présente cet humaniste hors norme dont la vision politique des relations entre communautés en Algérie étaient d’une modernité qui force l’admiration.


Pour connaître la société des études saint-simoniennes, présidées par Michel Levallois http://lire.ish-lyon.cnrs.fr/ESS/in...

Pour connaître Ismaÿl Urbain http://lire.ish-lyon.cnrs.fr/ESS/ur...

Pour la célébration du bicentenaire d’Ismaÿl Urbain (1812-1884) http://lire.ish-lyon.cnrs.fr/ESS/ou...


Cet acteur méconnu de la politique algérienne française auprès de tous ceux qui s’intéressent au saint-simonisme, au mouvement des idées et à la presse au XIXe siècle, à la conquête de l’Algérie et à l’évolution des doctrines coloniales depuis la monarchie de Juillet jusqu’aux débuts de la Troisième République.

APPOLLINE, Thomas, à l’état-civil Né à Cayenne (Guyane française) le 31 décembre 1812 (acte du 2 mars 1813), décédé à Alger le 28 janvier 1884. Officier de la Légion d’honneur.

« S’il est un saint-simonien dont la foi n’a jamais failli, c’est bien Ismaÿl Urbain, pour qui l’utopie développée par Enfantin a eu un sens évident, révélateur, vital. »

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Ismaÿl Urbain à Marseille en 1868

(Anne Levallois, dans N. Coilly et Ph. Régnier dir. , Le Siècle des saint-simoniens, Bibliothèque nationale de France, 2006, p. 114.) Fils naturel d’un négociant marseillais installé à Cayenne, Urbain Brue, et d’une femme de couleur libre, Marie Gabrielle Appoline, dont la grand-mère était noire et avait été esclave, le jeune Thomas Appoline ne devint Ismaÿl Urbain qu’après avoir surmonté le handicap de « cette double tache » : sa naissance naturelle et son ascendance servile. Ses origines faisaient de lui « un déshérité de la société que les privilégiés de la naissance avaient stigmatisé ». En lui refusant le droit à son nom de famille de « Brue » et en lui assignant son prénom d’ « Urbain » comme patronyme, son père lui signifiait clairement sa volonté de le tenir à l’écart. C’est dans sa rencontre avec les idées saint-simoniennes et avec les membres de la « famille » constituée autour du Père Enfantin que le fils illégitime construisit son identité et parvint à donner un sens à sa vie. De tous les fidèles d’Enfantin, il est sans doute celui qui, au plan personnel, fut le plus redevable aux idées et aux disciples du mouvement. Il leur resta fidèle jusqu’à sa mort.


A sa mort, Léon Hugonnet consacra à Urbain un bel article qui parut dans les numéros de décembre 1883 et de mars 1884 du Bulletin de la Société française pour la protection des Indigènes des colonies.

Et le 26 septembre 1891, à l’occasion d’une enquête sénatoriale en Algérie, Émile Masqueray rappela sa mémoire en écrivant : « C’est lui qui le premier a mis en plein jour cette formidable question indigène que tout le monde aujourd’hui semble découvrir. Il l’a étudiée sous toutes ses faces et il l’a théoriquement résolue avec la justesse d’esprit d’un homme d’État, le détachement d’un philosophe

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