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Albert Camus et le drame algérien

dimanche 7 février 2010, par Nazim Benhabi

Il paraît interessant de savoir comment Albert Camus est perçu actuellment par certaines élites algériennes. L’article remarquable et passionnant du chirurgien Nazim Benhabi a été publié dans El Watan en deux parties. A lire par ceux qui ont l’Algérie chevillée au coeur.


Introduction.

L’homme qui écrivit « Au printemps, Tipasa est habitée par les dieux et les dieux parlent dans le soleil et l’odeur des absinthes, la mer cuirassée d’argent, le ciel bleu écru, les ruines couvertes de fleurs et la lumière à gros boulons dans les amas de pierre »(1), Albert Camus venait de succomber, le 4 janvier 1960, dans un effroyable accident de voiture dans le sud de la France. Il n’avait que 46 ans, trop jeune pour que son destin prenne fin aussi brutalement. Il mourait et laissait son pays, l’Algérie, en guerre.

Je ne peux m’empêcher de me demander quelle aurait été sa réaction s’il avait connu les conflits qui ont suivi ? Quelle aurait été son approche du conflit israélo-palestinien ? Ou du conflit sahraoui ? Plus récemment, qu’aurait-il écrit suite à l’échec de la conférence de Copenhague ? Et qu’aurait-il pensé de l’élection d’Obama ? Tant de sujets où son propos et son analyse aurait été précieux. http://www.elwatan.com/Albert-Camus...


Conclusion. Cinquante ans après sa mort, autant après l’indépendance de l’Algérie et la fin de la longue nuit coloniale, les défis que connaît son pays sont toujours aussi multiples. Quant à la France, des relents entretenus de révisionnisme continuent d’empêcher les deux peuples d’aller de l’avant et l’histoire de s’écrire sans haine et sans rancœur.

L’Algérie, restera pour tous ceux qui l’aiment, et Camus en premier, cette terre baignée de lumière où nous nous ressemblons tous enfants du soleil. Où que nous soyons né, nous appartenons à ce pays unique, à ce carrefour d’influences, cette inimitable synthèse de l’ancien et du moderne, de l’Europe et de l’Afrique, ce pays où les hommes ont les pieds accrochés au sol africain, le sang chaud des Berbères, le cœur battant des Arabes et la tête tournée vers l’Europe. Paul Valéry, en analysant le conflit existant entre le progrès et la tradition, avait en parlant du concept de « l’enrichissement des mutuelles différences » trouvé la formule qui convient le mieux à l’Algérie ... L’Algérie, c’est ce « vieux fleuve artificiellement détourné qui retrouve aujourd’hui sa pente naturelle, mais les eaux mêlées qu’il a charriées pendant cent trente-deux ans ont profondément marqué son cours et façonné ses rives ». Ce pays, demain comme hier, ne peut être placé que sous le signe de la rencontre, car dès lors qu’il cesserait d’être multiple, il serait mutilé. « La confrontation perpétuelle est tout à la fois sa vocation, son inconfort et sa grandeur. » C’est toute la signature camusienne. http://www.elwatan.com/Albert-Camus...

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