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France Algérie : « Il y a tant de choses à faire ensemble »

lundi 19 décembre 2011, par Nadjia Bouzeghrane

Durant toute une journée le champ des rapports franco-algériens, depuis la question du passé colonial, à la coopération bilatérale et à son renforcement dans les domaines de l’économie, des relations politiques bilatérales, de géostratégie d’échanges universitaires, de formation scientifique et technique, du cinéma, de la littérature, de l’édition, des médias, a été balayé par des participants de renom –personnalités politiques, anciens diplomates, intellectuels, journalistes - au colloque qui s’est tenu samedi à l’Assemblée nationale à l’initiative de l’association d’amitié France Algérie que préside l’ancien ministre d’Etat Jean- Pierre Chevènement.


Il a été aussi question de méfiance et de confiance, de relations humaines, de partenariat à construire, voire consolider, dans le respect et l’égalité, de regard croisés dans les médias… Le colloque ne pouvait faire l’impasse des révolutions arabes et de la victoire électorale des islamistes en Tunisie, au Maroc et en Egypte.

Une dizaine de tables-rondes ont été consacrées à cet ensemble de thèmes, au vu de la densité et de la complexité de la relation franco-algérienne.

Le ton du colloque a été donné, en ouverture, par l’ancien ambassadeur François Scher, affirmant : « nous avons tant à faire ensemble ». C’est le fil conducteur d’un colloque résolument tourné vers l’avenir - alors que le passé était omniprésent dans toutes les communications - , avec en filigrane la commémoration du cinquantième anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, comme l’a voulu l’association d’amitié France Algérie et son président Jean-Pierre Chevènement.

A la faveur de cette journée d’échanges, les participants ont procédé à une mise à plat, avec franchise, du tissu relationnel franco-algérien dans toutes ses dimensions, avec ses points forts, ses ratés, ses manques, ses lacunes, avancé des propositions pour un « véritable partenariat d’exception » et esquissé un rôle plus significatif du duo franco-algérien au niveau régional.

Jean-Pierre Chevènement a d’ailleurs, en conclusion de ce premier colloque qui a réuni plusieurs dizaines de personnalités de tous horizons, participants ou auditeurs, a souligné que le mot d’amitié est trop faible, « je dirai qu’il y a une identité franco-algérienne » . Il a appelé à travailler à « une coopération féconde à tous les niveaux, il y a tant de choses à faire ensemble ». « J’ai voulu que ce colloque soit tourné vers l’avenir, non pas parce que le passé ne devrait pas être assumé, avec ses lumières et ses ombres. Rien ne peut faire que le passé n’ait pas existé et que pendant cent trente deux ans le système colonial n’ait pas pesé lourdement sur notre relation. » « L’avenir est chargé de défis. Nous les relèverons ensemble beaucoup mieux que si nous laissions notre relation se teinter d’indifférence ».

A noter parmi les intervenants Jean-Pierre Raffarin, ancien premier ministre, Sid Ahmed Ghozali, ancien premier ministre, Cherif Rahmani, ministre de l’aménagement du territoire, Lakhdar Brahimi, ancien ministre des Affaires étrangères, Bariza Khiari, vice-présidente du sénat français, François Scheer, ancien ambassadeur de France, Alfred Siefer Gaillardin, ancien ambassadeur de France en Algérie, vice-président de l’AFA, les journalistes Jean Daniel, Jean-Pierre Elkabach, Omar Belhouchet, les écrivains Boualem Sansal et Rachid Boudjedra, Charles Bonn, professeur à l’université de Lyon 2, Michèle Gendreau Malassoux, ancienne rectrice de l’Agence universitaire de la Francophonie, Régis Debray, philosophe et écrivain, Malek Chebel, philosophe et anthropologue, Issad Rebrab, président de Cevital, Laurent Dupuch, président de BNP Algérie et président des conseillers du commerce extérieur à Alger, Jean-Marie Pinel, président de la chambre de commerce algéro-française, Benoît Richard, directeur de la stratégie à Saint-Gobain Solar, Bernard Bigot, administrateur général du CEA, Bernard Guirkinger, membre du comité exécutif de Suez environnement, Samir Karoum, président d’Alstom Algérie.

Nadjia Bouzeghrane

Article paru dans El Watan du 19 décembre 2011 http://www.elwatan.com//actualite/f...

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6 Messages de forum

  • C’est vraiment la langue de bois. diplomatique. Une telle réunion avec le même ordre du jour (cinéma, université, etc.) aurait pu se tenir avec le Paraguay, le Turkmenistan ou le Vanuatu. Il faut dire que lorsqu’on voit les personnes qui y participaient, du côté de la France, on se demande où est la chair, où est le sang, de cette "personnalité franco-algérienne" comme ils osent dire. Une réunion de diplomates, de hauts fonctionnaires versés dans la politiques et de dignitaires du monde politico-médiatique.

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    • France Algérie : « Il y a tant de choses à faire ensemble » 23 décembre 2011 09:39, par Chaoui de coeur

      @Marcovich Paix sur terre aux hommes de bonne volonté.

      Je ne comprends pas cette réaction véhémente la Guerre d’Algérie est terminée depuis cinquante ans Il est tout à fait naturel que nos deux peuples, qui ont tant de choses en commun (l’Algérie est le premier pays francophone après la France, et ses écrivain’(e)s méritent d’être connus) se rapprochent ,comme l’ont fait les Français avec l’Allemagne. Pourtant ce ne fut pas pour eux toujours une démarche facile, surtout pour ceux et celles qui avaient perdu l’un ou plusieurs des leurs au cours des trois guerres franco-allemandes Cela en 70 ans.

      Mais surtout dans ces occasions les Algériens, qui à la différence des européens d’Algérie, n’étaient pas des citoyens à part entière, sont venus trois fois à se battre à nos cotés, sans parler de leur participation à la guerre de Crimée,a la campagne d’Italie et aux guerres coloniales.

      Bien sur il y a aussi les immigrés qui ont travaillé dur sur nos chantiers, dans nos usines et dans nos mines.

      Dites vous aussi que le rapprochement est tout aussi difficile pour les familles de moudjahidines dont les noms se succèdent sur les monuments aux morts d’Algérie.

      J’ai fait la guerre d’Algérie, notamment dans l’Aurès, comme jeune officier d’active. Croyez bien que ce n’est pas de gaieté de coeur que j’ai du amener le drapeau.

      Ma peine fut d’autant plus profonde que j’ai laissé là-bas des camarades métropolitains et algériens morts au combat pour rien. Mais ce séjour en Algérie et depuis, mes lectures, m’ont fait découvrir les raisons profondes qui ont conduit au drame. L’ouvrage de Pierre Darmon, l ’affaire des officiers algériens (cf ce blog) sont des illustrations parmi d’autres du déni de justice dont à souffert le peuple algérien. Déni d’autant plus grave qu’il marginalisait des personnes de qualité, qui auraient pu tout à fait exercer des responsabilités à la place de certains européens qui ne devaient leur poste qu’à leur origine.

      Je le dis d’autant plus volontiers que depuis je me suis fait des amis et amies algériens ou français de parents français-musulmans dont le parcours et les compétences forcent l’admiration. Grâce à eux j’ai passé des jours inoubliables dans leur famille en Algérie.

      Le pays a beaucoup changé. Il s’est modernisé. On ne voit plus cette misère d’une population en haillons et amaigries par les privations, qui s’entassait dans les camps de regroupement ou dans les quartiers "indigènes".

      Il n’a plus rien de comparable avec celui que j’avais connu dans les années 1959-1962. Pourtant il a cumulé les handicaps : absence de cadres en nombre suffisant à l’indépendance, séquelles du retard pris pour instruire les algériens, échec de l’industrialisation industrialisante, contre-choc pétrolier des années 1980, intervention du FMI, désindustrialisation à la suite des privatisations, mouvement populaire de 1988 et répression, montée en puissance des Islamistes, années noires 1992-2002.

      Certes tout n’est pas idyllique, l’Algérie souffre des effets pervers de la rente pétrolière et de l’influence au moins formelle des islamistes ,adeptes de l’économie de bazar. Résultat la jeunesse s’ennuie dans ces villes où la vie est rythmée par l’appel à la prière et les meilleurs choisissent l’exil.

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      • Monsieur le Chaoui de coeur, Je me permets de vous faire observer que je n’ai rien dit sur les Algériens dans mon commentaire, et que j’ai attaqué la partie française composée à mon avis pour l’essentier de partisans de la gouvernance mondialiste et qui sous prétexte de ""personnalité franco-algérienne" oeuvrent en fait pour toujours plus d’immigration.

        Quant aux Algériens, je n’ai rien contre eux et même je les comprends s’il veulent toujours plus d’aides, etc. Je ne suis pas contre, dans la mesure où il y a contre-partie du point des intérêts de la France en tant que nation. Par exemple, je ne les aiderais pour mettre en place un pouvoir islamiste, comme ont fait Sarkosy et Obama en Lybie.

        Il ne faut tout de même pas avoir de vue misérabiliste sur l’Algérie, et si, au nom de la France, des injustices et des crimes ont été commis dans ce pays, la colonisation leur a permis de s’ouvrir au monde, de découvrir les idées de progrès à tous points de vue, et en partant la France leur a laissé le pétrole qu’ils n’auraient jamais découvert par leurs propres moyens sans cette ouverture au monde apportée aux pays islamo-arabe par la France et l’ensemble de l’Occident, malgré les aspects négatifs. Cette manne pétrolière leur permet de vivre aujourd’hui dans de bonnes conditions, tant que le pétrole restera une marchandise très recherchée. D’autres pays ont subi de très grands cataclysmes et ont réussi à surmonter leur situation et à se développer : Corée, Japon, etc. Il est vrai que leur culture bouddhiste est très proche de la culture occidentale.

        Quant à la paix, elle n’existe hélas que dans les cimetières. La paix est un voeux, la guerre est une réalité, dit le dicton.

        Quand les Anges disaient dans l’Evangile selon Luc, Paix aux hommes de bonne volonté, ils voulaient dire paix aux hommes de la volonté bonne, aux bons croyants de la religion bonne (pas aux mécréants), car il ne faut pas oublier que l’Evangile est né de et dans la culture orientale avec sa vision manichéenne (mazdéisme, zoroastrisme, judaïsme, christianisme primitif, et islam). Nous Occidentaux, nous l’interprétons comme paix pour ceux qui cherchent une solutions acceptable par tous les partis. Différence des visions du monde.

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  • Vous aurez remarqué l’absence de pesonnalités kabyles dans ce foure-tout Oui l’Algerie offerte par la France à Nasser avec ses kabyles jetés en pature au arabo-islamistes .De Gaulle s’est bien vengé des kabyles qui on osé reclamer la liberté parcequ’ils etaient sous la pression innaceptable du colonnialisme .Aujourd’hui seules les kabyles payent la facture de la haine et de la terreur instaurés par les nouveaux colons et bien entendu le mepris affiché par la France à l’egard des kabyles et de tout ce qui est et respire l’amazighe.Nous voila au 50e anniversaire de la nouvelle colonnisation de ce territoire amazighe que l’on appele l’Algerie Vive l’autodetermination du peuple kabyle

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