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HISTOIRE DES BERBERES. Un combat identitaire plurimillénaire

samedi 26 mai 2012, par Bernard LUGAN

Les Berbères ou Imazighen (Amazigh au singulier) constituent le fond ancien de la population de l’Afrique du Nord. Ils formaient à l’origine un seul Peuple qui fut peu à peu fragmenté par une histoire à la fois riche, complexe et mouvementée. Les partisans de l’arabo-islamisme affirment qu’ils sont sortis de l’histoire, leur conversion à l’Islam les ayant inscrits de façon irréversible dans l’aire politico-culturelle de l’arabité. D’autres vont jusqu’à nier leur existence comme le ministre algérien de l’Éducation nationale qui déclara en 1962 qu’ils « sont une invention des Pères Blancs ».

Tout au contraire, les Berbères affirment leur identité et leur antériorité. Aujourd’hui, le « Réveil berbère » qui est devenu transnational se radicalise, certains allant jusqu’à dire avec Mohammed Chafik : « Et si l’on décolonisait l’Afrique du Nord pour de bon ! »

Qui sont donc les Berbères ? Quelle est leur origine ? Comment furent-ils islamisés ? Quelle est leur longue histoire ? Comment se fait aujourd’hui la renaissance de la berbérité ? Peut-elle être une alternative au fondamentalisme islamique ?

C’est à ces questions qu’est consacré ce livre qui n’a pas d’équivalent. Son approche est ethno historique et couvre une période de 10 000 ans. Il est illustré par de nombreuses cartes en couleur et par des photographies



HISTOlRE DES BERBERES Un combat identitaire plurimillénaire

Ci dessous un large extrait du livre de Bernard LUGAN

AVERTISSEMENT

Dans ce livre, et bien qu’il soit très discutable, le nom Berbère sera généralement utilisé à la place de l’ethnonyme licite qui est Amazigh.

Pour ce qui est des actuels États de Tunisie, d’Algérie et du Maroc, nous parlerons de Berbérie pour la période précédant l’islamisation et de Maghreb ensuite. Pour ce qui est de la bibliographie, nous avons choisi d’utiliser les règles anglo saxonnes car elles présentent un double avantage, celui de ne pas alourdir le texte et celui de la clarté.

Ainsi, par exemple Abrous (2007:44), référence qui renverra directement à la bibliographie placée en fin du présent volume.


Présentation

Les Berbères [1] constituent le fond ancien de la population d’une vaste partie de l’Afrique, depuis le delta du Nil jusqu’à l’Atlantique - îles Canaries comprises -, et de la Méditerranée jusqu’au Sahel [2]. Ils formaient à l’origine une seule population qui fut peu à peu fragmentée par une histoire complexe et mouvementée, leur horizon se rétractant sur des territoires de plus en plus morcelés [3]. Ce phénomène récent s’accentua à partir du XVI° siècle.

Jusqu’au XVI° siècle en effet, le Maghreb fut dirigé par des dynasties berbères islamisées mais non arabisées, puis un basculement se produisit. Au Maroc, deux dynasties arabes (Saadiens puis Alaouites) se succédèrent cependant que, plus à l’Est, le pouvoir ottoman coiffa une mosaïque ethno-territoriale composée de tribus arabes et berbères juxtaposées et parfois enchevêtrées. Ce fut à partir de ce moment que les Berbères ne furent plus les maîtres de leur histoire.

Les partisans de l’idéologie arabo-islamique affirment d’ailleurs que les Berbères sont aujourd’hui sortis de l’histoire. Ainsi pour le colonel Kadhafï :

« (...) les tribus amazighs (berbères) se sont éteintes il y a longtemps, depuis le temps du royaume de Numidie. Personne n’a le droit de dire « je viens d’ici ou de là-bas ». Celui qui le fait est un agent du colonialisme, qui veut diviser pour régner ». (Mouammar Kadhafï, discours à la Nation le 2 mars 2007).

D’autres vont encore plus loin. Dans les années 1950, la revue Al Maghrib publia ainsi un article dans lequel il était écrit que n’ayant pas de généalogie, les Berbères ne peuvent accéder au Paradis que s’ils se rattachent à des lignées arabes [4]. Quant au ministre algérien de l’Éducation nationale, il déclara en 1962 que « Les Berbères sont une invention des Pères Blancs »...

Ce négationnisme arabo-musulman est relayé par une certaine école africaniste française, celle qui nie l’existence des peuples et des ethnies, ou qui prétend qu’ils seraient le résultat de la colonisation. Faite au nom de l’universalisme et de la lutte contre tous les enracinements, cette curieuse démarche qui prive les peuples de leur histoire est bien illustrée dans la question suivante :

« La distinction entre Berbères et Arabes est-elle une construction idéologique et politique héritée de la colonisation ou présente-t-elle une valeur heuristique ? » (Bonté, 2009 : l) [5].

Ce refus de la réalité historique et ethno politique repose sur un postulat qui est que l’islamisation aurait marqué la fin de l’histoire des Berbères, leur conversion massive à l’Islam, il y a quatorze siècles, les ayant inscrits de façon irréversible dans l’aire culturelle de l’Islam, donc de l’arabité (Haddadou, 2003 : 133). Cette manœuvre traduit l’inquiétude fondamentale des dirigeants arabo-islamiques nord africains face à la force du réveil berbère si fortement exprimée en 2004 par Mohammed Chafik au travers de sa célèbre question-réponse : « Au fait, pourquoi le Maghreb arabe n’arrive-t-il pas à se former ? C’est précisément parce qu’il n’est pas arabe ». Cette phrase était incluse dans un article dont le titre explosif était : « Et si l’on décolonisait l’Afrique du Nord pour de bon ! » [6], intitulé signifiant qu’après avoir chassé les Français, il convenait désormais pour les Berbères d’en faire de même avec les Arabes...

Depuis le XX° siècle, tant au Maroc qu’en Algérie, l’arabisme s’est constamment affirmé contre la berbérité. Au Maroc, l’Istiqlal, à l’origine parti urbain arabo-andalou eut ainsi comme principal adversaire la campagne berbère et ses chefs tribaux vus comme des séparatistes. En Algérie, le nouvel État s’est construit sur l’éviction des maquisards berbères par les forces de l’armée des frontières qui avaient vécu la guerre loin du feu, dans les camps installés en Tunisie et au Maroc.

Le tamazight, langue autochtone de toute l’Afrique du Nord ne serait-il donc plus qu’une langue morte face à l’arabe, langue liturgique et politique importée depuis l’Orient ? Aurait-il donc été effacé par 12 siècles de « colonisation linguistique » ? Par-delà les querelles de chiffres, il est raisonnable d’estimer qu’aujourd’hui les berbérophones pourraient représenter environ 35 à 40 % de la population du Maroc, 25 % de celle de l’Algérie, 1 % de celle de la Tunisie, entre +-10 % de celle de la Libye et moins de 1 % de celle de l’Égypte. Il ne s’agit cependant là que d’évaluations car aucun recensement n’a été fait. Au total, les berbérophones seraient entre 40 et 50 millions. Aujourd’hui, la langue berbère est reconnue au Mali et au Niger où le tamazight a un statut de langue nationale et au Maroc où, depuis le 1" juillet 2011, il constitue selon la nouvelle Constitution une « langue officielle de l’État, en tant que patrimoine commun à tous les Marocains ».

Hier encore maîtres d’un immense espace recouvrant toute l’Afrique du Nord, qui sont donc les Berbères ? Quelle est leur longue histoire ? C’est à ces questions qu’est consacré ce livre. Son approche est ethno-historique et couvre une période de 10 000 ans. ……

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HISTOIRE DES BERBERES. Un combat identitaire plurimillénaire
par Bernard LUGAN. Auteur notamment d’une Histoire de l’Égypte, d’une Histoire du Maroc et d’une monumentale Histoire de l’Afrique, Bernard Lugan est universitaire. Il dirige un séminaire à l’École de Guerre, il dispense un enseignement aux Écoles de Saint-Cyr-Coëtquidan, il est conférencier pour l’IHEDN et il dirige la revue mensuelle par internet l’Afrique réelle.

TROISIÈME PARTIE (Page115)

DES BERBÈRES DOMINẺS

À LA REVENDICATION DE LA TAMAZGHA [7]

À partir de la fin du XVI° siècle, les Berbères du Maghreb perdirent la maîtrise de leur destin. Le Maroc fut dirigé par des dynasties arabes (Saadiens puis Alaouites), quant aux royaumes de Tlemcen et de Tunis, ils passèrent sous contrôle ottoman, la plus grande partie de leurs anciennes dépendances se transformant en une multitude tle villes principautés sur le littoral el de fiefs tribaux dans l’intérieur. La disparition des États berbères se fit parallèlement à la montée en puissance des tribus arabes qui se mirent au service de l’État chérifien au Maroc et de la Porte ottomane dans les Régences d’Alger et de Tunis. En Libye, cette période marqua le repli des derniers berbérophones sur des isolais sahariens en Cyrénaïque et autour du djebel Nefusa en Tripolitaine.

Cette situation perdura durant la période coloniale qui accentua encore la marginalisation de la berbérité. Au moment de la conquête la grande majorité de la population algérienne était en effet berbérophone [8] alors qu’aujourd’hui, elle est arabophone. Les indépendances virent ensuite le triomphe de l’idéologie arabo-musulmane et du postulat du « Maghreb arabe ». Au Maroc comme en Algérie, l’arabisme s’est en effet constamment affirmé contre la berbérité. Au Maroc, l’Istiglal eut comme principal adversaire la campagne berbère et ses chefs tribaux vus comme des insoumis potentiels ou même comme des « séparatistes ». En Algérie, le nouvel État se construisit à travers l’éviction des maquisards berbères par l’Armée de frontières qui avait vécu la guerre dans les camps de Tunisie et du Maroc.

Il fallut attendre la fin du XX° siècle et le début du XX° pour assister à un retour des Berbères sur le devant de la scène.

Chapitre I

Les Berbères perdent la maîtrise de leur destin (XVI°-XX° siècle)

Au Maroc, les tribus arabes profitèrent de l’affaiblissement des Mérinides puis des Wattassides pour jouer un rôle de plus en plus important. Il devint déterminant à partir du moment où deux dynasties arabes, celle des Saadiens, puis celle des Alaouhes [9] gouvernèrent le pays. Dans la partie centrale et orientale du Maghreb, les Ottomans subjuguèrent les tribus berbères mais tout en devant composer avec elles.

A - Le Maroc entre Arabes et Berbères

Originaires de la région de Yanbo, dans le Hedjaz, en Arabie, les Saadiens étaient apparentés à la famille du Prophète. Au XV° siècle ils s’installèrent dans le sud du Maroc, dans la région de Zagora. Cette dynastie gouverna le Maroc durant un siècle, de 1554 à+-1650 (Lugan, 2011 : 149-179). Au lendemain de la mort du sultan saadien Ahmed El-Mansour survenue en 1603, le Maroc connut une période de dissociation, les fils du défunt s’entredéchirant pour le pouvoir (Hajji, 1977 et 1983). La guerre civile ravagea alors le royaume, provoquant son éclatement en cinq zones, le centre avec la zaouia berbère de Dila, le Nord rifain avec pour capitale Chaouen, la « république » corsaire de Salé dont l’autorité s’étendait à une partie de la Chaouia ; (Page 118) le Sud Ouest, contrôlé par la zaouia berbère d’Illigh avec pour cœur le Souss et enfin le Tafilalet dont une partie était « arabe »,

La zaouia de Dila qui fut la façade religieuse de plusieurs tribus berbères du groupe sanhaja, avait été créée au début du XV° siècle dans la région de Midelt, au coeur du Moyen Atlas. Sous la direction Mohammed el Hajj, elle se rendit maîtresse du Tadla, des cols de l’Atlas et de la route Fès-Marrakech. Elle reprit à son compte, mais en l’organisant, le mouvement séculaire poussant les montagnards berbères vers les basses terres fertiles s’étendant entre l’Atlas et l’atlantique.

Le sultan saadien Mohammed ech-Cheikh (1554-1557) tenta de la contenir, mais il fut battu. Replié dans sa capitale, Marrakech, il abandonna alors l’intérieur du pays aux Dilaïtes qui entamèrent une véritable conquête territoriale en s’emparant de Fès, de Meknès et enfin de Salé en 1651. C’est dans ce climat anarchique qu’apparut la dynastie alaouite [10] qui refit l’unité du Maroc.

Une lutte à mort opposa les Alaouites arabes aux Dilaïtes berbères. La guerre éclata en 1646, durant le règne de Moulay Mohammed (1636-1664), quand les Dilaïtes prirent et pillèrent Sijilmassa. Puis, après avoir réussi à s’emparer de plusieurs points d’appui dilaïtes, Moulay Mohammed se porta au secours de Fès-Jdid qui venait de se soulever contre les Dilaïtes.

Moulay Rachid (1664-1672) [11] poursuivit la lutte contre la zaouia et en moins de dix années, il réussit à imposer son autorité à tout le Maroc. Il commença par prendre le contrôle de la voie caravanière qui, partant de Sijilmassa et aboutissant à la basse vallée de la Moulouya, permettait de relier la Méditerranée aux confins sahariens. (Page 119 )

Contrôlant donc les itinéraires les plus occidentaux du commerce transsaharien, il en perçut les profits, ce qui lui permit d’armer des troupes avec lesquelles il élimina la puissante zaouia. de Dila. En 1668, l’agglomération de Dila, fut prise puis rasée. L’année suivante, la ville de Marrakech fut conquise.

L’État marocain était donc reconstitué, mais par un Arabe. À partir de ce moment, le Maroc connut un phénomène qui dura jusqu’à l’époque du Protectorat français au XX° siècle, à savoir l’opposition plaine-montagne entre Arabes et Berbères arabisés des plaines d’une part et Berbères montagnards d’autre part. Plus tard, durant le règne du sultan Moulay Slimane (1792-1822), trois grandes crises apparurent : une crise religieuse, une crise montagnarde et berbère et enfin une crise dynastique qui fut la synthèse des deux précédentes.

Moulay Slimane qui avait adopté les idées wahabites venues d’Arabie désirait ramener l’islam à sa pureté originelle ; c’est pourquoi il voulut limiter les cultes rendus aux saints et interdire les moussems, ces immenses rassemblements annuels se faisant autour de leurs tombeaux. Cette mesure dressa une partie du peuple contre lui tandis que la crise montagnarde-berbère qui couvait depuis des décennies éclata, tant dans le Rif que dans le Moyen et le Haut Atlas.

Moulay Slimane vint à bout des Rifains qu’il battit en 1811 et en 1813, mais avec les tribus de l’Atlas, la situation fut différente. En 1816, les Berbères Ait Atta du Haut-Atlas prirent le contrôle d’une partie du Tafilalet, puis ils furent repoussés avant d’opéré : un retour offensif en direction de Sijilmassa qu’ils pillèrent. Dans le moyen Atlas, un conflit éclata entre Berbères sédentarisés dans les plaines de la région de Meknès (Zemmour, Ait Yemmou e Guérouanes), et Berbères montagnards (Zaïans et Béni Mguild) encore nomades et désireux de s’y établir. Vaincus par les seconds (Page 120) les premiers firent appel au sultan qui intervint à leurs côtés ; en vain, puisque les Zaïans et les Béni Mguild, rejoints par Ies Guérouanes, remportèrent deux victoires, l’une en 1811 à Sefrou et la seconde l’année suivante à Azrou. Bientôt, toutes les tribus sanhaja et zénètes du moyen Atlas s’unirent autour du chef des Ait Sidi Ali, Abou Bekr Amhaouch. Les Ait ou Malou, les Béni Mguild, les Ait Youssi, les Marmoucha et les Ait Seghrouchen se trouvèrent ainsi coalisés contre le sultan et ils furent rejoints par les Zemmour.

En 1818, l’armée royale fut battue, Moulay Slimane fait prisonnier et son fils, Moulay Brahim tué.

Le caractère berbère de la révolte était indéniable, même s’il fut peut-être exagéré par Henri Terrasse qui écrivit que :

« La rébellion était dirigée contre tout ce qui parlait arabe au Maroc ; elle devenait ouvertement une révolte berbère. » (Terrasse, 1949, t. II : 310).

Quoi qu’il en soit, le chef des révoltés, Abou Bekr Amhaouch, fut désormais le vrai maître de la montagne berbère et il décida de marcher sur la ville de Fès où il entra en 1820. II y rencontra les chefs de la confrérie d’Ouezzane, également en guerre contre le sultan qui avait cherché à diminuer le pouvoir des zaouias. Alliée aux confréries religieuses [12] qui combattaient Moulay Slimane, la « révolte berbère » menaça alors d’emporter le trône chérifïen.

La crise dynastique fut la synthèse de ces événements puisque, de la rencontre de Fès entre les chefs des confréries et Abou Bekr Amhaouch, sortit en 1820 la décision de déposer Moulay Slimane. Les conjurés choisirent de le remplacer par un fils de Moulay Yazid nommé Moulay Saïd. Moulay Slimane s’appuya (Page 121) alors sur les tribus arabes, dont les Béni Maqil, qui avaient été installées au Maroc par les Almohades et il lança une contre-attaque, écrasant les partisans de Moulay Saïd. Le Maroc arabe l’emporta alors sur le Maroc berbère.

Ce ne fut cependant qu’un répit pour le sultan qui fut une nouvelle fois vaincu en 1822. Épuisé et ayant perdu tout prestige, il abdiqua après avoir choisi comme successeur Moulay Abderrahmane ben Hicham (1822-1859), fils de son frère Moulay Hicham.

À partir de ce moment, une grande partie de la montagne berbère échappa à l’autorité du sultan et le Maroc fut coupé en deux territoires aux limites mouvantes, le bled Makhzen et le bled Siba, notions qui furent ensuite en partie déformées de leur sens durant la période du Protectorat quand certains y virent une réalité figée et intangible sous-tendant une opposition de « nature » quasi déterministe entre un Maroc « arabe » ou « arabisé » obéissant au sultan et un Maroc « berbère » refusant son autorité. Or, dans l’histoire du Maroc alaouite, la dissidence fut « arabe » et « berbère », même si elle fut essentiellement berbère.

Quoi qu’il en soit, au XIX° siècle, le pouvoir des sultans se rétracta territorialement et à la veille de l’instauration du protectorat français, la situation était bien celle d’une coupure en deux du pays dans une définition parfaitement exprimée dans les lignes suivantes : « Deux pays coexistent, en s’ignorant presque, sur le même territoire (...). Le bled el Makhzen, c’est la partie du Maroc qui obéit au gouvernement central, lequel perçoit l’impôt, signe essentiel de sa souveraineté. Le bled es Siba, c’est le territoire de l’insoumission, (...) dans l’ensemble, le bled el Makhzen est celui de la plaine (...) celui du « Chraa », du droit malékite, des cadis. Le bled es Siba est celui de la montagne (...) c’est le pays des « jemaas », assemblées appliquant le droit coutumier berbère. Mais c’est aussi parfois un pays de « chraa ».

(Page 122) Définition trop simple, car le territoire du bled es Siba est mouvant (...), telle fraction du bled el Makhzen passe en Siba - dissidence - puis renoue avec le Makhzen, un accommodement trouvé (...). Entre les confins du bled el Makhzen et ceux du bled es Siba, il y a une sorte de « no man’s land » où le sultan n’exerce qu’une autorité limitée et précaire, et dont la largeur varie selon l’humeur des tribus. Cette zone sert d’écran, entre la plaine, qui est à peu près le domaine Makhzen et la montagne qui est essentiellement le bled es Siba (...).

Cette mosaïque anarchique de clans berbères autonomes échappe complètement à l’autorité du Makhzen, tout en reconnaissant le sultan comme chef spirituel, prêts à lui envoyer des combattants pour la guerre sainte, contre les infidèles, mais ne tolérant chez eux aucun rouage makhzen et ne payant aucun impôt (...), la dissidence, dans le temps et dans l’espace étant mouvante selon les événements du moment (car) le bled el Makhzen est fait d’ilôts mouvants » (Méraud, 1990:31-32).

Dans ce contexte incertain, de grands chefs berbères dominaient de vastes régions et marchandaient leur soutien aux sultans. À la veille du protectorat français, depuis son fief de Telouet, El Glaoui tenait la route du Tizi n’Chika menant de Marrakech au Draa et à la Mauritanie. El Goundafi contrôlait celle du Tizi n’test reliant Marrakech à Taroudant ; quant à El-Mtouggui, il était le maître des passes de l’atlas situées plus à l’Ouest. Au-dessous d’eux, nombre de grands caïds composaient le maillage territorial berbère.

Après la mort du sultan Moulay Hassan 1° (1873-1894), les Berbères de la montagne revinrent au centre de la vie politique marocaine quand les grands caïds furent instrumentalisés contre Moulay Abd el Aziz (1894-1908) par son frère Moulay Hafid (1908-1912).

(Page 123) B- Les Berbères et les Ottomans (XVI-XIX°)

Au début du XVI° siècle, maîtres de l’Égypte, les Ottomans avancèrent vers l’Ouest. Ils se heurtèrent alors directement aux Espagnols et à leurs alliés Hafsides de Tunis. Durant le règne du sultan Sélim 1° (1512-1520), ils subjuguèrent le Maghreb, moins le Maroc.

Durant une première période, ce furent des renégats [13] qui précédèrent l’arrivée des Ottomans ; parmi eux, les frères Barbares (Barberousse), Areuj et Khayr ad-Din, eurent un rôle déterminant.

L’aîné, Areuj, avait été capturé en 1501 et il avait ramé trois ans sur les galères des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Quand il recouvrit la liberté, le souverain hafside de Tunis lui donna l’autorisation d’utiliser le port de La Goulette et l’île de Djerba afin d’en faire une base d’action contre les chrétiens. En 1514 il s’installa à Djidjelli.

Au début du XVI° siècle, Alger, l’ancienne capitale des Béni Mezghenna était dirigée par Salim Ettoumi, « roi d’Alger » [14] qui fit appel aux frères Barbaros pour le débarrasser de la garnison espagnole installée face à la ville, sur un îlot aujourd’hui rattaché au continent. Au début de Tannée 1516, Areuj établit ses quartiers à Alger mais, au mois de septembre 1516, les Espagnols l’en chassèrent.

En 1518 il prit Tlemcen dont le roi était l’allié de Charles 1° d’Espagne [15]. La réaction espagnole fut immédiate et le gouverneur d’Oran, le marquis de Comarès vint mettre le siège devant la ville, prenant Areuj au piège. Ce dernier réussit une sortie, mais il fut rattrapé et tué près du Rio Salado.

(Page 124) B - Les Berbères et les Ottomans (XVr-XÏXr

Son frère, Khayr ad-Din Barbares lui succéda et il fut à l’origine de l’installation ottomane dans la région. Khayr ad-Din comprit vite que réduit à ses seules forces, il ne pourrait jamais l’emporter sur les Espagnols et c’est pourquoi il prêta hommage au sultan Sélim 1° (1512-1520) qui après lui avoir accordé le titre de beylerbey, lui envoya une force composée de 2 000 janissaires et de 4 000 soldats réguliers (Tal Shuval, 2002 : 3). En 1519, grâce à ce contingent, il repoussa une attaque espagnole et reprit Alger. Suleiman dit le Magnifique (1520-1566), succéda à son père Sélim au mois de septembre 1520 et, sous son règne, l’assaut global fut donné à la Chrétienté.

Dans un premier temps, Khayr ad-Din s’appuya sur Si Ahmed Ou El Kadhi de la tribu kabyle des Zaoua qui donna naissance au royaume de Koukou, puis, en 1520, il décida de l’éliminer. La bataille qui les opposa tourna à l’avantage du chef kabyle qui réussit à s’emparer d’Alger. En 1521, Khar ad-Din contre-attaqua et prit Collo. En 1522 ce fut le tour de Bône et de Constantine. Il s’empara ensuite de la plaine de la Mitidja et enfin d’Alger qu’il reconquit en 1527 avec l’aide d’Abd-el-Aziz, chef des Aït Abbas.

Dans la Régence d’Alger, le pouvoir ottoman s’appuya sur les tribus dites makhzen, auxquelles étaient délégués le maintien de l’ordre et la levée de l’impôt [16]. Les tribus rebelles pouvaient être dépossédées de leurs terres qui étaient alors attribuées aux tribus makhzen. Pour appuyer ces dernières, des postes, les bordj furent créés dans lesquels étaient casernés des janissaires.

Plusieurs tribus berbères furent makhzen. Ainsi les Zaoua qui constituent une branche des Kutama et dont le territoire se situe entre Alger et Bougie. Dans la région de Tizi Ouzou les Aït Boukhtouche furent également makhzen et cela après de longues résistances, ainsi que les Aït Mahieddine, les Ameraoua et les Guechtoula de la région de Sebaou, de même que les Abid de la région de Boghni en Kabylie. À Constantine les Ottomans eurent de solides alliés avec les Zemoul, tribu makhzen depuis le XVI° siècle. (Page 125) Durant la période ottomane, la Kabylie ne fut jamais contrôlée par le pouvoir d’Alger, d’autant plus que les tribus qui se révoltaient étaient régulièrement des tribus makhzen. En 1757 éclata ainsi la révolte des Guechtoula ; en 1767, celle des Plissa Oum Ellil. En 1768, les Zaoua envahirent le Dar es sultan, autrement dit la Mitidja et menacèrent Alger. Les Plissa Oum Ellil se soulevèrent à nouveau en 1798-1799 et à la même époque la révolte de la confrérie derkaoua entraîna plusieurs tribus de l’Ouarsenis et de petite Kabylie ; d’autres donnèrent au contraire des hommes au dey.

Entre 1807 et 1813, les guerres contre Tunis favorisèrent un rapprochement entre Turcs et Kabyles mais, en 1813, l’échec d’Omar Agha devant Tunis fut attribué à la trahison des contingents kabyles ; certains de leurs chefs furent alors décapités, ce qui provoqua un soulèvement. Menacés, les Turcs résistèrent grâce à l’aide que leur prodiguèrent les Plissa Oum Ellil et les Aït Ouaguenoun. Avec Ali Kodja Dey (1817-1818), un changement notable de politique fut opéré. En 1817, il s’appuya ainsi sur les Beni Zamoun et les Zaoua pour résister à la révolte des janissaires, ce qui entraîna en 1818-1819 le soulèvement de trois tribus makhzen mécontentes de cette nouvelle alliance, les Ameraoua de la région du Sebaou, les Guechtoula et les Abid de la région de Boghni. En 1824, la partie orientale de la Kabylie se souleva. Les Mezzaïa attaquèrent Bougie cependant que les Béni Abbés coupaient la route Alger-Constantine. Enfin, à la veille de la conquête française, les Ouaguenoun et les Aït Djennad furent en rébellion contre Alger.

Durant la période beylicale (1574 à 1881), la Régence de Tunis fut une province de l’empire ottoman administrée par un Pacha, mais le pouvoir y passa dans les faits au commandant militaire, le Dey, qui fut finalement supplanté par un administrateur civil, le Bey. (Page 126) L’aristocratie conquérante turque s’y ouvrit aux Kouloughli [17] et aux notables indigènes, ce qui fit qu’une réelle fusion se produisit, permettant la naissance d’une monarchie que I’on pourrait qualifier de pré-nationale. Ici, les berbérophones furent marginalisés et réduits à des isolats.

Dans la Régence de Tripoli, le retour turc en 1835 fut accepté dans les villes côtières. Ailleurs, les Ottomans durent combattre les tribus et ils eurent la main lourde : « La force est employée à la turque : les colonnes de réguliers, Turcs et Couloughlis, usent du sabre, du fusil et du canon, brûlent récoltes et villages, s’emparent d’otages, empalent et décapitent, exposant par dizaines les têtes coupées. L’usage de la force démontre la résolution du maître et l’irréversibilité de la situation. Ils s’accompagnent d’une pratique diplomatique subtile qui dissocie les insoumis » (Martel, sd).

La Porte ottomane mena des expéditions contre les tribus nomades de l’intérieur. En 1842, le chef des Ouled Slimane, Abd el-Gelil qui tenait une ligne partant des Syrtes et reliant le Fezzan jusqu’au nord du Tchad fut fait prisonnier et décapité avec tous les chefs de la tribu, puis les Turcs placèrent une garnison à Mourzouk et en 1843 Ghadamès fut occupée. Dans la région du djebel Nefusa, la résistance des Berbères prit également fin à cette date avec la capitulation de Ghouma al-Mamoudi qui reprit cependant les armes en 1854, sa révolte étant définitivement écrasée en 1858.


Carte bébérophone aujourd'hui

(Page 127)

Chapitre-II

Les Berbères et la colonisation

Contrairement à une idée reçue, et cela tant au Maroc qu’en Algérie, la colonisation a été profitable à l’idéologie arabo-musulmane et à la langue arabe.

En Algérie, après la révolte de 1871, la Kabylie fut considérée comme peu sûre et même comme un foyer rebelle et cela à la différence des régions « arabes » généralement demeurées dans la « fidélité » à la France. Durant la période française, le bloc berbère fut doublement entamé, à la fois par l’ « école de la République » et par l’extension de la langue arabe. Blida et Boufarik totalement berbérophones au moment de la conquête française étaient ainsi devenues arabophones en 1962 ; quant à la Kabylie, elle-même, le berbère y recula à l’exemple de Bouira ou de Dellys aujourd’hui largement arabisées (Haddadou, 2003 : 132). L’emigration kabyle vers la France favorisa également cette déberbérisation.

Au Maroc les résistances au Protectorat français furent essentiellement Berbères, tandis que le Makhzen soutenait l’armée française qui faisait par procuration ce que l’armée chérifienne était alors incapable de faire : amener les tribus berbères à l’obéissance au sultan.

A - L’Algérie : de la marginalisation à la prise de conscience.

En Algérie, une fois Abd el-Kader vaincu, la loyauté des (Page 128) « Arabes » envers la France fut presque totale, y compris durant la révolte kabyle de 1871 qui fut en partie écrasée par des tirailleurs recrutés dans l’ouest du pays.

Le soulèvement kabyle de 1871 qui débuta au sud de Souk-Ahras à la fin du mois de janvier 1871, s’étendit comme une traînée de poudre. Au mois d’avril 1871, la Petite Kabylie fut touchée, puis la région de Tébessa et enfin la Grande Kabylie. Ce n’était pas la première fois que la Kabylie bougeait. Des insurrections sporadiques s’y étaient en effet déjà produites entre 1858 et 1870 (Gourinard, 2012 : 138-140), ainsi que dans les Aurès et le Hodna, mais, en 1871, le soulèvement prit une dimension exceptionnelle.

Les insurgés se rassemblèrent derrière Mohammed Mokrani, chef de la tribu des Ait Mokrane dont le père s’était rallié aux Français après la prise de Constantine. Sa révolte [18] s’expliquait d’abord par une incompréhension de la nouvelle politique française, ce qui lui fit dire :

« Je consens à obéir à un soldat, mais je ne recevrai jamais d’ordres d’un juif, ni d’un marchand [19] » (cité par Jean Martin, 1987:109).

L’insurrection tira sa force de son support ethnique, mais ce fut également sa faiblesse car elle ne réussit pas à impliquer les populations arabisées de l’Ouest algérien. Pour leur part, dans les années 1840, les Kabyles étaient restés à l’écart de la guerre menée par Abd el-Kader. Le mouvement fut une lame de fond en pays kabyle où des dizaines de milliers de combattants coururent aux armes, attaquant fermes et villages. Tizi-Ouzou fut prise à l’exception du (Page 129) bordj et les insurgés qui marchèrent sur Alger furent arrêtés le 22 avril 1871 par des volontaires européens. La lutte fut âpre, les villages perchés devant être enlevés les uns après les autres. Le 5 mai, Mokrani fut tué et son frère Bou Mezrag le remplaça. Dans leurs représailles, les Français eurent la « main lourde » : condamnations à mort, déportations en Nouvelle-Calédonie, impôt de guerre, confiscation de terres, destruction de plantations, de villages etc.

Cet épisode laissa un tel souvenir aux jacobins coloniaux qu’ils entreprirent ensuite de combattre l’identité kabyle comme leurs homologues métropolitains le faisaient au même moment avec les Bretons ou les Basques, politique qui profita à la langue arabe. Alors que, durant des siècles, le bloc linguistique berbère avait maintenu ses positions face à l’arabe, en quelques décennies de présence française, il recula, se rétracta et se fragmenta.

Au lendemain de l’indépendance de 1962, les nouveaux dirigeants issus du FLN tentèrent de réécrire l’histoire en établissant une filiation partant d’Abd el-Kader, de son descendant l’Émir Khaled, des Oulémas et aboutissant aux combattants de la guerre d’indépendance. Cette reconstruction laissait largement de côté les événements de 187l [20]. Ce schéma reconstruit eut pour principal but d’estomper le rôle essentiel tenu par Messali Hadj dans la genèse du nationalisme algérien [21], et plus encore celui qu’y avaient joué les Berbères. En effet, même si Messali Hadj, originaire de Tlemcen, et partisan (Page 130) de la ligne arabo-musulmane, en fut le dirigeant, ce furent des Kabyles qui, dès 1926, impulsèrent l’Etoile Nord-Africaine autour d’Ali Abdel Kader, d’Imache Amar, de Si Djilani Mohand ou encore de Radjef Belkacem.

Après le second conflit mondial, les berbérophones furent nombreux au PPA/MTLD (Parti du peuple algérien/Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques) notamment en métropole où ils étaient largement majoritaires.

En 1949, au sein du mouvement nationaliste, éclata la « crise berbériste » et ce fut alors que se posa véritablement la question de l’identité algérienne : était-elle exclusivement arabo-islamiste ou berbère et arabo-islamiste ? Pour la direction du mouvement, tout était clair : l’Algérie était une composante de la nation arabe et sa religion était l’islam [22].

Pour le courant réformiste, même kabyle, le berbérisme était un moyen pour le colonisateur de diviser les Algériens. Ben Badis qui était Berbère et qui signait Badis al-Sanhagi (le Sanhajien) disait « le peuple algérien est musulman et à l’arabisme le rattachent les liens du sang » (Kaddache, 1972).

Chez les berbéristes, deux courants s’opposèrent alors :

  • Le premier donna la priorité à la lutte pour l’indépendance et considéra que la question berbère serait posée ensuite, dans le cadre d’une Algérie algérienne.
  • Le second voulait qu’avant de déclencher l’insurrection il y ait accord sur les définitions futures. Les membres du second courant furent écartés et ce fut alors qu’Hocine Aït-Ahmed perdit la direction de l’ Organisation Spéciale au profit de l’ « Arabe » Ben Bella [23].

(Page 131)

LA « CRISE BERBERISTE » DE 1949 [24]

Cette crise qui divisa le mouvement nationaliste algérien en pleine phase de constitution illustra une réalité profonde qui, aujourd’hui encore, s’impose avec intensité. Il s’agit de l’opposition entre deux thèses, celle qui postule que la nation algérienne est arabo-musulmane et celle qui met en avant son antériorité berbère

Pour Messali Hadj, arabisme et islamisme étaient les éléments constitutifs sans lesquels l’Algérie algérienne ne pouvait pas naître car, sans eux, elle serait incapable de « coaguler » ses populations. En 1947, lors du premier congrès du MTLD, quatre Kabyles entrèrent au Comité central du parti dont Hocine Aït-Ahmed qui devint le chef de l’OS. Ces derniers tentèrent d’introduire la revendication berbère dans la lutte pour l’indépendance ; en vain, car en 1948, le MTLD, dans son appel à l’ONU, inscrivit la phrase suivante ; « La nation algérienne, arabe et musulmane existe depuis le VII° siècle », ce qui provoqua la fureur de sa composante berbériste. Dès lors, berbéristes et « Arabes » s’affrontèrent ouvertement et en 1949, le Comité directeur de la Fédération de France, largement dominé par les premiers, vota à une écrasante majorité une motion rejetant le postulat d’une Algérie arabe. Après ce vote, les deux camps furent au bord de la rupture.

Mis en accusation pour régionalisme et anticolonialisme, les cadres berbéristes, essentiellement des Kabyles, furent écartés de la direction du parti, puis exclus, cependant que certains furent assassinés, comme Ali Rabia en 1952 [25]. Le berbérisme fut ensuite évacué de la revendication nationaliste au profit de l’arabo-islamisme qui devint la doctrine officielle du FLN laquelle fut ensuite reprise à leur compte par les militaires qui renversèrent le GPRA en 1965.

Cette opposition entre berbéristes et arabo-islamistes se prolongea :

« (...) durant la guerre de libération, mais la nécessité de l’union va pousser les dirigeants à atténuer leurs divergences et il y a une sorte de consensus à mettre entre parenthèses les problèmes algériens jusqu’à l’indépendance. (Page 132) Aucun grand texte de la révolution –Proclamation du 1° novembre, Plate-forme de la, Soummam, Charte de Tripoli -, ne fait allusion à la langue berbère. À l’inverse, la langue arabe est à chaque fois définie comme l’un des éléments de la personnalité algérienne (...) » (Haddadou, 2002 : 133).

Cette guerre interne au courant nationaliste fit que :

« (...) l’un des soucis lancinants des responsables arabes pendant la guerre d’Algérie aura été de marginaliser les chefs politiques kabyles : à leurs yeux ; ils sont à peu près tous suspects de berbérisme et leur loyalisme arabe n’est pas assuré. La liquidation physique d’Abane Ramdane, puis le lent processus d’encerclement et de marginalisation de Krim Belkacem, peut-être même la mort d’Amirouche, s’inscrivent dans ce contexte de rivalité Arabes / Kabyles. Par-delà leurs divergences et les conflits d’ambitions personnelles, les principaux chefs arabes (Ben Bella, Boussouf, Bentobbal, Boumedienne, Bouteflika...) se sont tous retrouvés sur la nécessité de briser l’hégémonie kabyle sur le FLN-ALN. Trente ans après les événements, l’ancien président Ahmed ben Bella considère encore le Congrès de la Soummam (1956) et l’action d’Abane Ramdane - en particulier son laïcisme - comme « entachés de berbérisme et tournant le dos à l’Islam. Il explicite ainsi l’un des motifs qui ont amené ses pairs et ennemis politiques au sein du FLN à organiser sa liquidation physique » (Chaker, 1987:18).

Or, sur le terrain, la guerre contre la France fut essentiellement menée par des Berbères dont les chefs étaient Abane, Amirouche, Krim Belkacem ou encore Aït-Ahmed. (Page 133) Ceci fit que les Berbères s’estimèrent dépossédés d’une indépendance dont ils furent les principaux artisans. De plus, ils revendiquaient l’antériorité du combat nationaliste car : « Les berbéristes (...) avaient opté pour l’indépendance à une époque où le courant arabo-musulman était encore loin d’avoir, dans toutes ses composantes, remis en cause la souveraineté de la France ! » (Chaker, 1987 : 23).

L’antériorité de la prise de conscience berbère pouvait s’expliquer par l’influence de l’ « école de la République ». En effet :

« (La) formation « à la française » des Kabyles (...) a fait d’eux, pour plusieurs raisons socio-économiques et historiques, la communauté territoriale la plus dynamique de la guerre d’Algérie et la plus fertile en personnel militant du Mouvement national algérien. La « culture française » fut même instrumentalisée, en quelque sorte, comme un langage qui a servi à un autre savoir et à une autre culture, celle de la rébellion et de l’insoumission aux conquérants (...) Toutes les élites originaires de Kabylie dans le mouvement national algérien sont issues de l’école française (...) » (El Qadéry, 2007 :7).

En Algérie, les souvenirs de l’éviction des Berbères par les tenants de la ligne de l’arabo-islamisme furent enfouis sous forme de non-dit. Comme ils n’avaient été qu’estompés, ils resurgirent avec une grande intensité comme l’a montré la polémique qui suivit la parution du livre que Saïd Sadi (2010) [26] a consacré à Amirouche et qui provoqua une crise d’une grande intensité dans la presse algérienne. La thèse du livre est en effet au cœur de la problématique et même du contentieux arabo-berbère (Page 134) : le colonel Amirouche, chef emblématique du maquis kabyle et de la Willaya III qui fut tué dans une embuscade, aurait été donné aux Français par ses rivaux arabes du MALG (Ministère de Armement et des Liaisons Générales, le service de renseignement de l’ALN) notamment Abdelhafid Boussouf et Houari Boumediène qui auraient ainsi écarté un dangereux concurrent. Les héritiers des comploteurs, actuellement au pouvoir en Algérie, auraient ensuite littéralement effacé sa mémoire du panthéon national algérien et dissimulé son corps afin d’éviter qu’un culte patriotique lui soit rendu.


Chapitre III

La renaissance berbère.

Dans l’émigration, notamment en France, se mêlèrent des Berbères venus d’horizons divers et qui, par-delà leurs différences « nationales » découvrirent leurs communes racines. Le résultat de cette prise de conscience fut, en 1995, la création du Congrès mondial amazigh (CMA) dont la plate-forme était « la défense et la promotion de l’identité culturelle de la Nation amazigh ». Il unifia plusieurs dizaines d’associations autour de l’idée ou du mythe de la Grande Berbérie, la Tamazgha. Puis la revendication se réenracina au Maghreb où le nouvel élan berbériste prend aujourd’hui la forme d’un mouvement transnational en phase de radicalisation puisque son discours va jusqu’à parler de « totalitarisme arabo-islamique ».

Cette revendication berbère de plus en plus affirmée est difficilement conciliable avec le courant nationaliste arabo-musulman parfaitement résumé dans les lignes qui suivent :

« Personne ne nie qu’il existe en Afrique du Nord des Arabes et des Berbères, plus exactement des arabophones, mais la fusion ethnique sur une large échelle, la communauté de l’histoire, de la religion, de la culture et " des institutions ont réduit leurs différences à de simples caractéristiques régionales. Une évolution irréversible a ainsi conduit les Berbères à s’intégrer définitivement au monde arabe, qui sur le plan ethnique n’a jamais été (Page 148) essentiellement arabe, la langue et la culture même populaire l’emportent sur la race » (article paru dans Ai Istiqlal le 12 octobre 1956, cité par Kaddache, 1972).

La reconnaissance de la berbérité représente donc un danger existentiel pour le nationalisme arabo musulman puisque, pour ses tenants, la langue arabe est : « (...) le creuset dans lequel s’est constitué un patrimoine culturel qui transcende les spécificités ethniques des Musulmans. Ce patrimoine représente le produit de l’accumulation du savoir arabo-islamique auquel ont participé des élites différentes par leurs origines (Arabes, Amazighs, Afghans, Persans, Turcs, etc. J.-C., ) mais unies par l’usage de la langue arabe qui, de ce fait, assure une fonction culturelle intégrative » (Laroussi, 2003 : 144)

À l’opposé, les berbéristes font remarquer que :

« Le Maghreb se voit accoler l’ethnique "Arabe" et comme doutant en son for intérieur de se l’être vraiment approprié, l’Arabité s’adonne à d’interminables incantations scandées à la radio, à la télévision, et dans tout discours : "Maghreb arabe ! Maghreb arabe ! Maghreb arabe !". Au détriment de l’Islam, l’Arabité usurpe la qualité de nation ; Tamazgha ne sera plus dénommée Occident Islamique, comme cela a été le cas pendant douze siècles, car elle est désormais une possession coloniale dont s’enorgueillissent les Arabes, à l’instar des Français qui naguère s’enorgueillissaient de leur Afrique et de leur Algérie françaises » (Manifeste berbère, 2000).

Par-delà plusieurs grands traits communs, la situation de la berbérité, (Page 149) par conséquent son affirmation et sa revendication sont différentes selon les pays : puissants au Maroc et en Algérie, renaissante dans l’ouest de la Libye (Tripolitaine) et encore très minoritaire en Tunisie. Le cas des Touaregs est particulier car leur identité est reconnue, mais fractionnée par plusieurs frontières issues de la décolonisation.

A - Maroc : de la stigmatisation à l’intégration de la Nation ……

B - L’Algérie entre berbérisme et jacobinisme arabo-musulman

En 1962, dès l’indépendance acquise, le gouvernement algérien supprima la chaire de kabyle de l’université d’Alger. Cette mesure symbolique annonçait l’orientation qu’il comptait donner au pays, la légitimité du régime s’ancrant sur la négation de son histoire et de sa composition ethnique. Pour les dirigeants algériens, (Page 154) la revendication berbère fut présentée comme une conspiration séparatiste dirigée contre l’islam et la langue arabe.

En Algérie, l’affirmation du fait berbère s’est faite à travers trois périodes, celle de la post-indépendance, celle des années 1970 à 2000 et depuis.

- 1 - Après l’indépendance, l’Algérie développa une claire politique d’arabité. Pour ses dirigeants, le fait d’être musulman imposait en effet que l’on se rattache à la nation, à la civilisation arabe. Comme les berbéristes rejetaient le dogme fondateur de l’Algérie arabe et musulmane, comme l’amazighité affirmait la double composante du pays, arabe et berbère, le parti FLN parla alors de dérive « ethnique », « raciste » et « xénophobe » menaçant de détruire l’État.

La question fut obscurcie par un non-dit additionné à une frustration car les Berbères qui avaient mené la guerre contre la France se retrouvaient citoyens d’une Algérie algérienne arabo-musulmane niant leur identité. Comme la nécessité de l’union contre la France les avait poussés à mettre entre parenthèses leur revendication identitaire, ils comprirent, mais un peu tard, qu’ils avaient laissé le champ libre aux arabophones [27]. De fait, durant toute la guerre d’Algérie, et même quand ils étaient d’origine berbère, les dirigeants arabophones du FLN, qu’il s’agisse de Ben Bella, de Boussouf, de Bentobbal, de Boumedienne ou encore de Bouteflika, avaient tout fait pour marginaliser les chefs berbères, allant jusqu’à liquider les plus gênants d’entre eux, comme Abane Ramdane (Page 155) ou Amirouche et isolant les autres comme Krim Belkacem [28] ou Aït-Ahmed.

Une fois l’indépendance obtenue, face au rouleau compresseur du FLN et après l’échec de la rébellion kabyle de 1963, la revendication berbère fut estompée. C’est ainsi qu’Aït-Ahmed ne parla pas de berbérité, mais de socialisme et de démocratie. Le Front des Forces Socialistes pourtant à recrutement quasi exclusivement berbère et qu’il créa en 1963, n’eut donc aucune lisibilité, son substrat ethnique étant replié sur le non-dit. Après s’être évadé de prison en 1966, Aït-Ahmed partit pour l’exil et son influence fut plus que limitée. Avec le colonel Boumedienne, au pouvoir à la suite du coup d’État de 1965, la politique d’arabisation devint systématique, fondée sur les conclusions de la conférence nationale sur l’arabisation qui fit totalement encadrer le pays par la langue arabe et nia toute existence au tamazight.

- 2- Ce fut à l’étranger que se reforma le courant berbériste, notamment à Paris où, en 1967, fut fondée l’Académie Berbère d’Echanges et de Recherches Culturels qui se transforma, deux ans plus tard, en 1969, en Académie Berbère dont la revendication fut plus militante.

Au même moment, en Algérie même, l’omniprésence du FLN et de son pouvoir répressif firent que le berbérisme fut à la fois nié et étouffé. C’est pourquoi, au mois d’avril 1980, sa renaissance au grand jour provoqua une immense surprise. Tout partit de l’interdiction d’une conférence du romancier et homme des Lettres Mouloud Mammeri à Tizi Ouzou au mois d’avril 1980, événement qui donna le signal du Printemps Berbère.

En 1988, l’ouverture démocratique donna une forte impulsion à la revendication berbériste avec la création du MCB (Mouvement culturel berbère) qui cessa de s’abriter derrière (Page 156) des paravents politiques qui en masquaient la force ; elle devint dès lors plus lisible :

« Le berbère est notre langue - et non l’arabe - : nous voulons être reconnus en tant que berbérophones et bénéficier de tous nos droits culturels en tant que tels. Notamment une scolarisation généralisée en langue berbère et une utilisation systématique du berbère dans la vie publique » (Chaker, 1989 : 5).

En 1989, Abbassi Madani et Ali Belhadj créèrent le FIS (Front Islamique du salut) dont le programme était la création d’un État islamique arabe ; au mois de juin 1990, le mouvement remporta les élections municipales. Pour tenter de freiner la montée du courant islamiste, les autorités lui donnèrent des gages en renforçant encore l’orientation arabo-musulmane de l’Algérie [29]. C’est ainsi que la Constitution du 23 février 1989 dans son article 2 déclare que l’islam est la religion d’État et dans son article 3 que l’arabe est langue nationale et officielle. Puis, au mois de juillet 1989, une loi fut votée qui interdit la formation de partis politiques sur des bases linguistiques. Cette loi visait directement les berbéristes du RCD (Rassemblement pour la Culture et la démocratie], second grand parti à base berbère après le FFS (Front des Forces socialistes) d’Aït-Ahmed. Puis, devant le danger qui se précisait, fut votée la loi du 16 janvier 1991 qui renforça encore davantage l’exclusivisme de la langue arabe, de fortes amendes étant prévues pour les contrevenants.

La contestation berbère reprit ensuite avec la « grève du cartable » quand, durant les années 1994-1995 les élèves kabyles boycottèrent les écoles. Ce mouvement réussit à faire plier les autorités qui créèrent le HCA (Haut Commissariat à (Page 157) l’Amazighité), rattaché à la Présidence, puis la langue berbère fut introduite dans le système scolaire. Comme l’écrit Mohand-Akli Haddadou (2003 : 137), ces mesures étaient « une rupture avec le monolithisme linguistique et culturel imposé depuis les indépendances ».

En 1998, de très violentes émeutes suivirent l’assassinat du chanteur Matoub Lounès. À partir de là, le climat devint insurrectionnel. Au mois d’avril 2001, de violentes émeutes secouèrent la Kabylie à la suite de la mort d’un lycéen prénommé Massinissa, abattu par la gendarmerie à Béni Douala. Le 14 juin, les Kabyles marchèrent sur Alger avant d’être durement réprimés par la police.

Dans le prolongement de cette prise de conscience, se forma le mouvement dit des arouch (arch au singulier), terme désignant avant la colonisation l’union des tribus pour le temps de la guerre et qui s’imposa comme l’interlocuteur de fait du pouvoir algérien (Haddadou, 2003 : 131).

- 3- Après 2001 la revendication berbériste fut endormie par les deux partis kabyles, FFS et RCD qui n’avaient pas soutenu le « mouvement des Arouch », et l’avaient donc en quelque sorte asphyxié. Durant l’année 2003, ce dernier éclata en deux tendances dont l’une fut récupérée par l’État algérien cependant que l’autre, incorruptible, s’étiola jusqu’à disparaître. Il s’en suivit un immense désenchantement et les militants berbères qui ne voulurent pas renoncer choisirent d’abandonner le terrain politique pour mener le combat culturel. Cette évolution fut en définitive profitable au berbérisme car le domaine de l’histoire, celui qui leur permettait de retrouver leurs racines les plus profondes, fut réinvesti [30]. Ce retour aux sources leur fit alors déchirer le voile de la fausse histoire enseignée depuis 1962 et ils découvrirent ce qui se murmurait, à savoir qu’ils avaient été les « dindons de la farce » de (Page 158) l’indépendance algérienne. Certains affirmèrent même que les Berbères avaient subi une nouvelle colonisation dès le départ des Français. Des livres furent publiés qui leur montrèrent comment le mouvement nationaliste algérien berbériste à ses origines, fut détourné par les arabo-islamistes.

Au mois d’avril 2002, le tamazight fut reconnu comme langue nationale par un pouvoir arabo-islamique qui tentait de « garder la main » au prix de concessions de façade. En effet, alors qu’au Maroc, le tamazight, reconnu comme langue nationale depuis 2002, doit être enseigné à tous les élèves, en Algérie, seuls les enfants déjà berbérophones pourront suivre un enseignement dans cette langue. Cette mesure clairement destinée à cantonner le berbère dans ses limites actuelles, avait pour but de le sanctuariser en lui interdisant de reconquérir sa place. En réalité, en Algérie, rien n’a changé puisque, le 16 décembre 2011, lors du Comité Central du FLN, son secrétaire général, Abdelaziz Belkhadem déclara :

« La sacralité des constantes nationales est consensuelle, à savoir l’islam religion d’État, l’arabe langue officielle, le régime républicain, l’unité nationale et territoriale et l’option démocratique. » (Cité par Saâd, ’ 2011). La marge de manœuvre des berbéristes est donc étroite :

« (En Algérie) les militants berbéristes sont entrés en hibernation, ou se fourvoyant dans une phraséologie démocrate, républicaine, arabophobe et islamophobe totalement inopérante dans une Algérie et une Afrique du Nord en quête d’identité multiple et authentique. Le socialisme a échoué, le libéralisme occidental est rejeté, il ne reste pourtant que le berbérisme pour contrer le raz-de-marée islamiste. Peut-il se constituer en idéologie constructive et alternative ? » (Saâd, 2011).

C - Les autres composantes de la Tamazgha La berbérité ne se limite pas au Maroc et à l’Algérie. La Tunisie, la Libye, une petite partie de l’Égypte, les îles Canaries et le monde touareg en font ou en faisaient partie….. Maroc, région d'Imilchl dans le haut Atlas. Fillette de la tribu des Aït Hadidou. Vers 1940


TABLE DES MATIÈRES
- Avertissement.
- Présentation..(11)

PREMIÈRE PARTIE : LA BERBÉRIE JUSQU’À LA CONQUÊTE ARABE ..(15)

- Chapitre I - Une très longue histoire ..(17)
- Chapitre II - Les Berbères durant l’Antiquité classique.(35)

- Chapitre III - Les Berbères, les Vandales et les Byzantins ..(53)

DEUXIÈME PARTIE : LES BERBÈRES SE CONVERTISSENT À L’ISLAM MAIS ILS RÉSISTENT À L’ARABISATION (VII-XV° SIÈCLE) .(63)

- Chapitre I- Les Berbères face à la conquête et à l’islamisation. (65)
- Chapitre II - Le Maghreb berbère (IX°-XII° siècle)..(81)
- Chapitre III - Les grandes mutations du monde berbère (XH0-XV° siècle) . (97)

TROISIÈME PARTIE : DES BERBÈRES DOMINÉS À LA REVENDICATION DE LA TAMAZGHA..(115)

- Chapitre I - Les Berbères perdent la maîtrise de leur destin (XVI-XX° siècle) ..(117)
- Chapitre II - Les Berbères et la colonisation,.(127)
- Chapitre III - La renaissance berbère . (147)

Cahier Photos

Bibliographie. Index des noms propres.(191) Index des peuples, tribus et dynasties.


Pour commander le livre, se rendre au site de Bernard Lugan http://bernardlugan.blogspot.fr/201...

Notes

[1] 1 Ou Imazighen (Amazigh au singulier).

[2] 2 Pour les anciens Grecs, tous les habitants du nord de l’Afrique, depuis les franges désertiques de l’ouest égyptien jusqu’au détroit de Gibraltar, les Colonnes d’Hercule, étaient des Libyens, nom probablement tiré de la tribu des Lebu vivant en Cyrénaïque ; vers le Sud, le monde libyque prenait fin là où débutait le pays des Noirs, ceux qu’ils appelaient les Ethiopiens (Aethiops : peau foncée).

[3] 3 La diversité linguistique illustre bien ce phénomène : tarifit (dans le Rif), tamazight (dans les Atlas), tachelhit (dans le sud marocain) tachaouit et taqbaylit ailleurs dans l’actuelle Algérie etc. C’est d’ailleurs par leur origine linguistico-régionale qu’ils s’identifient. Ainsi, les Rifains (Irifiyen ou Ichelhiyen), les Chaouîa (Chaouis) des Aurès (îchawiyen), les Kabyles (Iqbayliyen), les Touaregs (Ihaggaren) etc (Lefebure, 2008 et 2009). Pour ce qui est de l’écriture berbère on se reportera à Gabriel Camps (1978) et à Salem Chaker (sd-en ligne).

[4] 4 Texte exhumé par Aboulkacem El Khatir (2006).

[5] À cette interrogation proprement sidérante, son auteur répond dans ce verbiage propre à nombre de cuistres de l’africanisme français que : « Le « mythe » (lire berbère) néanmoins ne s’est pas construit ex nihilo, il s’inscrit dans un contexte plus large que celui de la colonisation qui lui a conféré sa prétention à la scientificité, et il répond à des déterminations contextuelles s’exerçant sur le long terme » (Bonté, 2009 : 1). Traduction du jargon en langage compréhensible : l’histoire millénaire des Berbères commença à être étudiée scientifiquement durant la période coloniale. Gilles Boëtsch (2006) a bien exposé certaines dérives « racialistes » berbéristes propres au XIX° siècle. Pour autant, est-ce parce que les auteurs de l’époque s’exprimaient avec des concepts et des mots aujourd’hui dépassés que les Berbères n’existent pas ?

[6] 6 Le Monde amazigh. n° 53, novembre 2004.

[7] La Grande Berbérie

[8] Tableau des établissements coloniaux français. Recensement des tribus d’Algérie, 1845.

[9] 120 Sur l’histoire de k dynastie alaouite, il sera utile de se reporter à Jacques Benoist-Méchin (1994).

[10] 121 Venus d’Arabie et originaires de la région de Yanbo. dans le Hedjaz, les Alaouites descendent de Hassan, fils de Fatima, elle-même fille du Prophète Mohammed et de Ali son gendre ; c’est pourquoi ils sont désignés sous le nom de Hassaniens. C’est sous le règne d’Abou Yakoub Youssef (1286-1307), le second sultan mérinide, que l’ancêtre des Alaouites arriva dans le Tafilalet qui devint le fief de la famille. En raison de leur installation dans cette région ils sont également désignés sous le nom de Filaliens.

[11] 122 Moulay Rachid est considéré comme le premier véritable souverain de la dynastie alaouite.

[12] 123 A l’exception de la Tijania, confrérie soufie fondée au début du XIXe siècle par AKmad ibn Idris qui au contraire soutenait le sultan. Cet ordre mystique musulman appliquant un sunnisme chaféite doit son nom à Abd al-Qadir al-Jilani, un prédicateur hanbalite renommé qui vivait au XVII° siècle à Bagdad (Awab, 1992 ; Sourdel, 1996).

[13] 124 Les renégats étaient des Européens convertis à l’islam. Sur les renégats, voir Barcolomé Bennassar (1989) et Jacques Heers (2001).

[14] 125 C’était un Berbère de la tribu Taâliba originaire de la région de Tipaza.

[15] 126 Charles Quint, successeur en 1518 de Ferdinand d’Aragon et qui fut élu en 1519 empereur germanique après la mort de Maximilien d’Autriche.

[16] 127 Pour ce qui est de la période ottomane en Algérie, voir entre autres Boyer (1970, Kaddache (1998 ce Shuval (2002).

[17] 128 Les Kouloughli étaient les métis des Turcs et des femmes Indigènes

[18] 129 II y eut également une composante religieuse dans cette révolte et elle fut incarnée par Mohamed Ameziane El Haddad au nom de la confrérie des Rahmania de Seddouk. Il fut déporté en Nouvelle-Calédonie.

[19] 130 Mokhrani faisait allusion aux décrets Crémieux. !

[20] 131 Abd el-Kader n’avait en effet contrôlé qu’une partie de l’Oranie où il n’avait d’ailleurs pas fait l’unanimité parmi [es tribus ; l’émir Khaled, petit-fils d’Abd el-Kader, officier français, ne fut pas un partisan de l’indépendance, mais de l’égalité des droits entre Européens et musulmans ; quant aux Oulémas, ils eurent des positions modérées.

[21] 132 Mohammed Harbi (1980) a bien mis en évidence le rôle de Messali Hadj dans la genèse des premiers mouvements indépendantistes algériens et cela dès les années 1920-1930, puis la manière dont le FLN le marginalisa. Il a décrit la féroce guerre que le FLN livra au MNA et l’élimination physique de ses militants, notamment en France, mettant ainsi à mal le mythe fondateur d’une unité des nationalistes contre le colonisateur français (Harbi et Stora, 2005).

[22] 133 Dans les années 1930, l’opposition Berbères-Arabes serai : faite à travers deux définitions, celle des « nationalistes-révolutionnaires » berbères et celle des « nationalistes arabo-musuirnans » (Chaker, 1987 : 16).

[23] 134 Arrêté, il s’évada en 1952 et trouva refuge au Caire où il fut bientôt rejoint par Aït-Ahmed et Mohamed Khider avec lesquels il fonda la « Délégation extérieure » du MTLD.

[24] 135 Amar Ouerdanc (1987) et (2003).

[25] 136 Dans les années 1949-1954, la crise entre les courants nationalistes algériens fut multiforme au sein du PPA et de l’OS. La police ayant démantelé l’OS en 1950-1951, les clandestins accusèrent le PPA, et notamment ceux qu’ils désignaient sous : le nom de « centralistes », à savoir les membres du comité central du parti, de les avoir abandonnés ou même trahis. Puis une autre crise opposa les « centralistes » à Messali Hadj qu’ils accusèrent de ne plus être en phase avec le nouveau contexte politique.

[26] 137 Saïd Sadi leader du RCD (Rassemblement pour la Culture et la Démocratie) parti kabyle.

[27] 156 Le problème fut encore complique par le fait que bien des dirigeants partisans de la politique de i’arabité étaient des Berbères arabisés, ainsi les anciens présidents Houari Boumedienne, Chadli Benjedid ou Liamine Zeroual. Nous touchons là au cœur du problème qui est celui de l’arabisation des Berbères, Ainsi, certaines tribus des Aurès qui n’ignorent pas qu’elles sont d’origine berbère sont aujourd’hui arabisées comme les Bouazid, les Ouled si Ahmed Benameur, les Ouled Dcrradj ou les Béni Tazaght etc.

[28] 157 II avait pourtant défendu la ligne de l’union du courant nationaliste et abattu certains berbérophones qui refusaient de la suivre.

[29] 158 « La poussée islamiste qui au Maghreb, se conjugue avec arabisme, contraint les autorités à une surenchère islamisante et arabisante » (Chaker, 1989 : 2).

[30] 159 Au mois de février 2003, l’association Aurès El-Kahina érigea une statue de la Kahina au centre de la ville de Baghaï.

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18 Messages de forum

  • Merci, d’abord à Grandjacques (et son équipe) d’avoir pensé à publier cet article. Il permettra à beaucoup de Français ( de la trempe de ce Marcowich), voir d’Algériens et de Nord Africains de connaitre quelque peu l’histoire des berbères. Mr Marcowich, qui s’est étalé sur le net, avec une certaine conviction verra qu’il a une idée tout à fait à côté de la composante Algérienne notamment. Ce résumé du livre de Mr Bernard LUGAN apporte une réponse aux partisans du négationnisme incarné par les arabo-musulmans et leurs différents relais. Ce qui est formidable et illusoire c’est cette manie des Algeriens à passer pour plus arabes que les vrais arabes. Mr LUGAN a fait un travail remarquable mais loin de cerner toutes les facettes de la question. Bien des vérités sont logées, pour différentes raisons, chez les concernés uniquement. Un détour en Kabylie fera des découvertes à tout passsioné de cette riche histoire. Une histoire liée avec les différentes époques et puissances méditerrannéenne. Les Berbères ont la particularité d’être de farouches combattants mais qui tiennent trop à leurs libertés (Imazighen veut dire aussi ’Hommes libres’). Des libertés qui leur ont été souvent fatales car raison de leurs échecs, face à des ennemis moins inflexibles et plus solidaires. Il faut le dire. Quant aux approches fantaisistes et superficielles (comme celles dont s’abreuve Mr Marcowich), elles sont à mettre au même rand que l’extrêmisme arabo-musulmans qui n’hésitent pas (toute honte bue) à déclarer que les Amazighs sont un fruit du colonialisme ou des juifs. On a entendu des bizarreries dignes des histoires à dormir debout. Les arabes et leurs relais voient tout faux et mentent comme ils respirent. Au fond, ils sont condamnés à ne pas évoluer. Donc, ...

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    • Je vois que Monsieur TOUABI se languit de moi. Ainsi, il cite mon nom pas moins de trois fois dans son texte, presque autant que le mot de Imazghen ou Amazghs.

      Par pure charité chrétienne, je veux bien lui répondre (bien que je ne sois hélas, hélas, pas chrétien).

      Au surplus, j’ai quelques objections à opposer modestement à Monsieur LUGAN.

      Mais,en ce moment, je ne peux pas m’attarder sur la "toile", et j’espère que Monsieur TOUABI voudra bien me pardonner de le faire attendre.

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      • Quelle attention ! ’’Te pardonner de me faire attendre ?’’ Je ne vois nullement les choses comme ça, vous êtes libre de vos actes mais il n’est pas conseillé d’étaler n’importe quoi sur le net. Connaissant tes réactions, aussi bien par rapport à la guerre d’Algérie que ta façon d’aborder la question berbère, je ne te vois pas faire dans l’art d’inventer. Tu es plutôt porter sur des positions dictées par des négationnistes de ces questions. j’ignore ta motivation personnelle mais le fait d’avoir vécu la guerre à Oran est significatif et pourrait donner un indice quantifiable de ton ’argumentation’. Je ne te vois sincérement pas faire dans une approche heuristique et tu vas certainement nous convier à une autre mascarade d’analyse basée sur du faux. Tu manques trop d’éléments pour nous concocter une intervention neutre et pragmatique. A ta place, je m’abstiendrai volontier. Quant à s’aventurer dans une critique du travail de Mr LUGAN, je vois plus une prétention. Nous attendons néanmoins cette réaction....

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    • Le drame réside aussi et surtout dans l’ignorance de ces peuples, quand bien même ils seraient tous des berbères ou presque si l’on croit aux 13,8 °/° de gènes arabes retrouvés dans l’ensemble du patrimoine génétique nord-africain. Aussi, leur ignorance fait qu’il ne distinguent et ne distingueront jamais entre langue arabe et islam, de la même manière qu’ils n’arrivent pas à séparer entre islam et Etat et ou islam et sphère publique. Les plus lettrés parmi eux n’y parviennent pas, pour peu qu’ils aient la "foi". Force est de constater que le drame de la Numidie, de l’Ifriqya, de la Berbérie et de l’Afrique du Nord est une grande supercherie sanglante, arbitraire et obscurantiste ? du VIIe au XXIe siècle, connue sous le nom d’ISLAM... !

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  • On se souvient que, dans un précédent commentaire, je considérais qu’il convenait le principe de charité chrétienne au sympathique Monsieur A. TOUABI.

    Afin d’éviter toute confusion, j’estime nécessaire de définir précisément ce qu’est la charité chrétienne. A cet effet, je ne peux que me référer directement aux sources, en l’espèce l’Apôtre PAUL, dans sa fameuse EPITRE (=lettre) aux chrétiens de Corinthe :

    EPITRE DE PAUL AUX CORINTHIENS (chapitre XIII) :

    « Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n’ai pas la charité, je ne suis plus qu’airain qui sonne ou cymbale qui retentit ;

    Quand j’aurais le don de prophétie et que je connaîtrais tous les mystères et toute la science, quand j’aurais la plénitude de la foi, une foi à transporter des montagnes, si je n’ai pas la charité, je ne suis rien.

    Quand je distribuerais tous mes biens en aumônes, quand je livrerais mon corps aux flammes, si je n’ai pas la charité, cela ne me sert de rien.

    La charité est longanime (= patiente) ; la charité est serviable ; elle n’est pas envieuse ; la charité ne fanfaronne pas, ne se gonfle pas ; elle ne fait rien d’inconvenant, ne cherche pas son intérêt, ne s’irrite pas, ne tient pas compte du mal ; elle ne se réjouit pas de l’injustice, mais elle met sa joie dans la vérité.

    Elle excuse tout, croit tout, espère tout, supporte tout.

    La charité ne passe jamais. Les prophéties ? Elles disparaîtront. Les langues ? Elles se tairont. La science ? Elle disparaîtra.

    Car partielle est notre science, partielle aussi notre prophétie.

    Mais quand viendra ce qui est parfait, ce qui est partiel disparaîtra.

    Lorsque j’étais enfant, je parlais en enfant, je pensais en enfant, je raisonnais en enfant ; une fois devenu homme, j’ai fait disparaître ce qui était de l’enfant.

    Car nous voyons, à présent, dans un miroir, en énigme, mais alors ce sera face à face. À présent, je connais d’une manière partielle ; mais alors je connaîtrai comme je suis connu.

    Maintenant donc demeurent foi, espérance, charité, ces trois choses, mais la plus grande d’entre elles, c’est la charité. »

    Texte magnifique, on ne peut le nier.

    Toutefois, il faut bien reconnaître que les Occidentaux, dont la religion chrétienne constitue l’élément essentiel de leur culture, ont bien souvent violé le principe de charité chrétienne.

    On peut même se réjouir de ces violations répétées, car si les Occidentaux n’avaient pas agi de la sorte, il y aurait longtemps que les Barbares camperaient avec leurs chevaux et leurs caravanes sur les Champs-Elysées à Paris et sur la Place Saint-Pierre à Rome, et l’Humanité n’aurait jamais connu l’Internet, les trains, les avions, les fusées,, la guérison de nombreuses maladies, outre les droits de l’homme, l’égalité des femmes, la liberté d’expression, l’esprit critique, Hume, Kant, Nietzche, etc., ces derniers principes étant au demeurant issus du Christianisme.

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    • Je m’aperçois que j’ai oublié de signer ce texte. Je vous prie de m’en excuser. Marcowich

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      • Amen Mr Marcowich ! La CHARITE CHRETIENNE a bien rectifier les tirs croisés que tu as lancés aussi bien ver la guerre d’Algérie que sur la question Berbère. Ainsi vous avez aussi répondu à Mr LUGAN par rapport à son travail de recherche de longue haleine ! Chapeau bas.

        Seulement, j’aimerai bien qu’un de nos islamistes daignes se manifester pour vous plonger dans la charité musulmane. Désolé, je suis ignare dans le domaine et je ne peux m’adonner à ce jeu. Le rideau est levé !

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        • Monsieur TOUABI, voilà que, dans votre désarroi et par manque d’arguments rationnels, vous appelez à l’aide l’un de "vos" islamistes !

          ATTENTION, en proférant vos menaces, c’est vous-même qui contredisez votre discours sur la nature spécifique de la Kabylie par rapport aux Berbéro-Arabes, sur les colonialistes Arabes, etc.

          En effet, j’ignore si "votre" islamiste serait un Kabyle ou un berbéro-arabe, mais quel qu’il soit, rien ne distingue un islamiste kabyle d’un islamiste berbéro-arabe. Ils sont tous les deux pour le retour au VIIème siècle (en ce qui concerne l’habillement et les moeurs), et surtout pour le restauration du Khalifat sur le monde musulman et le rétablissement intégral de l’Oumma.

          Alors là, dans cette perspective, plus de place pour la spécificité Kabylie. C’est exactement ce qui se passe au Mali, à Tombouctou. Finie l’indépendant des Berbères Touaregs.

          Vous voyez, votre discours porte en lui-même sa propre contradiction.

          Il se pourrait même que "vos" Islamistes, kabyles ou berbéro-arabes me donnassent raison.

          Mais, moi, au contraire de vous, je n’ai pas besoin des islamistes dans mes combats. Et, à la limite, je préfèrerais perdre plutôt que d’avoir leur appui.

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          • J’étais absent et c’est bien pour cela que ma réponse s’est faite attendre, sinon j’ai répondu spontanément à tes délires ! Décidémment, tu es incorrigible et reste scotché à tes divagations dont seuls les esprits anormaux et immoraux détiennent le secrêt !! Quel sens d’analyse et quel argumentaire pour répondre à orientation que tu as toi-même choisi !!!

            Moi, appeler à l’aide un islamiste quand toi tu parles, sans gène et sans honte, de la charité chrétienne ? c’est du n’importe quoi ! Quand tu parles de ta charité chrétienne (que je mets au même endroit que celle des autres religions : y compris celle de l’islam), je n’ai pas voulu te répondre car ce n’était que par racisme que tu es allé chercher du faux et une protection. Les gens de ton espéce ne méritent que ce qu’ils valent : d’où ma référence à l’islamisme. Quant à ta vision de la charité chrétienne et la portée que tu as visée, je t’apprends que la Silicon -Valley accueillent des milliers d’autres hommes des autres religions (y compris beaucoup de Kabyles) et ce n’est certainement pas dans ton environnement que les inventions se font. Avec ton racisme, tu descends plus bas qu’au 7em siécle... Le paléolithique t’ira mieux. Et dresser un portrait de ton genre ne se fait pas de nos jours, il suffira de recueillir tout ce qui est négatif chez l’homme pour présenter la monstruosité que tu développes sans cesse. Tu fais pitié, pas plus....

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            • Le fait de constater qu’une culture (en tant que vision du monde) a réalisé telles et telles grandes choses (Occident) alors qu’une autre (arabo-islamique), paralysée depuis le 11ème -12ème siècle, n’a plus rien créé de spécifique depuis cette époque, n’a rien à voir avec le mérite personnel (intellectuel ou moral) des individus qui composent ces cultures (l’intelligence est la chose du monde la mieux partagée entre toutes les cultures).

              En effet, une culture (en tant que vision du monde) est le résultat de la rencontre due au hasard de différents facteurs indépendants l’un de l’autre (par exemple l’héritage romain, le christianisme et les barbares germaniques pour la culture occidentale, et les héritages mazdéen (zoroastrien), juif et chrétien (nestorianisme) pour la culture arabo-islamique.

              Alors cessez de voir du racisme partout et oubliez votre ressentiment, car le ressentiment empêche de faire de grandes choses.

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              • Tous, dans nos genes coexistent la race kabyle ou amazigh.Alors pourquoi cette haine entre nous ? Unissons nous, nord-africains autour d’un maghreb fier de ses racines.L’appartenance à différentes civilisations et cultures est enrichissante.Evoluons spirituellement en devenant une contrée économique exemplaire, stable ,nous possédons une jeunesse ayant un potentiel qui peut réaliser de belles oeuvres en l’encadrant et en faisant abstraction de nos divisions ET ntrer à l’occident que nous sommes un peuple fort voulant la paix non seulement dans nos pays respectifs mais également dans le monde entier.Nous respectons toutes les religions u livre et acceptons toute créature de DIEU.Epaulons et assistons nous au lieu d’etres des adversaires menant nos pays vers le gouffre.CESSONS TOUTE QUERELLE et levons lE FLAMBEAU DE LA CONNAISSANCE SOUS L’egide de notre prince desCROYANTS,M6.

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                • salut je suis bérbère et je cherche à connaitre mon Histoire. A la lecture de ce texte, je trouve tout cela trop simpliste et vous oubliez plein d’éléments, c’est peut-être pas un oubli ?. vous aimez confrontez les berbères et les arabes mais la France et les pays occidentaux : vous leur donnez une bonne place et vous les protégez... vous ne parlez pas non plus de l’Histoire de Tarik Bnou Ziad et de Abd Karim Khatabi. je suis déçue, on peut faire confiance à personne !!!personne ne dit la vérité, c’est infligent !

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          • HISTOIRE DES BERBERES. Un combat identitaire plurimillénaire 23 novembre 2015 15:22, par gabyle of republic

            les kabyle faux amazigh, les kabyles ne sont ni berbères ni africains. les kabyles descendants de la race germanique et vandales, les vrais berbères d’Algérie les Chaouias sanhadja,kutama,zianide,chenoua,touargue... les kabyle veulent s’approprier le passé des Chaouias, senhadja,zianide...ect les vrais authentique berbères Gaïa, massinisa,miipsa, Jugurtha... n’étaient kabyles et ils n’ont jamais entendus parler de cette tribu, qui serait une des tribus berbères qui vivait dans les sommets des montagnes, et les historiens sont catégoriques et formel, que les kabyle ne sont jamais descendus dans la vallée pour voir qui habitait et qui étaient les habitants qui peuplaient la région, les kabyle n’aient aucun lien, ni contact avec les tribus vrais berbères. les kabyle ne sont ni berbères ni africains, les kabyles est un ramassis de Romano-Greco-vandalo-franco...

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            • HISTOIRE DES BERBERES. Un combat identitaire plurimillénaire 3 décembre 2015 19:31, par TOUABI Amar

              Es tu allé une seule fois de ta vie en Kabylie ? As tu connu un Kabyle dans ta vie ? Sans ça, j’avoues que c’est bien difficile de te répondre objectivement. Si tes fausses et basses affirmations revêtent un tout petit peu de crédibilité comment pouurais tu interpréter le fait que la question Amazigh n’est soulevée que par les Kabyles ( et la recherche dans cette langue est aussi l’apanage des seuls Kabyles) ? Arrêtes donc d’étaler l’imbécilité sur le net. Au fait ce sont qui les Sanhadja ? Et si les Kabyles sont de descendance germanique qu"est ce qui les empêcherait de conserver cette langue dans leurs montagnes ? Pauvre....

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            • HISTOIRE DES BERBERES. Un combat identitaire plurimillénaire 13 décembre 2015 01:05, par un berbere

              analphabete inculte

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              • Les arabes sont en minorité en afrique du nord. L’arabisation est surtout due au fait colonial puisque il(le colonialisme) s’est insipiré du religieux basé sur la tradition et non sur l’évolution et que la majorité est bornée et basée sur des religeieux de l’époque Ulama dans le ouie-dire. Puis vint les pouvoirs (après les indépandances)qui ne sont en fait que des renégats issus des classes analphabètes et impénétrables par le savoir sauf quand il s’agit de détourner. Ils considèrent que le(s) pays sur lequels ils régnet sont leurs propriétés exclusives.

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                • HISTOIRE DES BERBERES. Un combat identitaire plurimillénaire 23 avril 2016 17:30, par anti-fasciste et anti-raciste !!!.

                  nous sommes des berbères arabisés, nous ne sommes ni tribalistes,ni racistes, ni régionalistes, ni xénophobes ni fils des espions déguisés pères blancs de Charles martial Lavigerie. moi je suis un vrai berbère mais pas kabyle !!! les berbère musulmans Chaouias, sanhadja, kutama,chnaoua, mozabites, touarègues,les berbères de l’ouest algérien....ect...ect...se reprochent au monde arabe, et certains kabyles pro français se reprochent a l’occident. il y a deux types de cécité sur terre les aveugles de la vue et les aveugles de la vie !!!. nous ne sommes pas des harkis ou des néo-harkis. la dignité de l’homme n’a pas de prix !!! on aime pas l’odieux racisme !!! larguer si vous pouvez !!!.

                  que Dieu le tout-puissant nos protège des odieux racistes, des fascistes, des xénophobes, et des traitres.

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