Miages-Djebels

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La passerelle de l’espérance.

lundi 4 février 2013, par Claude GRANDJACQUES

Voici le document présenté le vendredi 1er février 2013, à l’assemblée composée non seulement de Jacques Salvator, Maire d’Aubervilliers, du consul d’Algérie à Bobigny, des élus d’Aubervilliers, mais également d’une importante délégation locale sensible aux nouvelles perspectives ouvertes par le jumelage.


Tout a commencé par un contact téléphonique d’Azzedine. Celui-ci après avoir visité le site de Miages-djebels, prenait contact. À cette occasion, il m’annonçait le jumelage entre Aubervilliers et Bouzeguène, auquel l’association Bouzeguène Europe n’était pas étrangère.

Une réunion rendant compte du voyage effectué à Bouzeguène par la délégation d’Aubervilliers, conduite par son maire Jacques Salvator, avait été programmée pour le vendredi 1er février à l’Hôtel de Ville.

Entre temps, les objectifs et les réalisations de Miages-djebels, se fondant avec ceux du jumelage, j’avais été convié à la réunion.

Encore un chaleureux merci Monsieur le Maire, de m’avoir invité et de cautionner sans réserve la démarche commune à Bouzeguène Europe et à Miages-djebels.

http://www.bouzeguene.net/abe/index.php

http://lebouzeguenepost.com/news/ne...

Voici le document présenté à l’assemblée composée non seulement de Jacques Salvator, Maire d’Aubervilliers, du consul d’Algérie à Bobigny, d’élus d’Aubervilliers, mais également d’une importante délégation locale sensible aux nouvelles perspectives ouvertes par le jumelage.


Monsieur le Maire, Monsieur le Consul, Mesdames, Messieurs les Adjoints et les conseillers, Mesdames, Messieurs.

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Cette photo magnifique, réalisée par Hocine, symbolise l’union des forces vives d’Aubervilliers et de Miages-djebels autour du projet de l’école pilote pour handicapés d’Aït Ouizgane à Bouzeguène

Permettez-moi tout d’abord de vous remercier de m’avoir invité et de vous dire ma joie d’être parmi vous ce soir.

Assister à cette réunion rendant compte du voyage de la délégation d’Aubervilliers à Bouzeguène et de l’officialisation du jumelage entre les deux communes est pour moi source d’une vive émotion. En effet, depuis des années ce coin d’Algérie est au cœur de mes pensées.

Préalablement, Monsieur le Maire, je dois vous avouer humblement que, cantonné dans mes montagnes près du Mont Blanc, je ne connais pas Aubervilliers. Par contre, je connais un peu Bouzeguène pour y avoir vécu il y a bien des années. C’est là que j’ai entendu parler de votre cité pour la première fois.

C’était en août 1960. J’arrivais dans une zone un peu désertique au cœur de laquelle étaient implantés un poste militaire occupé par des Chasseurs alpins et un bordj aux épaisses murailles, doté de trois miradors. C’est dans cette forteresse qu’était implanté la SAS, dont j’allais avoir la charge. De création récente, cette institution avait pour mission de renouer les contacts perdus avec la population du bled en Algérie. Ici celle-ci était dispersée dans une vingtaine de villages la plupart inaccessibles.

Rapidement j’allais recevoir des courriers en provenance d’Aubervilliers émanant des émigrés de la région qui souhaitaient avoir des nouvelles des leurs ou des documents pour des dossiers sociaux ou administratifs.

Je suis resté sur place jusqu’à fin décembre 1961, date à laquelle j’ai été sanctionné de façon arbitraire et muté en France. Après le chaos qui a accompagné l’indépendance, j’ai cherché à oublier. J’ai même brûlé le fanion de la SAS que j’avais emporté dans mes bagages…

À la demande pressante des miens, j’ai cependant écrit un livre témoignage relatant ce qu’avait vécu ma famille. En effet, mon plus jeune frère, appelé du contingent, quelques jours avant la fin de son service militaire, est mort pour la France dans les Akbils, un coin montagneux voisin de Bouzeguène. Pour terminer le livre, je suis retourné dans les Akbils et à Bouzeguène fin décembre 2004.

Ce voyage été pour moi un choc.

Tout d’abord, la vision de la liste impressionnante des martyrs sur les monuments aux morts.

Ensuite, la transformation profonde du pays que j’avais connu. Quelle mutation ! Quel contraste ! Je n’ai pas reconnu les lieux, tant la région est urbanisée : l’aspect des anciens villages s’était estompé, de nouvelles routes, de nouveaux équipements avec écoles, lycées, de nouvelles maisons partout, des réseaux d’eau, d’électricité…

Des amis de rencontre m’ont conduit jusqu’au bordj caché par les nouveaux immeubles… Ce voyage rapide a été l’occasion de rencontrer l’Algérie côté cœur et de nouer de nouveaux contacts, point de départ d’une nouvelle aventure humaine. Celle-ci a été élargie par la toile grâce au site Miages-djebels, lieu d’échanges qui m’a obligé à réfléchir et à me documenter…

Votre délégation en se rendant sur place en novembre dernier a découvert à son tour ce pays qui va de l’avant, ses paysages magnifiques, ses hommes aux préoccupations voisines des nôtres. Vous avez noué contacts avec les élus locaux. Nul doute qu’il en résultera des relations confiantes entre les deux communes, puisqu’Aubervilliers comporte une communauté dynamique originaire de Bouzeguène. Les nouveaux échanges s’annoncent donc prometteurs et porteurs d’avenir.

Quant à moi, depuis mon retour à Bouzeguene fin 2004, je suis devenu presque malgré moi une sorte d’otage du passé. Celui-ci reste comme en surimpression avec le présent : plusieurs questions me hantent depuis.

La première, comment et pourquoi ce bain de sang lors du divorce dramatique entre nos deux pays ?

La seconde, comment transcender cette période tragique et reconstruire ensemble avec les matériaux du passé ?

Ce n’est ni le lieu, ni le moment ce soir, de répondre à mon interrogation sur les causes profondes du divorce dramatique. C’est un sujet immense auquel j’ai trouvé cependant des éléments de réponses peu connus qui m’ont étonné. Ils pourraient s’inscrire dans une analyse systémique du passé.

Pour la seconde interrogation, comment reconstruire ensemble avec les matériaux du passé, qui est connexe avec la première, il m’est possible de vous proposer une action concrète orientée vers les handicapés et leurs familles en Algérie. Les aider, c’est prêter attention à leur souffrance et leur permettre de s’insérer mieux dans une société rendue de plus en plus difficile sous les effets de la mondialisation.

Comment ? En organisant une opération de mobilisation et de communication à vaste échelle pour placer des matériaux évoquant le passé et récolter des fonds destinés à bâtir une école pour les handicapés.

Pour prendre connaissance du projet, cliquer sur la vignette

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Projet École pilote accessible aux handicapés

ou aller sur le lien http://www.bouzeguene.net/journal/s...

Pour découvrir l’AHLA, http://lavoiecherif.miages-djebels....

Pour suivre les futures actions du jumelage aller sur le lien http://www.journal.bouzeguene.net/

Dans les faits, il s’agirait tout simplement de faire placer le livre « des Miages aux Djebels. Notre guerre d’Algérie » dont j’ai apporté quelques exemplaires et qui sera accompagné d’un DVD bonus sans prétention graphique. Celui-ci comporterait toute une série de documents passionnants [1] dont la plupart ont pour cadre historique Bouzeguène et sa région.

Parmi ces derniers, le livre « Les messagers de l’Akfadou », un document orienté vers la réconciliation. Je l’ai rédigé en juin 2011 pour honorer la mémoire des combattants algériens et français à partir de livres écrits par des acteurs appartenant aux deux camps.

Cette opération de mobilisation est en fait destinée à l’AHLA (Association des Handicapés et Leurs Amis de la Daïra de Bouzeguene) qui cherche à créer une école pilote accessible aux handicapés dans le cadre de l’école pour tous. Ce projet novateur en Algérie devrait être une marche permettant aux enfants souffrant de handicap d’accéder à l’école ordinaire.

Pour en faciliter la réalisation, la commune de Bouzeguène a mis à disposition de l’association l’ancienne école dénommée Ath Ouizgane.

Dans l’été, le président de l’association des handicapés, Saïd Hammoum a lancé un appel à la solidarité pour financer l’achat de matériaux destinés aux travaux d’aménagement. Cet appel jusqu’à présent n’a suscité localement aucun écho concret.

Pour ma part, j’ai une raison supplémentaire à faire valoir pour une mobilisation forte en France pour la réussite de ce projet : l’école dénommée Ath Ouizgane, a été construite par l’armée française en 1957. Sadaoui Arezki, ici présent ce soir a été un des premiers élèves à l’avoir fréquenté.

Elle a eu pour enseignants des militaires français et des instituteurs civils jusqu’à l’indépendance. Après celle-ci, Jean Louis Sahut, bien connu par toute une génération de Bouzeguènois, y a enseigné pendant quelques années en compagnie d’instituteurs algériens. L’école par la suite est devenue un centre de formation professionnelle avant d’être abandonnée.

Cette opération de mémoire partagée constitue une rampe de lancement inattendue qui propulsera le jumelage sur la bonne orbite, celle de la solidarité envers ceux que le destin semble avoir oubliés.

Comme cette opportunité est riche de promesses d’avenir pour sceller l’amitié entre la France et l’Algérie, je souhaiterais que la commune d’Aubervilliers, le Comité de Jumelage et l’Association Bouzeguène Europe s’approprient la démarche.

Les enjeux sont importants : plus de 35 000 € qui devraient être reversés à l’Association des handicapés. (1500 livres, si l’inventaire de mon stock est exact, vendu 25 € franco, dégageant un prix net de 20 €. La différence provient des frais d’envoi, timbre, enveloppe et DVD .

Si le projet est mené à terme, c’est une passerelle d’espérance qui aura été lancée entre Bouzeguène et Aubervilliers. L’association Miages-djebels pourra alors disparaître comme association éditrice.

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L’école Ath Ouizgane en 1961.
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L’école Ath Ouizgane en 2004

Amis lecteurs,

que vous soyez ou non, de Bouzeguène, vous pouvez dès maintenant participer à cette chaîne de solidarité en commandant de suite ce livre de cœur « Des Miages aux djebels. Notre guerre d’Algérie ».

Comment ?

En envoyant un mail à mia.dje@wanadoo.fr avec votre adresse et en envoyant par la poste un chèque de 25,00 €

à

- Miages-djebels
- 484 Chemin du Poirier
- 74170 St Gervais les Bains.

Tel 04 50 47 79 82 ou 06 22 69 33 01

Vous recevrez par retour le livre.

Le DVD, en cours d’élaboration, vous parviendra gratuitement par la suite dès sa réalisation.

Délai envisagé 2 mois.

Notes

[1] Sous réserve, vraisemblablement :
- Le livre de Roger Enria : les Chasseurs de l’Akfadou,
- Les Messagers de l’Akfadou qui reprend des témoignages croisés entre combattants français et algériens dans la région de Bouzeguène,
- Le témoignage de Jean Louis Sahut : Un jeune enseignant en Grande Kabylie 1958-1973
- Des diaporamas sur la région de Bouzeguene ou la Kabylie,
- L’histoire du Chérif Boubar’la de Joseph Nil Robin dont une partie du récit se déroule à Bouzeguène en 1854.
- Récits de Kabylie d’Émile Carrey
- Ou d’autres livres anciens destinés à faire connaître la Kabylie comme l’ASCENSIONS DANS LE DJUDRJURA par le CAF Section Atlas 1907.

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