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Rencontre avec l’AHLA (Association des Handicapés et Leurs Amis)

mercredi 27 novembre 2013, par Claude GRANDJACQUES

L’association AHLA (Association des Handicapés et Leurs Amis) de la Daïra de Bouzeguene) est la boussole de « La passerelle de l’espérance », cette action de solidarité fruit du partenariat entre Bouzeguène Europe et Miages-djebels.


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Rencontre avec l’AHLA (Association des Handicapés et Leurs Amis),
la boussole de « La passerelle de l’espérance »

Créée en 2000 avec 30 personnes, l’association présidée par HAMOUM Saïd compte aujourd’hui plus de 300 adhérents essentiellement des parents d’enfants ou d’adultes en situation de handicaps divers. Elle se bat pour la reconnaissance de leurs droits et pour leur meilleure intégration scolaire et professionnelle.

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Saïd, formateur et Président

Vaste programme !... dont j’ai pris conscience un jour d’avril 2011, en partageant la vie de l’équipe dynamique de Saïd au milieu des enfants pendant une journée.

À 8 h 30, à l’ex-SAS, regroupement des enfants qui vont descendre avec un car de l’A.P.C. vers Aït Sidi Amar, accompagnés par du personnel du centre. Trajet dans la bonne humeur par une route défoncée caillouteuse relativement encombrée.

Devant le portail d’entrée, Naima la directrice attend son petit monde. Elle me fait visiter l’établissement et me donne des explications :

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Le Centre, activités de préformation, éveil et périscolairesôté
  • À gauche un bâtiment préfabriqué pour recevoir les premières activités de préformations, d’éveil et de préscolaires. À droite un bâtiment en dur organisé pour recevoir de plain pied, la cantine, des activités spécifiques et individuelles, tandis qu’au sous-sol ont pris place des activités relevant de l’ESAT [1] : brosserie, cordonnerie et jardinage.

Et de me préciser :

  • le centre a pu être réalisé grâce aux autorités locales, à la Commission Européenne et à l’Agence Française de Développement Sociale.
  • Aujourd’hui, une cinquantaine d’enfants fréquentent l’établissement. Ils sont pris en charge 5 jours par semaine. Ils ont entre 6 à 18 ans et viennent de surtout de la Daïra de Bouzeguene, mais quelques-uns d’Ain El-Hammam et d’Azazga.

Tout en franchissant le portail, Naima me parle des moyens de fonctionnement :

  • L’ensemble du personnel est rémunéré par la Direction de l’Action Sociale dans le cadre du Pré-Emploi et de l’Indemnité Activité Intérêt Général. Les autres charges sont bouclées par des subventions : APW (Préfecture), 4 APC (Sous Préfecture) et par des dons privés….

Après une pose café, toujours guidé par la directrice, une vraie seconde mère pour les enfants, petit tour dans les ateliers :

  • Nous avons un atelier Stimulation, trois ateliers d’Éveil, un atelier Préscolaire et un atelier Pré professionnel, poursuit Naima. Chacun des ateliers est conçu pour faire progresser l’enfant en fonction de ses difficultés personnelles. C’est pourquoi, les groupes ne dépassent 4 ou cinq enfants. Chacun d’eux en plus bénéficie en individuel, selon ses besoins, de soins thérapeutiques que ce soit en en psychologie, en orthophonie ou en psychomotricité. L’équipe pédagogique comprend en effet 5 éducateurs, une psychologue clinicienne, une orthophoniste et une sociologue.

Tout en écoutant attentivement Naima, mon esprit vagabonde. Me voilà replongé en 1966, au Centre I.M.C [2] de Grenoble qui fonctionne depuis peu. Les parents un peu désorientés font connaissance de l’établissement et mesurent l’éventail des différences avec les autres enfants du même âge, les difficultés qu’ont à vaincre ceux qui ne marchent pas au même pas pour l’élocution, la coordination ou la latéralisation. Pour progresser, tout passe par des méthodes appropriées qui sont inconnues des parents : la gestuelle pour s’habiller, passer un lacet dans une boucle à chaussure, fermer un bouton, plier une serviette…

Chaque enfant a sa propre histoire. Une histoire mystérieuse découlant d’un passé inconnu, de traumatismes survenus lors de la grossesse, ou de la naissance ou tout simplement au cours de la vie. Celle-ci avec ses dons ou ses manques demeurera toujours un mystère.

Quand les symptômes sont identifiés, leurs causes ne le sont pas toujours, ce qui rend souvent difficile les remèdes ou solutions à appliquer. C’est un travail d’équipe, fruit de la concertation entre les parents, le corps médical et les équipes du centre. Finalement l’enfant va progresser en fonction de ses moyens. Ce qui compte c’est d’avancer. La hauteur de la marche n’a pas d’importance.

Toujours guidé par Naima, petit tour du côté du jardinage. Des adolescents apprennent les rudiments du métier : bêcher, semer, rempoter, mettre en terre. Un bon moyen pour les jeunes d’apprendre à manipuler la bêche, tenir un râteau, tracer une allée de façon droite. Même arroser.… Rien dans ce domaine n’est inné.

Par la suite, découverte d’un autre univers dans le sous-sol du bâtiment en dur. Des jeunes répartis en deux groupes apprennent la cordonnerie et la brosserie, deux arts qui demandent une certaine adresse et une bonne coordination gestuelle.

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Smail formateur à la cordonnerie

Pour la cordonnerie il n’est pas évident d’apprendre à coudre, à découper, à assembler, mettre en forme. La gestuelle est précise et réclame de la virtuosité pour manier des outils qu’il faut apprivoiser : alênes, gouge, marteaux… . Bravo ! Certains sont déjà capables de réparer avec compétence les semelles éprouvées par les aspérités des sentiers.

Quant à l’atelier de brosserie, il est animé par un moniteur à la dextérité et à la vélocité incroyable : Saïd. Il explique aux jeunes comment assembler les crins par touffe, puis comment les fixer sur le balai. Il a un tour de main stupéfiant.

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La confection de la brosse

Avec Naima, nous nous rendons à la salle de sport où les enfants grâce à la psychomotricité font connaissance de leur corps et progressent en matière de latéralisation, de coordination, etc…

À 13 heures, repas à la cantine pour le deuxième service avec l’équipe du centre. C’est un lieu d’échange et de convivialité et même d’émotion : pendant le repas, un jeune vient tout spontanément m’embrasser. Quel moment de bonheur !...

À 15 heures, retour en bus à l’ex-SAS à Bouzeguène centre. Quelle journée émouvante et enrichissante. Décidément le drame du handicap ne connaît pas les frontières…

Depuis mon retour au pays du Mont Blanc, mes pensées volent souvent vers Bouzeguène. Il suffit en effet que mes yeux se tournent vers les Dômes de Miages qui ici remplacent la Croix du Sud : ils m’indiquent la direction de Bouzeguène et de mes amis de l’ALHLA.

Dans ce monde en mouvement, grâce à la toile, un an plus tard, en 2012, je découvre leur appel. Ils font appel aux dons pour créer une école pilote accessible aux handicapés dans le cadre de l’école pour tous.

Cet appel pour financer un projet novateur est à l’origine du lancement de l’opération la parcelle de l’espérance en partenariat entre Bouzeguène Europe et Miages-djebels. Une occasion de réunir deux pays qui après s’être déchirés, unissent leurs efforts pour améliorer la vie de ceux qui peuvent se sentir abandonnés.

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Rabiha, formatrice jardinage et Lounis

Participer à l’opération de la passerelle de l’espérance c’est faire germer les semis de l’équipe éducative de l’AHLA et l’aider à mener à biens deux projets :
- Le redéploiement de son Centre d’Aide par le Travail
- et la création d’une école pilote permettant d’insérer les enfants en situation de handicap dans le cadre scolaire ordinaire.


L’AHLA fin 2013, SES PROJETS

- À LA RENCONTRE DU HANDICAP ET CONTEXTE D’INTERVENTION

Crée en 2000 à l’attention de jeunes et adultes en situation de handicap de Bouzeguene, région rurale, totalisant 80 000 habitants répartis en 55 villages. Éparpillés sur un vaste territoire montagneux, ces derniers sont la plupart du temps installés sur les hauteurs. Les conditions de vie y sont donc extrêmement difficiles.

- STRATÉGIE - MISSION DE L’ASSOCIATION

L’Association cherche à éveiller les consciences et à mobiliser toutes les énergies pour mettre en œuvre des moyens facilitant l’insertion ou la prise en charge des personnes en situation de handicap.

Elle a pour mission :
- Développement de Projets Pilotes avec prise en charge en Établissement et/ou prise en charge en milieu ordinaire.
- Développement de Réseaux de Professionnels du Handicap.
- Renforcement et Mise en Lien de Compétences transversales.

- SES REALISATIONS

Le Centre Médico-Pédagogique et Professionnel ‘’CMP-CMPro’’ (2008-2013)

Bénéficiaires : Enfants Porteurs de Déficiences Mentale, d’Infirmité Motrice Cérébrale et/ou d’Infirmité Motrice d’Origine Cérébrale de 0 à 25 ans de Bouzguene, de Mekla et d’Azazga. (en Demi -Pension, 65, en Externat, 118).

Vocation : Développement de Capacités Pédago-Educatives, Professionnelles et Suivi du Bien -Etre en Etablissement (CMP-CMPro), via Passerelles d’Inclusion Scolaire, Professionnelle, Sport et/ou Loisirs, En Partenariats DE , CFPA [3] , DAS [4] et DJS [5],. les élus locaux et régionaux.

Ateliers de Prise en Charge et Ressources :
- Ateliers d’Education et de Formation (Jardinage, Cuisine et Couture)
- Ateliers Bien-être/Santé : Psycho-Motricité, Orthophonie, Psychologie

- PROGRAMMES DÉVELOPPEMENT INCLUSIF LOCAL 2001-2013

- Gestion d’un Dispositif d’Education Inclusive 2011 : À l’Attention des Elèves Porteurs d’Handicap et/ou de Troubles d’Apprentissage.

- Service de Solidarité : Disposition –Prêt et/ ou Dons de Toute Nature (Appareillages, Colis Alimentaires, Trousseaux Scolaires, …

- Appui dans l’Accès aux Droits : Information, Orientation et Appui en Constitution de Dossier ––Droit £ Handicap.

- Appui à l’Accessibilité Universelle : Formation, Sports et Cultures …….

- Formation Thématique et Renforcement de Compétences Transversales Du Secteur d’Education, de Santé et du Médico-Social,

- RESSOURCES HUMAINES ET PARTENAIRES

Ressource Bénévole : 14 Membres et 300 Adhérents annuels (Parents –Profs) Personnel Permanent : 1 Coordinatrice, 1 Directrice, 1 Gestionnaire, 5 Agents de Servies, 4 Éducateurs, 1 Pédagogue, 2 Psy Cliniciennes, 1 Orthophoniste, 1 Psychologue de Travail, 1 Agronome, 2 Référant Droit et Communication et Secrétaire, Partenaires : Institutions : DE, DAS, DSP, DJS et DC. Élus : APW et APCS de Bouzguene, d’Azazga et d’Ain El-HAMAM. Entreprises et Université.

- PROJETS à COURT ET MOYEN TERME

-Redéploiement et restructuration du Centre d’Aide par le Travail

-Après mise en œuvre de l’accessibilité de l’école de Bouzeguène-village, étudiée par l’expert Hugues Nouvellet, création d’une école pilote permettant d’insérer les enfants en situation de handicap dans le cadre scolaire ordinaire.

Portfolio

l'entrée du centre médicopsychologique à Aït Sidi Amar Le Centre, activités ESAT ( brosserie, cordonnerie et jardinage) et (...) Kheira, l'othophoniste Smail, formateur cordonnerie Les ouitils du cordonnier L'apprentissage Samia, responsable du contrat soutien L'atelier de brosserie L'apprentissage de la brosserie Fahima, la cuisinière Moment de partage à la cantine Atelier de peinture Groupe d'éveil à la psychomotricité Naima la directrice et Ghania la secrétaire Mon guide Saïd et sa charmante épouse Saliha Regard vers le Djurdjura depuis la route de Bouzeguène Village - Bouzeguene (...)

Notes

[1] Établissement et Service d’Aide par le Travail dénommé également CAT : Centre Aide au Travail

[2] Infirme Moteur Cérébral

[3] Centre Formation Professionnel des Adultes

[4] Direction Action Sanitaire

[5] Direction Jeunesse et Sports

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