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L’Algérie depuis les Miages et les djebels

dimanche 17 août 2014, par Claude GRANDJACQUES

Notre pays depuis longtemps a su se réconcilier avec son ennemi d’hier. Dernièrement, le 3 août, les Présidents français et allemand se sont retrouvés sur le site du Hartmannswillerkopf (Haut-Rhin), pour un hommage commun et inédit aux combattants français et allemands de la Grande Guerre.


Notre pays depuis longtemps a su se réconcilier avec son ennemi d’hier. Dernièrement, le 3 août, les Présidents français et allemand se sont retrouvés sur le site du Hartmannswillerkopf (Haut-Rhin), pour un hommage commun et inédit aux combattants français et allemands de la Grande Guerre.

Si, de nos jours et depuis longtemps, la réconciliation franco-allemande est ancrée dans les coeurs, il en va différemment de la réconciliation franco-algérienne. Pourtant, les Algériens n’ont jamais été nos ennemis. Ils faisaient même partie de la famille. À ce titre ils sont nombreux à avoir versé leur sang sur les champs de bataille, non seulement en 14-18, mais en 39-45 pour libérer la France devenue leur patrie depuis plus de 100 ans. Ils y tenaient cependant une place à part. Bien que Français, leur statut leur donnait le sentiment d’être des incapables majeurs ou des étrangers dans leur propre pays.

Dès lors, comment s’étonner que le 1er novembre 1954, certains d’entre eux, au nom même de nos principes républicains, aient pris les armes pour s’émanciper ! C’était il y a bientôt 60 ans !

Après avoir été en 1958 chef d’une section opérationnelle de Légionnaires puis, en 1960, chef de SAS (Section Administrative Spécialisée), à ce titre en charge de la population de deux communes de Grande Kabylie, Claude Grandjacques dont le frère cadet est mort pour la France en Algérie, a publié en 2006 un livre d’anthologie « Des Miages aux djebels. Notre guerre d’Algérie. Alain, André, Bernard et Claude. 1956-1962 ». Y alternent rappels historiques, parcours personnels et évènements marquants dans 336 pages d’une présentation luxueuse sur papier couché brillant, avec 200 photos, des cartes de situation...

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Des Miages aux djebels. Notre guerre d’Algérie.
Une édition de Miages djebels

Par la suite, l’auteur fonde et anime l’association Miages-djebels. Son site (http://www.miages-djebels.org/) sur le forum duquel s’expriment Algériens et Français, publie des documents à vocation pédagogique et milite dorénavant en faveur d’un hommage commun à toutes les victimes de la guerre d’Algérie, quel que soit le camp d’appartenance.

Dernièrement, pour accompagner la diffusion des derniers exemplaires du livre, l’association vient d’éditer un « DVD bonus en faveur des handicapés ». Cet ouvrage collectif, « La passerelle de l’espérance » est le complément naturel du livre. Il contient outre des livres anciens sur la conquête de l’Algérie, réédités par l’association, des témoignages plus récents ainsi qu’un fonds photographique extraordinaire (plus de 1200 photos réparties dans 9 albums commentés et présentés de façon magnifique).

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DVD bonus au livre Des Miages aux djebels

Le support numérique est le fruit d’un partenariat entre des acteurs désintéressés originaires de France et d’Algérie : Bouzeguène Europe et Miages-djebels, mobilisés dans le cadre d’une opération culturelle de solidarité pour aider l’AHLA, (Association des Handicapés et Leurs Amis de la Daïra de Bouzeguène). En effet au cours de son dernier voyage à Bouzeguène, Claude a noué des liens fraternels avec Saïd, son président, un homme exceptionnel, chaleureux et lumineux, ayant transcendé le handicap de sa cécité accidentelle.

Pour accompagner l’AHLA dans ses projets, enrichir vos connaissances sur le passé et découvrir la Kabylie d’hier et d’aujourd’hui, vous pouvez vous procurer le livre et le DVD, des pierres destinées à construire l’édifice de l’Amitié.

- Miages-djebels (tel 06 22 69 33 01)
- 484 chemin du Poirier
- 74170 St GERVAIS les Bains.

- Livre et DVD, chèque à l’ordre de Miages-djebels de 29 € (25 € + 4 € port)

- DVD uniquement, chèque à l’ordre de Miages-djebels de 10 € (Franco de port).


La France honore les indigènes qui l’ont libérée

article de Yacine Farah paru dans El Watan le 16 août 2014

Soixante-dix ans (1944-2014) ont passé depuis le débarquement des Alliés (Anglais et Américains) dans le sud de la France pour la libérer du joug nazi. Cependant, cette libération n’était pas le seul fait des soldats alliés et français, mais aussi et surtout l’œuvre de combattants maghrébins, algériens surtout et subsahariens.

L’armée « B », ce sont près de 250 000 soldats, placés sous les ordres du général de Lattre de Tassigny, dont la moitié était des Africains, en majorité Maghrébins, qui ont fait face, avec des moyens de fortune et parfois pieds nus, au feu de l’occupant nazi. C’est grâce au courage de ces hommes, qui ont abandonné familles et enfants, que la Provence puis l’Alsace ont pu être libérées. Plus de 1000 d’entre eux y ont perdu la vie.

« Ils ont noué entre la France et l’Afrique un lien de sang »

C’est précisément à ces hommes que le président François Hollande a tenu à rendre hommage, hier, lors d’une cérémonie de commémoration au Mont Faron, sur les hauteurs de Toulon. Dans son discours, le président français a évoqué « l’héritage de ces soldats et de ces libérateurs » qui ont permis à la France de prendre son destin en main. « L’armée d’Afrique a été décisive. Beaucoup étaient Algériens, Marocains, Tunisiens. On les appelait encore les indigènes.

Il y avait aussi à leurs côtés les tirailleurs sénégalais, les goumiers, les tabors, les spahis, les zouaves », a déclaré M. Hollande devant une assistance composée d’anciens combattants de plusieurs nationalités. « Tout cela formait les contingents de ‘l’armée B’ du général de Lattre de Tassigny. La moitié de ces 200 000 hommes était d’origine africaine.

Par leur sacrifice, ces hommes ont noué entre la France et l’Afrique un lien de sang que rien ne saurait dénouer. » Reconnaissant que cet épisode de la guerre était mal connu en France, contrairement au débarquement de Normandie, M. Hollande a annoncé que le nouveau mémorial du Mont Faron, érigé par De Gaulle en 1964, changera de nom et deviendra le mémorial du débarquement et de la libération en Provence. Le but étant qu’il intègre « toutes les évolutions de la connaissance historique, tous les faits majeurs qui se sont passés ici, il y a 70 ans, ainsi que la formidable composition humaine qui a fait la force de l’armée de libération de la France ».

Le nouvel édifice devrait également mettre à l’honneur « tous les combattants afin de célébrer dans un même hommage et lieu toutes les mémoires, qu’elles soient celles des Français libres, des soldats venus d’Afrique ou des résistants et des alliés ». En fin d’après-midi, le président français a accueilli ses invités à bord du porte-avions Charles-de-Gaulle où il a, une nouvelle fois rendu hommage aux soldats africains et assisté au défilé naval et aérien dans la rade de Toulon, en compagnie des chefs d’Etat et de gouvernement étrangers.

Yacine Farah http://www.elwatan.com//actualite/l...

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1 Message

  • L’Algérie depuis les Miages et les djebels 17 août 2014 17:25, par Stanislas

    Voici l’article paru dans "Liberté"

    éSamedi, 16 Août 2014 09:50 Débarquement en Provence Abdelmalek Sellal à Toulon Par : Rédaction Nationale Pour la seconde fois consécutive, cette année, l’Algérie participe officiellement aux festivités commémoratives en France, prévues, hier, à Toulon, au sud de la France. Cette fois-ci, il s’agit du 70e anniversaire du débarquement en Provence et “l’armée d’Afrique” est à l’honneur.

    Contrairement aux festivités du 14 Juillet, l’Algérie a déjà pris part, officiellement, aux festivités commémorant le débarquement de Provence en 2004. À cette époque, c’est le président Bouteflika qui avait conduit la délégation algérienne. Pour les festivités du 14 Juillet, l’Algérie s’était contentée d’une représentation fort symbolique, mais qui avait, quand même, suscité un large débat. Cette fois-ci, la participation algérienne est plus importante. C’est le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, qui conduit la délégation algérienne, en tant que représentant du président Bouteflika. Avec le Premier ministre, douze anciens combattants algériens sont attendus sur le sol français. Douze hommes qui ont participé aux combats pour la libération de la France il y a 70 ans. Quatre d’entre eux devraient recevoir l’insigne de chevalier de l’Ordre de la légion d’honneur des mains du président de la République François Hollande. La revue navale qui aura lieu en milieu d’après-midi mettra, également, à l’honneur plusieurs bâtiments étrangers. Représentant l’Algérie, le navire école “La Soummam” est attendu. La corvette marocaine “Tarik Ben Ziad” et le patrouilleur tunisien “La Galite” devraient, également, être présents.Les commémorations du 70e anniversaire du débarquement en Provence sont une occasion pour rendre hommage aux combattants français et “indigènes”, des anciennes colonies françaises en Afrique qui ont débarqué massivement le 15 août 1944 sur les côtes de Provence pour combattre, aux côtés des alliés, l’avancée de l’armée allemande. Une quinzaine de chefs d’État et de gouvernement africains a répondu à l’invitation du président français, qui a présidé une cérémonie internationale au bord du porte-avion “Charles-de-Gaulle”, au port de Toulon. Parmi les présents, outre le prince Albert de Monaco, les présidents du Bénin, du Burkina Faso, du Cameroun, des Comores, de la Côte d’Ivoire, du Gabon, de Madagascar, du Mali, de la Mauritanie, du Niger, du Sénégal, de la Tunisie, ainsi que les chefs de gouvernement de l’Algérie, de Djibouti et du Maroc. Pour le président Hollande : “En ce 15 août 2014, la France s’honore de recevoir à nouveau en Provence ceux qui l’ont aidée à sortir de plus de 1 800 jours de guerre.” Déclenchée le 15 août 1944, 70 jours après le débarquement en Normandie, l’opération dite “Dragoon” visait pour les alliés — 450 000 hommes, dont environ 250 000 Français — à prendre en tenaille l’occupant allemand pour le contraindre à battre en retraite. Le coup d’envoi est donné le 15 août à 00h15 par les commandos français d’Afrique du lieutenant-colonel Bouvet (Roméo Force) qui escaladent la falaise du cap Nègre, à une quarantaine de km à l’est de Toulon. Moins de 24 heures plus tard, les alliés — Américains, Britanniques, Canadiens et Français — occupent une poche de plus de 30 km de profondeur. “C’est le jour le plus sombre de ma vie”, dira Hitler face à la percée alliée. “C’est nous les Africains qui arrivons de loin, venant des colonies pour sauver la patrie”, chantaient alors ensemble chrétiens, musulmans et juifs, mobilisés ou volontaires. Celle que l’on appelait “l’Armée B”, qui débarque en Provence le 15 août 1944, est essentiellement “l’Armée d’Afrique” créée en 1830 lors la colonisation de l’Algérie et qui intégra peu à peu des soldats “indigènes”. Ses effectifs sont pour moitié composés de Français, pour la plupart européens d’Afrique du Nord, pour l’autre moitié “d’indigènes” du Maghreb (près de 100 000) et d’Afrique noire (10 000). Complémentaire de l’opération “Overlord” en Normandie, le débarquement en Provence s’avère décisif : il conduit dès le 18 août à l’ordre de repli des troupes de la Wehrmacht stationnées dans le Sud-Ouest et aboutit à la libération plus rapide que prévu de Toulon (27 août) et Marseille (28 août). Paris, qui se soulève le 19 août, sera finalement libéré six jours plus tard, grâce à l’action conjuguée de la Résistance, de la population parisienne et de la 2e division blindée (DB) du général Leclerc, placée sous commandement américain, et appuyée par la 4e division d’infanterie américaine.

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