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Les premières années de l’école d’Haoura.

dimanche 2 novembre 2008, par Roger ENRIA

Le premier témoignage vient de la Champagne. Il s’agit d’un article transmis sans signature dont je n’ai pu identifier la provenance. Je n’hésite pas cependant à le publier en espérant qu’un jour son auteur le découvre et se manifeste.

L’e deuxième témoignage est extrait du livre "Les Chasseurs de l’Akfadou. Kabylie 1955-1962" de Roger Enria.



Des groupes se forment sous les hangars du 16e dragons à Haguenau.

Nous partons pour l’Algérie. Une partie de notre section est mutée dans les chasseurs alpins, mais nous ne connaîtrons notre affectation exacte qu’à Marseille. Des gradés « chasseurs » sont venus nous prendre en main.

Strasbourg, Marseille, Alger, Tizi-Ouzou, Azazga... Au-delà de cette petite ville commence notre aventure : nous entrons dans le secteur du 27e bataillon de chasseurs alpins. La montagne est proche, le paysage est sauvage. Des poteaux télégraphiques sciés le rendent plus hostile encore.

La bonne planque.

Ifigha, P.C. de notre bataillon. Les camions et les gens pataugent dans la boue. Nous aurons le temps de nous reposer ici.

  • Il n’y a pas un instituteur parmi vous ?
  • Si, moi, ai-je répondu.

Le commandant m’a désigné pour faire la classe à Haoura.

  • Tu verras, c’est une vraie planque ! Instituteur en Algérie, c’est la belle vie.

Le barbu qui m’a interpellé est lui-même instituteur à l’école du village. Il m’apprend qu’il est « quillard ». Il me présente à son compagnon, un autre instituteur de la même classe que moi, arrivé depuis une quinzaine de jours, seulement.

Le contact avec la compagnie est pris, il ne faut pas attendre longtemps pour que naisse l’amitié. Les anciens nous accueillent. Ils sont sympathiques. L’ambiance est excellente.

Cependant, mon sort n’est pas réglé. Trois collègues travaillent déjà ici. En attendant mon affectation, je reste quinze jours en section. Pas assez pour faire connaissance avec la guerre, suffisamment pour m’apercevoir de la chance que j’ai d’être un « planqué » : pas d’opérations, peu d’ennuis type « caserne » et la satisfaction d’accomplir une tâche utile, tout en apprenant à connaître un peuple dont j’ignore tout.

Mon premier contact avec la classe n’est pas très convaincant. Quelques chahuteurs s’emploient à me faire comprendre que ma place n’est pas ici. II me faut crier plus fort qu’eux et hélas pour la pédagogie ! - appliquer quelques gifles.

La connaissance ainsi faite et une estime relative établie sur la base d’une méfiance partagée, il faut passer au travail. J’ai entre trente et quarante élèves le matin et autant l’après-midi.

Il ne s’agit pourtant là que d’une fraction ’des enfants d’âge scolaire du village. L’école a débuté au mois d’octobre. Les enfants apprennent à lire. Les garçons font des progrès, mais les filles, restent amorphes. Elles ne s’intéressent à rien de ce que je leur raconte : ce n’est pas facile de se faire comprendre.

Les classes se font à l’école coranique qui existait avant notre arrivée. Les tables et les sièges ont été récupérés dans les villages environnants. Les cahiers et tout le matériel scolaire nous sont fournis gratuitement, mais parcimonieusement par la S.A.S de la compagnie voisine.

Une escorte de cinq ou six militaires en armes nous accompagne au village. Sa mission est de protéger l’école. Moi-même, je dois, suivant le règlement, porter une arme. Au bout de quelques semaines, j’oublierai le règlement.

L’arme, symbole de guerre et de mort, établissait un mur entre eux et moi. En la quittant, j’ai montré que, moi aussi j’avais confiance. Je ne travaillais pas contre une population, mais pour elle, dans ce qu’elle avait de plus cher : ses enfants.

Je suis vite récompensé. On ne me regarde plus comme un ennemi, un sauvage. Même les militaires d’escorte commencent à être appréciés : les femmes, pourtant si craintives d’ordinaire et qui fuyaient à notre approche osent venir maintenant et me présenter leurs jeunes enfants.

Nous avons l’impression que personne ici ne nous veut du mal. Mieux, on nous avertit d’un danger possible. Un matin, une femme nous a fait signe du village, de retourner au camp : sans nul doute, ce jour-là, il y avait du danger.

Ce jour-là, j’ai compris qu’il aurait fallu très peu de chose pour que la confiance renaquît entre Algériens et Français. I Il y avait tant à faire : éduquer, soigner, nourrir, vêtir !

J’avais espéré la paix, mais c’était la guerre. Ceux-là le savaient bien, qui en souffraient dans leur chair et dans leur âme.


En cette année 1957, la rentrée des classes au mois d’octobre va constituer un baromètre assez fiable de la pacification dans le quartier du 27ème BCA.

Apparemment, tout se passe bien : le 4 octobre, l’école de Mahagga reçoit 72 garçons et 54 filles ; celle d’Haoura, 52 garçons et 20 filles, dont la rentrée officielle s’effectuera le 21 octobre. Dans les derniers jours du mois, le bataillon ouvre l’école de Tiffrit N’Aït Ou Malek et met en place un instituteur militaire….


Dans tout le secteur de l’Idjeur, les fêtes de Noël 1959 s’étaient déroulées normalement et avaient marqué un réel progrès de la pacification depuis les terribles opérations de l’été et de l’automne, où le FLN avait perdu sa substance. À l’heure des bilans, les témoignages sont éloquents.

En pointe de la politique sociale qui va de pair avec la pacification : la scolarisation. Ceux que l’on appelait encore récemment" les hussards noirs de la République " : les instituteurs, à l’égal de l’armée se dévouent sans compter dans ces villages kabyles qui les ont adoptés.

Roger Passenard qui a volontairement choisi de revenir en Algérie pour une seconde année d’enseignement à Haoura écrira : "Il faut bien reconnaître qu’en Algérie, et plus particulièrement dans le bled, la profession d’éducateur n’est pas une profession comme les autres. Ce n’est pas un métier que l’on exerce, c’est un apostolat, un sacerdoce ; c’est un service public qu’il faut assurer ; c’est un rôle social qu’il faut remplir ; c’est une oeuvre humaine qu’il faut accomplir ».

Et de poursuivre quelques paragraphes plus loin : « mission d’enseigner à des enfants, de former des esprits et des coeurs, d’élever à la dignité des citoyens, d’éclairer des individus qui, sans cette action éducatrice, resteraient les jouets de passion et les instruments d’agitateurs sans scrupules.

Ces enfants oublieront sans doute beaucoup de ce qu’ils auront appris. Mais ce qu’ils n’oublieront jamais, c’est l’image du maître qui, le premier, les aura guidés à la découverte de la vie, qui leur aura appris à s’élever à la dignité d’hommes et auquel ils auront voué une immense gratitude."

En parfait accord de pensée avec Roger Passenard qu’ils rejoignent dans ses conclusions, les chasseurs qui lui ont succédé à Haoura dans le rôle d’enseignant, une nouveauté pour la plupart, décrivent ce que fut leur vie dans ce village.

"Trimestre, mot scolaire, retour à l’enfance. Ah ! le bon temps où j’essayais d’attraper un rhume sous les gouttières pour éviter d’aller en classe...Maintenant les rôles sont changés, nous sommes quatre casse-pieds au Bataillon, qui tâchons d’initier les gosses kabyles à l’usage du français. Non loin d’Iguersafen et d’Aït Aïcha, il y a l’école de Tiffrit N’Aït Ou Malek. Mais descendons le chemin rocailleux, typiquement kabyle, bien que réparé, qui mène du camp de la "4" au village tout proche. Ce dernier est divisé en trois fractions ; d’abord Aït-Berkat, puis autour de "la petite Mosquée" nous traversons la fraction d’Aït-Marabout, enfin plus bas, c’est Haoura. Au-delà de la route, à quelque 300 mètres du camp, dans les premières maisons du village, face à la djemâa d’Aït-Berkat, se dresse l’école française ouverte depuis le 3 octobre.

Humble école rustique, comme on en trouve encore dans les campagnes les plus reculées de métropole, avec à l’intérieur des tables, des bancs, des tableaux comme partout. Les poutres sont apparentes, et aux murs chaulés s’accrochent parfois quelques dessins.

Depuis quelques jours, notre instituteur chasseur débrouillard, y descend de temps en temps pour tenter de l’aménager au mieux. Quelques vieilles planches raflées par-ci par-là, des boîtes de conserve, deviennent entre ses mains habiles des étagères pour les manuels et la pharmacie ou des seaux de toilette selon les besoins et les moyens du bord

Enfin, l’école est jugée digne d’accueillir les élèves. Chaque matin vers 08H30, un groupe descend du camp pour protéger l’école ; aux alentours, les garçons nous attendent. Après avoir ouvert les volets, il suffit de taper des mains à la porte et les garçons se rassemblent chacun à sa place, les petits devant, les grands derrière. Jusqu’à présent, pas une fille n’est visible sauf de rares exceptions. Mais si vous criez :

  • En classe les filles ! le miracle s’accomplit ; cachées derrière un mur, elles se décident enfin à apparaître, toutes en paquet, de leur démarche déjà ondulante de porteuses d’eau, les reins cambrés soutenus par la grosse ceinture à pompons de fabrication familiale.

Et la classe démarre ; nous avons là devant nous 30 gamins d’Aït-Berkat et du Marabout. A notre droite, les filles avec leur fichu, leur robe multicolore, tout à la fois ingénues et provocantes ; la plupart sont jolies et le savent. L’apparition d’une nouvelle robe provoque toujours un remous dans la salle de classe. La femme sera toujours coquette et, comme toutes les petites filles du monde, dès qu’on a le dos tourné, elles jasent et papotent comme de vieilles commères.

Contrairement à la métropole, elles semblent d’une intelligence moins vive que les garçons. Ceux-ci gigotent sous leur burnous, semblent toujours prêts à s’envoler. Ils ont posé devant eux les chéchias, les bérets ou les bonnets blancs destinés à protéger du froid vif leur crâne rasé. Certains sur le devant de la tête portent une petite touffe de cheveux, c’est paraît-il la mode ici ; mais mode n’est pas toujours similaire de beauté ! Beaucoup d’entre eux sont chaussés ; par contre, la plupart des filles vont pieds nus. Au début, les rares d’entre elles qui portaient des sandales, les enlevaient comme en entrant à la mosquée.

Véritable chef d’orchestre face à 30 regards attentifs, l’instituteur pointe sa baguette vers un élève et le dialogue s’engage :

  • Ali au tableau.
  • Je vais au tableau.
  • Que vois-tu sur le tableau ?
  • Je vois le soleil, je vois la lune, je vois la montagne, je vois le del...

Tout est dessiné sur le tableau. Toujours le système "D" ; sans images, il a bien fallu se mettre à dessiner. C’est à la fois plus long et plus limité. Grâce à un appareil très obligeamment prêté, nous avons voulu un jour leur projeter des diapositives. Malgré la présence de deux hommes du village habitués au cinéma, ce fut un fiasco, un four ! Tous hurlaient et sanglotaient : une expérience que nous ne sommes pas prêts de recommencer.

Le principe pour apprendre un mot nouveau consiste à partir de l’objet lui-même : la table, la craie, par exemple, ou d’un dessin en faisant apprendre directement le mot français sans passer par le kabyle, les traductions n’étant pas toujours équivalentes. Parfois, il faut cependant se référer au petit interprète kabyle pour savoir si l’enfant distingue bien que la partie bleue du tableau est le ciel, tout en lui montrant le ciel par la fenêtre. Pour les verbes d’action, l’opération est plus simple ; il suffit d’exécuter l’ordre et de faire répéter :

  • Je plie les bras, je plie les jambes, je plie la baguette, je plie la feuille de papier...

Au coin, un marmot, les mains dans le dos et le nez contre le mur essaie d’attirer l’attention du maître sur son cas. Mais celui-ci joue de la baguette :

  • Les filles, fermez les yeux, croisez .les bras - Les garçons, les mains sur les épaules, croisez les bras.

Il s’agit là d’un mouvement d’ensemble qui permet de scander et de faire travailler toute la classe sur ce qui a été déjà fait. Puis deux élèves montent sur l’estrade ; l’un fait le maître, l’autre exécute en disant ce qu’il fait :

  • Va à la porte, cache-toi.
  • Je vais à la porte et je me cache.
  • Que donne le chêne ?
  • Le chêne donne des glands.
  • Qui mange de l’herbe ?
  • Le mulet, l’âne, la vache le mouton...
  • Les chèvres mangent l’herbe verte dans les prés.

Ainsi la récréation arrive. Les enfants vont jouer, des cris retentissent ; voilà un peu de distraction pour le groupe de protection et les enfants : il y a toujours quelques bonbons, des pâtes de fruits ou des "chocovo" à récolter près des soldats.

Depuis longtemps déjà, ils ne sont plus craintifs. Dans la ruelle, les filles accroupies en ligne cassent de petits cailloux pour jouer aux osselets, d’autres jouent à la marelle, puis une ronde se forme et l’on psalmodie une comptine musulmane. Sous la djemâa, des garçons jouent aux billes, d’autres aux "boutons" : ils les font rouler sur une pente douce et celui qui recouvre le bouton du voisin gagne.

C’est l’heure où les villageois viennent voir les instituteurs pour écrire une lettre au fils qui travaille en métropole, pour savoir ce qu’écrit le bureau des allocations familiales, ou pour avoir du tabac ou de la prise. Là aucune hésitation à nous rencontrer ! Pendant ce temps, dans la classe, on soigne des boutons infectés, les yeux des élèves et des bébés que nous amène un père ou une mère. S’il y a quelque chose de grave, ils nous le disent et le toubib, toujours "fan" se rend aussitôt chez le ou la malade. Celui qui se présente sale à la visite médicale est puni et n’est pas soigné. Mais le lendemain, il revient propre ! une fois, nous leur avons tous fait laver les mains. Cette initiative eut un immense succès. Outre les mains, ils se lavaient aussi le visage ; certains se ressalissaient même pour repasser au lavabo de fortune installé sous le préau. Quelle joie ensuite de se mettre les mains sur le nez, parfois les doigts dedans ! pour sentir la bonne odeur de la savonnette. À l’opposé des petits métropolitains, se laver étant une chose rare, elle devient un véritable plaisir. L’hygiène tient une grande place dans l’éducation et a donné lieu à un slogan : une seule pacification, celle de mon savon

À la suite de cette initiative, il y a revue de mains : celui qui est sale va se laver à la porte et ensuite est puni, car c’est à la maison qu’on doit se laver, l’école n’étant pas le lieu approprié.

Après la récréation, la deuxième période de cours reprend. Au désespoir du maître, certains achèvent leur "10 heures" dans la classe (galette, figues sèches ou glands !) ce qui sème la perturbation et répand par terre une énorme quantité d’écorces de glands. Aussi n’est-il pas rare que quelques-uns soient invités à passer le balai après la sortie. Toutefois, les glands ont également un rôle pédagogique : montés sur des fils de fer, ils servent de boulier pour apprendre à compter.

La lecture commence également par le "b-a-ba" ; les exemples par l’image sont pris dans le vocabulaire déjà acquis. Ceci permettra bientôt de mettre à leur disposition devant l’objet, le mot écrit et le mot parlé. Enfin, après un rappel des cours de la matinée, les enfants sont libres.

L’après-midi, nous recommençons les mêmes activités avec les 60 enfants environ de la fraction d’Haoura. Quand nous avons ouvert l’école au début d’octobre, aucun de ces gosses ne connaissait un seul mot de français, la plupart ayant fréquenté l’école coranique écrivaient de droite à gauche. Voilà ce qui a été fait.

À vrai dire, nous n’avons pas eu tellement de mal, car tous ces enfants sont réceptifs. Il est à remarquer qu’avant l’implantation du 27ème BCA, il n’y avait jamais eu d’école française à Haoura.

Et pourtant, nous avons actuellement 125 inscrits, autant de garçons que de filles de 5 à 12 ans. Au commencement, il en venait 100 par jour, puis la moyenne a baissé à 80 aux alentours du 1er novembre pour remonter quotidiennement à 110 enfants scolarisés. Et ceci, sans aller les chercher chez eux. Ils viennent d’eux- mêmes par désir d’apprendre ou poussés par leurs parents, souvent d’anciens travailleurs en métropole. Ils savent très bien que parler le français, lire et écrire, compter, est une arme de poids dans la vie moderne. C’est un atout majeur quand on débarque à Marseille pour trouver un emploi en métropole.

En France, une classe de 30 est pénible ; alors ici, quand on peut arriver à se faire comprendre ! Mais la difficulté réelle provient de l’âge des enfants. Si l’on s’occupe trop des petits, les grands se dissipent et si l’on progresse trop vite avec les grands, les petits ne suivent plus.

Il nous faudrait pouvoir séparer les grands des petits et travailler à raison d’une demi-journée avec chaque groupe (ce qui sera la solution réellement adoptée). Par contre, nous nous efforçons de créer le plus possible d’égalité entre garçons et filles.

Bien que récente, l’école d’Haoura jouit d’une réelle notoriété et reçoit de nombreuses visites, sans pour autant tourner à l’attraction.

Mais toute médaille à son revers et comme les médecins, les officiers SAS, ou même les assistantes sociales, les instituteurs sont en première ligne de la bataille de la pacification. Voici ce qu’en écrit JJ Leblond dans le Dauphiné Libéré en parlant de Sappey, un Savoyard qui enseigne à Tiffrit N’Aït Ou Malek et de Marchesi, un Corse, charpentier de son état, actuellement chasseur au 15ème BCA et surtout maître d’école à El-Azaïeb : "Il avait même réussi à frapper l’intérêt des familles. Elles venaient le questionner après la classe et il en profitait pour les persuader de raccourcir les jupes de 20 centimètres, ce qui leur éviterait de traîner dans la boue. Il avait fait chausser leurs pieds nus, coiffer leurs cheveux et vaincre une foule de réticences. Cela aussi c’est le vrai visage de la pacification, même si parfois la fausse note d’une rafale d’armes automatiques lui ajoute quelques rides. Mais tous, le SAS, le toubib, l’instituteur avaient insisté sur la nécessité de la présence militaire :

  • Nos actions se conjuguent, et pour mener à bien la nôtre, nous ne pouvons compter que sur le soldat. Il faut protéger ce que nous avons installé si péniblement ». ….. Témoignage extrait du livre "Les Chasseurs de l’Akfadou. Kabylie 1955-1962" de Roger Enria.

Voir les photos de l’Ecole d’Haoura : http://www.miages-djebels.org/spip....

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