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Devenons les messagers de l’Akfadou

mercredi 29 juin 2011, par Claude GRANDJACQUES

« Les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts ».Isaac Newton.

Appel aux moudjahidine de Bouzeguene

Chers camarades des djebels.

L’histoire des hommes est un perpétuel recommencement. La marche vers la démocratie est longue et semée d’embûches. La France, depuis la Révolution française, en a fait la cruelle expérience.

II y a 180 ans, la France de la Restauration qui succédait à Napoléon, lui-même fruit de la Révolution, débarquait à Alger pour régler des comptes avec le Bey d’Alger. Un mois plus tard, la Monarchie de Juillet, nouvellement en charge des affaires du pays, allait conquérir par les armes toute une région peuplée de tribus. Elle va en faire une colonie de peuplement qu’elle va baptiser Algérie.


Entre l’administration, les autochtones et les nouveaux arrivants, dès le départ, ce fut l’affrontement et par la suite, l’incompréhension : en cause, les brutalités de la conquête, les expropriations, la religion, et les relations entre l’administration, les tribus et les nouveaux arrivants.

C’est ainsi qu’au cours du temps, après avoir déclaré français tous les habitants en Algérie, le législateur du Second Empire puis de la IIIe République officialise une distinction selon les origines :

  • D’un côté, les Français de souche européenne auxquels seront ajoutés les Juifs qui renonceront à se prévaloir du Talmud. Ils sont citoyens français et à ce titre soumis à l’ensemble des lois de la République.
  • De l’autre, les Français de souche nord-africaine. Ils sont sujets français et à ce titre soumis au droit coutumier local, au droit coranique et aux mesures particulières du Code de l’Indigénat.

Cette discrimination entre communautés, officialisée par le législateur fut non seulement source d’inégalités sur le plan politique, scolaire, social, mais également la cause de la montée du sentiment national chez une partie des élites formées par la France. Elle sera également source de frustration (et donc de tension) pour ceux qui se sentaient exclus du système de prise de décision.

Pour avoir oublié que l’homme ne se nourrit pas seulement de pain, mais également de sentiments comme le respect et la dignité, il y a cinquante-sept ans, ce fut l’escalade armée et l’embrasement dans un contexte international ouvert à l’émancipation des peuples. Les jeunes de France et d’Algérie furent mobilisés contre ceux qui, assoiffés de reconnaissance, faute d’être entendus, voulurent l’indépendance.

Pendant près de 8 ans, la poudre a parlé. Les politiques dépassés par les évènements donnèrent les pleins pouvoirs à l’armée pour rétablir l’ordre et « mater la rébellion ». Dans les deux camps, ce fut le règne de la violence (attentats, exactions, combats, bombes, exécutions, massacres, tortures …).

À l’issue de cette période dramatique, où le meilleur a côtoyé le pire, le camp du parti hégémonique de l’indépendance finit par l’emporter. La France quitta le pays dans des conditions de chaos qui consacra le camp du vainqueur, toutes communautés confondues : les familles en deuil.

Après cette guerre terrible datant d’une cinquantaine d’années, il n’est question

  • ni d’oublier, les blessures pour certains ne se refermeront jamais,
  • ni de pardonner, ne peuvent le faire que ceux qui ont réellement souffert,
  • ni de demander pardon, ne devraient le faire que les poseurs de bombes ou les tortionnaires qui se retrancheront derrière la noblesse de la cause ou la nécessité d’éradiquer la violence imposée de façon aveugle…

Il serait temps cependant au nom du sang versé, autant que faire se peut, d’avancer sur les voies du rapprochement. Comme le chemin est difficile, préalablement, en toute humilité, demandons à notre Père commun qui a pour vocable Yahwé, Dieu, Allah, de nous aider :

« Père, Toi seul sais ce que, dans l’histoire de l’humanité, les hommes ont été capables de commettre comme crimes pour étendre leur territoire, pour prendre ou garder le pouvoir soit en ton nom, soit au nom d’une famille ou d’un clan, soit d’une idéologie ou d’un parti, ou d’une démocratie confisquée sans contre-pouvoir, aux mains de lobbies puissants comme le lobby colonial.

Père, pour avoir oublié ton existence et ton message d’amour entre les hommes, pendant près de 8 ans, il y a une cinquantaine d’années, tout s’est passé comme si tu étais aux abonnés absents : tes enfants se sont entretués.

Toi qui seul sondes les reins et les cœurs, toi qui seul connais la vérité et les réalités d’une époque où la violence avait été banalisée, prends pitié de ceux qui l’ont exercée, conduis-les sur le chemin de la prise de conscience et de la reconnaissance des réalités.

Toi qui seul peux aider ceux qui ont souffert moralement ou physiquement ou ont été torturés par leurs frères ou leurs adversaires, ou ont été affamés de façon inhumaine, apporte-leur ton réconfort et donne-leur la lumière pour ne pas voir un tortionnaire dans chacun des hommes en uniforme qu’ils ont côtoyés. Parmi ces derniers, il y en a tellement qui les ont aimés.

Père ! pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés et délivre-nous de la haine et du ressentiment qui brisent les cœurs.

Père ! aide-nous à trouver ensemble à présent le chemin qui conduit à la paix entre les hommes : nous aurons ainsi dès maintenant, un avant-goût du paradis où tu appelles chacun à retrouver tous ceux qui nous ont quittés et qui sont tombés victimes de la folie des hommes il y a bien des années ».

Conscient des souffrances endurées, il y a une cinquantaine d’années, par les victimes des réactions souvent disproportionnées de l’armée face aux attaques ou exactions des partisans de l’indépendance, en toute humilité, j’ai rédigé cette prière. Son contenu ne fera sans doute pas l’unanimité, puisque j’ai conscience, même si j’ai contribué à le débloquer, d’avoir été un des rouages d’un système absurde d’embargo sur le ravitaillement qui fait honte à l’humanité.

Je ne peux également ignorer certaines violences dont je n’ai jamais été l’acteur, mais dont j’ai pu entendre parler. Certaines ont été commises par des militaires indignes de porter l’uniforme (il en a existé et il en existe dans toutes les armées du monde), d’autres par des militaires chargés d’obtenir des renseignements. Les actions des bras armés de la terreur ou de la contre terreur agissant soit au nom de la religion, ou d’une politique de libération ou de répression, doivent, aujourd’hui comme hier, être condamnées. Banaliser la violence, c’est bafouer l’innocence et obscurcir durablement les consciences.

Pour ma part, après avoir combattu à la tête d’une section dans une unité opérationnelle en 1957-1958, j’ai porté à nouveau l’uniforme d’officier pour servir dans les SAS et mettre au service de la population mes compétences et mon expérience avec toute la fougue de la jeunesse de ceux qui croient en l’homme..

C’est ainsi que j’ai atterri à Bouzeguène en août 1960, peu de jours après avoir enterré mon frère Alain, mort au combat dans la région des Aït Ouabane, peu de temps avant sa libération. Il voulait revenir en Kabylie comme instituteur. C’est peut-être l’inconscient d’une souffrance semblable à celle de si nombreuses familles de votre région, qui nourrit la démarche que je voudrais bâtir avec vous.

Que faisaient les SAS ? « Aucune victoire par l’action militaire et policière ne peut se concevoir sans l’adhésion durable et sincère des populations musulmanes à la France. Cette conquête des coeurs incombe principalement aux sections administratives spécialisées (SAS), en charge de l’action sociale, administrative et politique. »

Arrivé un an après l’annonce de l’autodétermination par le Général de Gaulle, et après les opérations Jumelles, je n’ai pas eu à me poser de question. En outre, la recherche du renseignement ne faisait partie ni de ma culture ni de celle de mon prédécesseur. Dès le début, j’ai affirmé mon soutien à la population. Cela m’a valu du reste à l’époque l’incompréhension de certains militaires à l’esprit obtus qui m’avaient surnommé le lieutenant fellouze.

Quant aux instituteurs militaires ou civils, ils ont fait un travail extraordinaire. La scolarisation a fait un bond en avant spectaculaire sous l’impulsion de l’armée et des SAS. Avec des arrières pensés, me direz-vous ?

De la part des politiques, c’est évident. Les missions humanitaires et sociales n’entrent habituellement pas dans le champ naturel de l’armée.

Pour la plupart des petits chefs de SAS que nous étions, pour les instituteurs, les médecins, ce qui comptait, c’était les hommes qu’on faisait travailler, les femmes qui étaient soignées, les enfants qui apprenaient le français et le calcul et à devenir des adultes responsables. Les enseignants en particulier ont donné le meilleur d’eux-mêmes dans des conditions très difficiles, parfois au péril de leur vie.

Bien entendu, nous n’avons appris aux enfants ni l’arabe, ni aucune des religions, l’État français étant laïc depuis 1905, ni l’histoire locale que nous ne connaissions pas. Une histoire que j’ai cherché à approfondir après avoir écrit des « Miages aux djebels ». En effet je ne suis retourné à Bouzeguène qu’en décembre 2004 pour terminer un livre témoignage sur la guerre d’Algérie. Lors de ma visite, j’ai alors été bouleversé par le nombre de victimes figurant sur les monuments aux morts érigés dans les villages. Lors de mon dernier voyage, j’ai même découvert avec émotion les photos de certains moudjahidine tombés au champ d’honneur, certains portaient l’uniforme français.

Tous ces hommes et ces femmes, fauchés dans la fleur de l’âge ne devraient-ils pas prendre place dans une histoire locale mieux cernée et mieux située dans le temps et l’espace face à une armée française bien supérieure en nombre et mieux équipée ? Leur vaillance, leur bravoure et leurs sacrifices méritent de servir d’exemple et devraient être un sujet de réflexion pour les jeunes générations en France comme en Algérie.

Pour cela il faut pouvoir évoquer le contexte d’une époque et la nature des combats de façon dépassionnée et aussi authentique que possible en mettant en commun nos récits et nos témoignages, confronter nos souvenirs dans le cadre d’échanges amicaux. Une sorte de psychothérapie de groupe.

Pour la région de Bouzeguène, un des fiefs historiques de la Révolution, il existe quatre livres faisant revivre l’époque. Dans l’ordre d’ancienneté :
- « Les chasseurs de l’Akfadou » de Roger Enria, sous-lieutenant appelé en poste dans la région qui a recueilli de nombreux témoignages recoupés avec le journal de marche du bataillon du 27e BCA de 1955 à 1962, donc situés dans le temps et dans l’espace. Ce livre écrit dès 1992 n’existe plus dans le commerce. En accord avec Roger, pour accréditer la démarche proposée, il pourra prochainement être disponible sur DVD.
- « Des Miages aux djebels » Témoignage que j’ai écrit en 2006 retraçant la vie de la SAS de Bouzeguène de 1960 à 1962.
- « Le Colonel Si Mohand Oulhadj, chef de la Wilaya III », écrit en 2008, par Amar Azouaoui, dit « Petit Amar », secrétaire au PC de la Wilaya III.
- « Si Mohand Said raconte Amghar : le colonel Mohand Oulhadj », écrit en 2010, par Akli Mohand Said, le fils du Colonel. Dans ce livre sont repris certains passages des « Chasseurs de l’Akfadou », cités dans « Des Miages aux djebels ».

À partir de ces documents qui demandent à être recoupés, il devrait être possible, si vous en êtes d’accord, de préparer entre anciens combattants français et anciens combattants algériens, un document évoquant les combats et les hommes qui se sont affrontés dans la région de l’Akfadou.

Voir et lire le support proposé au format pdf. Appuyer sur la vignette ci-dessous. Ce document a été mis à jour le 3 octobre 2011

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Devenons des Messagers de l’avenir.
A l’occasion de notre travail en commun, nous devrions être capables d’envoyer depuis l’Akfadou, un des hauts lieux des combats pour l’indépendance, un message d’espérance et de paix.

En faisant revivre les accrochages situés dans le temps et l’espace et en identifiant ceux qui, dans nos écrits, sont encore désignés par les termes de l’époque (HLL, fellagha, rebelles…), nous les sortirions de l’anonymat et rendrions ensemble honneur à ceux qui sont tombés pour que l’Algérie vive dans l’indépendance et la démocratie, et à nos soldats victimes des inconséquences d’une France qui, à cette époque, n’appliquait pas les valeurs du Siècle des Lumières dont on la croyait l’héritière.

Comme un demi-siècle après ces événements tragiques, les jeunes en France comme en Algérie, ne comprennent pas l’origine de cette lame de fond qui a balayé l’Algérie et la France, il serait temps pour nous de dépasser l’écume de la violence et d’en comprendre et en expliquer l’origine, pour apporter nos pierres à la construction d’un monde meilleur.

En effectuant cette démarche, nous avons l’occasion non seulement de nous réconcilier avec nous-mêmes et notre passé, mais également
- d’honorer ensemble tous nos morts tombés dans l’Akfadou. Ils sont les victimes du drame du déchirement et de la séparation entre enfants d’une nation n’ayant pas atteint la maturité démocratique.
- de saluer ensemble nos drapeaux qui ont des couleurs communes :

o le rouge du sang qui marque la longue marche des pays vers la vie démocratique,

o la bande blanche, qui enveloppe les peuples qui aspirent à la pureté et à la paix.

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Commune de Bouzeguène. Mémorial des morts pour l’Algérie

À l’occasion de notre travail en commun, nous devrions être capables d’envoyer depuis l’Akfadou, un des hauts lieux des combats pour l’indépendance, un message d’espérance et de paix.

C’est ce qu’attendent de nous, non seulement les jeunes générations de France et d’Algérie, mais également tous ceux qui ont combattu et sont tombés portant dans leur coeur les espoirs d’un monde meilleur.

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Memorial Chasseurs du 27e BCA

Ce message prometteur haut en symbole pour nos deux pays nous sera inspiré par le Colonel Mohand Oulhadj. Celui-ci comme la plupart des combattants de l’ALN aimait par-dessus tout l’Algérie pour l’indépendance de laquelle il a combattu, mais également la France, ce qui n’est pas contradictoire.

Vive l’Algérie ! Vive la France !

Bien fraternellement

Claude. St Gervais le 18 juin 2011

mia.dje@wanadoo.fr


Témoignages à titre d’exemple. Le destin d’Hamadi Mohand Saïd qui représente une référence pour la France ou l’Algérie.

Les Chasseur de l’Akfadou : Le 12 avril,1957- Sous les ordres du commandant en second, des éléments de toutes les compagnies du bataillon participent à une opération de quartier déclenchée à l’aube près d’Iril N’Aït Tziboua. Après le bouclage de la zone, la fouille des ravins est entreprise par les sections de la 1ère compagnie ; deux fuyards sont tués. À midi, un groupe se dévoile ; le commandant Martinerie aime à se souvenir de ce premier combat dans les djebels kabyles : " Je puis dire que j’ai eu une certaine baraka lors de cette première opération le bataillon montée en l’absence du commandant Pascal qui se trouvait en permission de longue durée en métropole. Hamedi Mohand Saïd, responsable FLN du secteur Idjeur et Akfadou, en quelque sorte mon homologue d’en face, avait été coincé avec une escorte sous Iril N’Ait Tziboua. Il y avait laissé la vie et son beau PM MAT 49 dérobé plusieurs mois plus tôt à un chasseur du "27" par trop aventuré auprès d’un point d’eau. Son groupe de protection avait été mis du même coup hors de combat après qu’un des nôtres eût été sérieusement blessé à a tête.

Page 90 du livre de Amar AZOUAOUI 12.04.1957 En avril 1957, un accrochage eut lieu à Azaghar au lieu dit Thaourirt Boussar, Ighil Tizi- Boa. Une opération de ratissage s’était déclenchée vers lO h du matin. Un combat acharné entre les forces coloniales et le groupe de l’Armée de Libération Nationale qui venait de Sahel sous le commandement de Hemadi Mohand Saïd, chef de secteur, faisait rage. Il avait duré plusieurs heures. Les pertes de l’ennemi, plusieurs morts et blessés, évacués, par hélicoptères. De notre côté deux (2) Moudjahidin tombèrent au champ d’honneur : le chef de secteur Hamadi Mohand Saïd et son escorte Mehdab Si Arezki. Les forces coloniales avaient fait appel à la population, pour évacuer les corps des Moudjahidin sur Loutha, Ighil Tizi-Boa, où ils leur rendit les honneurs, prit des photos et avaient invité la population de les enterrer.

Page 192. Livre de Akli Mohand Saïd. Témoignage de Akli Mohand Saïd, officier de l’ALN, sur le parcours Révolutionnaire du célèbre chahid : Hamadi Mohand Saïd, fils de Mohand et de Hamoum Fatima, est né en 1917 a Ibouyesfen, commune de Bouzeguene, village redouté par l’ennemi et dont beaucoup de membres ont rejoint les rangs de L’ALN. Au début de la Révolution, il a ouvert les portes de sa maison comme refuge aux moudjahidine. Il fut contacté par Krim Belkacem et si Nasser en compagnie du moudjahed le colonel Mohand Oulhadj, pour constituer des comités du Front de libération national dont la tâche consistait en collecte d’armes et d’argent au profit de l’ALN. Si Mohand Saïd était un homme intègre intelligent, courageux, dynamique et infatigable. Toutes ses qualités ont fait de lui un élément que l’ennemi craignait énormément.

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Hamadi Mohand Saïd, chef politico-militaire
qui représente une référence pour la France ou l’Algérie.

Il organisait des actions militaires au sein des villages occupés. Il a réussi à embusquer les forces françaises entre Loudha-Gulghil et le camp de Bouzeguene ; ce qui leur a valu une lourde perte (plusieurs morts et blessés). De notre côté deux djounoud tombèrent au champ d’honneur, Hettak Mëhenni du village Ibouyesfene et Boussoualem Mohand Tahar du village Iguejdale commune Ait Chafaa.

Hamadi Mohand Saïd était un grand patriote qui veillait constamment sur les populations de tous les villages, particulièrement lors des attaques. Il portait une tenue de parachutiste, se coiffait d’un calot, et portait souvent comme arme un Mat 49. Le 12 avril 1957, aux environs du village Ighil Tizi Boa, au lieu dit Talmats, au cours d’un violent accrochage avec les troupes de l’armée française supérieures en hommes et armes, ce valeureux chef politico-militaire tomba au champ d’honneur les armes à la main. Hommage à ce valeureux martyr de la nation, son nom doit être inscrit en lettres d’or dans l’histoire de l’Algérie.

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13 Messages de forum

  • Devenons les messagers de l’Akfadou 5 juillet 2011 21:30, par marcowich

    "Les forces coloniales avaient fait appel à la population, pour évacuer les corps des Moudjahidin sur Loutha, Ighil Tizi-Boa, où ils leur rendit les honneurs, prit des photos et avaient invité la population de les enterrer."

    A-t-on des exemples où les membres de l’ALN ont rendu les honneurs aux soldats français qu’ils avaient tués ?

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    • Quand on a connu les conditions des combats, cela parait impossible. Les accrochages par définition étaient brefs : l’ALN pour porter des coups devait bénéficier de l’effet de surprise puis disparaître.

      Par contre, je peux vous signaler qu’un détachement de l’ALN a présenté les armes au lieutenant commandant la SAS Bouzeguene qui nomadisait avec le maghzen, l’arme à l’épaule.

      Cette rencontre fortuite a eu lieu en pleine nature, près du village de Bouzeguène le 21 mars 1962, deux jours après le cessez-le-feu.

      À cinquante ans de distance, il convient de se poser des questions et de s’intéresser à la vérité et aux faits.

      Si nos dirigeants politiques avaient fait preuve de lucidité et avaient appliqué un certain nombre de principes, il n’y aurait pas eu cette guerre cruelle. Voici ce qu’écrivant Fénelon, une autorité morale et religieuse du temps de Louis XIV, « le droit de l’humanité est plus fort que le droit de conquête : « Ce qu’on appelle conquête, dit-il, devient le comble de la tyrannie, à moins que le conquérant n’ait fait sa conquête par une guerre juste et n’ait rendu heureux le peuple conquis par lui, en lui donnant de bonnes lois ». Delà vient surtout l’idée qui lui tient non moins à cœur, que le domaine de la politique n’est pas en dehors de celui de la morale, mais que la morale chrétienne doit régler la politique tout comme les actes des simples particuliers : le succès n’absout donc pas la violence ni la perfidie ; l’intérêt ou l’utilité d’une nation ne l’autorise jamais à violer la justice ou l’humanité, d’où il suit que les territoires injustement conquis doivent être restitués. De là aussi cette maxime, que l’autorité n’est pas donnée au souverain pour son propre avantage, mais pour le bien de ses sujets, suivant la doctrine de saint Thomas d’Aquin : Regnam non est propter regem, sed rexpropter regnum (De regimine principum, lib. III, cap. xi) »

      Montesquieu de son côté écrivait . « Il faut être fidèle à la vérité même lorsque notre patrie est en cause. Tout citoyen a le devoir de mourir pour sa patrie, mais nul n’est tenu de mentir pour elle. »

      Alors, essayons les uns et les autres, de ne pas trop nous mentir sur le passé, nous construirons l’avenir.

      Bien cordialement. Claude

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      • Devenons les messagers de l’Akfadou 6 juillet 2011 16:41, par marcowich

        Je comprends, après leur coup de main, les membres de l’ALN n’avaient pas le temps de présenter les armes aux soldats morts, ils devaient s’enfuir.

        Pourtant, souvent, ils prenaient le temps de dépecer plus ou moins les soldats morts avant de fuir.

        Il serait intéressant d’analyser la symbolique de ces comportements au point de vue culturel, le mot culture étant ici employé au sens de vision du monde.

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        • Avant d’étudier la symbolique des comportements au point de vue culturel au sens de la vision du monde à laquelle vous faites allusion, je pense qu’il faudrait tout d’abord se pencher sur les causes des violences constatées.

          Vous avez un excellent sujet d’étude avec les mouvements des Jacqueries paysannes en France, ou les débordements de la Révolution française qui coupait les têtes au nom de l’égalité et de la fraternité ou profanait les sépultures des Rois de France ou encore avec les massacres des armées napoléoniennes en Espagne ou plus tard avec les razzias ou les massacres lors de la conquête de l’Algérie.

          Concernant les réactions de violence en Algérie, il serait intéressant d’étudier préalablement comment les terres des paysans ou les biens habous ont été confisqués pour être attribués par la suite à des sociétés ou à des particuliers.

          Il serait également souhaitable de savoir pourquoi Larbi, né en Algérie, fils de Ahmed dont les parents sont nés en Algérie dont le grand-père est né en Algérie, dont l’arrière-grand-père est né en Algérie…, était considéré comme un incapable majeur alors que le fils de Marco le fils de l’italien calabrais, était français à part entière dès sa naissance pour être né en Algérie.

          Il serait très intéressant d’étudier comment de façon universelle, l’injustice et le mépris troublent la personnalité et les consciences pour engendrer une violence incontrôlée.

          Alors de grâce, laissons de côté le problème de la violence dans lequel la France et les Français ont été, comme tous les pays qui ont une longue histoire, largement impliqués dans le passé. Le cas de la guerre d’Algérie confirme tristement cette cruelle vérité.

          Au lieu d’élucubrer sur la symbolique des comportements, reconnaissons humblement que nos comportements passés ne sont pas ceux qui nous ont été enseignés. Cela facilitera les relations au présent et devrait ouvrir une fenêtre sur l’avenir.

          À cinquante ans de distance, il serait temps d’ouvrir les yeux et de prendre conscience des causes profondes de la guerre d’Algérie.

          À cinquante ans de distance, il serait temps que les derniers anciens combattants français se rapprochent des derniers anciens combattants algériens pour évoquer et exorciser ensemble leurs combats passés.

          À cette occasion, nous ferons plus ample connaissance et découvrirons que l’autre nous ressemble comme un frère.

          Alors, pourquoi dorénavant ne pas délivrer ensemble un message d’amitié ?

          Claude

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          • Devenons les messagers de l’Akfadou 10 juillet 2011 14:14, par marcowich

            Pour vous, prendre en compte la culture (en tant que vision du monde) d’un peuple, constitue une élucubration !

            Pourtant, vous-même, vous attribuez votre propre vision du monde, en tant qu’homme de culture occidentale, à des hommes qui ont une autre vision du monde, qui sont des hommes de culture arabo-islamique, lorsque vous écrivez en les englobant avec vous :

            « Père ! pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés et délivre-nous de la haine et du ressentiment qui brisent les cœurs. ». Attention aux incompréhensions réciproques.

            Cependant, je comprends et apprécie votre démarche. Et lorsque je vous lis à propos de la Kabylie, les vers du psalmiste juif me montent aux lèvres :

            « INTROIBO AD ALTARE DEI, AD DEUM QUI LAETIFICAT JUVENTUTEM MEAM » (Ps. 42) Ma traduction : « Je monterai vers l’autel du dieu, vers le dieu qui fit la joie de ma jeunesse ».

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    • Devenons les messagers de l’Akfadou 5 octobre 2011 15:24, par T Amar

      Vous réagissez avec une pointe de racisme sans connaitre le contexte de cette guerre. Il faut vous mettre à l’évidence qu’il s’agissait d’une guerre inégale, avec une armée française entrainée et suréquipée en face de maquisards constitués de montagnards modestement armés (parfois uniquement de leur seul courage). Dans ce cas, y’a t-il un autre moyen que de recourir à ce qu’on appelle la guérilla. Elle constiste à constituer de petites groupes et d’agir en embuscades (parfois des coups de main). Courageux et rudes, les Kabyles avaient résisté ainsi aux officiers de Saint Cyr et d’autres grandes écoles militaires françaises. Ils ont ainsi amèlioré leurs capacités militaires et logistiques. Tout s’apprend Mr qui croit tout comprendre. Je ne dois pas vous rappeler que les embuscades et les coups de main sont limités par des temps courts qui ne permettent guère de s’attarder sur les mérites de l’ennemi et quelque soit l’esprit qui nous anime.

      De votre côté, avec votre racisme et votre insolence, vous foncez droit au mur et c’est des gens comme vous qui ont perdu la dite guerre. Plus les bonnes volontés, telles que celle de claude, nourricent la tendance au pardon, compréhention et rapprochement, plus les spécimens de votre trompe se perdent dans les dédales de la bétise et de la déchéance humaine.

      T Amar -un citoyen du village de Tazrouts-

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      • Devenons les messagers de l’Akfadou 22 octobre 2011 14:46, par marcowich

        Pour vous, dire la vérité (mutilations par le FLN et l’ALN des cadavres des soldats français et des civils musulmans et européens, femmes et enfants,, et souvent des vivants), c’est faire preuve de racisme et d’insolence.

        Cette peur de la vérité existait déjà au temps de Averroès, et on sait ce qu’il est advenu dans le monde arabo-musulman depuis le 12ème siècle.

        La vérité doit être dite quels que soient nos sentiments, et ça vaut aussi pour les Français qui n’hésitent pas à reconnaître leurs méfaits et leur responsabilités.

        Au surplus, à mon avis, la guerre n’était pas inégale.

        Car si les Français avaient le nombre et la technologie, l’ALN/FLN avaient à son avantage le fanatisme islamique et le terrorisme contre les civils, ce qui équivaut à 100 bombardiers et 50 régiments de commandos parachutistes pour les dégats psychologiques chez l’adversaire.

        La preuve : grâce au terrorisme, le FLN s’est débarassé de la population "pieds-noirs" et des musulmans francophiles, ce qui lui a permis d’établir plus facilement sa dictature après l’indépendance.

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        • Devenons les messagers de l’Akfadou 25 octobre 2011 07:59

          L’action terroriste de l’OAS démontre si besoin est, les ravages dans les esprits et les consciences que peuvent causer les sentiments de désespoir ressentis par ceux qui se sentent abandonnés et méprisés par le pouvoir.

          Les membres de l’OAS avaient pourtant derrière eux souvent une solide formation, une longue tradition d’éducation humaniste et de rigueur morale, cela ne les a pas empêchés d’utiliser la violence aveugle et d’organiser le chaos : pratiquant la politique du pire (certains voulaient leur Budapest), ils ont méthodiquement aggravé la situation et le malheur de la population « pieds-noirs ».

          Que dire alors de la situation des fellahs spoliés de leurs propres terres, considérés comme des étrangers sur leur propre territoire : il ne leur restait plus qu’à utiliser la violence dont ils ont été les victimes pendant plus d’un siècle, pour se faire entendre.

          Quant à la tournure des événements après l’indépendance, elle relève de la systémie, « une approche conceptuelle et pragmatique qui considère l’individu en fonction de son histoire, de son environnement et de sa famille », une conception fondamentale pour comprendre la situation actuelle des peuples qui aspirent aux changements. « La systémie ne s’attache pas directement au symptôme mais tente d’identifier et de modifier le contexte dans lequel il s’inscrit ».

          Il s’agit d’un travail de longue haleine pour lequel les ouvriers ne sont pas encore assez nombreux.

          Claude.

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          • Devenons les messagers de l’Akfadou 4 novembre 2011 00:19, par marcowich

            Je ne crois pas que l’action terroriste de l’OAS a agravé "la situation et les malheurs de la population pieds-noirs". D’abord il faut se savoir que l’OAS a eu une courte vie au regard des 7 années de guerre menées par le FLN. En outre, son action aberrante n’a duré tout au plus que 6 mois et se situait en ville. Par conséquent, les masses musulmanrs, en majorité rurale à l’époque, ont été très peu touchées par ce phénomène OAS.

            Par ailleurs, les musulmans de villes ont eu plutôt une attitude compréhensive à l’égard de l’attitude des pieds-noirs. La meilleure preuve en est qu’un accord FLN-OAS est finalement intervenu, et déjà Susini, un des rares chefs pied-noir de l’OAS se voyait ministre, et les gardes du corps des deux délégations FLN et OAS jouaient au foot-ball entre eux pendant que leurs chefs négociaient.

            Malheureusement, pour l’OAS, la population pied-noir de base fuyait car elle n’avait aucune confiance dans les chefs FLN, qu’elle ne considéraient que comme des tueurs, et ne pouvaient même pas imaginer qu’ils pouvaient être sincères, tellement elle avait été pétrie par la propagandes orientée des journaux et aussi par la politique terroriste du FLN.

            Dans ce genre de situation ce n’est pas l’éducation et l’instruction qui comptent, à supposer que les pieds-noirs en avaient particulièrement.

            Ce qui compte, c’est la conscience de soi, le sentiment d’être un peuple, et d’avoir une élite. Or, la population pied-noir n’avait rien de tout cela. Il ’agissait d’un peuple en formation, composé de descendants d’invidus illettrés venus en guenilles d’Espagne et d’Italie, et d’ailleurs.

            Donc les pieds-noirs n’étaient pas préparés à cette situation. C’est pourquoi ils n’ont même pas su ou pu se donner de chefs issus de leurs rangs, et ont confiés leur destin à la France et plus tard à l’OAS, elle-même dirigée par des militaires français (non pieds-noirs) qui avaient déserté.

            Sans conscience de soi, sans élites, le petit peuple pieds-noirs ne pouvait que disparaître, d’une façon ou d’un autre, OAS ou pas. L’histoire était venue trop tôt pour lui.

            Quant à la politique terroriste du FLN, je ne lui portais pas de condamnation morale dans mon précédent commentaire. Je disais que grâce à cette politique terroriste et à l’islamisme, le rapport des forces FLN/Armée Française était à pleine égalité, et ce niveau de force lui a servi après l’indépendance.

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          • Devenons les messagers de l’Akfadou 4 octobre 2012 16:17, par Stanislas

            Bonjour Claude

            Encore Bravo pour ton blog Permets-moi de te signaler deux ouvrages passionnants, qui viennent d’être publiés et qu’il faut absolument faire connaitre. Le premier chez L’Harmattan" « l’Algérie en guerre ABANE Ramdane et les fusils de la rébellion » a été écrit par un parent de Ramdam ABANE, l’organisateur du congrès de la Soummam, le docteur Belaid ABANE qui est également diplômé d’études supérieures en sciences politiques. Le second chez RIVE NEUVE « Ismayl Urbain royaume arabe ou Algérie franco musulmane ? » Il a été écrit par un descendant d’Ismayl Urbain, le préfet honoraire, Michel Levallois, diplômé de l’INALCO et docteur en histoire. Michel Levallois a fait la guerre d’Algérie comme officier des Affaires algériennes (les SAS). Ces deux livres se font écho en quelque sorte

            Michel Levallois place en exergue de son ouvrage une longue citation qui est extraite du journal du grand écrivain que fut Mouloud Feraoun (1) Voici la conclusion de la citation de Mouloud Feraoun : « Certes pour la France la perte de l’Algérie serait irréparable. Pourquoi la France n’a-t-elle pas su s’attacher les Algériens ? »

            Belaid ABANE lui apporte, en quelque sorte, la réponse dans le chapitre d’ introduction de son livre« Chronique d’un jusqu’au-boutisme aveugle et suicidaire » en ces termes : « Depuis que l’Algérie est passée à la chute du second Empire, du statut militaire à l’administration civile, la tactique des oligarques n’a pas varié : ameuter la population européenne en instrumentalisant ses réflexes et ses peurs archaïques, chaque fois qu’il est question de réforme. L’objectif étant de verrouiller toujours un peu plus le système qui fonctionne à leur profit, même si dans sa logique, il protège les intérêts de la minorité « blanche » dont il fait sans cesse mousser l’orgueil « de communauté supérieure ». Résultat : le système finit par installer dans les esprits une tragique confusion d’intérêts. Aveugle les « Petits Blancs » en sont arrivés à ne plus distinguer leur propre devenir de celui des Borgeaud ,des Gratien-Faure ,des Schiaffino ,des Abbo et autres potentats coloniaux Faille irrémédiable, le « le peuple pied noir » est dépourvu de conscience et de présentation politique, n’ayant alors d’autres choix que de s’abandonner totalement à l’idéologie suicidaire du bloc colonial. Son seul « parti » est précisément cette oligarchie dont la presse le manipule et le mobilise de manière quasi pavlovienne. « Ils vont devenir nos égaux et nous serons submergés par leur nombre - ne cessent-elles de ressasser pour l’effaroucher. Formatés dans la peur et le mépris de l’indigène, Les Pieds-Noirs dans leur immense majorité, obéissent inconditionnellement, au moment d’ordre de cette presse et de ces oligarques qui se piquent d’opposer leur veto à la moindre réformette qui ferait un tant soi peu justice à la population musulmane »

            Dans la conclusion de son livre intitulée « Pour un bicentenaire » Michel Levallois écrit ces mots : « Pourquoi le souvenir de ce que fut l’engagement de (Ismayl Urbain )cet homme, de ce qu’il a fait, de ce qu’il a écrit, ne serait pas, aujourd’hui « le passé qui espère », l’espérance d’une réconciliation franco algérienne, de rapports apaisés avec l’islam, d’un outre-mer français décolonisé, d’une fracture coloniale réduite, d’un humanisme actualisé et enrichi du « tout - monde » d’Édouard Glissant ?.

            En ces temps difficiles on a le sentiment parfois que l’histoire bégaie Bien qu’une politique d’éducation de qualité pour tous , soit le meilleur rempart contre l’ignorance, terreau du fanatisme , on a préféré l’ abandonner dans les quartiers pauvres de la République Évidemment cela coute d’autant plus cher, que les profits ne sont pas immédiats Comme par le passé ,toutes choses étant égales par ailleurs, certains oligarques sont à la manœuvre Plutôt que de rassembler, ces oligarques , comme autrefois, clivent ,pratiquent l’amalgame , instrumentalisent la rancœur de certains rapatriés , la peur de l’autre de certains métropolitains

            Pour moi ancien des Affaires Algériennes , le combat continue, contre ces idées délétères pour notre vivre ensemble , aux cotés de mes amis et amies originaires de l’autre rive de la Méditerranée

            1 Mouloud Feraoun après une carrière d’instituteur puis de directeur d’École en Kabylie puis à Alger était devenu inspecteur des centres sociaux fondés par Germaine Tillion C’était un écrivain francophone dont les ouvrages ,de grande qualité, tels que « Le Fils du pauvre » « Jours de Kabylie » sont dignes de figurer dans les programmes officiels de l’éducation nationale Il fut lâchement assassiné par l’OAS avec cinq de ses collègues à Château-Royal prés d’Alger quatre jours avant le cesser- le-feu ,

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        • Devenons les messagers de l’Akfadou 19 novembre 2011 15:22

          Il n’y a pas eu de guerre propre et il y’en aura jamais si tel est le fond de votre pensée. Pourquoi aurai je peur de la vérité, moi qui courre après depuis belle lurette. Mr, je n’avais que 7 ans à l’indépendance et ma culture de la guerre d’Algérie est fortement ballotée par les écrits contradictoires et manipulateurs des uns et des autres. Cela dit, dans mon précédant post j’avais plus remarqué et mis en relief votre positionnement partial. Par ailleurs, vous n’êtes pas sans ignorer que le monde arabo-musulman dont vous parlez a complétement défiguré mon pays et mes racines. Au 12 ème siècle, la Kabylie était sûrement dans sa pureté bebère totale (en témoigne la résistance que nous connaissons jusqu’à aujourd’hui). Ce n’est donc pas à moi que vous allez souligner ce souci de connaître la vérité et les vérités. Du reste, vos écrits ne semblent pas en faire un cheval de bataille, du moins dans l’absolu !

          Quant à l’inégalité de la guerre, il serait difficile d’accepter votre corrélation (aussi belle soit elle). Elle reste votre avis comme vous l’avez si bien souligné. Et ce n’est pas tous les Français qui manifestent leur responsabilité comme ce n’est pas tous les Algériens qui sont fanatiques et sauvages. Beaucoup ont montré des dispositions humanitaires sans égal malgré tout. Je ne défends pas le FLN et le pouvoir qui ont montré un visage de colons (parfois pire) à l’égard de ma Kabylie qui continue d’être à l’avant-garde des combats. Il faut aussi vous documenter plus sur certains points et ne pas chercher à imposer sa raison. Bien des anomalies subsistent dans votre camps.

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        • Devenons les messagers de l’Akfadou 3 octobre 2012 17:08, par Djoudi

          Je ne veux pas perdre mon temps pour répondre à des nostalgiques qui refusent toujours de regarder la vérité en face et de commémorer le 19 mars qui est la fin de la guerre. La réponse de T. Amar du village Tazrout est édifiante. En ma qualité d’ancien combattant de l’ALN de 1956 à 1962, je leur demanderai simplement de faire le bilan de la guerre d’indépendance : 40 000 combattants de l’ALN tués, des dizaines de milliers disparus, des centaines de milliers de civils tués (pour éviter de se reférer aux chiffres officiels), des dizaines de milliers de disparus. Pour l’armée coloniale : 30.000 soldats tués, 1.000 disparus. Il faut ajouter les milliers de villages bombardés par l’aviation, à l’artillerie, au napalm. Et dans ces villages, il y avait des femmes, des enfants, des vieux et des hommes qui furent engloutis. Et je sais de quoi je parle, en tant qu’acteur de cette guerre. Alors messieurs les nostalgiques, faites le bilan de cette guerre. Vous trouverez qu’un français est mort contre 50 algériens. Mais j’interviens surtout pour remercier notre ami Claude pour sa louable initiative de paix et de réconciliation. Au crépuscule de leur vie, les anciens acteurs doivent se tendre la main. La douleur de Claude et de sa famille pour la perte d’Alain et la même, sinon plus pour toutes celles qui avaient 4 ou 5 tués sous le même toit. Alors, sachons pardonner mais pas oublier pour ne pas trahir.

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