Miages-Djebels

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Le livre dans les médias.

jeudi 3 avril 2008, par Claude GRANDJACQUES

Le livre suscite des échos inattendus chez les anciens militaires et même en Kabylie !......


 Collectif, Des Miages au Djebels

Des soldats français racontent leur guerre d’Algérie

« Si quelqu’un vous demande pourquoi nous sommes morts, dites-lui que c’est parce que nos pères nous ont menti ». Cette épitaphe que Kipling Rudyart a fait graver sur la tombe de son fils, Claude Grandjacques aurait aimé la dédier à son frère Alain mort pendant la guerre d’Algérie. Les raisons de ce voeu, Claude et ses compagnons de guerre s’évertuent à les expliquer dans un ouvrage collectif.

Des Miages aux Djebels[1] prend valeur de testament. Bernard, Claude, Alain et André sont « appelés à porter les armes sur une terre de combat sous des couleurs différentes : les Rappelés, la Légion, les Chasseurs alpins ou les SAS (Sections Administratives Spécialisées) au service de la population ». Ils racontent leur guerre d’Algérie, avec, comme point de départ et d’arrivée, les Dômes de Miage, dans les Alpes, et comme lieu central, les montagnes de Kabylie. Le récit historique, allant de 1956 à 1962, est coloré d’anecdotes personnelles, de « conversations banales », ainsi que d’évocations historiques par année. On y trouve également des lettres, qui sont le témoignage posthume d’Alain, et des photographies étayant les différents témoignages.

Les auteurs du livre se sont jetés dans leur mémoire pour revivre pleinement cette période tragique dans l’histoire de l’Algérie et de la France, « ce drame de famille qui n’aurait jamais dû exister ». S’en dégage un sentiment d’amertume à l’égard des dirigeants politiques. Alors que les autorités de la métropole poussent les soldats vers la mort, bien que la cause de l’Algérie française soit perdue depuis 1958, les futurs dirigeants de l’Algérie indépendante « étaient au chaud, de l’autre côté des frontières, à attendre le bon moment pour s’emparer, en Algérie, du pouvoir que va leur abandonner la France ».

Ce qui est frappant dans ces mémoires, c’est de voir que, 50 ans après cette guerre, les blessures sont toujours vives. Il faut dire que cet ouvrage est une cure psychanalytique pour les anciens soldats qui en sont les auteurs. C’est la première fois qu’ils acceptent de s’exprimer sur leur passé militaire. Ils ont pour hantise l’injustice des historiens et des politiciens accusés d’héroïser les combattants algériens de l’Armée de libération nationale (ALN) et de déverser leur mépris sur l’ensemble des soldats français. C’est pourquoi Claude insiste sur ses actions en tant que responsable d’une SAS, située à Bouzeguene. Il brave les consignes de ses supérieurs dans le seul objectif d’améliorer le sort de la population. Son frère, Alain, mettait fin à sa carrière militaire pour embrasser les carrières d’enseignant et de guide de montagne. Il a été tué quelques jours avant « la quille » lors d’un accrochage avec des combattants algériens.

Les narrateurs évoquent aussi comment certains « rebelles » du pays colonisé étaient des sanguinaires. Que ce soit pendant ou après la guerre, des Algériens ont été massacrés par d’autres Algériens. Et de conclure : « Dans notre guerre, ce sont surtout les soldats des deux camps qui ont été sincères : ils n’ont pas triché. Ils ont obéi et ont fini par croire qu’ils combattaient pour une cause juste. Souvent, ils sont morts d’avoir cru à un rêve impossible, devenu cauchemar, celui de la fraternité ». Et pour cause, « Les uns se battaient pour une Algérie qu’il fallait garder avec la France », certains de protéger les populations algériennes des « terroristes », pendant que « les autres [combattaient] pour une vraie démocratie et l’indépendance » afin de vivre en paix avec ceux qu’on allait appeler « les pieds noirs ». « Ils ont tous été trahis ».

Des Miages aux Djebels concentre les histoires d’hommes qui voulaient percer un passage à la lumière dans les ténèbres de l’Histoire. En cela, il est porteur d’espoir. D’ailleurs, à l’origine de l’ouvrage, non pas la haine, mais l’attachement que voue Claude à la Kabylie où il est retourné en 2004. Le regard de la population rencontrée « est celui de l’amitié sincère, débarrassée de tout préjugé ». D’amitié en amitié, comme le prouve cette photo où Hocine, un ancien de l’ALN, pose aux côtés de Claude. Les anciens soldats ont voulu que les fonds récoltés lors de la vente de leur livre soient intégralement reversés à « des oeuvres humanitaires ou prenant en charge les handicapés » en Kabylie. « Avec le secret espoir que cet ouvrage, apporte une pierre solide à l’édifice de la mémoire concernant cette époque douloureuse et permette aux jeunes générations de l’appréhender avec un autre regard ». Des Miages aux djebels est un livre atypique. Il réussit à faire de la tragédie un espace fertile à l’amour et au rêve, à travers des récits cruels et exaltants.

Ali Chibani [1] Collectif, Des Miages aux Djebels. Notre guerre d’Algérie, « Alain, André, Bernard et Claude 1956-1962 », 484 Chemin du Poirier. - 74170 St Gervais les Bains, éd. Miages-djébels, p. 336.[Commander le livre voir http://www.miages-djebels.org/

- Article publié par La plume francophone dans : Coups de coeur.


 Promotion St Cyr Amilakvari.1954-1956. Flash actualités (à jour 25/04.07).

Livre recommandé. Un véritable engouement pour ce livre.

POSTIC nous dit : On vient de m’offrir un ouvrage que j’ai littéralement dévoré : "Des Miages aux Djebels. Notre guerre d’Algérie". En aurais tu entendu parler ? Possibilité de trouver l’information sur le site www.miages-djebels.org

C’est un témoignage remarquable de ce que nous avons tous vécu, sans doute le meilleur livre sur cette aventure algérienne, que j’ai lu. Pourrais-tu en parler à la réunion de promo, ou dans le prochain bulletin ?

Je reviens sur le livre "Des Miages aux djebels" signalé sur le site internet de la Promo, et j’abonde dans le sens de Postic. Ce livre que je viens de recevoir et que j’ai dévoré d’une seule traite est en effet l’un des meilleurs que j’ai lu sur le sujet. Il devrait intéresser non seulement tous nos petits cos, mais aussi ceux des promotions voisines.

Il coûte 27,50 euro franco, et en plus, en l’achetant, on fait une bonne action car l’auteur reverse la totalité du produit des ventes à des associations d’handicapés……

Je crois que cela reflète très exactement "notre guerre", et qu’il est bon d’en assurer la promotion pour contrer les présentations fallacieuses qui en sont faites à la télévision (le film de Rothman, par exemple) et c’était d’ailleurs l’intention de l’auteur que de contrer cette vision présentée aux générations futures.

L’auteur, Claude GRANDJACQUES, relate le parcours de 4 appelés, issus d’une même famille savoyarde, et qui ont tous, à un moment ou un autre, servi en Algérie entre 55 et 62. L’un d’entre eux, le frère cadet adoré de l’auteur a été tué en 60 au 7° BCA en Kabylie.

Ce livre d’anthologie magnifique (papier glacé - 336 pages) et très abondamment illustré, alterne les parcours personnels avec des vues d’ensemble de la situation : c’est un "régal" !

Claude GRANDJACQUES a tout d’abord servi pendant 15 mois comme chef de section d’une Cie du 5° Etranger (57/58), puis après une courte interruption a rempilé comme chef d’une SAS en Kabylie. (Chapeau pour un jeune pas spécialement militariste au départ !). Par le plus grand des hasards, il se trouve que j’ai été affecté, 2 mois après son départ du 5° Etranger, à la Cie où il avait lui même servi : j’ai repris le commandement de la section de B. de LONGUEAU (promo DBP), tué en juillet 58 lors de l’opération Bellounis (dont il parle longuement dans son livre), et ai côtoyé tous les jours pendant près de 2 ans le Lt Le PIVAIN (promo DBP 2° Bat., donc sorti en 54), qui nous a tous les deux profondément marqué par sa personnalité hors du commun.

Pour tout renseignements pratiques se connecter sur : http://www.miages-djebels.org/

Christian de VISMES


Echos de Bouzeguène


Il est des réactions qui font chaud au cœur, surtout quand elles viennent de camarades qui ont connu, pour l’avoir vécu, l’aventure des SAS. http://dakerscomerle.blogspot.com/ Quand le merle sifflera... Jean Kersco est de ceux-là. Embarqué dans l’aventure un peu comme un ouvrier de la dernière heure, puisqu’il prend la tête d’une SAS après le putsch, à un moment où la messe était dite, il ne se laisse cependant pas abattre pour autant, car en bon stratège, il comprend intuitivement qu’il lui faut tout à la fois asseoir son autorité vis-à-vis de ceux qui dépendent directement de son autorité directe, les moghaznis et envers la population qui dépend de sa circonscription. Il prendra donc des initiatives.

Tout d’abord la neutralité de façon à ne pas engager la population dans une voie sans issue tout prenant soin de la traiter convenablement. Ensuite la fermeté pour tenir en main le maghzen qui crapahute à cheval, ce qui n’est pas sans lui poser quelque problème au début, lui qui n’était jamais monté à cheval.

Un rien bravache, après avoir provoqué le coiffeur, représentant local de l’OPA, il joue son va-tout, lors d’une grève générale et entretient des relations amicales avec la population sans se préoccuper des étiquettes apposées par les militaires à certains douars. Il ira même récupérer la famille d’un moghazni isolée dans une zone interdite…

Ce témoignage est passionnant, car il fait revivre, de façon alerte et originale, le coucher crépusculaire d’une conquête commencée cent trente années qui se termine mal en grande partie parce que l’homme pendant cette période avait été oublié.

Merci Jean.

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