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UN MAQUISARD DE L’ALN DEVANT LE MEMORIAL DE LA RESISTANCE DU VERCORS.

dimanche 25 juillet 2010, par Djoudi ATTOUMI

Il y a quatre ans, pour donner un visage aux âmes des nôtres tombés en Algérie, et faire découvrir comment, à l’instar de centaines de milliers d’appelés, se sont comportés, pendant cette guerre fratricide, des jeunes ayant grandi à l’ombre des Dômes de Miages, j’avais rédigé « Des Miages aux djebels. Notre guerre d’Algérie ».


Dernièrement mon ami Djoudi Attoumi, http://www.elwatan.com/Djoudi-Attou... que j’avais rencontre en 2007, m’a fait parvenir un article qu’il aurait pu intituler « Du Vercors à l’Akfadou » dans lequel il évoque de façon émouvante la mémoire d’un homme d’exception, le docteur Ahmed Benabib.

Pour lire l’article cliquer sur la vignette ci-dessous

PDF - 408.7 ko
notes de voyage : un maquisard de l’ALN devant le Mémorial de la résistance du Vercors.

Celui-ci après avoir combattu dans le Vercors aux côtés des résistants français dans des conditions éprouvantes, soignera et entretiendra le moral des combattants de l’ALN de l’Akfadou commandés alors par le Colonel Amirouche puis le Colonel Mohand Ou El Hadj.

Au fil de cet article intitulé « Notes de voyage : un maquisard de l’ALN devant le mémorial de la résistance du Vercors » le lecteur comprendra encore mieux la valeur du sacrifice de ceux qui ont combattu le nazisme sur le sol de France parce qu’ils entendaient vivre libres quelle que soit leur origine, mais également prendra la mesure des contradictions d’une époque ou d’un système contraignant qui des années plus tard, poussera en Algérie une partie des élites de confession musulmane à prendre les armes pour obtenir dignité et reconnaissance.

Merci Djoudi pour cette leçon d’histoire et l’évocation du docteur Ahmed Benabib, un être exceptionnel qui avait l’homme chevillé au cœur et dont l’action et la façon d’être constituent un modèle pour la jeunesse de nos deux pays.

Claude.

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16 Messages de forum

  • Sauf vouloir douter du courage parfois exceptionnel dont ont pu faire preuve des membres de l’ALN (la majorité était hors d’Algérie), il est à mon avis anachronique de comparer leur combat avec celui des Maquisards de la Résistance. Le combat du FLN-ALN était avant tout racialiste, religieux, et fondé sur la haine totale, comme on a pu le constater après juillet 1962, tandis que celui de la France Libre était universel à partir de l’idée même de Nation au sens occidental du terme. Le modus operandi du FLN-ALN et celui de des Maquisards était radicalement différent, du fait de la différence de nature de leur combat. En effet, il ne serait jamais venu à l’idée des maquisards de La France Libres d’égorger, de torturer, des femmes, des enfants et des vieillards allemands ou même des collabos français de façon systématique.

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    • Monsieur Bernabooth, quelqu’un avait dit que le colonialisme est un mauvais élève. Vous êtes le parfait exemple.

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    • En effet, il ne serait jamais venu à l’idée des maquisards de La France Libres d’égorger, de torturer, des femmes, des enfants et des vieillards allemands ou même des collabos français de façon systématique.


      Aux maquisards non mais à toutes les crapules qui se sont décrétées Resistants le 8 mai 1945, cela ne les a vraiment pas dérangé. Sans oublier tous les collabos qui se sont prétendus Résistants. L’actualité le démontre, Eugène Schueller fondateur de l’Oreal était un collaborateur qui a été racketté toute sa vie. Tout comme Papon qui a réitéré les mêmes actes que pendant l’occupation et même pendant la guerre d’Algérie où des "indigènes" furent massacré même dans les cours de Préfecture et sur les ponts de Paris en 1961. Sous un silence honteux et criminel du gouvernement qui n’a pas mis fin immédiatement aux exactions qui rappelaient à tous les parisiens les sombres heures du nazisme. Il a fallu que Me Klarsfeld mette un terme, en 1981, à ce scandale qui est une tâche dans l’histoire de France. Les viols, meurtres, racket et autres méthodes existèrent en France même après 1945 et aujourd’hui encore. Beaucoup se prétendaient maquisards ou enfants de maquisards décorés mais en grattant un peu, on s’aperçoit vite qu’en France comme en Algérie, que de Résistants devenus le jour de la libération. Lisez le journal officiel et vous allez être surpris du nom de nouveaux ou anciens décorés de la Légion d’Honneur qui n’ont pourtant rien fait pour mériter de porter cette décoration.

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    • Mr  en lisant votre article , on s’en rend compte à quel point vous conjuguer le mot libre à votre simple point de vue Sans être un partisan de n’importe quelle idéologie, le colonialisme tel qu’il a été vécu en Algérie n’a rien à envier aux méthodes désastreuses et sauvages du FLN cependant la philosophie de la France issue de 1789 n’a jamais respecter l’homme auquel on a donné un code génétique " l’indigène la politique menée durant cette cohabitation forcée n’a fait qu’élargir le fossé qui existait" dé jas des siècles auparavant, la facture a été lourde pour les berbères qui continuent à s’acquitter de cet héritage Napoléon qui voulait irriguée un royaume arabe au coté de la France blanche.

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  • Monsieur

    Vous semblez confondre d’ALN de l’extérieur basée aux frontières et l’ALN de l’intérieur qui combattait l’armée française.

    C’est sans doute parce que vous n’avez pas eu à affronter les combattants de l’intérieur que vous pouvez douter de leur courage. Les soldats français qui les ont combattus dans les Aurès, le Djurdjura ou l’Ouarsenis n’ont jamais douté de la valeur de ceux qui leur faisaient face.

    Quant à la cause de leur combat, je vous invite à passer de l’autre côté du miroir.

    L’expression Maquisards n’est pas choquante sous la plume de son auteur qui a rejoint la clandestinité pour mettre la France dehors, car il la considérait comme occupant illégalement son pays depuis plus d’un siècle.

    En effet, il appartenait à la France, si elle entendait vraiment faire de l’Algérie une terre française, d’en tirer les conséquences envers les Arabo-Berbères et non de mettre en œuvre une politique à caractère « racialiste » illustrée par le statut de l’indigénat. Dans le code de l’indigénat, les Arabo-Berbères étaient des sujets français et non des citoyens français.

    La France, à partir de 1871, en officialisant ce statut indigne de notre pays, créera un sentiment de frustration chez les élites, qui à leur tour, usant du parallélisme des formes, adopteront une politique « racialiste » envers les Européens.

    Quant aux excès ou horreurs qui ont eu cours et qu’il y a lieu de condamner, ils s’inscrivent dans le cadre des guerres révolutionnaires employant la terreur à laquelle a répondu la contre terreur : le modèle de ce type de guerre a été la France de 1789 !....

    Les victimes de la guerre d’Algérie quel que soit leur bord ont payé le prix de 130 années d’aveuglement d’un pouvoir central. Il faut prendre conscience que celui-ci, depuis 1848, date du rattachement de l’Algérie à la France, était phagocyté par le lobby algérois, responsable de ce désastre.

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  • Monsieur,

    Vous m’avez mal compris ; je disais que je ne doutais pas du courage de certains membres de l’ALN, en précisant toutefois que la majorité de ses membres était hors des frontières (Maroc, Tunisie) et, pour la plupart, ne combattaient pas. Peut-être ai-je été trop elliptique !

    Quant aux injustices qu’ont subi les Arabo-Barbères, je ne les ignore pas.

    Ces injustices à l’égard des Arabo-Berbères sont le fait des choix politiques des dirigeants de l’État français, et non du « lobby algérois » (comme vous dites) qui n’aurait pas pesé grand chose si les dirigeants français n’avaient pas été sur la même longueur d’ondes idéologique. Les premières paroles du Quassamen sont d’ailleurs très claires : « Finies les palabres, FRANCE ». Il ne s’adresse pas aux petit groupe de colons algériens qui n’auraient été rien sans l’appui complice de l’appareil d’État français. On l’a vu avec De Gaulle.

    Dans mon commentaire, je disais que comparer et mettre sur le même plan la Résistance française et le combat de l’ALN, c’est faire un anachronisme. Je le maintiens. En effet, la première combattait pour une idée universelle de liberté , d’égalité et de fraternité, tandis que la seconde combattait sur un plan strictement racial et religieux (islamiste), comme vous-même vous l’admettez en évoquant le « parallélisme des formes ». Les références à la Révolution, au Socialisme, etc., étaient purement formels et utilitaires pour recevoir des appuis et surtout des subsides sur la scène internationale. Les communistes et les « progressistes » qui avaient ralliés le FLN/ALN l’ont appris à leur dépens : ils ont été pratiquement éjectés hors d’Algérie après l’Indépendance.

    Quant au terrorisme du FLN, je ne suis pas d’accord avec vous, il ne s’inscrivait pas dans le cadre des guerres révolutionnaires, c’est trop d’honneur... En effet, si les guerres révolutionnaires utilisait la terreur, elles aboutissaient à une profonde transformation des rapports sociaux.. En Algérie, par l’arabisation et l’islamisation à l’outrance, on est revenu en arrière par l’instauration d’une simuli-charia. Et s’il y a eu résistance, c’est le résultat de l’empreinte profonde contradictoirement laissée par la FRANCE.

    Utilisant les catégories morales, MOHAND dit que je suis un mauvais élève (du colonialisme). Effectivement, je suis un mauvais élève, je ne récite pas la leçon du politiquement correct. MOHAND ne conteste pas le terrorisme. Sur le plan moral, je lui dirai que la fin ne justifie pas les moyens. Regardons plutôt les Noirs sud-africains. Ils ont souffert mille fois plus que les Arabo-Barbères. Pourtant , ils ont su se réconcilier avec les Blancs pour leur plus grand profit. Il est vrai qu’ils sont chrétiens, cela a dû faciliter...

    Mais alors, me direz-vous, pourquoi, en 1830, au lieu de faire tuer plus de 70.000 soldats français pour conquérir l’Algérie au profit d’à peine un millier de colons, oui, pourquoi n’a-t-on pas fait tuer ces 70.000 soldats pour convertir de force les Arabo-berbères au christianisme ?

    Je répondrai de la même façon : parce que, en 1830, cela eût été déjà un anachronisme ! En effet, l’Armée du Roi Charles X était composée d’anciens cadre de la Révolution et de l’Empire qui n’auraient jamais accepté de se faire tuer pour christianiser des populations islamiques. Le lien avec l’ancienne FRANCE était définitivement brisé. Ils venaient dans un pays inconnu, sans nom, pour le plaisir de la conquête et oublier la défaite napoléonienne. ils allaient être servis !

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    • Dans mon commentaire, je disais que comparer et mettre sur le même plan la Résistance française et le combat de l’ALN, c’est faire un anachronisme. Je le maintiens. En effet, la première combattait pour une idée universelle de liberté , d’égalité et de fraternité, tandis que la seconde combattait sur un plan strictement racial et religieux (islamiste), comme vous-même vous l’admettez en évoquant le « parallélisme des formes ».


      Mes ancêtres n’ont jamais combattu pour des idées raciales ou religieuses et j’en suis la preuve vivante. Ils se battaient comme les Résistants pour une idée universelle de liberté , d’égalité et de fraternité tout simplement parce que beaucoup d’entre eux furent les compagnons des Résistants français contre les nazis. Mon grand père Belkacem Ou Kaci est mort pour la France en 1943 et décoré parce qu’ils avaient accepté d’aider la France à combattre ceux dont les idées de supériorité raciale étaient déjà leurs ennemis tout comme ceux qui voulaient utiliser la religion à des fins politiciennes. Il vous suffira de consulter les listing militaires pour vous apercevoir que bon nombre de ceux que vous ne semblez pas connaitre ont été formé par Bigeard, Massu, De La Bollardière et même de Gaulle qui s’était rendu en Kabylie pour rencontrer les chefs de tribus et y envoyait régulièrement ses émissaires pour vérifier que la Kabylie ne tombait surtout pas dans le camp opposé. Ils ont été nourris d’idées de liberté, d’égalité, de fraternité qu’ils appliquaient. Mes arrières grand mères et grand mères étaient des femmes libres que peu osaient contrarier et qui ont toujours conservé leurs habits traditionnels, tout comme leurs descendantes, avec le sarouel en plus qui était très pratique pour grimper sur un cheval et aller combattre les oppresseurs d’où qu’ils viennent. Ni Amirouche, pas davantage le colonel Oulhadj et pas plus tous les autres VRAIS Moudjahidins de notre région n’ont jamais imposé aux femmes de porter une burqa, un voile ni même faire le Ramadan. C’est mon père, Amrane Ait A3mar, qui avait décrété que je ne ferais plus le Ramadan parce que chaque fois j’étais malade. Tout comme c’est lui qui s’est toujours opposé à ce que je me marie pour faire plaisir à ma mère qui a toujours rêvé que tous ses enfants se marient au village. J’ai pris mes décisions, qu’il n’a pas toujours approuvé, mais il m’a toujours laissé libre de mes choix en me disant que je devrais aussi en supporter les conséquences car la liberté se paie toujours. Et tous les hommes de notre famille (beaucoup sont de VRAIS Moudjahidins qui n’ont même pas demandé la reconnaissance officielle vu à qui les honneurs sont aujourd’hui attribué) se sont toujours comportés de la même façon avec leurs filles ou femmes. Ceux aux idées courtes étaient pour la plupart des personnes mal informées ou analphabètes tout simplement, Par contre leurs gourous sont de gros malins dont les actes démontrent qu’ils mentent mais heureusement peu nombreux dans notre région. Ceux d’aujourd’hui viennent pour beaucoup de France.

      Nos Moudjahidins étaient à l’intérieur comme à l’extérieur et Paris en est le témoin historique que nul ne peut contester pas même certains qui ont préféré occulter cette partie de l’histoire de Paris. Ca doit être le souvenir du 8 mai 1945 qui les rend mal à l’aise certainement. Pas seulement eux d’ailleurs, je suis née un 8 mai et je me demande aujourd’hui si c’est une fête ou pas. Ce jour là ceux qui avaient cru la parole donnée ont compris que le combat pour la liberté n’était pas terminé pour eux. Les politiques avaient décidé que les colonies resteraient parce que vitales pour l’économie française qui était au plus mal. Et tant pis pour l’honneur de tous ces militaires pour qui une parole donnée était sacrée. Mon oncle Mohand Said Ou Kaci portait d’ailleurs toujours l’uniforme de l’armée française dans le maquis, les mêmes qu’il portait en Indochine où il fut formé. Il n’était ni barbu ni même très religieux, un intellectuel épris des philosophes et penseurs tel Aristote, Socrate, Platon, Averroes ou El Abbas El Gobrhini, notre ancêtre, qui est d’ailleurs cité par Ibn Khadoun. Un brillant scientifique et un sage renommé au XIII ème siècle jusqu’à Bejaia et même en Europe. Les rois de France appréciaient déjà la science et le savoir de notre région et de nos ancêtres qui étaient déjà fort réputés.

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      • "Les rois de France appréciaient déjà la science et le savoir de notre région et de nos ancêtres qui étaient déjà fort réputés"

        Sans commentaire......

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        • Vous dites que les résistants français ont combattu pour des idées de liberté, fraternité, égalité. Oui, c’est vrai, c’est pour réinstaurer ces valeurs sur leur territoire occupé par les nazis qu’ils se sont battus. Savez-vous combien d’Algériens ont quitté leur famille, leur ville, leur village et ont rejoint le front en Europe pour combattre les nazis, d’ailleurs beaucoup y ont laissé leur vie. De nombreux Algériens sont aussi partis des villages les plus reculés d’Algérie pour participer à la Grande Guerre, beaucoup y sont morts ; pour avoir une idée du nombre faramineux de morts algériens, il suffit d’aller sur le site du Ministère de la défense et de consulter la rubrique « Morts pour la France de la guerre 1914-1918 » http://www.memoiredeshommes.sga.def... Ces Algériens qui se sont battus contre le nazisme au coude à coude avec les français sont sortis dans la rue le 8 mai 1945, pour célébrer la chute du nazisme et réclamer « une Algérie libre et indépendante », voir le lien : http://www.youtube.com/watch?v=jK3Y.... La répression fut féroce : exécutions sommaires, massacres de civils, bombardements de mechtas en bordure de mer par des bâtiments de guerre. Les indigènes sont bons comme chaire à canons sur les fronts européens, les valeurs de liberté ne s’applique pas pour eux. Pour avoir une idée de la répression, lire ce qu’ont écrit des journaux européens : http://www.lepost.fr/article/2009/0....

          Les conditions de vie des Algériens sont des plus déplorables sur tous les plans, la misère, Camus écrivait qu’en Kabylie les hommes disputaient aux chiens les restes dans la décharge publique, les maladies (typhus, choléra, tuberculose, etc.), l’illettrisme (Il y a à peine 10% d’une classe d’âge scolarisable qui sont scolarisés au début de la lutte de Libération nationale, c’est-à-dire en 1954). Le combat de l’ALN et du peuple algérien avait donc pour objectif la LIBERTE et l’INDEPENDANCE de l’Algérie pour éradiquer toutes ces injustices. Durant cette guerre, les militaires français ont massacré sans distinction hommes, femmes enfants. Je me rappelle, alors que j’étais encore enfant dans mon village, les soldats français entraient dans les maisons et faisaient sortir à coups de pieds femmes et enfants en criant « Aus ! Aus ! » qui voulait dire « dehors ! » en allemand, paradoxalement comme les Allemands criaient contre les Français durant l’occupation. Nos villages étaient bombardés par toutes sortes d’obus, des personnes ont été brûlées au napalm. La différence avec la Résistance française c’est que cette dernière avait affaire seulement à une armée allemande d’occupation alors que la Résistance algérienne devait se battre contre une colonisation de peuplement soutenue par une armée coloniale. C’est vrai que les Résistants algériens n’avaient pas les moyens qu’avait l’armée française classée 4e puissance militaire au monde sans compter l’arsenal de l’Otan qui était mis à sa disposition. Les résistants algériens à défaut d’avions utilisaient des couffins pour transporter leurs bombes. Le Résistant algérien Ben Mehidi, à la question de ses tortionnaires français : « Pourquoi utilisez-vous les couffins pour poser vos bombes ? » leur répondit : « Donnez-nous vos avions, nous vous donnerons nos couffins ». La guerre de libération n’a rien de racial ni de religieux et pour preuve, des Français, des hommes et des femmes de confessions chrétienne et juive ont pris part à la lutte de libération nationale. Par contre, je vous concède qu’après l’indépendance, les dirigeants algériens n’ont pas été toujours à la hauteur des idéaux pour lesquels ces Résistants de toutes confessions et races se sont battus.

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          • Monsieur,

            Adhérant au discours officiel du FLN/ALN, vous nous dites : « …la Résistance algérienne devait se battre contre une colonisation de peuplement soutenue par une armée coloniale. »

            Comment pouvez-vous qualifier de colonisation de peuplement, considérée par vous comme ennemie, des immigrés espagnols et italiens qui sont venus de leur pays, parfois pieds nus, dès 1830-1840 en Algérie pour travailler et vivre sans rien prendre aux Arabo-Berbères ? Au bout de 130 ans, ils étaient devenus des Algériens autant que les musulmans.

            D’ores et déjà vous démontrez le caractère éminemment raciste de la cause que vous défendez.

            Que diriez-vous si, en FRANCE, la population d’origine musulmanes algérienne était qualifiée de colonisation de peuplement par le Gouvernement et, sa toute fraiche nationalité française niée, traitée en ennemie ?

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            • Après mon écrit du 3 août, il apparaît chez vous une évolution vers l’objectivité, néanmoins il subsiste chez vous certaines idées arrêtées qui sont dues, je dirai, à une méconnaissance de votre part de l’histoire de la colonisation de l’Algérie par la France. Il suffit de consulter les écrits d’historiens et même de généraux français, je vais vous en citer quelques uns et vous donner quelques références, pour vous rendre compte par vous-même que la colonisation de peuplement de l’Algérie a été conduite dans la violence, la répression, l’accaparement des terres des algériens et leur traitement RACISTE par les autorités françaises. Vous parlez des pauvres Italiens et Espagnoles venus pieds nus en Algérie pour travailler et vivre, oui c’est vrai pour certains. Mais quand vous dites : « sans rien prendre aux Arabo-Berbères » c’est faux. Il ne faut pas faire d’amalgames en parlant du petit poisson pour faire passer le gros ou en comparant les colons aux populations d’origine musulmanes qui vivent en France. La colonisation fondée sur des initiatives privées comme ces Italiens et Espagnols était très limitée. Le gros des colons ce sont les grands propriétaires brutaux et racistes, les « colons en gants jaunes » fidèles de Charles X qui quittèrent la France pour ne pas vivre sous la monarchie de juillet (Ageron 1974), ce sont ceux qui ont bénéficié de la propriété coloniale qui s’est développée avec la confiscation des terres des indigènes par l’Etat sous la protection de l’armée. Les "Arabo-Berbères" ont été spoliés, dépossédés de leurs terres par la force, les massacres, les enfumades (Renaudot 1979). L’arrivée massive de colons en Algérie correspond à une volonté politique de substituer une population européenne à la population indigène d’Algérie comme le dit le rapport (que vous pouvez consulter) de « la commission spéciale nommée par le Roi le 7 juillet 1833 » : « Le système de l’expulsion violente des Indigènes, de l’occupation pure et simple des territoires, de la substitution actuelle, immédiate d’une population européenne est proposé… ». Et c’est ce qui a été appliqué par Bugeaud et Lamoricière. Bugeaud, cité par le penseur et historien français A. de Tocqueville (in De la colonie en Algérie), caractérise la stratégie qu’il a mise en place dès 1830 par : « C’est peu de traverser les montagnes et de battre une ou deux fois les montagnards ; pour les réduire, il faut s’attaquer à leurs intérêts… détruire les villages, couper les arbres fruitiers, brûler ou arracher les récoltes, vider les silos, fouiller les ravins, les roches et les grottes pour y saisir les enfants, les femmes, les vieillards, les troupeaux et les mobiliers… » Il ne s’agissait pas seulement de réduire les forces de l’ennemi, mais aussi de détruire les moyens de survie de la population et arracher les terres aux indigènes. C’est bien la colonisation fondée sur la spoliation des terres des « Indigènes ».

              Vous dites que la cause que je défends a un caractère éminemment raciste. Ecoutez Jules Ferry et dites-moi qui est raciste. Jules Ferry, le père de l’école républicaine et gratuite en France, néanmoins adepte de la colonisation de l’Algérie, une colonisation qu’il qualifie de civilisatrice, il disait : "Il faut dire ouvertement que les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures". Alors, dites-moi qui est raciste : La population algérienne ou ceux qui la traite de race inférieure et qui l’appellent « indigène » puis « autochtone » avant de devenir « raton » ? Cette population algérienne qui ne bénéficiait pas des mêmes droits que la population des colons français ou ceux qui l’ont soumise à ces lois discriminatoires ? Avez-vous lu le senatus consulte de 1865 confirmé et précisé par le Code de l’indigénat de 1881 qui distinguait le citoyen français du sujet français c’est-à-dire l’Algérien privé de ses droits et de sa liberté ? Une sorte d’esclavage des populations autochtones, un statut de caractère ethnique. Même après les accords de Genève (1938) interdisant le travail forcé, les autorités françaises réussirent à faire perdurer le code de l’indigénat en Algérie jusqu’à l’indépendance en 1962 (Jacques LECLERC, professeur sociolinguiste dans « Le code de l’indigénat » dans L’aménagement linguistique dans le monde, Québec, TLFQ, Université Laval, http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/afriq...)

              Alors, dites-moi Monsieur Barnabooth, qui est raciste ?

              Le combat des Résistants algériens et des femmes et des hommes de différentes nationalités et confessions qui y ont pris part est universel ; c’est un combat pour la dignité, pour la liberté pour une cause éminemment juste.

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              • Monsieur,

                Dans mon commentaire du 4 août 2010, je vous demandais :

                « Comment pouvez-vous qualifier de colonisation de peuplement, considérée par vous comme ennemie, des immigrés espagnols et italiens qui sont venus de leur pays, parfois pieds nus, dès 1830-1840 en Algérie pour travailler et vivre sans rien prendre aux Arabo-Berbères ? Au bout de 130 ans, ils étaient devenus des Algériens autant que les musulmans. »

                Vous me répondez :

                « Il ne faut pas faire d’amalgames en parlant du petit poisson pour faire passer les gros ».

                Or, sur les quelque 900.000 Européens, il y avait tout juste 10.000 colons (dont certains étaient effectivement installées sur les anciennes terres communes des tribus nomades) en y incluant les membres de leurs familles, le reste étant ouvriers, fonctionnaires et artisans.

                Sans vouloir polémiquer ni vous blesser, votre argumentation contre les Européens (Pieds-Noirs) me rappelle la propagande antisémite (nazie ou autre) qui assimile tous les Juifs à des profiteurs.

                Voyez-vous, en voulant trop défendre le FLN/ALN, vous le mettez encore plus bas, car je ne savais même pas qu’il avait une position aussi grossière.

                En outre, vous pensez pouvoir étayer votre thèse en traversant l’Atlantique.

                Mais il vous suffirait simplement de traverser la Méditerranée, direction Rive-Sud, pour constater avec combien de sympathie, d’amitié et même d’affection, la population algérienne, qui a vécu avec les Pieds-Noirs, accueille leurs anciens voisins qui partageaient leurs quartiers, venant en « pèlerinage » dans leur patrie perdue. Est-ce ainsi qu’on accueille ses anciens « tortionnaires » ?

                Cette simple constatation anéantit en totalité votre thèse déjà si peu défendable.

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                • Oui, je fais la différence entre d’une part les colons qui se sont accaparé les terres arrachées à leurs propriétaires algériens par la force, qui ont soumis et exploité le peuple algérien pendant 132 ans et d’autre part les Européens qui ont vécu à la sueur de leur front en Algérie où beaucoup sont nés d’ailleurs. Ces derniers, effectivement, nous les accueillons avec amitié, sympathie et affection comme vous le dites. Parmi eux des femmes et des hommes ont participé à la lutte de libération. Les tortionnaires, les partisans de l’idéologie raciste, se sont identifiés eux-mêmes, vous ne pouvez pas les défendre, ils sont dévoilés par leurs propres écrits et par les historiens que j’ai cités dans mon précédent écrit. Il s’agit des adeptes de l’idéologie raciste tel que Jules Ferry, des promoteurs de l’expulsion violente des Indigènes et de l’occupation pure et simple de leurs territoires, des généraux Bugeaud, Lamoricière et autres, des auteurs des massacres et des enfumades d’algériens tout au long des 132 années d’occupation, des promoteurs et des partisans du Senatus Consulte de 1865 et du Code de l’indigénat de 1881, des « colons en gants jaunes » et autres qui ont spoliés les algériens de leurs terres et les ont transformés en « khemmas », qui ont maintenu les populations algériennes dans l’illettrisme, la misère et les ont privé de leurs droits les plus élémentaires. Ce sont ceux-là que les maquisards du FLN/ALN et le peuple algérien ont combattu pour libérer leur pays. Un combat bien universel, pour la liberté et la dignité.

                  Évidemment, les ultras de l’Algérie française pour qui l’indépendance de l’Algérie est restée au travers de la gorge resteront prisonniers de leurs idées colonialistes.

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                  • Monsieur,

                    Vous dites :

                    "Oui, je fais la différence (...) les Européens qui ont vécu à la sueur de leur front (1) en Algérie où beaucoup sont nés d’ailleurs. Ces derniers, effectivement, nous les accueillons avec amitié, sympathie et affection comme vous le dites. Parmi eux des femmes et des hommes ont participé à la lutte de libération (2)."

                    (1) Tiens c’est nouveau, cela, vous retirez vos arguments !

                    (2) A part quelques individus non représentatifs, les pieds-noirs dans leur totalité n’ont pas soutenu le FLN, bien au contraire. En plus, et surtout, ils n’ont pas fait de "repentance", et ils ne semblent pas avoir l’intention de le faire, même ceux qui reviennent en Algérie, car elle serait sans objet. Et les Algériens qui les accueillent avec sympathie le savent bien, comme ils savent aussi que certains de ceux qui reviennent ont fait partie de l’OAS ! L’accueil des Algériens musulmans à leurs anciens compatriotes pieds-noirs constitue un démenti cinglant aux thèses du FLN/ALN qui, profitant de sa position dictatoriale, s’est forgé de toute pièce une "légende héroïque" de "libérateur" à l’attention des jeunes génération. Mais combien de temps un peuple peut-il vivre aujourdhui sur une réalité fantasmée ?

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      • Je n’ai rien à ajouter à la réponse de Sofia qui a su parfaitement rapporter les nobles idéaux des Moudjahidine. Ceux qui disent qu’ils sont des sauvages, des barbares et autres n’ont rien compris à l’Histoire de notre guerre de libération. Je leur rappelle simplement qu’il y avait des français avec nous, dans nos rangs ; qu’il y avait des chrétiens, des juifs, des communistes.......

        Ceux-là qui respirent le relent de l’Algérie française veulent se voiler la face. Il faut regarder l’avenir, tisser de nouveaux liens d’amitié et de fraternité, comme nous le faisons avec Claude GrandJacques, Jean-Marc Boccard, stanislas, Rémi, Nallet et d’autres. Ces trois derniers faisaient partie d’une délégation d’anciens appelés que j’ai accompagnés tout au long de leur séjour en Algérie en février 2010. Nous avons eu l’occasion de rencontrer un groupe de Moudjahidine à Béjaia, le colonel Hassan, ancien chef de la Wilaya IV à Alger, Louizette Ighil Ahriz qui a avoué pudiquement ce qu’elle a subi. Avec ces anciens soldats, nous avons visité le musée d’Ifri et d’El Flaye, le lieu ou fut implanté le PC Artois du général Challe et bien d’autres activités ; tout celà pour nouer des liens d’amitié et de fraternité, malgré toutes les terribles épreuves que les Algériens ont subies.

        Je précise que je réponds depuis Paris où j’ai participé à l’AG "des anciens appelés de la guerre d’Algérie contre la guerre" qui versent leurs pensions militaires à une caisse pour financer des projets socio-économiques en Algérie, au Maroc et en Palestine. L’AG était co-présidée par une grande dame : Mme Simone De Bollardière, veuve du général Paris de Bollardière qui, lui, a compris très tôt le sens du combat des Algériens. Il avait démissionné de l’armée pour toutes les horreurs qu’il a constatées et c’était à son honneur. Pour une fois, un officier de haut rang de l’armée coloniale s’est dressé contre la guerre, au risque de briser sa brillante carrière. Mais l’important c’est qu’il avait choisi l’honneur, le loyalisme et d’obéir à sa conscience.

        La semaine dernière,j’ai tenu une conférence dans un lycée à Lyon pour montrer aux jeunes élèves les objectifs de notre combat, notre volonté de tisser des liens d’amitié avec le peuple français. Au cours de mes brefs séjours en France, je suis sollicité pour des émissions radio, des rencontres. J’ai même participé à l’élaboration d’un DVD à l’ECEPAD (relevant de la défense nationale), toujours pour apporter la vérité sur ce qui s’était passé pendant la guerre de libération. Les Historiens des deux pays ont en effet besoin de nos témoignages pour écrire l’Histoire de notre guerre, une Histoire vraie, authentique, et non une Histoire tronquée comme le font les nostalgiques de l’Algérie française.

        Certes, nous n’avons jamais voulu que l’Algérie d’aujourd’hui soit celle que nous avions souhaitée lorsque nous avons pris les armes ; mais celà est indépendant de notre volonté. L’essentiel pour nous, c’est que nous avons libéré le pays du joug du colonialisme ; pour le reste, il appartient aux nouvelles générations de mener leur combat, comme nous l’avions fait dans le mouvement national, malgré notre jeune âge.

        Et c’est un maquisard de 1956 à 1962 (sans interruption) qui vous répond. Je crois que ceux qui tiennent le langage d’égorgeurs, de terroristes, d’islamistes n’ont encore rien compris. Je leur conseille de prendre la peine de lire les livres qui sont écrits par des Moudjahidine ou par certains anciens soldats qui ont fait la guerre et qui passent aux aveux, afin de se rendre compte de la vérité. Personnellement, j’ai écrit 5 livres:1-Le colonel Amirouche Entre Légende et Histoire 2-AVOIR 20 ANS DANS LES MAQUIS 3- Le colonel Amirouche, A la croisée des chemins.4-Chroniques des années guerre en Wilaya III 1956-1962 Tome 1 "Crimes sans chatiments" 5- CHRONIQUES........Tome 2 RECITS DE GUERRE . 6- LES APPELES DU CONTINGENT, CES SOLDATS MALGRE EUX (témoignage d’un ancien officier de l’ALN) qui sera publié incessamment.

        Il n’est point de mon intention de faire de la publicité sur mes livres, car je n’en ai pas besoin. Ils se vendent tout aussi bien en Algérie qu’en France. Que les nostalgiques de l’OAS et de l’Algérie française changent de comportement ; sinon, ils seront balayés par le vent de l’Histoire ; et le peuple français n’est pas dupe. D’ailleurs, il a toujours soutenu notre combat et nous lui en sommes reconnaissants.

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