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L’Algérie devant le Parlement Français de 1935 à 1938

samedi 28 mai 2011, par Marie Renée Mouton

APRÈS 1930, année marquée par les fêtes du centenaire de la conquête, l’Algérie est entrée dans une phase de crise latente et de révoltes sporadiques . Ses difficultés ont suscité un voyage d’information du ministre de l’Intérieur d’alors, Marcel Régnier, et le dossier algérien a été ouvert au Sénat en 1935. Au cours de plusieurs séances, les aspects économiques, politiques, moraux du problème algérien, les réformes à appliquer ont été diversement présentés et commentés. L’année suivante, le gouvernement de Front Populaire a mis au point un projet de loi, le projet Blum-Viollette, qui tendait à accorder le droit de vote à certaines catégories de musulmans dans le cadre du collège unique. Ce projet n’a finalement jamais été discuté au Parlement, mais il a provoqué de vives polémiques.


L’ALGERIE DEVANT LE SENAT 21-22 mars 1935

a) LE TEMOIGNAGE DE MAURICE V1OLLETTE

Le tableau de l’Algérie a été brossé au Sénat- [1], le 21 .mars 1935, par l’un des anciens gouverneurs, Maurice Viollette, [2] qui avait déposé une demande d’interpellation « sur les mesures que Monsieur le Ministre de l’Intérieur comptait prendre pour tenir, à l’égard des Français musulmans d’Algérie, les promesses qui leur avaient été faites lors du centenaire ».

Le sénateur socialiste indépendant explique le malaise profond de l’Algérie par des causes économiques et des causes morales. [3]. Comment améliorer la santé de ce malade dont l’état importe de façon si essentielle :

« Car. pas d’Algérie, pas d’Afrique française ! Et, je vous le demande, que seraient nôtre sécurité et notre honneur si la métropole n’avait plus de prolongement de l’autre côté de la Méditerranée ? [4]

La crise algérienne s’explique par la souffrance des musulmans, souffrance de la masse des travailleurs et des fellahs, souffrance de ceux « qui ont déjà été pénétrés par notre civilisation », souffrance physique et morale. La première est évidemment plus facile à constater, et Maurice Viollette dénonce la « misère noire » qui sévit outre Méditerranée et qui ne cesse de s’aggraver, plaçant littéralement « sur le bord de la famine » les populations de certaines régions. Cette crise est-elle passagère ? Non, il s’agit bien plutôt d’un état permanent de misère :

« Les journaux ont donné à penser, M. le Ministre, que, pour vous, cette misère lamentable est la conséquence de la crise économique et que, si la prospérité revenait, la misère disparaîtrait ou se réduirait. Comment a-t-on pu vous persuader ainsi ? [5] ) » ...

Mouton Marie-Renée.

L’Algérie devant le Parlement français, de 1935 à 1938. In : Revue française de science politique, 12e année, n°1, 1962. pp. 93-128. doi : 10.3406/rfsp.1962.403366 http://www.persee.fr/web/revues/hom...

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L’Algérie devant le Parlement Français de 1935 à 1938
par Marie-Renée Mouton.

Notes

[1] 1.J. O., Débats pari. Sénat, séance du 21 mars 1935. pp. 344-357.

[2] 2. Maurice Viollette (1870-1960), docteur en droit ; conseiller général de Dreux depuis 1906 ; maire de cette ville en 1908 ; président du Conseil général d’Eure-et-Loir depuis 1920 ; député de mai 1902 à novembre 1919 et de mai 1924 à janvier 1930 ; sénateur de janvier 1930 à décembre 1938 : gouverneur général de l’Algérie de mai 1925 à novembre 1927. Maurice VIOLLETTE a consigné son expérience algérienne dans un livre paru en 1931 : L’Algérie vivra* t-elle ? (Paris, Alcàn, 1931. xxiv-503 p.,

[3] 3 Page 344, !« •• colonne.

[4] 4. Page 344. 2" colonne.  ».

[5] 5. Page 345, 2* colonne

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