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Algérie. L’oeuvre accomplie par la France.

lundi 12 mai 2008, par Jacques BOUTE

Algérie. L’œuvre accomplie par la France

Bilan des aspects économiques et sociaux de l’Algérie, départements français, dans les années 60.


Situation géographique. L’œuvre accomplie par la France en Algérie depuis plus d’un siècle permettait de constater, dans les années 60, que les réalisations, bien qu’inachevées, étaient considérables.

Le bachaga Boualam, dans son émouvant ouvrage « Mon pays la France », en fait le constat : « On a laissé discréditer l’œuvre de la France en Algérie...Tout n’a pas été parfait, mais tenir dans l’ombre les réalisations de la France serait malhonnête. L’œuvre de la France en Algérie est une réalité... ».

Afin de poursuivre le développement de l’Algérie, le gouvernement français a dû mener conjointement deux objectifs : la pacification du territoire par le rétablissement de l’ordre et de la sécurité, et l’émancipation des populations musulmanes par le progrès économique et social.

Les faits et les chiffres le démontrent, après la proclamation de l’indépendance de l’Algérie en 1962, la France a remis au peuple algérien le pays musulman le plus moderne du monde.

Le progrès économique.

Promouvoir un programme d’expansion économique sur un territoire quatre fois plus étendu que la métropole, tel fut l’enjeu dans tous les domaines. Pour l’agriculture, qui faisait vivre plus des trois-quarts de la population, il s’agissait de passer de l’économie traditionnelle à une économie moderne par une importante réforme agraire dont les principales mesures furent :
- l’aménagement foncier et le remembrement des exploitations,

  • la réforme du « khamessat » ou métayage coutumier et la revalorisation des salaires,
  • la création de sociétés coopératives agricoles, de groupements mutualistes, de sociétés agricoles de prévoyance apportant leur aide technique et financière aux fellahs,
  • la mise en valeur de nouvelles terres et la distribution de 250 000 hectares aux petits fellahs.

Dans le domaine de l’hydraulique, l’eau étant un élément vital, il a été mis en place un vaste programme de construction de barrages, de réservoirs et de canaux permettant d’irriguer 150 000 hectares de terre.

On dénombre en Algérie 27 usines hydro-électriques et 25 centrales thermiques permettant l’électrification des villes et des douars (300 centres et villages électrifiés en 10 ans).

Quant à l’industrialisation, l’Algérie est passée du stade artisanal à la création de zones industrielles. Parmi les réalisations les plus remarquables, citons les complexes sidérurgiques de Bône, les industries chimiques d’Alger et d’Arzew, sans oublier la recherche énergétique de gisements (zones de Colomb-Béchar, Kenadza), la recherche pétrolière avec l’oléoduc d’Hassi-Messaoud-Bougie et l’exploitation du gaz naturel avec le gazoduc d’Hassi-R’MelArzew.

L’artisanat sera également encouragé pour sauvegarder les fabrications locales et traditionnelles. Tout développement économique repose sur une infrastructure d’équipement en réseaux de communication pour favoriser le commerce intérieur et extérieur.

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Le port de Bône en 1961.

L’Algérie possède, en effet, dans les années 1960 : . un réseau routier de 23 000 km de voies à grande circulation et de 51 000 km de chemins et pistes, . un réseau ferroviaire de 4 500 km, un trafic maritime fonctionnant avec 21 ports (les plus importants étant Alger, Oran et Bône), . un trafic aérien équipé de trois aérodromes de classe internationale, 30 aérodromes commerciaux et 150 aérodromes locaux.

Ce progrès économique réalisé, grâce notamment aux efforts financiers de la métropole, n’avait de valeur que dans la perspective d’améliorer les conditions de vie d’une population de 10 millions d’habitants, dont 9 millions d’origine autochtone et 1 million d’origine européenne.

Le progrès social.

La France a poursuivi l’œuvre sociale du maréchal Lyautey qui proclamait : « Faire des maisons, construire des villes, dessiner des routes, c’est bien, mais il faut aussi élever les âmes de ceux à qui on les destine... Il faut faire de l’urbanisme jusqu’au cœur des hommes... Libérer l’homme de l’inégalité politique, de l’ignorance, du logement insalubre, de la maladie, de l’inégalité sociale et du chômage, telle est la mission que la France entendait remplir en Algérie. »

En 1958, des institutions nouvelles avaient été mises en place en Algérie. Il existait 15 départements, 560 sections administratives spécialisées (SAS) et 1 500 communes. L’égalité de tous les Français à part entière, avec les mêmes droits et les mêmes devoirs, permettait l’admission des Français-Musulmans à 300 hautes fonctions de l’administration et à 80 000 emplois administratifs.

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La ville de Constantine en 1960.

La ville de Constantine en 1960. L’habitat fut également l’un des objectifs prioritaires retenus par le Plan de Constantine pour lutter contre les logements insalubres. La construction de 200 000 logements et 500 cités d’urgence ou villages a été programmée en cinq ans.

Quant à l’enseignement, il fit l’objet de la priorité essentielle avec la mise en place d’un plan de scolarisation, malgré la destruction des écoles par la rébellion. Le nombre des enfants musulmans scolarisés était en 1957 de 452 000, en 1958 de 510 000, en 1959 de 620 000 et en 1960 de 840 000.

L’objectif primordial du Plan, de construire 2 500 écoles par an, fut un véritable pari sur l’avenir. Près de la moitié des petits Français-Musulmans sont accueillis à l’école, dans les centres sociaux ou les services des SAS, alors que seulement un quart d’entre eux était scolarisé antérieurement au Plan de Constantine.

L’université d’Alger et les lycées franco-musulmans dispensent aux étudiants la culture française et les disciplines islamiques. L’habitat fut également l’un des objectifs prioritaires retenus par le Plan de Constantine pour lutter contre les logements insalubres. La construction de 200 000 logements et 500 cités d’urgence ou villages a été programmée en cinq ans.

Pour libérer l’homme de la maladie, l’action mise en œuvre fut intensive en faveur de la santé publique par la construction de 16 grands hôpitaux et de nombreuses cliniques, et le développement médico-social, l’action préventive, l’assistance médicale gratuite, des centres sociaux, des terrains de sports et de jeux.

Enfin, pour que l’homme puisse vivre en toute dignité, une importante législation sociale et du travail a été mise en place avec l’extension à l’Algérie du fonds national de solidarité, des assurances sociales et des allocations familiales. La promotion de la femme musulmane et l’amélioration de la condition des travailleurs algériens figurent aussi parmi les préoccupations fondamentales.

C’est cette œuvre immense de la France en Algérie que certains voudraient faire oublier.

En 1960, le Plan Challe a brisé les forces de l’ ALN 1 et la victoire militaire est un fait acquis sur le terrain. Le Plan de Constantine fut aussi un réel succès et la victoire économique, sociale et humaine semblait rétablir progressivement la paix et la fraternité entre les membres de la communauté franco-musulmane.

Alors que toutes ces réalités font renaître l’immense espérance d’une Algérie fraternelle, en juin 1960, le pouvoir politique engage à Melun les premières négociations avec le GPRA 2.

1960 apparaît soudain comme l’année des paradoxes, des ambiguïtés et des incertitudes. Malgré la déchirure, en 1962, ces magnifiques réalisations de la France demeurent sur le sol algérien.

Le bachaga Boualam a résumé en ces termes l’ampleur de cette aventure : « En un siècle, la France a fait dans certaines régions d’Algérie ce que quarante rois et cinq Républiques n’ont pas encore achevé dans certaines provinces françaises ».

JACQUES BOUTÉ Vice-président national de l’U.N.C.

1. L’Armée de Libération Nationale, organisation militaire qui lutta, durant les années 1950, contre la présence française en Algérie. 2. GPRA : Gouvernement Provisoire de la République Algérienne.

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Algérie 2008 : le ministère des finances à Alger.

Aujourd’hui, l’Algérie est parmi les pays les plus riches du continent africain. Elle est la deuxième puissance économique en Afrique avec un PIB annuel de 120 milliards USD en 2006, après l’ Afrique du Sud avec 255 milliards USD. Sa monnaie est le dinar algérien (DA) abréviation courante ou (DZD) abréviation bancaire.

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