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Témoigner pour le souvenir : otage d’Amirouche (2ème partie)

dimanche 23 novembre 2008, par René ROUBY


C’est particulièrement pour lui et mes camarades morts enchaînés et aussi pour être digne de leur mémoire que je témoigne ici de toutes ces souffrances que nous avons endurées.

Mais notre calvaire ne s’est pas arrêté là, nous avons encore attendu trois jours avant de revenir vers notre prison et, durant le retour, deux autres prisonniers se blesseront au pied, ayant perdu leurs chaussures.

Jean, le premier verra sa jambe se gangrener et mourra dans d’horribles souffrances malgré les misérables soins que un camarade et moi même avons tenté de lui prodiguer avec de l’eau bouillante qu’il ne sentait pas tant sa jambe était pourrie. Quant au second, les fellaghas le prendront dans la foret et l’achèveront en l’égorgeant…

Dans notre groupe il y avait 6 fellaghas prisonniers en attente de jugement par Amirouche (au nom de la fameuse bleuite). Au retour de cette nuit tragique, eux aussi ont disparu, exécutés par les bourreaux du sinistre colonel.

Parmi ces rebelles tués, il y avait Ramdane. J’avais été son voisin de paillasse quelque temps, nous avions sympathisé et Il m’avait moralement aidé quand les crises de larmes parfois me terrassaient. Il m’avait aussi expliqué son engagement dans l’ALN. Il était Commissaire politique, et militait pour l’indépendance de son pays mais n’approuvait pas tous ces massacres de population ordonnés par les chefs FLN

Rappelons-nous, mesdames et messieurs :

El-Halia le 20 août 55, 50 Européens abattus avec une incroyable sauvagerie… Et Palestro le 18 mai 56, 20 soldats du 9° R.I.C tués et horriblement mutilés… Et Melouza, ce village entièrement exterminé le 28 mai 1957 par les tueurs d’Amirouche parce que les habitants soupçonnés d’appartenir au MNA, avaient été déclarés ennemis du FLN…

Le comportement de Ramdane et ses réactions devant toutes ces atrocités l’avaient rendu suspect et Amirouche le fera égorger sans pitié. Ramdane ne méritait pas cette mort atroce. Bien qu’ennemi, il endurait la même souffrance que moi. Et c’est encore pour moi un devoir de mémoire que de dire que Ramdane a été torturé et tué par ses frères…

D’ailleurs à ce propos je voudrais vous faire part de mon sentiment, oh ! sans aucun esprit de polémique, mais par seul souci de vérité.

Un grand débat national s’est instauré en France au sujet des violences et de la torture en Algérie pendant la guerre. Une thèse, défendue et propagée par certains médias et intellectuels, est devenue très rapidement parole de vérité et a été répandue dans le pays tout entier. Selon ces penseurs avertis, l’armée française aurait perdu son honneur et commis des exactions criminelles et inexcusables tout au long de ce douloureux conflit…

C’est vrai, il y a eu des hommes qui en Algérie ont perdu leur humanité et leur âme en torturant des adversaires, en brutalisant des suspects, en humiliant des prisonniers et en salissant des innocents. Oui mais…Faire une généralité de ces cas ignobles et culpabiliser ainsi toute une génération d’hommes, plus de deux millions d’appelés du contingent, faire d’eux des tortionnaires n’est pas un acte glorieux… A mon sens c’est même une mauvaise action contre cette jeunesse qu’on a voulu culpabiliser…

Chacun a sa conscience et c’est elle qui juge, n’en déplaise à tous ces zélateurs de la repentance, à ces théoriciens qui s’érigent en juges et en censeurs. Que peut-on d’ailleurs connaître de la réalité d’une guerre, fût elle sale et cruelle, si on n’en a été ni témoin ni acteur…

Et je voudrais leur dire, à ces gens-là, qu’il y a quarante-neuf ans, quatorze survivants ressortaient des geôles d’Amirouche, revenaient de l’enfer de l’ Akfadou et que j’étais du nombre.

Nous avons été torturés, violentés, battus et humiliés, nos familles traumatisées, certaines endeuillées et nos nuits continuent à être tourmentées.

Qu’ont donc fait ces beaux parleurs et procureurs, nous ont-ils entourés ? Ont-ils jugé nos bourreaux ? Ont-ils pansé nos plaies ? Au bout de cinquante ans bientôt, a-t-on le droit encore de privilégier un camp, et de mépriser l’autre ?

C’est Albert Camus qui a écrit : « N’accablons pas certains en acquittant les autres et prenons garde que, à force d’être solidaires des victimes, nous ne soyons également solidaires des bourreaux… »

L’heure n’a-t-elle pas enfin sonné pour laisser la place aux souvenirs avec plus de tolérance. Dormez tranquille Mrs les procureurs, pour moi tel n’est pas le cas, car je vois toujours les fantômes de mes camarades morts sur le bord de la piste…

N’oublions pas que pour les propriétaires de ces souvenirs, le temps ne pourra jamais ni en effacer la douleur ni en atténuer la souffrance. Et qui sont les propriétaires de ces souvenirs ? Ce sont les 2 000.000 de jeunes appelés du contingent, ce sont les 95.000 militaires blessés, ce sont les familles des 25000 soldats tués, ce sont les proches des 28.000 Européens et des 17.000 civils musulmans tués, et des 2 500 Européens disparus, Ce sont aussi les 5 200 Européens et les 32 000 Musulmans blessés, ce sont tous les Pieds noirs et tous les Musulmans exilés dès 1962. Ce sont les 150.000 Harkis et notables torturés et assassinés après les accords d’Evian. C’est Sylvianne, la sœur de mon camarade Joël, dont les parents sont morts de douleur. Ce sont aussi mes parents minés par l’angoisse. Et vous me permettrez de me considérer un peu copropriétaire de cette terrible liste.

À cette liste je voudrais ajouter encore quelques chiffres supplémentaires que je tiens d’un ami historien particulièrement au fait de cette période. Voici ce que Jean Yves Jaffres a pu me confirmer : Militaires disparus : 359, Militaires libérés ou évadés : 110, Militaires disparus dont on a retrouvé les corps : 18.

Pour ma part, au lendemain de cette dramatique journée du 13 mars je me trouvais au bord du gouffre, sans force ni énergie, sans courage, prostré. Mon camarade, mon ami était mort, je n’avais plus ni l’envie ni la force de vivre encore ce cauchemar perpétuel. De plus, le blocus infligé par l’armée aux fellaghas nous interdisait toute nourriture et tout mouvement.

Devant la pression mise par l’armée française et la difficulté de se ravitailler, les fellaghas décidèrent de changer d’endroit. Un nouveau camp fut aménagé dans la foret de Tigrine, plus au nord de l’Akfadou.

Et la vie de bagnards reprit pour nous, dans l’angoisse du lendemain, la peur de la mort et des tortures que nous subissions sans cesse. Quelques fois on nous faisait sortir de la cabane et, assis en rond dans la clairière nous faisions une séance d’épouillage ! Il fallait voir en effet combien nous étions recouverts de vermine…alors comme au zoo, nous nous mettions par deux et nous nous écrasions les poux avec les ongles.

Quant au rasage de barbe, une fois en passant, avec une lame de rasoir pour plus de 20 têtes, il valait mieux ne pas passer le dernier !

Or il va se passer un événement capital : c’est la mort du colonel Amirouche le 29 mars 1959 que j’ai relatée plus haut.


Le lendemain était jour de Pâques. Un visiteur de choix vient nous voir. C’est le docteur de la wilaya, le docteur Benabid, qui nous annonce la mort du tyran et la visite prochaine de son successeur.

Ce médecin FLN qui nous a soignés à plusieurs reprises avait fait de la résistance dans le Vercors pendant la guerre 39/45. Il devait avoir environ 50 ans. Sa seule arme était sa trousse de médecin et il fit preuve d’humanité et de compassion à notre égard en apaisant de son mieux nos souffrances physiques et morales.

J’ai su bien plus tard que son engagement en wilaya 3 avait été contraint. Fait prisonnier lors de l’opération Jumelles par des légionnaires il fut effrayé par ce qu’on lui raconta des purges du boucher de l’Akfadou et de ses méthodes employées pour faire parler les suspects. Nos témoignages en sa faveur lui vaudront une libération rapide et une assignation en métropole jusqu’à l’indépendance de l’Algérie. ( voir in fine )

Donc, le lendemain deux officiers de l’ALN vinrent nous voir : Mira Abderamane et Moran ou l’Hadj les deux chefs qui se disputaient le commandement de la wilaya 3.

C’est Mira qui nous parla : « Nous ne voulons pas vous garder ici, nous voulons vous libérer, mais vous devez écrire que le FLN est le plus fort ».

C’est donc dans ce contexte que j’ai écrit un message au journal Midi libre dans lequel je me plaignais de l’inertie du gouvernement en ce qui nous concernait… Mais cette lettre ainsi que celle que j’avais pu écrire en février, était dictée par les fellaghas bien entendu. Elle fut considérée comme propagande et ne fut pas publiée.

Quelques mots sur ces deux chefs historiques de la wilaya 3

Avant les événements Morand ou l’Hadj était forgeron au village de Bouzeguene. Il avait rejoint le maquis avec ses trois fils et avait emporté sa fortune personnelle, quelques millions de francs, qu’il avait donnée à l’organisation rebelle.

Son calme, son sang froid, son courage et sa pondération lui avaient conféré une autorité et un prestige que toute la Kabylie reconnaissait.

À cinquante-quatre ans Mohand ou l’Hadj était surnommé « Le Vieux » par ses hommes qui reconnaissaient et appréciaient ainsi la sagesse de ce chef.

Plus tard il sera impliqué dans l’affaire « Si Sala », cet officier fellagha qui voulut signer la paix avec le général de Gaulle et qu’il laissa exécuter pour trahison. De même, il réhabilitera dans ses fonctions d’officier Mayouz Ashène, le bourreau d’Amirouche. Il mourra en 1971…au Val de Grâce à Paris d’un cancer généralisé

Mira Abderamane était arrivé depuis quelques semaines de Tunisie et avait pour mission de réorganiser les troupes de la wilaya 3. C’est lui qui arrêtera les massacres dus à la bleuïte. Il punira Mayous Achene et effectivement décidera de relâcher les prisonniers survivants de la wilaya. Il sera tué à son tour en novembre 59.

Nous lui devons notre libération qui fut, je l’apprendrai longtemps après, négociée avec les autorités françaises (et je dois dire que nous comptions pour peu de chose, puisque pour les 15 otages il y eut 15 rebelles libérés sur la centaine que demandait Mira)

À propos de ce chef fellagha, j’ai eu la possibilité de rencontrer à plusieurs reprises le 2° fils de Mira à Paris puis à Compiègne où il était venu me voir. Cet homme, Tarik Mira est député de Béjaia (Bougie), secrétaire national aux affaires extérieures de son parti le R.C.D ( Rassemblement pour la culture et la démocratie) il fait partie de l’opposition au gouvernement actuel de l’Algérie. En dehors de son activité politique, il consacre une partie de son temps à rechercher tout ce qui se rapporte à son père.

Lors de nos rencontres nous avons toujours parlé, longuement, sérieusement, lui avec sa sensibilité et ses convictions d’Algérien, et moi, porteur de mon histoire, désireux de dialoguer avec le fils de mon geôlier d’hier et successeur d’Amirouche ! Durant ces rencontres empreintes des deux côtés d’émotion et de sincérité, j’avais en mémoire cette phrase entendue un jour « Lorsque deux mains se tendent, c’est deux libertés qui se rencontrent ». Voir au sujet du fils de Mira, l’article du 8 novembre publé dans El Watan : le tigre de la Soummam : http://www.elwatan.com/Le-tigre-de-...

C’est ainsi que de ces discussions est né ce projet peut être encore utopique, mais volontariste de pouvoir un jour, par-dessus les années de haines, de rancune, d’incompréhension réciproque se donner une poignée de main publiquement, qui deviendrait un symbole profond et authentique d’une amitié retrouvée.

La mort d’Amirouche se ressentit assez vite dans le camp. Les sévices étaient plus rares, les fellaghas semblaient plus humains, mais il fallait absolument survivre. Telle était notre unique préoccupation. Car le danger était toujours là avec les bombardements, les opérations et ce blocus du ravitaillement qui se poursuivait. C’était le début des opérations du général Challes : K10, K11, Emeraudes, Jumelles, etc.

Avril se passa avec quelques alertes chaudes et quelques fuites en foret mais on sentait le printemps revenir et avec lui le beau temps. La pluie se faisait plus rare et le soleil nous réchauffait enfin sans pour autant cependant calmer notre faim.

Au début mai, revisite de Mira et du docteur : « ça y est, dans 8 jours vous serez chez vous ! »

Nous nous regardons, de longues minutes, interloqués. Un silence impressionnant régnait dans la baraque . Mira reprit

  • « Tout est arrangé ! la Croix rouge vous accueillera dans un endroit que nous vous indiquerons » puis il nous parle de la guerre, de nous : « Je sais que vous n’avez rien fait, je sais que vous faisiez du bien à l’Algérie. Mais vous êtes représentants de la France et comme tels vous êtes nos ennemis. Nous n’en voulons pas à la France ni aux Français, mais c’est le colonialisme que nous voulons chasser de chez nous ». Et il continua : « Chez vous je veux que vous disiez la vérité. Vous avez vu l’ALN, elle est très puissante. Notre cause est la bonne, la vraie. Nous gagnerons la guerre car nous avons un idéal. Amirouche est mort. Je suis là pour le remplacer. Après moi il y en aura un autre ! »

Après son départ, nous étions incapables de parler, l’émotion était trop forte, mais la nuit suivante, pour la première fois j’ai sérieusement rêvé à la liberté.

Le samedi 17 mai, le docteur Benabib revint, accompagné d’un secrétaire. Il entra et dit simplement : « Messieurs vous êtes libres ! ».

Le chef des fellaghas nous faisait ôter les chaînes…J’entends aujourd’hui encore le bruit qu’elles firent en tombant… « Messieurs vous êtes libres ! »…Je venais pour ma part de passer 114 jours dans les maquis de Kabylie, otage du FLN, prisonnier d’Amirouche… Du samedi au lundi, nous étions des hommes libres, mais pas encore libérés. Mais physiquement cassés, psychologiquement détruits et atteints du syndrome de Stockholm, ou des otages, nous fraternisions avec nos geôliers d’hier…Puisque tu ne me bats plus, c’est que tu es un brave type !

Le 19 mai nous étions relâchés sur la route de Yakouren, récupérés par les soldats du 6° Régiment de Hussards et son chef, le colonel Dieudonné. Le cauchemar prenait fin…du moins, je le croyais.

Le mess des officiers qui nous accueillit fut littéralement pillé par ces 14 survivants affamés…Le colonel Dieudonné pleurait de joie et d’émotion, allant de l’un à l’autre pour nous réconforter. Pris en charge par 2 hélicoptère Sikorsky, nous fûmes conduits à l’hôpital de Tizi-ouzou.. Les soldats partirent le lendemain, les civils aussi. Je restai seul dans une chambre. Après une visite organisée par la préfecture à mon douar des Beni-Yenni, on me descendit à Alger. Et là, complètement perdu dans cette ville, c’est grâce à la pugnacité d’une dame algéroise que je pus avoir un billet d’avion pour revenir !


A présent, avant de terminer mon récit, je voudrais vous dire comment mon enlèvement a été perçu par ma famille et son entourage.

Le 24 janvier le Préfet de la Lozère envoie un télégramme à la gendarmerie de St-Germain du Teil, mon village,afin d’aviser ma famille que j’ai été enlevé dans la soirée du 21 janvier par des rebelles.

Lorsque mon père vit venir vers lui le brigadier de gendarmerie avec son télégramme, il savait déjà, pour l’avoir entendu à la radio que j’étais prisonnier des fellaghas. Il arrêta son travail, remplaça ses outils par un stylo, et pendant 4 mois ne cessera d’écrire.

D’abord au député de la Lozère, puis au général Faure, responsable de la Gde Kabylie, aux pères blancs des Beni-yenni, au lieutenant de la SAS de Taourirt-Mimoun, à l’Inspecteur d’académie de Tizi- Ouzou.

Tous lui répondirent, chacun sur un registre différent. Le député s’employa du côté du Gouvernement et put faire revenir mon frère alors en garnison à Oran. Le général Faure l’assura que tout était fait pour nous retrouver, les pères blancs priaient pour moi et avaient récupéré mes affaires, l’inspecteur s’étendait sur mon dévouement auprès des enfants…Etc, etc…

Mais c’est surtout la correspondance échangée avec les parents de Joël qui est la plus émouvante parce que contenant la même peine, la même douleur. Ces deux familles se sont soutenues sans cesse bien que ne se connaissant pas. .Et quand elles reçurent notre première lettre datée du 6 février et arrivée le 19 avril, elles poussèrent un soupir de soulagement. Nous étions vivants ! (mais hélas, Joël était déjà mort depuis plus d’ un mois).

L’appel au journal Midi libre ne fut pas publié. « Propagande ! » avait dit le rédacteur en chef.

Et puis l’annonce de notre libération à la radio, les télégrammes émanant de Tizi -Ouzou, de la Croix Rouge…La tragique lettre de désespoir des parents de Joël avec leur douleur suprême…Mon retour en France, l’accueil de tout le village fêtant son héros ! Mon retour à la vie…

Du 24 mai jusqu’à fin septembre, je restai chez moi en Lozère, chez mes parents. Aucun service social ou sanitaire ne s’est jamais préoccupé de mon état de santé : dents déchaussées, plaies et cicatrices, état psychique, rien, silence total .C’est vrai que en ce temps-là les cellules psychologiques de crise n’étaient pas encore d’actualité !

L’académie d’Alger fin août me signifia que je devais rejoindre mon poste en Kabylie. Devant ma réponse négative, elle me raya des ses effectifs et je me retrouvais au chômage, à charge de parents qui avaient dépensé toutes leurs économies en démarches, soins et autres.

Lors d’une visite que j’avais faite aux parents de Joël, je leur avais promis de tout faire pour retrouver son corps si je retournais en Algérie comme soldat. Le général Faure était d’accord pour entreprendre des recherches sur place. Alors, je m’engageais dans l’armée. J’y fis les pelotons de sous officier pour pouvoir améliorer ma solde. Sorti 3° de ma promotion avec le choix de mon affectation je demandais l’Algérie pour tenir ma promesse …Ce fut un refus catégorique…

C’est ainsi que je passerai près de trois ans à croupir au camp Ste Marthe de Marseille. Un peu comme un deuxième enfermement. Je n’aurai pas mes galons de sous officier. Seul le grade de caporal me sera donné.

On me refusera un nouvel engagement et le 21 novembre 62, je serai rendu à la vie civile !

Pendant mon séjour à l’armée, un début de tuberculose me conduira à l’hôpital de Montolivet à Marseille. Mes dents sont tombées, mes yeux resteront très fragiles, et mon dos est cassé…Quelques années après mon retour, je ferai une dépression qui durera plus de 6 ans…mais grâce à l’amour d’une épouse admirable et l’affection d’un fils adoré, j’ai pu « me reconstruire » et grâce à Dieu je suis encore vivant !

De tous ces avatars biologiques, je ne conserve rien, aucun papier…Seulement des souvenirs indélébiles : une cicatrice chéloïde au poignet droit, marque indélébile des chaînes, est la seule trace personnelle qui me rappelle à tout instant ce que j’ai enduré il y a quelque 49 ans.

Les années ont passé depuis cette tragédie que j’ai vécue…Mais elle est toujours là, malgré le temps qui passe. et j’ai eu le temps de méditer sur l’ingratitude humaine : pas un document, pas une lettre officielle, pas le moindre signe d’une administration plus froide que jamais.

A ce jour nous sommes moins de 50 survivants des geôles fellaghas et nous devons être 3 ou 4 civils… De mon groupe aujourd’hui nous restons 6.

Ni le titre de prisonnier de guerre, ni celui de victime de la captivité en Algérie ne m’a été attribués malgré les démarches de la commission de recherche et de mon ami le colonel Perpoli, Président du GR 162 de la Fédération Maginot…Seul un silence assourdissant nous répond…Ah si tout de même une réponse officielle m’informant que ayant été prisonnier avant le 19 mars 62, je ne pouvais prétendre au titre de V.C.A.

Un article de loi publié dans le Journal Officiel du 1°mars 1979 stipule clairement dans son article premier concernant les civils que : « Les fonctionnaires et assimilés qui dans l’exercice de leurs fonctions ont été faits prisonniers par l’adversaire et ont été privés de la protection des conventions de Genève bénéficient d’une équivalence à six actions de combat, soit trente-six points… ». Or l’application de cette disposition qui aurait du me permettre d’être ressortissant de l’ONAC m’a été refusée pendant 49 ans, malgré de multiples démarches engagées auprès de l’administration. Une seule réponse m’était faite pour me dire que le corps des instructeurs du plan de scolarisation de l’Algérie n’entrait pas dans le champ d’application… Mais la pugnacité et la volonté de justice du colonel Perpoli ont finalement triomphé et le 8 juillet dernier (2008), je recevais du Ministère des Anciens Combattants une lettre me confirmant enfin l’attribution de la Carte de Combattant « à titre exceptionnel et civil » ainsi que le Titre de Reconnaissance de la Nation pour « ma participation aux évènements d’Algérie »… Près d’un demi-siècle plus tard …

Depuis 49 ans je passe régulièrement et à mes frais un contrôle pulmonaire pour le cas où…Et pendant ce temps, en 1972 mourait au Val de Grâce le Commandant Moran ou l’Hadj, successeur d’Amirouche, et devenu colonel, à la suite d’un cancer… Mon pays aurait-il donc montré plus de compassion pour l’ennemi d’hier que pour sa victime ? Et pourtant mesdames et messieurs, j’avais, pour employer un mot dans l’air du temps, fait preuve de citoyenneté en me portant volontaire pour enseigner aux petits Algériens !

Je pense à tous mes compagnons de galère qui sont morts dans la foret de l’Akfadou : Michel, Jean, Monsieur Marceau, Monsieur Azopardi, Ramdane et ses cinq camarades fellaghas prisonniers comme nous, je pense souvent, très souvent à Joël, cet ami d’infortune qui repose là-bas en terre kabyle… à ses parents qui sont morts de chagrin sans revoir leur fils, à sa petite sœur qui a grandi depuis et avec qui je garde un contact très fraternel, et affectueux.

Je pense à mon père qui, lui aussi, n’a pas résisté à cette épreuve si terrible qu’il a subie et qui l’a terrassé quelques mois plus tard. Il a gardé dans son regard, jusqu’au dernier jour de sa vie, cette douloureuse interrogation muette : « Pourquoi tout ce mal fait à mon fils… »

Mais cependant un regret reste toujours en moi, celui de n’avoir pu continuer ce beau métier d’instituteur en Algérie, en Grande Kabylie…où j’ai vécu ce drame et enduré tant de souffrances il y a plus de 49ans. Mais ou j’ai laissé également un peu de mon âme et de ma vie.

La légende, dit-on est fille de l’histoire, et l’histoire mère de l’actualité… Mais malgré le temps qui passe, mon aventure ne peut se transformer en légende.

Car, voyez-vous, ce temps qui passe m’a conduit jusqu’au temps des souvenirs. Ces souvenirs qui, comme je le disais au début de mon propos, s’enchaînent et m’entraînent sans cesse là-bas vers ce que j’ai vu et vécu. Dans ce pays si beau et si tragique…Et dont je garde la mémoire intacte comme au premier jour…

Ce temps qui passe m’a également et heureusement apporté un peu de cette sérénité qui me manquait et, avec elle, la possibilité de pardonner à ceux qui ont été la cause de tant de souffrances aussi cruelles qu’inutiles.

Comme le disait Larochefoucaud avec cette maxime empruntée au livre de mon ami J.Yves Jaffres : « Lorsque notre haine est trop vive elle nous met au dessous de ceux que nous haïssons… »

Parce qu’un ami cher m’a dit un jour : « René, toi qui as aimé ces gosses, tu ne dois pas haïr leurs pères… »

Cet ami prêtre lozérien qui, parti en Algérie après la guerre, a payé lui aussi de sa vie là-bas son engagement pour ce peuple…Il a été tué sur la route de Tebessa en septembre 68 alors qu’il revenait d’assurer son ministère à la mine de Bir El Ater et dont je salue ici la mémoire.

Parce que j’ai en mémoire les propos de ce lecteur kabyle originaire du douar des Beni-Yenni et lui-même ancien élève de l’école où j’enseignais qui m’ écrivait au sujet de mon livre -  :« Cette école d’Agouni-Hamed qui fut témoin de vos propres souffrances, j’en ai gardé ma première mémoire d’écolier et vous, votre première mémoire d’enseignant…C’est pourquoi votre mémoire est un peu la mienne….Nous aurions tant souhaité que les hommes ne connaissent point ces guerres qui en en emportant des innocents fragiles comme Joë,l ont emporté combien d’innocents de chaque côté ! Peut-on alors parler d’un côté ou de l’autre ? »

Parce que personnellement je ne pourrais pas vivre le temps qui me reste avec, tapie au fond du cœur, la haine pour mes bourreaux…

Parce que le pardon, même si c’est un acte difficile reste avant toute chose un acte personnel, …un acte gratuit… Et parce que, tous comptes faits, à la fin, le pardon reste l’arme ultime devant le bourreau

Le temps a passé, la révolte a fait place à la réflexion, l’apaisement a succédé à la colère et est ainsi venue l’heure de ce pardon, seul moyen pour moi de pouvoir vivre avec toutes ces images de violence, de souffrance et de mort…Mais pardonner n’est pas un acte de repentance, pardonner mais se souvenir …et je n’oublierai jamais…

Et pour terminer mon propos, je voudrais me tourner vers l’Algérie, vers ce pays, ce si beau pays qui a vu naître grandir et mourir des générations de ses enfants, Arabes et Pieds-noirs,

À cette Algérie qui a pris à des milliers de jeunes, Français et Algériens, leurs plus belles années, celles de leurs vingt ans, qui les a vu crapahuter dans les djebels, parfois tomber, parfois mourir pour une cause qu’on n’avait pas expliquée aux uns, et que les autres combattaient parce qu’ils n’en voulaient pas…

À ce pays qui hante toujours mes nuits, à ce pays des souvenirs, à ce pays de la nostalgie, mais aussi à ce pays de l’avenir, “l’avenir dont on dit par ailleurs qu’il a pour sœur jumelle l’espérance… »

À ce pays donc je souhaite « bonne chance et Inch Allah » !…

Mesdames et messieurs, chers amis, je vous remercie de m’avoir écouté.

René ROUBY


Le docteur Benabid.

J’ai raconté au chapitre 9 de ce livre dans quelles conditions j’ai été mis en présence du docteur Benabid et combien j’avais ressenti la bienveillance qui se dégageait de lui. J’ai eu la chance de trouver de nouveaux renseignements sur cet homme… Fait prisonnier lors de l’opération Jumelles, Hamed Benabid fut assigné à résidence en France, mais put s’enfuir via la Suisse vers la Tunisie où il fut désigné par le GPRA responsable de la santé militaire.

En 1962, on lui proposa le poste de Ministre de la Santé dans le tout nouveau gouvernement de l’Algérie indépendante. Mais il refusa, préférant s’installer à Bordj Bou-Arreridj pour exercer son métier de médecin après avoir été Directeur Départemental de la Santé à Sétif. Il prendra sa retraite en 1986 à l’âge de 75 ans.

Deux ans plus tard, en 1988, il sera décoré par le président Chadli Bendjeddid de la médaille El Wissam, la plus haute distinction attribuée aux vivants et à titre posthume. Le docteur Hamed Benabid est mort le 23 août 1999. Il avait 88 ans.

J’écris ces lignes avec émotion, car le docteur Benabid m’a sauvé la vie en me soignant dans le maquis. Mes blessures infectées auraient pu m’être fatales sans ses soins... On a pu dire de lui qu’il était une personnalité aimée et respectée pour sa générosité, son humanisme et son rayonnement tant scientifique que culturel. En préférant côtoyer les malheureux et les humbles, en refusant le confort des salons officiels, en portant à la ceinture une trousse médicale à la place d’un pistolet quand il était médecin au maquis, le docteur Hamed Benabid a prouvé son humanité et fait partie de ces hommes qui ont voué leur vie au service de leurs frères...

Le 4 novembre 2007 la ville de Bordj Bou-Arreridj a rendu un grand hommage à son médecin. « Une personnalité qui a mis en émoi tout un monde l’ayant aimé et respecté pour sa générosité, son humanisme, son combat et son patriotique... »

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43 Messages de forum

  • Monsieur René, Permettez-moi de vous raconter l’histoire de ma grand-mère, Le 09 juin 1956 au village Aourir perché au pied de l’Akfadou, une femme de 23 ans mère de 3 garçons, le dernier n’avait qu’une semaine, civile, vivait dans sa maison en toute quiétude. Lorsqu’un français, lui hotta la vie, par une balle dans la tête, elle tombe juste au dessous du berceau de son fils, ce bébé innocent rendra l’âme lui aussi quelques jours plus tard par manque de nourriture et le village complètement rasé, Monsieur René Moi Quand je pense, je pense à mon père qui a vécu cet enfer, je pense aux ossements de ma grand-mère qu’on n’a pas localisé à ce jour, je pense à ma famille déchirée, je pense à la population de ce village et à ces enfants qui du jour au lendemain se sont retrouvés sans toit. Je pense à ces martyrs, à ces Amirouche, Mira et autres qui ont consenti le prix de leur vie, pour libérer l’Algérie de ces bourreaux. Quant à vous monsieur l’instituteur humaniste qui enseignait l’Algérie française, vous avez oublié peut être que votre engagement volontaire dans l’armée pour revenir en Algérie faire la guerre, était un acte de haine, de malveillance, et aussi un acte criminel, car faire la guerre en Algérie, c’était tuer des femmes comme ma grand-mère, affamer et tuer des bébés comme mon oncle et bruler des villages comme Aourir. Monsieur le soldat du châtiment converti en historien, le docteur Benabid était sous les ordres d’Amirouche quand il vous assurait les soins, alors de grâce, cessez de remuer le couteau dans la plaie, laissez ces nouvelles générations construire un humanisme loin du votre, basé sur la dignité et le respect mutuel. Nadir Hammouche Militant du RCD

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    • Bonjour Nadir.

      Après une semaine d’absence, je prends connaissance de votre message.

      Je comprends et respecte la douleur de votre famille que j’aimerais localiser, car il y a plusieurs Aourir. Votre village est-il situé près d’Ifigha ou du côté de Sidi Aïch ?

      À titre d’information, je vous signale que René ROUBY n’a jamais été militaire en Algérie : il avait quitté sa Lozère natale à l’âge de 18 ans pour mettre spontanément sa jeunesse et ses connaissances au service de la cause des enfants kabyles. Il avait été affecté comme instituteur civil, avec son camarade Joël Caye à l’école d’Agouni-Hamed. Ce dernier mourra pendant sa captivité dans la forêt d’Akfadou et sa dépouille mortelle n’a jamais été retrouvée.

      Également, René Rouby n’est pas historien. Il témoigne simplement, sans animosité et sans rancœur, des conditions de sa captivité dans la forêt d’Akfadou.

      Comme rien ne peut être bâti sur la haine, la désinformation, et la généralisation (il n’y avait pas d’un côté le camp des bons et de l’autre le camp des méchants), je vous invite à relire, de façon dépassionnée, son témoignage. Vous contaterez que son récit n’est pas inspiré par la haine ou la malveillance. Bien au contraire.

      Vous pouvez lire également en complément d’information, les récits recueillis par le docteur Yves SUDRY et publiés sous le titre « Prisonniers des djounoud »..

      Les extraits figurant sur le site de Miages-djebels proviennent de la presse algérienne « La Nouvelle République » dans les N° 3154 le 3 juillet 2008, 3155 le 6 juillet 2008, 3156 le 7 juillet 2008, 3157 le 8 juillet 2008.

      Bien à vous.

      Claude.

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      • Témoigner pour le souvenir : otage d’Amirouche (2ème partie) 25 juillet 2009 05:36, par Mohand Amokrane ALLAF

        apres la lecture de votre reponse au jeune homme M.Nadir,permettez moi,M.Claude de vous dire qu’il y a bien de la haine dans la lettre de M.ROUBY Rene,insultant pour la memoire du vaillant colonel AMIROUCHE.Il ne faut pas le nier.Par contre,je souhaite contribuer à ce forum de dialogue en disant que meme s’il y a des ecrits,des temoignages,des filmes haineux,ils sont les biens venus.Il faut au contraire encourager tous les gens à parler.Nous avons besoin de crever l’abcés et tourner la page.Bien evidemment,j’en parle aux deux cotés.Personnellement,je suis tres content de lire Rene,Aussares et qui sais je encore.Ca m’a soulagé un petit peu et ça permettra aux historiens de faire leurs boulots meme si des fois j’en ai pleuré.J’ai parlé à la première personne parce que je suis directement touché par cette tragèdie.Je suis le fils d’un jeune homme berger du village Aourir,à coté d’ifigha.Mon père a étè torturé plusieurs fois dans les camps d’ifigha et la dernière fois,c’était à moknéa toute la journée et le finir un peu plus loin dans les champs avec une balle dans la cervelle.Donc,ce n’est pas la peine de nier les atrocités des deux camps.Je disais plus haut,soulager juste un petit peu parce que les deux pays n’ont pas ouvert leurs archives,n’ont pas recueillis tous les témoignages,ne laissent pas les acteurs de cette tragèdie temoigner, en finir enfin et surtout regarder vers l’avenir.

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        • Bonjour Mohand.

          Je viens de relire le témoignage de René ROUBY. Je ne vois pas dans le texte de sa conférence ce qui peut vous faire dire qu’il a de la haine. Il n’y a même pas de ressentiment après ce qu’il a vécu et subi.

          Rappelons les faits : jeune instituteur civil il est enlevé par l’ALN avec son camarade Joël Caye. Enchaînés en permanence pendant 114 jours, sans vêtements de protection, (l’imperméable de Joël sera retrouvé dans les effets d’Amirouche après la mort de ce dernier) ils parcourent les environs de la forêt d’Akfadou en plein hiver. Joël mourra des suites de ce traitement inhumain.

          René pardonne mais se souvient. Voir à ce sujet la lettre à Joël qui figure sur le site. Il raconte ce qu’il a vécu sans haine et replace sa captivité dans le décor d’alors. Il parle du Colonel Amirouche et du commandant Mahyouz dont il a été l’otage.

          Comme pour les jeunes génération,s seule l’armée française a les mains tachées da sang, et que l’ancien chef de la Willaya 4 est un guerrier irréprochable, je vais vous donner des informations complémentaires qui vous permettront de vous faire une opinion et de comprendre que la guerre d’Algérie était une guerre civile fratricide. Les textes qui suivent sont tirés du livre « Autopsie d’une guerre » paru aux éditions Garnier en 1980 dont l’auteur est Ferhat Abbas.

          Bien amicalement.

          Claude.

          Page 97. …Menacé dans ses arrières par le MTLD - MNA, Krim lance contre lui deux hommes de poids : Dehilés Slimane, le futur Colonel Saddek, et Aït Hamouda, le futur Colonel Amirouche. Les Messalistes se sont implantés en Basse Kabylie et dans le massif montagneux du Guergour, dans la région de Guenzet, sur la rive droite de la Soumamm. La Basse Kabylie est confiée à Dehilés. Un commando de 25 hommes placé sous ses ordres ne tarde pas à rejoindre les hommes du MNA. Il les neutralise après les avoir découverts dans les grottes au douar Beni-Bouadou. Il fait des prisonniers et liquide les irrécupérables. Amirouche s’occupe du Guergour où le MTLD-MNA fort de 500 hommes est sous le commandement de Bellounis, le futur « Général » félon. Le MTLD-MNA bénéficie déjà de la protection occulte des autorités françaises. Amirouche connaît le problème. Il connaît aussi la région puisque c’est lui qui a été chargé, quelques mois auparavant, de l’amener au FLN. Avec ses huit cents hommes bien entrainés, Amirouche prend l’initiative de l’attaque. Il inflige aux messalistes une défaite écrasante. Bellounis arrive cependant à s’échapper vers le Sud….

          Page 155. Le Congrès de la Soummam condamnera les évênements du 20 août 1955, en zone II comme contraires à l’esprit de l’insurrection.. Il condamnera aussi l’attaque et la mort d’une fillette au Sakamody, dans la IVe zone ; de même la tuerie ordonnée par Amirouche au village Dagen près de Oued-Amizour. Ce village hostile au FLN avait été encerclé de nuit et ses habitants passés par les armes. Au lendemain de cette triste nuit, appelée la« nuit rouge de ka Soummam », un vieux Kabyle en fit le reproche à Amirouche : « Nous avons raison de châtier les traîtres, répondit Amirouche, Dieu est avec nous. » Et le vieillard de répliquer : « Si tu continues dans cette voie, il ne restera, en Algérie, que toi et Dieu ! » Paroles pleines d’ironie et de bon sens dont tous les dirigeants des maquis auraient dû se souvenir….. A noter que ce massacre du 10 janvier 1956 fera plus d’un millier de Musulmans (hommes, femmes, enfants) selon Historia , la guerre d’Algérie N° 228 page 1030).

          Page 220 …L’opération « bleuite », mise au point par le Capitaine Léger et le Colonel Godard, qui décima la Ille Wilaya et déborda sur la IVe, n’a été possible que parce que d’une part elle a fait suite à la Bataille d’Alger et que d’autre part, la Ille Wilaya n’était pas commandée par ses authentiques chefs : Krim, Ouamrane, Dehilès.

          Le mécanisme de l’opération était fort simple. Un agent de Yacef Saadi, Ghandriche, a trahi. Il coopère avec la sécurité militaire française. Mais Yacef ne le sait pas. Il le croit toujours fidèle. Avant son arrestation, il le désigne à la Wilaya III comme son successeur. Il donne à la Wilaya III son adresse. C’est donc avec lui que Kamel, chef zonaI en Kabylie, entre en relation. Il lui envoie des armes et de nouveaux renforts. Il lui indique les adresses des militants d’Alger et les noms d’hommes sûrs, ne sachant pas qu’il était passé du côté de l’armée.

          Armes, renseignements, adresses, vont entre les mains du Capitaine Léger. En fait, ce capitaine devient le « chef » des commandos FLN d’Alger.

          Il lui arrivera de se rendre avec son équipe de faux patriotes (Ghandriche, Hani, Ourdia) au PC de la zone 1 de la Ille Wilaya. À la fin de l’opération il fera prisonnier tout le conseil de la zone, soit onze djounouds. Léger fera mieux. Dans une deuxième opération, il aura recours à l’intoxication. Etant entré en relation avec une militante irréductible, Zohra de BeIcourt, il la compromet en se promenant publiquement avec elle. Et puis, sans avoir l’air de rien, il lui laisse entendre qu’elle n’est pas la seule à « travailler » pour lui. Et il lui montre la lettre et la signature de Kamel, avec le cachet de la Ille Wilaya. Evidemment, cette lettre a été adressée à Ghandriche, mais Zohra l’ignore. Elle tombe dans le piège. Elle réagit vite. Croyant la Ille Wilaya en danger, elle monte en Kabylie pour prévenir les chefs. Le commandant Mahyouz la fait arrêter. Tout le monde avait vu Zohra en compagnie du Capitaine Léger.

          Accusée, elle se défend. Elle révèle qu’elle vient mettre la Wilaya en garde contre les traîtres à la solde des Français. Elle parle de la lettre de Kamel. Le terrible engrenage est en marche. Les plus purs parmi les maquisards sont suspectés torturés et liquidés.

          Mahyouz est à la fête. Il n’aime pas les jeunes cadres instruits, car il appartient à cette catégorie d’analphabètes qui voue à ceux qui savent lire et écrire, aux gens de la ville, aux intellectuels, aux « communistes », une haine instinctive. Ce type de responsables se révolte contre celui qui a pu apprendre à lire. Cette jalousie animale était répandue surtout dans les régions arriérées, particulièrement dans les Aurès. L’esprit obtus d’individus attardés fera des ravages. On donna au Commandant Mahyouz le nom de « Mahyouz la torture ». Dans son ignorance, il sema le doute chez le Colonel Amirouche. L’épuration à contresens, ordonnée par celui-ci, fut cruelle, injuste, meurtrière. Elle s’échelonna sur plusieurs mois et provoqua la contagion dans la Wilaya IV.

          Elle fit plus de trois mille victimes parmi les meilleurs combattants, désignés par le Colonel Godard et le Capitaine Léger à la colère vengeresse et aveugle de Mahyouz et de son Colonel.

          L’un et l’autre étaient trop simples pour déjouer le « piège » et découvrir le système d’intoxication psychologique dont ils étaient les victimes. Dans une lettre adressée au Colonel Godard, Amirouche confirme naïvement sa croyance en la trahison de ceux qui n’avaient point trahi. C’est dire à quel point il était loin de la réalité.

          Quand la nouvelle de cette épuration à rebours arriva au CCE, je me trouvais près de Krim. J’avais déjeuné chez lui. Il habitait au Kram, faubourg de Tunis. Lorsque l’ancien chef de la Wilaya III ouvrit le courrier de la III, la liste des maquisards exécutés était jointe au rapport du colonel. Après lecture, Krim se tut et resta pensif.

          Après un moment de réflexion, il me dit : « Il se passe quelque chose qui n’est pas normal. Il est impensable que des hommes que j’ai bien connus, que j’ai formés, qui se sont battus à mes côtés et dont le patriotisme est au-dessus de tout soupçon soient devenus des traîtres. »

          Après délibération, le CCE prit la décision d’interdire toute exécution dans les Wilayas III et IV. Tout suspect devait être neutralisé et envoyé, sain et sauf, en Tunisie.

          Cette décision mit fin aux ravages de ce qu’on a appelé la « bleuite ».

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          • Témoigner pour le souvenir : otage d’Amirouche (2ème partie) 14 décembre 2010 14:40, par amdjahed amajtouh.

            Je tiens juste a rendre un vibrant hommage au Commandant Si Ahcene Mahiouz, un fidèle a la lutte armée, vaillant commandant d’une intelligence, d’un courage et d’une abnégation hors pair. Oui, l’ennemi qui n’a pas pu durant toute la période de guerre de libération de le neutraliser même-en ayant recours au napalm-a su bien sur polluer les esprits disposes a la thèse qu’ils étaient Si Amirouche et lui-même a l’origine d’une épuration de 3000 intellectuels. Si la Kabylie a elle seule avait 3000 intellectuels a cette époque la, imaginez vous que l’encadrement de toute la révolution soit entre les mains d’une poignée de d’hommes ayant pour seul bagage un certificat d’études primaires dans le meilleurs des cas. Je tiens a vous dire a vous tous qui condamniez ces deux hommes sans meme les connaitre, ni les avoir juges que vous etes victimes de l’intoxication de ce sordide Capitaine Leger et des Yves Courriers et autres pollueurs de l’histoire de l’Algerie contemporaine.

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        • Interview de YVES SUDRY ( médecin aspirant pendant la guerre de libération nationale), Auteur de : LES PRISONNIERS DES DJOUNOUD « L’ALN a respecté la dignité des prisonniers français… » Source : la nouvelle republique du 03 Juillet 2008 La Nouvelle République : Pourquoi avez-vous écrit cet ouvrage ? Yves Sudry : Lors d’une réunion d’anciens de mon régiment, j’ai fait la connaissance d’un vétéran qui, à la suite d’une meurtrière embuscade en janvier 1958, a été fait prisonnier par l’ALN et incarcéré au Maroc avant d’être libéré un an plus tard. Le récit de sa tragique odyssée m’a passionné. L’idée m’est alors venue d’interroger d’autres prisonniers. D’abord ceux de notre régiment capturés le même jour dont j’ai pu me procurer facilement les coordonnées. J’ai ensuite élargi mon enquête grâce à une liste d’anciens prisonniers libérés ou évadés diffusée par la FNACA (Fédération nationale des anciens combattants d’Algérie) auprès des présidents d’associations d’anciens d’AFN. En fait, d’après le général Faivre, cette liste aurait été établie par l’UNC (Union nationale des combattants) et celle diffusée par la FNACA serait incomplète. Polémique entre associations dans laquelle je n’entrerai pas. Toujours est-il, le général Faivre m’a reproché d’avoir utilisé un document incomplet. De son côté, le président de la FNACA m’a reproché d’avoir utilisé cette liste sans citer son association dans les remerciements… Je pense que ces recueils de témoignages sont extrêmement précieux, sans eux, après la disparition de tous les acteurs de la tragédie, il ne restera plus que la sécheresse des archives et c’est là la raison de cet ouvrage. Des années plus tard, quels sentiments habitent les personnes que vous avez interviewées ? Haine ? Remords ? Reconnaissance ? Il est difficile de répondre de façon très précise à ces questions. La plupart des sentiments restent enfouis au fond de l’âme. Ce serait à chaque protagoniste de parler en son nom. Ceci dit, je peux exprimer ce que j’ai perçu à la suite de ces interviews. De la haine ? Non je n’ai pas perçu de haine. De la rancoeur, sûrement chez ceux qui ont été molestés par leurs gardiens, mais ce sentiment s’est amenuisé avec le temps. En fait, ce que j’ai rencontré chez plusieurs anciens prisonniers, c’est la peur, une peur irraisonnée et on entre ici dans ce qu’on appelle les névroses traumatiques de guerre. Quarante ans après, d’anciens prisonniers m’ont demandé de ne pas citer leur nom « j’ai peur qu’ils me retrouvent… » Du remords ? J’ai observé chez un ancien para, qui avait dû assommer deux de ses geôliers pour s’évader, une émotion intense en décrivant cette scène. Il n’a pu continuer son récit et a dû sortir de la pièce. Son épouse m’a alors confié : « Il ne va pas encore dormir cette nuit… » Manifestement, cet homme est toujours obsédé par son acte. Peut-on pour autant parler de remords ? S’il pouvait revenir à cette époque, je pense qu’il accomplirait les mêmes gestes pour s’évader. En fait, là encore, on est en présence d’une manifestation de névrose traumatique de guerre. Il s’agit là de reviviscence diurne. Le sujet se retrouve plongé brutalement dans le même événement traumatisant avec angoisse intense. De la reconnaissance ? Oui sans hésiter. C’est le cas de prisonniers retenus dans une grotte. Lors de l’approche d’une unité française, un djoundi a emmené les prisonniers au fond d’une galerie et leur a dit de ne plus bouger, puis s’est éloigné. Peu de temps après, ils étaient libérés par les troupes françaises. Un des rescapés m’a confié lors de son interview : « De toute évidence, cet homme avait l’ordre de nous exécuter, il nous a sauvé la vie. » Il avait effectivement surpris une conversation entre geôliers disant qu’ils devaient exécuter les prisonniers en cas d’intervention des troupes françaises. Un des prisonniers en Tunisie, interviewé lors de sa libération par la presse à sa descente d’avion, a déclaré que des officiers de l’ALN leur rendaient parfois visite. « Ils nous expliquaient leur guerre, mais sans pour autant vouloir nous endoctriner, parfois ce sont eux qui nous remontaient le moral en affirmant que tout cela finirait par s’arranger. » Ce même prisonnier en parlant de ses geôliers affirmait : « Ils finirent même par devenir des camarades et je considère l’un d’eux Hocine comme l’un de mes meilleurs amis. S’il venait à la maison, je l’accueillirais à bras ouverts. » Cette reconnaissance s’est surtout manifestée à l’égard des médecins de l’ALN. Tous les anciens prisonniers que j’ai interviewés sont unanimes : les médecins de l’ALN avec les moyens qui étaient à leur disposition les ont soignés comme leurs propres soldats. Enfin, de façon plus impersonnelle : reconnaissance à l’égard de l’action conjuguée du Croissant-Rouge algérien et de la Croix-rouge internationale. Quelle démarche avez-vous entreprise pour travailler ? Enquête ? Nombre de soldats interviewés ? Handicaps ? Mes démarches ont été les suivantes : en premier lieu, l’interrogation directe des intéressés grâce à la liste diffusée par la FNACA. Après contact téléphonique, j’ai pratiqué les interviews, soit en me rendant à leur domicile, soit par téléphone lorsqu’ils étaient trop éloignés. J’ai pu ainsi interroger environ trente anciens prisonniers. Je me suis heurté à plusieurs difficultés. D’abord, le refus de quelques-uns. « Vous n’êtes pas le premier à vouloir m’interroger, j’ai toujours refusé… rien que votre coup de fil va m’empêcher de dormir cette nuit, je vais avoir des cauchemars… », réactions éloquentes par elles-mêmes, car elles correspondent aux névroses traumatiques de guerre dont je vous ai parlées. Plus précisément, il s’agit dans ces cas-là de ce qu’on appelle une conduite d’évitement, le sujet refuse de revenir sur ce passé douloureux. Toujours dans le même registre pathologique, certains prisonniers n’ont répondu à mes questions que par monosyllabes entrecoupées de « non, je ne me souviens pas… je ne me rappelle rien… il y a si longtemps… « Il s’agit d’une autre variété de conduite d’évitement ici plus ou moins volontaire destinée à occulter le passé douloureux. Autre difficulté, certains prisonniers ont été très coopérants, même très prolixes, mais ont plus ou moins fabulé. Ainsi, un des anciens détenus au Maroc m’a dit que lors de leur libération, ses camarades et lui avaient été reçus par le roi du Maroc dans son palais. « Il m’a parlé personnellement en me demandant comment je voyais mon avenir, etc. ». En fait, en corroborant ses déclarations avec celles de ses camarades et après vérification à l’aide de la presse de l’époque, son groupe avait été libéré à Oujda même, lieu de leur détention et reçu dans les locaux du Croissant-Rouge algérien en présence non pas du roi du Maroc, mais de l’une de ses filles. Pour éviter de telles erreurs, j’ai, à chaque fois, comparé les déclarations des prisonniers avec celles de leurs camarades et avec les comptes-rendus de presse de l’époque. Ceux-ci m’ont été très précieux lorsque je n’ai pu contacter les anciens prisonniers du fait, soit d’un changement d’adresse, soit de leur décès. Dans ces cas, je me suis donc basé sur les interviews effectuées par les journalistes de l’époque en comparant les articles des différents organes de presse. Enfin, pour les prisonniers de Grande Kabylie, j’ai trouvé de très précieux renseignements dans les écrits de deux civils détenus en même temps que les militaires. Il s’agit de l’instituteur René Rouby qui a publié un livre intitulé « Otages d’Amirouche » et du directeur d’école Maxime Picard. Il a laissé une narration de sa captivité parue dans Histoire Magazine en 1973.

          Au cours de leur détention, les soldats français ont-ils découvert un autre visage de la guerre ? Lequel ? Malgré quelques points communs : les crapahuts, les marches de nuit, l’anxiété de se faire accrocher à tout moment, les détenus sur le sol algérien ont été confrontés à l’âpreté de la guerre dans les maquis, visage de la guerre sans commune mesure avec ce qu’ils avaient subis eux-mêmes jusqu’alors. Ils ont pu voir ces djounoud toujours sur le qui-vive avec un ravitaillement en munitions, vivres et médicaments souvent aléatoires, face à une armée nettement supérieure en nombre et en matériel, soumis aux bombardements et aux mitraillages de l’aviation, avec des moyens chirurgicaux archaïques et aucun moyen d’évacuation pour les grands blessés… Obligés de progresser pour éviter l’encerclement lors des ratissages, parfois dans des conditions météorologies désastreuses sans dormir et ne disposant souvent pour toute nourriture que de plantes sauvages… Ont-ils été respectés dans leur dignité ? A ma connaissance, oui. J’excepterai toutefois le traitement humiliant infligé à des harkis. Dans des villages de montagne traversés, les djounoud les ont fait dévêtir et bâtonner par des vieilles femmes armées de cannes… (Interview du prisonnier Gelot après sa libération, par Jean Taoussou de l’Echo d’Alger). Quelles réactions ont été enregistrées après la publication du livre ? Le livre dans l’ensemble a été bien accueilli. Dans les différentes critiques qui ont été faites, de vive voix, par lettres personnelles ou par des articles dans la presse, un consensus s’est manifesté autour des points suivantes : l’émotion suscitée, l’impartialité, la nécessité de la réconciliation. En voici quelques exemples : Je viens d’achever la lecture de votre livre. Je ne vous cache pas que j’en pense beaucoup de bien. C’est vrai que je suis un lecteur affranchi connaissant bien les lieux cités, les unités concernés, les méthodes de combat et l’ambiance générale. Les nombreux récits qui composent la première partie peuvent paraître analytiques engendrant parfois des répétitions, mais ils relatent bien la réalité et ils suscitent peut-être plus d’émotion que n’aurait pu le faire une seule synthèse. Je souhaite une très heureuse diffusion de votre livre qui mérite un beau parcours, d’autant plus que vous avez su manier avec tact et respect les deux communaux opposées et psychologiquement très sensibles.

          Colonel Norbert Vernerey – Lettre personnelle.

          Il s’agit là d’un recueil authentique de témoignages émouvants qui éveillent chez le lecteur une douloureuse compassion pour tous ces jeunes hommes blessés jusqu’au plus profond de leur âme. Votre livre est honnête et impartial, c’est l’oeuvre d’un honnête homme dont la droiture ne peut être mise en doute. Il n’y a plus ni vainqueur ni vaincu, seulement des hommes qui ont envie de vivre ensemble, attachés à un passé commun qui a eu ses heures de gloire comme ses déchirures.

          Colonel Henri Boinet – Lettre personnelle. Cher camarade bravo ! Encore une fois tu as écrit un livre très intéressant, au ton juste et si vivant. Plus que celui de quiconque, le point de vue d’un médecin qui fut au coeur des combats est primordial pour éclairer la réalité de cette guerre dont on a caché le nom mais qui est encore bien présente dans la mémoire de ceux qui y ont participé. Même juste, cette guerre nous interpelle, ne serait-ce qu’en vue d’une réconciliation souhaitable et pour que les jeunes générations que cela intéresse comprennent le passé qui marque l’avenir. Général Henri Radet

          Yves Sudry, médecin ayant servi en Algérie expose les faits avec objectivité et retenue. Son récit est poignant et on sort de sa lecture quelque peu bouleversé malgré les lueurs d’espoir de réconciliation qu’il aperçoit. (Y. N. dans l’Algérie – n° 110 – Juin 2005 – page 103.) La critique la plus mitigée est celle du général Maurice Faive dans un article paru dans Mondes et cultures – compte rendu annuel des travaux de l’académie des sciences d’outre-mer tome LXVI – 2006 – page 128. Il commence son article en critiquant la liste de prisonniers que j’ai utilisée, point de départ de mon enquête. « N’ayant pas eu accès aux archives du service historique de l’armée de terre, il a complété sa recherche par la consultation d’ouvrages dont l’objectivité n’est pas la qualité première. Ainsi, les listes de prisonniers attribuées à la FNACa ont-elles en fait été établies par Oswald Calegari de l’UNC. La trentaine de témoignages recueillis ne fournit donc pas une histoire exhaustive des prisonniers du FLN, mais elle relate de façon réaliste les conditions de capture et de leur détention. Suit un résumé de l’ouvrage. Puis le général conclut : « le docteur Sudry exprime l’espoir que la déclaration d’Alger de mars 2003 permettra de réconcilier Français et Algériens… Il faut lire son livre. Mais dans une not e hos-tex te, il m’accroche à nouveau, cette fois sur les conventions de Genève. Contrairement à ce qu’affirme l’auteur, le FLN a ratifié les conventions de Genève non pas en 1956 mais en avril 1960 et ne les a pas appliquées. Or, je n’ai rien écrit de tel. J’ai dit que le FLN avait créé le Croissant- Rouge en 1955 de façon officieuse et en toute illégalité, puisqu’en vertu du principe d’unicité il ne pouvait y avoir deux sociétés nationales dans le même pays, à savoir Croix-Rouge française et Croissant-Rouge algérien. J’ai ajouté que cette création (légale ou non) impliquait le respect des conventions de Genève, ce qui paraît évident. Un argument indiscutable en faveur de cette adhésion et que je développe dans mon livre, c’est que le programme d’enseignement des infirmiers de l’ALN incluait les règles des quatre conventions de Genève. Les manuels donnaient les recommandations suivantes : « Les règles des 4 conventions de Genève du 12 avril 1949 seront respectées avec la même discipline et la même conviction… » On ne peut être plus clair. Effectivement, l’ALN a appliqué ces conventions en particulier vis-à-vis des détenus au Maroc et en Tunisie. Qu’il y ait eu des manquements, cela n’en est pas moins certain. Je dois reconnaître qu’il y en eut malheureusement des deux côtés. Comme l’a écrit l’historien latin Tacite « Le temps des armes n’est pas celui des lois ». Propos recueillis par M. B. Au fait,tout est question des mots,des termes,des formules et des expressions employées par René,ou bien par vous Monsieur CLAUDE. En tous cas,pour nous les Algériens,les vrais et authentiques,car il y’ a des faux,des vendus et des ignares,le colonel AMIROUCHE est,et reste un très grand combattant pour la liberté,l’indépendance de l’Algérie,malheureusement,elle nous a été confisqué par BOUMEDIENE,BEN BELLA,avec l’appui,la complicité de DE GAULE, NASSER D’EGYPTE, HASSAN II du Maroc.

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      • Témoigner pour le souvenir : otage d’Amirouche (2ème partie) 6 avril 2010 13:32, par adouane mohamed ingenieur en retraite

        Je reagisaux ecrits et temoignages dits depassionnés de ces gens venus seulement de leurlozere savoie ou autre pour civiliser ces barbares comme aujourd’hui des illuminés viennent pour nous sauver de la gehenne de l’enfer MERCI A tous et a vous Pieds noirs S.V.P. vivez seuls vos cauchemard et laissez se reposer nos HEROS MOI j’ai payé aux deux escadrons de la mort et de la misere dans machere et dans ma famille : nous nous souvidront(à el-flaye) pour longtemps de ces trois femmes marquées ; je perpetuerai cet acte gloroieux et honorable de ma grand -mere qui dut se bruler son bras droit avec de l’huile pour ne pas faire la lingere aux militaires son acte sera inscrit dans les tables de l’histoire universelle Vous les colons, vous servez de faire valoire à l’acte d(’occupation d’unpays ( acte contraire au droit de propriete )oui des francais ont aide les resistants contre les colonialistes :maurice audin , meunier, linglin, et d’autres et d’autres Le clonialisme doit etre criminaliser et combattu comme le sont , le racisme, l’antisemitisme .....Ne remuez pas le couteau dans la plaie

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        • Mr l’ingénieur imprécateur.

          Vos réactions témoignent de votre souffrance. Celle-ci vous empêche d’être sensible celle des autres. Vous avez peut-être payé dans votre chair, mais vous n’êtes pas le seul. Toute douleur est respectable, la votre et celle des autres. Ceux qui sont tourmentés par la haine vivent déjà maintenant l’enfer. Il n’y aura de place au paradis ni pour eux ni pour ceux qui jugent : seul Allah (ou Dieu) a le pouvoir de juger.

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          • Merci Mossieur de comprendre ma souffrance merci pour "le toute douleur est respectable" "votre douleur" si vraiment s’en est une , chah vous l’avez cherchez vous avez envahi mon pays ancestral ; alors de grace pas de comprehension vous etes venu en conquérant pour depouiller le peuple indigene de ses richesses de son identite je vous ecrit en francais , pourseulement me faire comprendre, car je peux le faire en tamazight ou en arabe" ou encore en anglais kateb yacine a dit ; le francais est un butin de guerre , votre peuple a eu de grands hommes dont nous nous inspirons mais les sois disantes souffrance des colons S.V.P. basta

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    • Mr Hamouche, je suis d’accord avec vous. Je connais l’Histoire de votre village Aourir qui fut rasé en mai 1956 je crois et qu’il y eut beaucoup de victimes. C’était le capitaine Hervu du poste de Azrou. J’ai lu le livre de Mr. Rouby et il m’a écoeuré par son acharnement contre Amirouche qu’il a traité de sanguinaire, de tueur etc...., ainsi d’ailleurs contre les autres Moudjahidine. Pour lui, il n’y avait que Mira, Amokrane son gardien et le Dr. Benabid auxquels il a rendus hommage. Je ne conteste pas son témoignage sur les trois moudjahidine puisque je les ai connus, du moins pour Mira et Benabid ; Amokrane, je ne vois qui c’est ? Mais les autres ? Et Amirouche ? Pourquoi tant d’acharnement ?

      J’attends une occasion pour le rencontrer en France au cours de mes conférences pour mettre les choses au point avec lui. Je lui dirai notamment de chercher à savoir comment les moudjahidine prisonniers étaient traités par les français ! Du moins pour ceux qui ont échappé à la corvée de bois ou au coup de grâce ?

      Mais chose étonnante ! Et coup de théâtre ! Lorsque Mr. Rouby est passé à Canal Algérie, c’était un tout autre monsieur, un tout autre langage et il n’avait pas tari d’éloges............pour Amirouche. Je n’ai pas compris ce revirement et c’est le langage qu’il aurait du tenir dans son livre.

      Pour moi qui ai vécu toute cette période dans les maquis, je ne peux accepter que l’on salisse la mémoire de nos martyrs. Les prisonniers qui étaient à Bou Naamane (comme Mr. Rouby) étaient bien traîtés et ils mangeaient ce que mangeaient les Moudjahidine.

      Quant au Dr Benabid, effectivement, c’était un grand Monsieur. Le 15 avril dernier à Grenoble, je lui ai consacré une grande partie de ma conférence "entre les maquis du Vercors et les maquis de l’Akfadou".

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  • Dr Benabid est de la race des grands seigneurs, comme l’était la plupart de nos moudjahidines et martyrs. Son fils ALIM perpétue son héritage :

    Alim-Louis Benabid est docteur en médecine depuis 1970 et docteur ès sciences depuis 1978. Il a été professeur de biophysique à l’Université Joseph Fourier Grenoble I. De 1989 à 2004 il a été chef du service de neurochirurgie du centre hospitalier universitaire de Grenoble et directeur de l’unité "Neurosciences précliniques" de l’INSERM. Depuis septembre 2007, il est Professeur émérite de biophysique à l’université Joseph Fourier et Conseiller scientifique au CEA (DRT). Ces travaux ont donné lieu a de nombreuses publications scientifiques.

    Il est aussi membre de la Société de neurochirurgie de langue française, membre de l’European Society for Stereotaxy and Functional Neurosurgery, membre de la Society for Neurosciences, embre de la Société de biophysique, membre de la Société française de neurosciences, membre de la Society for Movement Disorders et membre de l’American Association of Neurological Surgeons Membre du Congress of Neurological Surgeons. Au 31 décembre 2001, il est promu Chevalier de la légion d’honneur[1

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    • C’était quoi être "bachagha","Caïd"..... ? Des vendus à l’ennemi envahisseur.Qui pouvait avoir accès à des études supérieures ? A 90 %, les enfants de ces vendus,bien entendu. Race des seigneurs ,qu’est ce que c’est que cette expression ridicule ? Tous les hommes naissent égaux en tout, n’en déplaise au code de l’indigénat. Le divorce entre la France et l’Algérie était loin d’être à l’amiable.Donc aller étudier et travailler au pays ennemi est un acte de trahison pour quelqu’un supposé avoir l’Algérie dans la peau,et y vivre pour le meilleur et pour le pire.Même en cas de cancer généralisé,il doit refuser d’aller se faire soigner au Val de Grâce.Un exemple de haute dignité:le fils aîné du héros Mustapha Benboulaïd (Abdelouhab) avait fait son doctorat à Southampton,non à Grenoble ou à Paris, et avait travaillé et payé les impôts en Algérie -décennie noire ou rose-et ce jusqu’à son assassinat par les valets de la France.

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      • On veut bien aller étudier à Southampton, mais combien d’algériens peuvent le faire ?

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        • Bien avant la guerre, sans être caïd ou Bachara Benboulaïd Mustapha avait des terres, des magasins, des bus...il était à l’aise.Il avait tout vendu pour acheter des armes et chasser l’envahisseur par Sidi Fredj - qui avait mis la main sur plus de 2 millions de km2-A l’indépendance il avait les moyens d’aller étudier en Angleterre soit par ses propres moyens soit par une bourse obtenue au même titre que tous les algériens qui remplissaient les conditions.La question qu’il fallait poser:Pourquoi était-il assassiné,et pas tous les algériens qui avaient à peu près son statut ?

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        • Est-ce bien vous Mohand Allaf ? Quelqu’un aurait-il essayé de vous assassiner Comme Abdelouahab Benboulaïd ? si non Pourquoi ?

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          • Je viens de prendre connaissance de ton message à M. Amine, ainsi que des autres messages qui ont suivi. Ce n’est pas moi qui a signé Mohand tout court dans le message précédent. Quand je signe, je donne aussi mon nom de famille. Pour tes questions, j’avoue que je ne les ai pas comprise. Je profite cas même de cette occasion pour répondre à notre ami Claude GRANDJACQUES sur la question de Mellouza. Que ça soit les militaires français, la presse française de l’époque, l’historien Benjamin STORA qui se réfère à ceux là justement, sont tous dans le faux, dans le mélange de deux (2) dates distinctes. Il y’ a deux (2) affaires distinctes et à deux (2) dates différentes. Une à Mellouza, commise par l’armée française et la deuxième (2) affaire à Ilemane,un village à côté de Mellouza, commise par l’ A.L.N.( Armée de Libération Nationale). D’ailleurs, je ne comprends pas les desseins inavoués de benjamin stora et ses sbires, qui cherchent à réhabiliter messali hadj quand on sait qu’il a été condamné par l’histoire vraie de l’ Algérie combattante. Maintenant que le nouveau pouvoir algérien collaborateur, néo-colonialiste y accepte, les enfants de l’ Algérie digne de ce nom n’admettrons jamais. C’est comme si nous demandons à la France de réhabiliter le maréchal pétain.

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      • "Être de la race des grands seigneurs", cela veut dire vivre sans ressentiment, sans rancune, faire ce que notre conscience nous dit de faire, sans se préoccuper des comportements minables ou misérables des autres, et même les regarder avec une certaine ironie.

        Pour plus de détails, reportez-vous au grand philosophe allemand Friedrich NIETZSCHE qui a exposé sa conception entre "morale des nobles" et "morale des esclaves" (ouvrages "Généalogie de la morale" ou "Par delà Bien et Mal").

        Mais certains n’ont pas besoin d’avoir lu Nietzsche pour vivre en "grands seigneurs" au sens que je viens d’exposer ou à celui de Nietzsche.

        C’était peut-être le cas du Docteur Bénabid, car il ne ressentit pas de rancoeurà l’égard de la France et il en prit ce qui était bon à ses yeux, sans l’interdire aux autres algériens.

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        • Mes philosophes à moi sont Benboulaïd , Ben M’hidi , Abane Ramdane…Et ce n’est pas au dictionnaire français ( avec coloniser =civiliser) de me définir les termes « ressentiment » « rancune », « minables », « misérables ».Les traîtres ( caïds , bachaghas) restent des traîtres ,sinon pourquoi conserver soigneusement tout ce qui est mémoire collective, sources de précieux enseignements ,pourquoi les casiers judiciaires . Le mot « vivre » je le définis différemment du Docteur Ben Abid, Dalil Boubekeur... Divorcer avec mes racines et mon histoire, priver les miens -dans le besoin- de mon savoir faire et faire en profiter l’ennemi ( très riche et puissant) de mon père, ne s’inscrit pas dans ma définition des mots « morale », « noble », « esclave », n’en déplaise au philosophe allemand. Personne n’est né « minable », misérable », « esclave » ou « colonisable ». Quand au mot « conscience », tout dépend des conditions dans laquelle elle a été forgée depuis le berceau. La conscience d’un fils de caïd (traître) ne peut être comparée à celle du fils de celui qui a préféré être tué plutôt que d’être traître. Je pense que Chomsky a bien démystifié les « comportements » et les « consciences ». Quant à faire ce qui est « bon à ses yeux », ce qui est pur égoïsme, par conséquent source de l’acte de trahison, « sans l’interdire aux autres algériens », fait penser à une logique franco française. Le maréchal Pétain, héros de Verdun, noble, non minable, non misérable…avait fait en 1939 ce était bon à ses yeux sans l’interdire aux autres français. N’empêche que ses descendants ont dû changer de nom. De même les femmes qui avaient eu des bontés pour les soldats envahisseurs, elles avaient fait ce qui était bon pour elles sans l’interdire aux autres françaises. N’empêche qu’on leur a coupé les cheveux à ras publiquement pour « plus jamais ça ». Renault a été nationalisé pour avoir servi l’envahisseur allemand, ce qui était bon pour lui sans l’avoir interdit aux autres industriels français. Soyons sérieux !

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    • Oui il s’agit du fils du Dr. Ahmed Benabid, ancien maquisard du Vercors et ancien médecin chef de la Wilaya III. Mais n’oublions Maître Youcef Benabid qui était aussi compagnon du colonel Amirouche et membre avec nous du PC de la Wilaya de 1957 au 22 juillet 1959, date de leur capture.

      Rendons leur donc hommage à tous les deux.

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    • Oui il s’agit du fils du Dr. Ahmed Benabid, ancien maquisard du Vercors et ancien médecin chef de la Wilaya III. Mais n’oublions pas Maître Youcef Benabid qui était aussi compagnon du colonel Amirouche et membre avec nous du PC de la Wilaya de 1957 au 22 juillet 1959, date de leur capture.

      Rendons leur donc hommage à tous les deux.

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  • Faisant preuve d’un grand courage, le Docteur Benabid a soigné avec compassion les soldats français détenus par l’ALN. En ce sens, il s’est comporté en grand seigneur en ne faisant que ce qui était bon à ses yeux.

    Aveuglé par le ressentiment et la rancune et obnubilé par la richesse ou l’intelligence des autres, mon contradicteur prend, dans un sens matérialiste, l’expression "ce qui était bon à ses yeux" (c’est-à-dire pour lui : se remplir le ventre ou les poches).

    Manifestement, mon contradicteur semble ignorer l’aspect psychique qui guide, de façon essentielle et primordiale, le comportement des êtres humains.

    Ainsi, si un grand nombre de musulmans algériens sont entrés en rebellion contre la France, c’est en raison moins de la pauvreté qui sévissait parmi eux que de leur volonté de retrouver leur dignité et de traiter à égalité avec les Français.

    C’est, à mon avis, ce sentiment de nature psychique qui a été le mobile essentiel des créateurs du FLN qui, pour la plupart, était des héros de l’Armée française, décorés des médailles les plus prestigieuses.

    Cela apparaît évident par exemple quand on lit le rapport du Congrès de la Soummam (20/08/1956) ou dans les déclarations de Larbi Ben Mhidi au Général Bigeard telles que rapportées par ce dernier dans un de ces ouvrages.

    Bien involontairement, mon contradicteur révèle la nature de sa "morale" lorsque, pour étayer sa thèse grossièrement matérialiste, il cite un des évènements français les plus déshonorants de la période postérieure à la Libération quand des femmes sans défense, accusées à tort ou à raison d’avoir couché avec des Allemands, ont été tondues, les cheveux arrachées et battues par une foule composée de gens qui n’avaient pas levé le petit doigt contre les Allemands durant l’Occupation et qui avaient applaudi le Maréchal Pétain. Naturellement, ce furent des actions honteuses, contraires à l’esprit de la Résistance française, et donc condamnables.

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  • Naturellement, c’est Barnabooth qui est l’auteur du message précédent, non signé par oubli.

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    • « Grand courage », « compassion », « grand seigneur », « bon à ses yeux » ….Que signifiaient tous ces groupes de mots dans des circonstances inhumaines ? Ce sont des choses qui se disent dans des salons bien confortables, en temps de paix. Comme tout le monde, il était prisonnier d’un engrenage infernal. Tout volontaire qu’il était, il ne pouvait même « rompre » le combat quel que soit le degré son l’écœurement. Il n’était que simple « technicien » de la santé, en zone interdite, avec peu d’armes, de munitions, de nourriture, de médicaments, ni croix rouge, ni reporters…tous les coups étaient permis, dans le noir le plu total. Des êtres humains mourraient comme de simples mouches. Des maquisards gravement blessés imploraient leurs camarades de les achever pour en finir avec la souffrance, et c’est qu’ils faisaient en larmes. Dr. Benabid ne décidait rien et ne combattait pas non plus. Il restait aux refuges et fuyait dès qu’il entendait l’alerte, tout comme Amirouche d’ailleurs qui n’avait rien d’un Rambo de Holywood . S’il avait soigné les soldats ennemis –avec les moyens de bord-, c’était parce qu’il était autorisé, tout simplement. Probablement à des fins de pseudo propagande. Dans le but de soigner l’image des « fellaghas » décrits comme bandits de grands chemins. Ce qui était une erreur comparé au risque d’avoir à réaffronter ces mêmes soldats –avec un capital expérience sur la zone interdite, une fois remis d’aplomb. Pour exemple, Amirouche et ses adjoints de confiance avait torturé à mort le capitaine Mustapha Nouri. Même un certain Dr.Mohamed avait été exécuté pour les mêmes raisons et dans les mêmes conditions. Benabid , ni quelqu’un d’autre d’ailleurs- ne pouvait pas lever le petit doigt pour sauver ses compagnons . Prolonger la vie de 13 soldats ennemis était rien par rapport à la mort d’un valeureux chef de zone, hélas suspecté d’appartenir à la fameuse bleuïte, efficacité de l’intox, ou bien par peur de rivalité au poste de commandement vu qu’il était plus instruit et plus courageux qu’Amirouche, H’mimi et Mahiouz, ou d’un docteur. Le capitaine, de faible constitution, avec des lunettes d’instituteur, s’impliquait directement dans le combat aux côtés de simples soldats, contrairement à ceux qui restaient derrière ou carrément dans les refuges. Il y avait bien des soldats ennemis qui n’étaient pas d’accord pour torturer à mort Maurice Audin…Mais que pouvaient-ils y faire face à loi martiale ? « Aveuglé », « obnubilé », « rancune », « ressentiment » , « richesse et intelligence des autres » : Qu’est ce que c’est que ces affirmations ou jugements gratuites ? Encore une fois, les dictionnaires français ont cessé d’être ma référence en matière de définition de tels concepts, même si j’écris dans cette langue quand c’est nécessaire , et que mes philosophe sont Benboulaïd , Ben M’hidi, Abane….,non Dr. Benabid, Dr,Debagine, Dr,Boubekeur Hamza, son fils Dalil ou l’allemand ou l’américain ou autre. De ce fait, je ne peux définir les choses que sur ces préalables…Et ce n’est pas à un français de souche ou d’un converti, fut-il d’origine algérienne, de me dire comment je dois les apprécier, quel que soit son éloquence et son pouvoir de persuasion. Quant au mot « matérialiste », il reste, à mes yeux, le moteur ou le stimulant de tout comportement individuel ou collectif. Si la France avait traversé la méditerranée en 1830 c’était pour mettre la main sur les plus de 2 millions de km2 , plus des « fatmas boniches » , des serviteurs, pour une bouchée de pain, des ressources de toute nature, y compris l’expérimentation d’armes d’extermination massive au Sahara ,même après l’indépendance avec la complicité de ses valets corrompus matériellement. Ne pas oublier les promotions Soustelle, Lacoste, De Gaulle, sources de tous les malheurs de notre pays. La France avait affamé les algériens au point de les acheter au kilo « 1000 centimes le kilo » en 1949.Un témoin vivant, en montant sur la balance, dans le cadre du service militaire, pesant 62 kilos ,s’était offert 62 000 centimes pour l’engament, comme chaire à canon. Inutile de dire que les parents aisés , en échange de maigres sommes d’argent, envoyaient au service militaire d’autres , à la place de leurs enfants, avec des commerces, professions libérales, hautes études. Par ailleurs, pour 24 000 centimes par mois la France avaient recrutés plus 200 000 harkis (plusieurs fois les effectifs de la vraie ALN) (le soldat européen touchait 57 000 centimes par mois).Tout cela 2 siècles après la blague de 1789 appelée « révolution » (tous les hommes sont nés égaux). Les harkis rapatriés seront traités mois que des sous hommes comme l’avait dit un certain George Frêche, oubliant le fait que son pays, tout un empire avec toutes ses institutions solides était harki de l’Allemagne, non impériale, en quelques jours seulement . Quant à l’aspect psychique, laissons le pour Freud que même les juifs enfants de déportés ont ignoré pour faire la chasse aux ex nazis dans le temps et dans l’espace comme Claus Barbie, malgré son âge avancé, en vue de « plus jamais ça » et « plus d’impunité » « plus question de la culture de l’oubli ».Je ne vais tout de même pas faire comme si de rien n’était avec les Bigeard, Massu, Aussaresses….qui sont de loin pire que les ex nazis. Que dire de la pauvreté provoquée à dessein ? Que dire du geste « tendre la main/ mendier » pour survivre ? Est-ce possible de nier l’interdépendance entre la pauvreté et la dignité ? La dignité est-elle possible en étant colonisé ? Amirouche, orphelin à 11 ans avait vécu en Gavroche sur sa propre terre ! En étant pauvre, mal nourri, mal logé, mal formé militairement et idéologiquement, comment résister à la manipulation par matraquage, et comment défendre sa dignité, face à un ennemi des plus barbares de l’histoire : « Lettres d’un soldat, neuf ans de campagne en Afrique" - Librairie Plon - Paris 1885 - en ligne sur Gallica (source nommée ci-dessous A) - lettre à Leuglay 24/01/1843 p .334 :

      Lucien de Montagnac "Qui veut la fin veut les moyens . Selon moi, toutes les populations qui n’acceptent pas nos conditions doivent être rasées, tout doit être pris, saccagé, sans distinction d’âge ni de sexe : l’herbe ne doit plus pousser où l’armée française a mis le pied. Si vos tendres cœurs saignent d’anéantir tout ce qui résiste, entassez hommes, femmes et, enfants sur des bâtiments de l’Etat, et expédiez-moi tout cela aux Iles Marquises, ou ailleurs. Tuez ou exportez ainsi quelques tribus, et je vous réponds que les autres se défendront contre ce fantôme qui les terrifie. " Triste inspirateur des ignobles assassins du 8 mai 1945. Le pays de De Montagnac , de Pétain ,de Papon, Massu,… »

      « à égalité avec les français » : Chez moi ? Sur la terre de mes ancêtres ? Avec le Code de l’indigénat, le 1er et le 2ème collège ? D’où est puisée pareille logique ? Du n’importe quoi ! « Héros de l’armée française » « décorés » « médailles prestigieuses »…Des esclaves devenus héros pour avoir servi leur maître de ne pas être asservi par un plus fort, autrement dit continuer à vivre sous sa botte. Si c’était vrai , c’était de l’imbécilité caractérisée. Un vrai héros aurait raisonné comme suit : « l’ennemi de mon ennemi ne peut être que mon ami, quel que soit le cas de figure, dominé pour dominé » Quant aux » médailles », des gadgets ridicules, sans plus, donc à balancer carrément dans la 1ére poubelle venue, tellement qu’elles étaient dénuées de toute valeur. Pour être plus sérieux, comme déjà évoqué, Amirouche était « gavroche », loin d’être chaud pour s’engager dans l’armée coloniale ; Abane Ramadane avait causé volontairement une maladie grave à son pied juste pour être réformé du service militaire. Sans oublier qu’acheter l’algérien au, kilo (1000 centimes) n’avait rien à voir avec l’héroïsme et les médailles. Le code militaire, l’absence de syndicalisme, les exécutions pour exemple…la terreur ne peut s’accommoder avec l’héroïsme. Le « sentiment psychique » comme dirait Freud ou Goebbles, était généré essentiellement par l’ingratitude d’un pays barbare : en mais 1945,alors que les françaises se jetaient dans les bras de leurs libérateurs (les Anglos saxons),comme en 1939 dans ceux des allemands engendrant la naissance de, 250 000 bâtards- plusieurs fois grand parents à présent) les membres des familles des algériens ayant contribué à la libération, contre leur volonté, étaient balancés vivants dans le vide aux vertigineuses falaises de Kherrata, des bennes de camions exactement comme des ordures. Autant ne pas rappeler le sort réservés aux ‘bienfaiteurs’ harkis rapatriés à l’indépendance. J’en laisse le soin à Georges Frêche Les « femmes sans défense » ! pour un pays impérial 12 millions de km2, des armées régulières , air, mer, terre, plus des soldats au kilo (marocain algérien, sénégalais…) face à un pays sans empire !Pour antécédent Waterloo 1815 Napoléon /Wellington ! Et puis les allemands n’avaient pas inventé le corps de légionnaires « pires criminels de droit communs transformés en soldats avec pour mission raser sans état d’âmes afin de « pacifier ».Nous avons un célèbre bordel héritage des légionnaires (Bel Abbès).Les allemands n’était pas des criminels de droits communs, et l’état français « harki » était resté fonctionnel chargé des affaires normales des citoyens, sauf envers les juifs et les comme Jean Moulin. Les comme De Gaulle étaient en Angleterre ou ailleurs, sa fille faisait même des études à Oxford et son fils préparait son grade d’amiral. Les françaises étaient consentantes. « une foule composée de gens qui n’avaient pas levé le petit doigt contre les Allemands durant l’Occupation et qui avaient applaudi le Maréchal Pétain. Naturellement, ce furent des actions honteuses, contraires à l’esprit de la Résistan ».Je suis d’accors avec vous sur « ceux qui n’avaient pas levé le petit doigt ….qui avaient applaudi pétain ». C’est exactement cela le drame de notre pays.

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      • Première réaction à mon Contradicteur :

        Je voudrais vous dire que ce qui m’a le plus touché dans votre discours, c’est cette phrase : "Et ce n’est pas à un français de souche ou d’un converti, fut-il d’origine algérienne, de me dire comment je dois les apprécier, quel que soit son éloquence et son pouvoir de persuasion (...)".

        Ainsi, il vous semble que je pénètre suffisamment l’univers de l’Algérie (au moins la guerre) pour qu’il se puisse que je sois moi-même un Arabo-musulman ("converti" toutefois, puisque je me place du point de vue de la France).

        Merci, j’en suis très flatté.

        La franchise me contraint à vous dire que je suis un Français « de souche »...…européenne.

        Mais pourquoi un Français de souche ne pourrait pas, dans un forum de discussion, vous dire ce qu’il pense de votre appréciation ?

        Vous savez bien que les Occidentaux s’occupent de tout et de tous : « Agis seulement d’après la maxime grâce à laquelle tu peux vouloir en même temps qu’elle devienne une loi universelle. » (Emmanuel KANT, 1784 (in « Fondations de la métaphysique des mœurs », Flammarion, page 96).

        En plus, nous avons en France, officiellement 6 millions de musulmans. C’est une réalité politique. Donc, nous avons le droit, nous Français de souche, de nous occuper de tout ce qui se passe, s’est passé et se passera dans tous les pays musulmans.

        Se plaçant dans une perspective de l’Algérie française, Larbi ben Mhidi ne disait-il pas au Colonel Bigeard : "Vous voulez l’Algérie française, de Dunkerque à Tamanrasset, soit. Mais alors, ce n’est pas l’Algérie française que vous aurez, c’est la France algérienne". Et bien, nous y sommes en quelque sorte. Notre droit de regard sur les pays musulmans est donc légitime !

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  • J’ai lu votre livre Mr Rouby. Vous fabulez. Amirouche n’a jamais été un boucher. Les massacres de Melouza ne sont pas du fait du FLN, mais de l’armée française. Je vous conseille de lire les révélations de JEAN LAJONCHERE dans "LE CURE ROUGE". Vous apprendrez que le général VANUXEN en a fait la révélation. Il est vrai qu’une centaine de personnes ont été exécutées à Beni Ilmane. Je sais que c’est beaucoup, et les 400 autres de Melouza par votre armée ? Le colonel Girard de Boussaada doit détenir des informations. Vous parlez d’égorgements, de tuerie, comme si les maquisards étaient des bouchers. Un peu de retenue, Mr. Rouby. Vous insultez ceux qui vous ont laissé la vie sauve ! C’est de l’ingratitude de votre part.

    Je ne peux citer ici toutes les infamies que vous avez jetées sur les maquis. Vous mentez en disant que le colonel Md Oulhadj était d’accord avec le colonel Salah Zamoum pour le projet de cessez le feu. Je suis au courant de tous ces problèmes, du moins pour une grande partie. J’ai apporté mon témoignage dans quatre livres ; lisez-les et vous aurez une autre opinion des maquis !

    Je vous dirai que j’étais dans l’ALN de 1956 à 1962 et je suis bien placé pour donner un avis autorisé sur beaucoup d’événements qui se sont passés en Wilaya III.

    De grâce, pourquoi vous vous acharnez à mentir, à jeter l’opprobre sur les martyrs. Par contre, je tiens à vous féliciter pour votre émission sur canal Algérie et sur le même thème. Mais vous avez changé de cap à 180°. Ainsi pour vous, Amirouche était un héros, tous les Moudjahidine étaient des gens bien, vous leur rendez hommage......... C’est dans ce sens là que vous aurez du apporter votre témoignage. Etait-ce la visite chez vous d’un des fils de ces martyrs qui vous a fait changer d’avis ? Plutôt de cap ?

    Mr Rouby, les combattants de l’ALN qui vous ont accompagnés lors de votre libération sont en vie pour la plupart. Je les rencontre souvent et ils me racontaient votre joie, votre bonheur, une fois arrivés à la route d’Yakouren ; ils précisaient que vous leur faisiez des signes de la main en guise d’au revoir jusque à ce que vous arrivés à un tournant. Et ils sont restés vous protéger de loin jusqu’à l’arrivée de la patrouille militaire. Vous voulez leurs noms ? Il s’agit de Krimat Abdelkader, Naceri Allaoua, Hamissi Cherif..... Vous trouverez leurs photos sur mes livres.

    Je pense qu’entre nous, l’heure est au rapprochement, à la réconciliation. 50 ans après la fin de la guerre, nous n’avons plus le droit de nous mentir les uns autres. Il faut se dire la vérité. Donc, je vous propose un débat entre vous et moi, en France ou en Algérie, comme je l’ai déjà fait avec Claude Grandjacques et avec d’autres, et d’une façon sereine et dépassionnée. Personne ne peut prétendre détenir la vérité.

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    • M.Attoumi, votre réponse laisse comprendre que le pseudo "Barnabooth" que je contredis, n’est autre que "René Rouby" lui-même.Serais-je à ce point naïf de croire à son aveu " ...franchise..." ? Votre esprit de déduction serait-il plus aiguisé que le mien ? Et puis ,je suis assez grand pour me défendre seul.Pour votre gouverne,je suis un survivant de la zone interdite et du camp de regroupement et ce jusqu’à 1962.J’ai connu Atrouche,Vunaamane, Aseklou....et je ne me souviens pas y avoir rencontré la famille d’Amirouche, ou de Mohand Oulhadj.J’ai y connu le capitaine Arab, blessé au refuge d’Aseklou, mais pas sa famille".En outre ni Amirouche, ni Boukharrouba ne m’ont envoyé à l’extérieur pour y étudier.C’est grâce aux cours du soir si j’arrive aujourd’hui à m’exprimer en français ,anglais et Arabe.Je ne dois rien à personne dans ce pays.Et à l’indépendance, j’ai subi la loi du 31 décembre 1962, reconduction de la loi coloniale. Je n’ai ni passeport, ni visa, ni double nationalité.En cas de maladie grave, je ne pourrais faire ni Comme Mohand Oulhadj, ni comme Bouteflika (me faire prolonger la vie à Val de grâce), mais mourir chez moi comme tous les simples citoyens algériens.L’histoire ne pardonne pas.

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      • Etonnant, l’un dit que AMIROUCHE était un lâche ("Il restait aux refuges et fuyait dès qu’il entendait l’alerte.."), l’autre dit que c’était un héros algérien.

        Il est tout de même paradoxal que les chefs FLN donnent au peuple à honorer comme héros un homme qui a torturé et tué le plus grand nombre de maquisards de l’ALN ! Quel officier français du grade de colonel peut se vanter d’un pareil palmarès ! Et le traquenard du Capitaine LEGER n’est pas une excuse.

        La petite embrouille du capitaine LEGER, Amirouche l’a transformée en grandiose échatombe de ’fellagha". Une analyse psychique du personnage est ici nécessaire.

        Monsieur ATTOUMI évoque une "visite" chez Monsieur René Rouby. Je suppose que des arguments particulièrement convaincants ont dû lui être exposés pour qu’il change brusquement d’avis !

        Bon, non, Monsieur SI AHMED, vous n’êtes pas victime d’une tentative de "bleuïte" sur le site Miages-Djebels. Je ne suis pas René ROUBY. Vous, ou Monsieur ATTOUMI, pouvez le demander à Monsieur Claude GRANDJACQUES qui est à même de vérifier.

        Monsieur Si Ahmed, je crois avoir compris que vous êtes un ancien de l’ALN. Par contre, moi je pensais que vous étiez un étudiant algérien, récemment arrivé en France ! Ce doit être la référence à Chomsky que vous avez faite. BARNABOOTH.

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        • Vous n’en ratez pas une :"lâche". J’ai dit qu’Amirouche, Dr, Benabid le où les secrétaires ne prenaient pas part directement aux embuscades, non par lâcheté, mais par nécessité. Même les abeilles sont perturbés à la mort de la reine. Etai-ce concevables de remplacer le N°1 de la Wilaya tous les 15 ou 30 jours ?.Selon votre logique ,il ne pouvait pas être plus lâche que le général De Gaulle qui se battait avec de la parlotte à partir de Londres, sachant qu’une seule action vaut mieux que 1000 mots. Votre logique est certifiée conforme à cet officier français à la fois voyou et débile qui comparait l’impact des couffins de bombes artisanales à celui des B26,des chars ,l’ artillerie, le napalm… D’ailleurs ,tous les maquisards fuyaient, pour la bonne raison que les simples fusils de chasse entre les mains de simples paysans devenus soldats volontaire et les munitions au compte goûtes ne pouvaient s’offrir le luxe d’engager des batailles classiques d’égal à égal. C’était essentiellement des embuscades à des endroits et des horaires bien choisis. Rappelons l’exemple du héros de Verdun qui avait été mis Ko en un clin d’oeil ! Le colonel égyptien qui n’avait pas tenu plus de 6 jours face à Dyan en juin 1967. Je n’ai pas lu le livre de ce soldat René Rouby ,mais j’imagine qu’il se rappelle très bien qui l’avaient arrêté lui et ses compagnons, quand (dans quelles conditions) où et qui les avaient accompagnés non loin d’Yakourène une fois libérés. Ce n’était ni Dr Benabid,ni Amirouche, ni son secrétaire( ma propre déduction). La propagande est ce qu’elle est, comme dirait Goebbles.Ses instruments sont entre les mains du pouvoir qui décrète qui héros et qui ne l’est pas. Ne pas comparer Amirouche, soldat malgré lui ,qui s’est formé sur le tas, clandestin, avec un colonel français , sortant d’une école militaires, bien armé, bien habillé, bien soigné, radios , camions, hélicoptères…. qui est en position de force plus de 600 000 hommes pour venir à bout de quelques milliers de maquisards, lors de la terrible opération "jumelles". Comparons ce même colonel français à un colonel allemand ! Je ne peux m’exprimer au nom de M.Attoumi,dont je n’ai pas lu les livres. Et j’entends parler pour la 1ère fois de ce Claude GrandJacques. Je ne pouvais être ancien de l’ALN vu mon âge.Je suis fils d’un ancien de l’ALN mort au combat en mars 1960. Mon père avait contraint sa famille de vivre à ses côté en zone interdite.Nous aurions souhaité fuir dans une ville loin de cette zone infernale. Je n’ai jamais étudié ni à l’école coloniale de "nos" ancêtre les gaulois", ni à Paris, ni à Tunis, ni au Caire, ni à Oxford.

          Et si nous reprenions l’inachevé ?

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          • Claude GRANDJACQUES est l’auteur de ce site qui vous permet de vous exprimer en toute liberté.

            La lecture de vos commentaires sur AMIROUCHE faisait ressortir un sentiment négatif vis-à-vis de lui.

            Quant à son attitude dans les combats que vous avez rapportée (se réfugier dans un endroit sécurisé durant les combats) et que maintenant vous justifiez en arguant qu’il avait trop de responsabilités pour se mêler au combat direct avec l’ennemi. Je veux bien l’admettre, ne voulant pas polémiquer.

            Cependant, je me permets de vous citer le Général Bonaparte qui, malgré son statut de commandant en Chef de l’Armée d’Italie, n’hésitait pas souvent de prendre part directement aux combats quand il ya avait un "problème" : par exemple au Pont d’Arcole en 1796, et dans bien d’autres occasions. D’ailleurs, il avait le corps couvert de cicatrices.

            Et pourtant, Bonaparte dirigeait des batailles bien plus importantes et bien plus dangereuses que n’en a jamais conduites AMIROUCHE dont le rôle militaire consistait essentiellement à monter des embuscades contre de jeunes militaires appelés de 18-19 ans qui n’avaient même pas idée du pays où ils étaient ni du terrain ni de la férocité de leurs adversaires. C’est un avantage en faveur de l’ALN qui valait bien des avions, des canons et des tanks.

            Bonaparte n’a d’ailleurs jamais fait torturer, toute nue sous le feu, pieds et mains liées au dos, puis fait égorger une jeune fille (ZORAH) militante FLN idéaliste et naïve, qu’il aurait suffi d’interroger intelligemment pour deviner la supercherie du Capitaine LEGER.

            Pour une période plus récente, (1941-1945) je vous citerai le Colonel ROL-TANGUY des bataillons Francs Tireurs et Partisans (FTP), qui n’hésitait pas à faire le coup de feu, le Colonel FABIEN de la division LECLERC, mort en plein combat, sautant sur une mine, et bien d’autres officiers supérieurs français.

            Pour la Guerre d’Algérie, je vous citerai également le Colonel JEANPIERRE, mort au combat, faisant survoler son hélicoptère au-dessus des combattants des deux côtés pour donner des ordres adéquats et précis. Une simple rafale de pistolet-mitrailleur l’a atteint mortellement, c’est dire qu’il ne craignait pas le risque.

            Mais peut-être AMIROUCHE se faisait-il une trop grande idée de lui-même, de son importance pour se mêler à ses hommes dans les combats.

            AMIROUCHE a fini, je pense, à poser un trop gros problème politique à la direction politique extérieure du FLN.

            Comment légitimer tous ces militants affreusement exécutés (400 , 1.000 ?) pour des trahisons imaginaires ? Autant admettre que c’est le peuple qui trahissait le FLN/ALN.

            AMIROUCHE est alors convoqué à TUNIS pour s’expliquer, et comme par hasard le groupe qui le conduisait est intercepté par l’Armée. AMIROUCHE, qui n’avait pas l’habitude de prendre part aux combats, est alors tué au combat. Le problème politique posé au FLN est miraculeusement réglé. On en fera un héros, victime du "machiavélique" capitaine LEGER.

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            • Il y a quelques jours seulement, l’auteur de ce site ignorait mon existence, tout comme j’ignorais la sienne.C’est son choix de l’avoir ouvert , permettre à tout francophone de s’exprimer librement et se réserver le droit de le fermer dès qu’il le souhaite . Le fait-il par philanthropie ? Serait-ce dans le cadre de la concurrence francophonie/anglophonie, sachant que pour les puissances occidentales, rien n’est gratuit ? Les immenses budgets attribués aux centres culturels français à travers le monde dont les objectifs sont un secret pour personne, en sont preuves. Il est vrai que je suis loin d’approuver la manière de devenir chef de zone ou colonel en wilaya 3.Les critères me paraissaient trop subjectifs, bourrés de préjugés, n’ayant rien à voir avec le mérite. Pour moi , vacciné contre le matraquage des chanteurs, poètes, journalistes, cinéastes, ( mystification des héros, guerriers, footballeurs, acteurs…) Amirouche était comme tous les autres maquisards, tous volontaires ,ayant tout abandonné, prêt à mourir pour récupérer la patrie usurpée. Encore une fois, ce que j’ai dit sur Amirouche, Dr.Benabid, est valable pour tous les maquisards. Ils économisaient les munitions qui étaient au compte goûtes . Ils opéraient par embuscades dans des virages bien sélectionnés et à l’approche de l’obscurité pour disparaître dans la forêt, avant l’arrivée des avions et des hélicoptères. De Gaulle était lâche . Sans le débarquement ,il était comme notre "Boumediene". Mais pas Amirouche, voyons ! Aucune comparaison avec les officiers français, plus nombreux et gérés par un pouvoir politique normal qui étaient chasseurs alors que les combattants de l’ALN étaient en position de proies. Par exemple, lors de l’opération "jumelles" spéciale pour la Kabylie, plus de 600.000 hommes ( harkis+sénégalais+ soutien de l’OTAN) face à quelques milliers de maquisards ,contraints de se diviser en groupe de 5 pour éviter l’extermination. Avec les antécédents ,opération" oiseau bleu", le nombre impressionnant de harkis, les maquisards, qui se rendaient, le refus des militaires de l’extérieurs de rentrer se battre, la faim, vêtements déchirés, pieds nus, les poux, la pression de l’armée occupante…ce n’était pas facile de résister à la manipulation, fut-elle élémentaire. Il n’y avait pas de pouvoir FLN à l’extérieur, mais une armée lâche , déserteuse et incapable . Plus d’armements ,plus d’argent…impuissant face aux lignes Morice et Challe. Le déplacement en Tunisie était pour demander des comptes à ces héros de l’extérieur. Quant à aux pertes à Boussaada, la supériorité numérique et de moyens ,avec l’impossibilité de se cacher, la région étant désertique ,incomparable avec Akfadou (60 km de forêt). Vous raisonnez exactement comme Bigeard :couffins/B26,hélicoptères, napalm… Cette même armée des frontières prendra part aux côtés de celle du colonel Nasser , elle ne tiendra pas 6 jours face à Israël. Les chefs de derrière les lignes minées et électrifiés étaient très mal placés pour dicter une ligne de conduite à Amirouche en dépit de toutes ses lacunes.

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      • Monsieur Si Ahmed. Cela fait deux ans que j’envisage de réaliser un travail sur les familles qui ont vécu dans les zones interdites, notamment dans la région d’Atrouche, Bounaamane et la région. Mon ami Amar Takrietz m’a promis d’organiser une rencontre avec quelques vieilles qui sont encore en vie. En principe , nous allons nous voir bientôt pour cette rencontre. Effectivement, ces familles ont vécu un drame. Et j’ai raconté que Amirouche s’est rendu auprès d’une famille en forêt qui venait d’avoir un nouveau-né, après avoir entendu ses cris. Il lui a donné une un billet de 5.000 ou 10 000 frs anciens. Son garde du corps a affirmé avoir vu Amirouche en larmes en faisant cette reflexion : "mon Dieu, pourquoi est-ce que ces innocents souffrent-ils de cette guerre" (ou quelque chose comme ça).

        Pas plus loin qu’hier, un ancien moudjahed, Madjid Khatri me racontait la visite qu’elle avait faite à une famille en zone interdite, près d’Atrouche. Il est toujours révolté par leur situation, 50 ans après.

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        • D’abord,qui êtes vous ? En effet, Amar n’ t’keriet ne m’est pas étranger. Il ne peut ne pas connaître mon père. Hélas , ma mère est décédée soudainement en octobre 1974, sans avoir enregistré quoi que ce soit d’elle, malgé ma ferme intention. D’ailleurs ,il me rappelle à l’instant un certain Amar Oukaci qui avait évité à mon père d’être capturé vivant à athrouche en convalescence pour blessure ,tué par l’armée des frontières en 1963,dont le enfants sont aujourd’hui à Aïn Benian.Je me rappelle aussi de 10 000 Af donnés exceptionnellement à mon père par Amirouche à Ighil H’lou, je crois,qui me seront envoyés et donnés en main propre à Asseklou. Je garde en mémoire, la carcasse de l’avion qui s’était écrasé à Takeriet.Je me rappelle y être monté pour tripoter tous les leviers avec curiosité, non sans cueillir en même temps des prunes, tout près du hublot.

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          • C’est légitime de vous interroger qui je suis. Eh bien je vous décline mon identité. J’ai connu votre région depuis le début 1957, cette région à laquelle j’ai rendu hommage à maintes reprises dans mes livres. Et la preuve, en 1986 j’étais Président l’Assemblée de Wilaya de Béjaia( équivalent du conseil général en France). Et j’ai tout fait pour parvenir à électrifier Beni Ksila, sans aucune prévision budgétaire, en hommage a tous les sacrifices des gens de la région. Et je n’ai fait que mon devoir. L’avion qui est fut abattu près du village Takrietz a eu lieu vers le printemps 1956 au moment où la région fut décrétée zone interdite, de la mer jusqu’à Adekar. Mon dernier passage à Atrouche, Bounaamane date de novembre 1961 pour une réunion du conseil de la Wilaya III. René Rouby et ses compagnons étaient détenus à Atrouche et Bounaamane. Et certains de leurs gardiens habitent Béjaia. Comme j’aime cette région qui me rappellebeaucoup de chose,je passe souvent à Beni Ksila et ailleurs. Et je rencontre les anciens, comme Amar Takrietz, les anciens de Iharbienne, Hocine Feltène de Tizi Oughni etc..Heureusement qu’ils sont encore nombreux à apporter leurs témoignages. Vous devriez vous y mettre pour rapporter l’Histoire de la région, vous qui étiez "l’enfant de la zone interdite". Et c’est un devoir. J’ai rapporté dans"Avoir 20 ans dans les maquis" un fait dramatique d’un père qui a étouffé son bébé qui pleurait à l’approche des soldats en ratissage. Etes-vous au courant ?

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            • Vous être donc Attoumi Djoudi. Sachez ,monsieur, qu’en 2011, malgré vos livres et conférences, votre passage à l’APW de Béjaïa,le doute est délibérément entretenu sur votre origine. J’ai fait le tour dans un nombre de librairies à Alger, vos livres ne sont pas en vitrines, contrairement, par exemple à celui de Saïd Saadi qui n’a rien d’un témoin ou acteur de l’histoire. Ma lecture de l’article du quotidien "Liberté",lié à votre présence à Bouzeguène,écrit que vous seriez originaire de la région de Bouzeguène dont les parents se seraient déplacés à Takervoust,pour des raisons non révélées.D’ailleurs l’arrière pensée n’est même pas cachée. Or sur la dernière page de votre livre, il est écrit que vous êtes originaire des Aït Oughlis. Ce qui me pousse à m’interroger sur un certain nombre de questions
              - Pourquoi vos livres ne sont pas exposés en vitrine ?

              • Pourquoi l’article du quotidien "Liberté" s’est intéressé à vos origines ?
                - ESt-ce que les rapports qui parvenaient au secrétariat de la wilaya étaient fiables ?
                - Qui était plus ancien ,Mira ou Amirouche ?
                - Sur Quels critères Amirouche fut promu colonel ? (le temps finira par prouver que Mohammedi Saïd était nul (il roulera sous les bottes d’Ali Belhadj et Abassi Madani)
                - Mohand Oulhadj , étant de 1956, sous quels critères était-il désigné remplaçant d’Amirouche ?
                - Mellah,plus ancien qu’Amirouche,comment expliquer son affectation à la 4 puiss la 6, malgré la méconnaissance du terrain et de la langue ?

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        • reponse a votre message je suis originaire du village de TIGRINE nous avons vécu dans la zone intredite jusqu’a a la fin de l’année 1958 ’ nous avons assisté au discours d’AMIROUCHE d’octobre 1958 à tala tagma nous sommes a votre entiere disposition pour vous apporter notre temoignage et vous presenter des temoins de cette periode tragique

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    • Témoigner pour le souvenir : otage d’Amirouche (2ème partie) 29 avril 2011 11:15, par Claude GRANDJACQUES

      Mon cher Djoudi Je ne puis accepter que tu écrives que les massacres de Melouza ne sont pas du fait du FLN, mais de l’armée française. Melouza est inscrit dans le cadre des rivalités MNA-FLN.

      Par respect pour les morts,(tous les morts, ceux victimes de l’ALN, de l’armée française, du MNA, de l’OAS), tu me pardonneras de rétablir les choses. Voir http://miages-djebels.org/spip.php?... Bien cordialement. Claude

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      • Monsieur Grandjacques,

        Merci d’avoir rétabli la vérité sur les massacres de MELOUZA commis par le FLN/ALN, comme vous l’avez d’ailleurs déjà fait sur d’autres évènements, sans parti pris, au crédit de l’un ou l’autre camp.

        Ce rétablissement de la vérité est important surtout pour les jeunes Algériens qui peuvent lire votre site et parvenir, grâce aux articles que vous publiez, à une vue plus conforme à la réalité de la Guerre d’Algérie. Barnabooth

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        • "Claude GRANDJACQUES est l’auteur de ce site qui vous permet de vous exprimer en toute liberté."

          " Le fait-il par philanthropie ? Serait-ce dans le cadre de la concurrence francophonie/anglophonie, sachant que pour les puissances occidentales, rien n’est gratuit ? Les immenses budgets attribués aux centres culturels français à travers le monde dont les objectifs sont un secret pour personne, en sont preuves. "

          En effet , mes réserves s’avèrent justes. Je viens d’apprendre que ce Claude GRANDJACQUES ,n’est autre qu’un "SAS". Un spécialiste de l’action psychologique qui demeure fidèle à sa diabolique vocation. En effet ,je me rappelle les bonbons distribués aux enfants - gavrochisés. Dans les camps de regroupement, innocents sans immunité idéologique, dont les parents étaient arrosés sans état d’âme au napalm. Il trouve normal d’enterrer l’agresseur et l’agressé dans la même tombe ,fut-elle virtuelle. Et il ose parler d’Amirouche , un digne algérien allergique à toute tutelle ou paternalisme ou droit de regard ou de n’importe quel autre maquisard qui a résisté au pervertissement mental.20 % des kabyles de Bouzeguène ont choisi la blague de la double nationalité , une invention diabolique inventé par Jaques Attali, Mitterrand…dont les dégâts sont plus qu’énorme énormes :"

          "L’Algérie a subi un énorme préjudice financier à cause de la fuite des cerveaux. Selon le chercheur Ahmed Guessoum , enseignant à l’université des sciences et des technologies de Bab-Ezzouar (Alger), rien qu’entre 1992 et 1996, la fuite des cerveaux a occasionné à l’Algérie "des pertes estimées à près de 40 milliards de dollars" !  Admirons les aliénateurs patentés qui parviennent à nous faire passer des bourricots pour des chevaux

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          • Bonjour Amine.

            J’ai lu vos messages sur le site : je ne suis pas d’accord sur toutes vos analyses, mais en partage un certain nombre.

            Par ailleurs, j’ai beaucoup d’admiration pour votre capacité à vous exprimer compte tenu du peu que vous avez reçu. C’est en effet l’école de la vie qui vous a forgé et formé à la suite du décès de votre père que vous avez perdu très jeune. Celui-ci est mort en mars 1960 en combattant dans les rangs de l’ALN, époque où je suis revenu en Algérie pour servir dans les SAS. Je perdrai mon frère dans les Akbils quelques mois plus tard.

            * * *

            Au sujet de mon engagement dans les SAS, voici les notes sans doute un peu naïves, mais non moins sincères que j’ai écrites à l’époque. Elles sont reproduites dans mon livre des Miages aux djebels que je vous encourage à lire.

            Vous le trouverez au format pdf sur le site voir http://miages-djebels.org/spip.php?...

            Notes de Claude Alger, le 21 mars 1960. Livre page 156 « Me voici en Algérie depuis une vingtaine de jours et je suis de plus en stage à Alger. Stage qui, pour finir, est plus nuisible qu’instructif. On se rend compte que ça ne gaze pas à tous les échelons. Je ne sais pas ce qu’il va en sortir, mais partout cela va mal. Il y a deux jours, de Gaulle a dit non à la convocation du Parlement pour résoudre le problème paysan. En Algérie, il y a une purge dans l’armée (il ne reste plus que les vieilles bedaines), ça va être la m… Avec tout cela un stage ici où l’on se contredit : de Gaulle parle d’autodétermination, un autre d’Algérie française. Je n’y comprends rien, alors le pauvre gars du bled lui !.... Vivement que j’aie une S.A.S., à ce moment-là, je ferai ce que je pourrai, du mieux possible. Me donner à fond aux autres, c’est ce qui compte. Procurer du bonheur aux gars du bled dans la mesure de mes moyens, les protéger, les aimer, les faire devenir des hommes. Le reste, on s’en fiche. Pourvu que j’aie la force et l’esprit de compréhension nécessaire et que la réalité ne me décourage pas. »

            Aujourd’hui, je n’écrirais pas les choses dans la forme de cette façon. Par contre, mes motivations profondes demeurent toujours les mêmes. En effet ma mère m’a nourri de certaines valeurs qu’elle-même puisait dans l’Évangile qui dans les faits est un livre délivrant un message universel d’amour des autres. Tout commence avec la Nativité de Jésus, le fils de Dieu : Celui-ci en prenant chair par la Vierge Marie a fait des hommes une grande famille. C’est ce que nous reconnaissons en reprenant la prière que le Christ nous a apprise « Notre Père qui estes aux cieux…. »

            Alors rassurez-vous, je ne fais pas de prosélytisme pour la religion chrétienne, et ne demande pas de reconnaître la réalité de l’incarnation. Ce qui compte pour moi c’est le message contenu dans l’Évangile. Le reste est une question personnelle concernant la relation de chacun avec le Dieu qui lui plait.

            * * *

            Dernièrement à Azazga, une jeune femme musulmane portant le voile, m’a demandé à brûle pourpoint, au cours d’une conversation, ce que je pensais de l’Islam.

            « Vous êtes musulmane, je suppose ? Sourire entendu.

            Eh bien moi, je suis chrétien. Vous savez ce qui nous sépare ?  ? Demi-sourire avec un regard interrogateur.

            Rien ! Car nous adorons le même Dieu. Historiquement est apparu Yahwé le Dieu de la Bible pour les Hébreux ou des Juifs, puis, le Dieu des Évangiles pour les Chrétiens dans lesquels Dieu a envoyé son fils le Christ sur terre, puis, Allah, le Dieu du Coran pour les Musulmans. En réalité les trois religions monothéistes adorent ou reconnaissent le même Dieu qu’il soit nommé Yahwé, Dieu ou Allah.

            Alors qu’est-ce qui nous sépare ?

            Vous faites le ramadan ? Je fais ou ne fais pas le carême de mon côté ? Vous vous reposez le vendredi et moi le dimanche ? Tout cela ce sont des rites !. Le rite est fait pour commémorer ensemble des faits, des dates, ce sont des signes extérieurs d’appartenance. Dans une religion, le rite est accessoire et pas essentiel. Ce qui compte c’est ce qui est au fond du cœur : la relation que nous entretenons avec les autres ; l’amour des autres voulu par Dieu.

            Pour finir, je demandais à ma jeune interlocutrice : vous croyez au paradis ?

            Devant son air affirmatif, je lui répondis : Eh bien moi, je n’en sais rien. Jamais personne n’est revenu, sauf un parait-il le Christ. C’est la Pâques. Mais à ce sujet je ne me pose pas de question, je me dis que le paradis c’est ici et maintenant, en contribuant à aider les autres, son prochain. Hier, j’ai passé la journée avec les handicapés de Bouzeguène. L’un d’eux m’a embrassé longuement au cours de la journée. Pour moi, c’est un avant goût du paradis.

            J’avais converti mon interlocutrice à ma façon de voir. Son sourire lumineux était éloquent ».

            * * *

            Au fait, Amine, tout vous en écrivant j’ai le sentiment de vous connaître et de vous avoir rencontré. N’est-ce pas vous que j’ai rencontré le samedi 16 avril dans la cour en quittant le Centre culturel Ferhat Ramdane de Bouzeguène ? Si c’est bien vous, vous vous m’avez parlé longuement du passé.

            Nous n’avons pas été présentés l’un à l’autre et j’ai dû vous quitter pour rejoindre des amis qui me conduisaient à Aït Ikhlef pour la commémoration de l’anniversaire de Chérif Messaoudène.

            C’est dommage que nous n’ayons pas eu le temps de faire plus ample connaissance. J’espère que ce n’est que partie remise.

            En effet, j’ai pour guide spirituel Saïd de Bouzeguène, un non-voyant au regard lumineux que je considère comme un saint : c’est le Président de l’AHLA ( Association des Handicapés et Leurs Amis de la Daïra de Bouzeguene).

            Au cours d’une carrière professionnelle bien remplie (3 ans comme officier, 30 ans comme DRH dans un groupe industriel, 20 ans comme conseil bénévole en entreprise), j’ai fait bien des rencontres.

            Je n’ai cependant encore jamais rencontré un homme de la trempe et de l’efficacité de Saïd. Sans grand moyen, dans des conditions difficiles, en payant de sa personne et en montrant l’exemple, il mobilise les énergies, fédère les bonnes volontés et dirige une équipe dynamique qui prend en charge les handicapés au centre psychopédagogique d’Ait Sidi Amar.

            http://lavoiecherif.miages-djebels....

            Vous pourrez le contacter de ma part. Il vous répondra aux questions que vous vous posez sur mes motivations profondes et sur ma philanthropie.

            Bien cordialement.

            Claude

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        • Bonjour,

          Oui c’est bien d’apprécier des vérités quand elles sont prouvées. Seulement, il ne faut pas fausser les débats en venant faire des éloges sans conviction et cacher d’autres objectifs qui sont maladroitement voilés. En kabyle, on dit "qu’on ne peut cacher le soleil avec un sas".

          Cela dit, Amirouche est un personnage de légende intouchable pour les Kabyles et même pour une partie du clan de ces détracteurs (ceux qui l’ont vraiment connu). Aujourd’hui, je ne comprends pas ce René Rouby qui veut le descendre en flammes, au point de présenter comme "un moins que rien" ? Alors que tous les maquisards vivants qui l’ont cotoyé, à l’unanimité, n’ont pas tari d’éloges sur lui. Plus encore, on lui témoigne un humanisme hors du commun en plus des ses formidables capacités militaires et physiques. La chose est si claire que même nos vieilles en Kabylie lui ont dédié plusieurs chants qui le glorifie et l’immortalise au point de le rendre sacré. Quelle est donc la motivation de René Rouby ? Lui aurait - on dicté un témoignage monté ? Son récit, dans tous les cas ne pourra jamais influencé l’idée générale qu’on se fait de notre héros en Kabylie. Il n’y a aucun doute.

          Pour le reste, les nostalgiques de l’Algérie Française (j’en ai connu, même sur ce site) font dans ce qu’on appelle ’le bruit de cymbales dans l’eau’.

          Il faut noter que les Français et leur acolytes ont fait un mal qui frise l’inhumain, notamment en kabylie. Il ne faut défendre l’indéfendable. Je comprends Grandjacques qui veut tourner la page et faire dans un rapprochement car c’est bien désolant aussi pour les nombreux appelés Français qui ont été mis dans un engrenage qu’ils n’ont jamais cherché. Du côté Algérien, le bon grain n’a jamais été séparé de l’ivraie aussi au point de nous retrouver aujourd’hui dans une situation bien embarrassante quand il s’agit de parler de cette guerre. Les tenants du pouvoir, indus, n’ont jamais essayé d’octroyer sa part de développement à la Kabylie. Ait Idjeur (Bouzeguène) qui était sous embargo alimentaire et autres pendant la guerre l’est aujourd’hui d’une autre manière sur le plan de développement. Ce fait n’a jamais été rapporté par l’Algérie indépendante. Je rappelle que nous nous faisions approvisionner chez les voisins (Ait Yahia, Mekla, Azazga, ...) et par nos femmes car pour les hommes c’était plus risqué. En terme d’éducation, il y’avait une seule école pour plus de 40 villages alors que chez nos voisins les enfants allaient aux écoles en plus grands nombres. Où sont aujourd’hui ces anciens maquisards qui devraient souligner ces faits et faire valoir une justice en rapport ?

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      • Bonjour Claude. Je suis sûr de ce que je dis. Quand tu seras de retour en Algérie, je te ferai rencontrer les responsables de l’ALN de l’époque dans la région. Je le rappelle : Beni Ilmane, c’est le fait de l’ALN le 27 mai 1957 par El Bariki et ses hommes (parmi eux, il y a des survivants). Il y a eu Melouza, le 2 juin 1957, soit une semaine après qui le fait de l’armée coloniale dont les combattants de l’ALN qui se trouvaient dans les parages en témoignent. D’ailleurs, je t’invites à lire "Le curé Rouge" de Jean Lajonchère que je connais personnellement. Il rapporte les révélations du général Vanuxen qui fut relevé de ses fonctions peu après. Mon cher Claude, nous nous connaissons toi et moi. Nous oeuvrons tous les deux pour un rapprochement entre nos peuples. Et pour celà, nous nous devons de nous dire les vérités. Il est vrai que personne ne peut prétendre détenir la vérité, mais chacun de nous se doit d’apporter sa contribution dans ce sens. De toutes façons, c’étaient des morts de trop et il y en a eu beaucoup. Faisons en sorte de les laisser reposer en paix. J’ai remarqué que certains auteurs persistent dans le mensonge ! Et c’est dommage. Cordialement, Djoudi.

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        • Bonjour Djoudi.

          À réception de ton message, je me suis procuré le livre du fameux curé rouge. Celui-ci se présente ainsi dans son livre : « Prêtre, dans les marges d’une Église qui se raidit de plus en plus en secte, rejetant sans pitié à la rue ceux qui l’ont servie leur vie entière pour un peu qu’ils ne plaisent plus ou n’obéissent plus.

          J’ai été tour à tour officier, ouvrier, maire, inculpé, arrêté, condamné, admiré, haï, menacé de mort, et je crois qu’à travers tous ces engagements, je suis resté le même, ni plus ni moins saint qu’un autre, plutôt moins maintenant que dans ma jeunesse, mais que j’ai toujours essayé de donner un sens à ma vie, encore qu’aujourd’hui, c’est plus dur que jamais, me rendant compte enfin que je ne suis qu’un grain de sable de l’univers, passager, et qu’on est tous des grains de sable, du pape au dernier des brigands, se frottant, se heurtant, s’aimant ou se tuant, grains de sable sur lesquels on marche... pour mieux avancer.

          La chose qui gêne évidemment, le système ; je parle du Système Église, car c’en est un, c’est que je suis resté sur place, là où j’étais curé, là où j’étais homme, là où j’ai été menacé de mort, là où j’ai été condamné, là où j’étais ouvrier, là où j’étais militant, là où j’ai été aussi pécheur, là où je continue de vivre simplement comme tout homme…. »

          Jean Lajonchère est un personnage sympathique, mais sans nul doute fragile. Un écorché vif qui porte sur lui tous les péchés de la terre. Il faut le laisser à ses contradictions….Comme lui j’ai fait du séminaire. Quand je n’ai pas été d’accord, je suis parti. Je ne critique pas pour autant systématiquement l’institution…

          Concernant Melouza, je suis surpris que dans son livre, il ne fasse pas allusion à ce drame survenu lorsqu’il était en formation EOR à l’école de Saumur. Personnellement j’étais à St Maixent. Ce drame m’avait alors profondément marqué et fait changer d’avis sur ma façon de voir le drame algérien.

          Quant à l’authenticité de la scène de la rencontre avec les deux généraux et leurs propos, je livre au lecteur le contenu de cette narration qui manque de crédibilité :

          « Le colonel Bonnot fut d’ailleurs le seul qui m’apporta son soutien le jour où je remis mes galons à deux généraux ; c’était le lendemain de "Sakiet Sidi Youssef", (incident international où l’armée française détruisit un village en Tunisie). J’étais dans le secteur. Tous les officiers des régiments furent convoqués dans notre tente à Oued Kéberit, et deux généraux (Van Huxen et Divary, si ma mémoire est bonne) venus en "bananes", -énormes hélicoptères en forme de bananes, d’où leur surnom-, c’étaient des "Sikorsky" ; et ils nous tinrent à peu près ce langage : "Félicitations, messieurs... il fallait le faire, mais dire que c’était pas nous. On aurait pris des photos et on aurait dit que c’étaient les fellaghas comme à Mélouza" (Mélouza, village où effectivement avait eu lieu un véritable massacre).

          Je décrochai mes barrettes d’officier et les posai sur la table : "Si on l’a fait, c’est fait ; tort ou raison, à nous d’assumer, mais si c’est ça la France, je n’ai plus rien à faire de mes galons d’officier".

          Les hélicoptères repartirent, les officiers des autres régiments aussi ; et le soir, un silence de mort sous la fameuse grande tente : "T’es bon pour le tribunal militaire", susurra l’un... re-silence mortel... et puis, mon ennemi, le colonel Bonnot lança nonchalamment quelques mots : "Messieurs, il n’y en a qu’un qui a été un homme aujourd’hui... Allez...on mange. Lajonchère, ramassez vos galons"

          Comme par contre c’est bien la France qui a réprimé de façon aveugle à Sakiet, et que la France ne l’a jamais nié- les avions sont intervenus- je ne vois pas comment un général censé aurait pu dire aux officiers, après avoir félicité les hommes, qu’il fallait nier.

          Pourquoi du reste, notre narrateur un peu mytho n’est-il pas resté dans sa logique de saint homme ? Après avoir rendu ses galons, pourquoi a-t-il accepté de rester officier ?

          Quant au le général Vanuxem, je ne le vois pas faire des confidences aussi invraisemblables à des officiers. Il a été limogé des armées pour ses opinions politiques sur l’Algérie française le 28 novembre 1958, (c’est-à-dire 11 mois après la scène relatée par Lajonchère), puis mis en disponibilité en 1961. Le 10 septembre 1962, il est acquitté. Il est titulaire de 25 citations pendant les campagnes de France, d’Allemagne, d’Indochine et d’Algérie.

          * * *

          Quant au fond du drame de Melouza, je te renvoie à Wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Massac... où il est indiqué in fine « Dans le documentaire Les années algériennes de Benjamin Stora, diffusé la première fois en septembre 1991 sur Antenne 2, le colonel Mohammedi Said reconnaît avoir donné l’ordre d’exécuter les villageois de Melouza »

          * * *

          Après avoir été acteur de cette guerre, moi comme toi, je cherche à vérifier ce que je n’ai pas vécu. Je me suis donc procuré le livre « Le massacre de Melouza. Algérie juin 1957 » de Jacques Simon.

          Celui-ci est né à Palat (Algérie) en 1933. Il s’engage dans la lutte pour l’indépendance de l’Algérie après le congrès du MTLD (1954).Il participe à la création de la fédération de France de l’USTA (Union du syndicat des travailleurs algériens. Auteur d’une thèse et d’un livre sur Messali Hadj.

          J’y ai découvert entre autres documents, un Interview de Ben Bella. Sans Frontières. 26 mars 1982.

          « S.F. : Pouvez-vous rappeler l’affaire Melouza ?

          B.B. : L’affaire « Melouza » est une affaire entre le FLN et le MNA, un point c’est tout. Ce n’est pas une affaire qui a été montée par le gouvernement français, c’est absolument faux. C’est une des affaires malheureuses de notre lutte, cette lutte fratricide où des responsables locaux vont très loin parfois, prennent des initiatives qui sont dangereuses, qui nous blessent très longtemps. L’affaire Melouza est cette blessure, par exemple. C’est un exemple vraiment significatif de ces aberrations, de ces glissades dangereuses que nous avons fait, lors de la lutte de libération. Nous n’avons jamais voulu reconnaître qu’un chef local a été trop loin, qu’il a fait un acte regrettable.

          Aujourd’hui, je suis allé moi-même. Je me rappelle lorsque j’étais à Msila, à ce douar. Ce sont des gens qui vivent comme des pestiférés, aujourd’hui encore, même le sous-préfet et le préfet ne veulent pas aller leur rendre visite. Ils étaient MNA. J’ai dit à l’imam, la révolution passera un jour et elle érigera un mur pour dire nous nous sommes trompés. Cela nous grandira. Il faut que nous fassions cela pour l’histoire, pour ces gens qui sont là, parce qu’un jour nous avons commis une grave injustice envers eux. » * * *

          Comme tu le dis si bien, laissons les morts en paix.

          Je vais même plus loin : il faudra bien un jour, ceux qui se sont combattus et qui n’ont plus de raison de s’affronter, décident d’honorer ensemble tous les morts de cette guerre fratricide : les soldats du MNA, les soldats du FLN, les soldats français, les harkis et toutes les victimes du terrorisme quelle qu’en soit l’origine.

          C’est un combat pour le rapprochement que nous pourrions livrer ensemble. Toutes les victimes attendent ce geste qui semble aller de soi pour les jeunes générations.

          J’espère que je pourrai compter sur toi.

          Bien cordialement

          Claude.

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