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Napoléon III en Algérie.

samedi 6 février 2010, par Jean KERSCO

La présentation du livre Napoléon III en Algérie d’Octave Teissier est assurée par Jean Kersco, l’auteur du livre "Quand le merle sifflera"


Est-ce l’atavisme des racines méditerranéennes de la famille Bonaparte, ou la réminiscence de l’empire romain qui s’étendit des deux côtés de la mer Méditerranée - mare nostrum - ou encore le besoin de contrer la stratégie anglaise de contrôle de la route des Indes, toujours est-il que les deux empereurs ont tenté de créer un royaume arabe allié à la France. Tentatives avortées à cause de la défaite d’Aboukir pour le premier, et de la défaite de Sedan pour le deuxième.

C’est sans déplaisir que le général Bonaparte a accepté la mission du Directoire d’aller délivrer l’Egypte de la domination ottomane. Mais c’est sans déplaisir que le Directoire envoyait ce jeune homme trop ambitieux se perdre dans les sables de l’Orient. Comme l’a dit ensuite Napoléon I au Conseil d’Etat : « ... c’est en me faisant musulman que je me suis établi en Egypte ... » et cette appréciation sans équivoque sur Mahomet, en 1817 : « Ce qui est supérieur en Mahomet, c’est qu’en 10 ans il a conquis la moitié du globe, tandis qu’il a fallu 300 ans au christianisme pour s’établir. »

Pour répondre à la piraterie de la Régence d’Alger qui continuait à faire la guerre aux Italiens et aux Corses, désormais rattachés à la France, le Premier Consul a menacé Mustapha Pacha - qui l’a pris très au sérieux - de venir lui-même régler le problème sur place. Ses difficultés européennes l’ont détourné de débarquer à Sidi Ferruch, dont il avait fait minutieusement préparer le plan par le commandant Boutin. Sans la pression finalement victorieuse des Anglais, il eut reconstitué l’Union pour la Méditerranée des Romains.

Napoléon III avait les mêmes idées que son oncle : du savoir-vivre avec lequel il a traité Abd el Kader à l’encouragement au creusement du canal de Suez, il a tenté de faire progresser ce mythe du royaume arabe. Un épisode fondamental, mais occulté ensuite par les « historiens » de la IIIème république est formé par ses deux voyages en Algérie, le premier de 5 jours, en famille, suivi d’un sénatus-consulte 22 avril 1863 sur l’arrêt du « cantonnement des tribus », et le deuxième de 40 jours suivi d’un sénatus-consulte du 14 juillet 1865 sur l’intégration des indigènes musulmans et israelites à la France (et contenant, semble-t-il, un projet de « discrimination positive »). Il avait formellement promis de revenir pour une nouvelle avancée. La défaite et la maladie ont éteint ce projet, au moins jusqu’au XXIème siècle.

Il existe au moins deux relations complètes du deuxième voyage. La première est intitulée « Le voyage de S.M. l’Empereur en Algérie et la régence de S.M. l’Impératrice » de René de Saint-Félix - 1865 - Eugène Pick Éditeur, et la deuxième est intitulée « Napoléon III en Algérie » de Octave Teissier - 1865 - Chalamel éditeur (340 pages). Les deux ouvrages ont été digitalisés sur internet. Seul le deuxième est diffusé par Google début 2009.

Le travail d’Octave Teissier, correspondant du Ministère de l’Instruction Publique pour les travaux historiques, a été fait principalement à partir des relations de la presse algérienne, d’où la publication in extenso des discours de bienvenue et de leur réponse. Mais il y a aussi bon nombre de remarques qui font qu’en lisant entre les lignes, on peut décoder le fond du message. Il est à noter que ce travail est particulièrement muet sur les entretiens qu’a eus l’Empereur avec ses interlocuteurs arabes, sauf si d’autres sources se rêvélaient. En revanche la publication quasi immédiate du sénatus-consulte sur l’intégration ne laisse aucun doute sur les conclusions auxquelles Napoléon III est parvenu. La suite des événements semble montrer que l’application de ce sénatus-consulte a été très rapidement sabotée.

L’analyse du livre dont on ne peut soupçonner la bonne foi, mais dont on doit constater les lacunes en termes d’objectivité, fait apparaître 107 occurences se rapportant aux 264 pages hors appendices. D’une manière générale, l’accueil semble avoir été particulièrement chaleureux, quelle que soit la communauté, et le savoir-faire de Napoléon III a été de très haut niveau.

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