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Les S.A.S. en Algérie. Analyse et réflexions d’un ancien chef de SAS

samedi 16 novembre 2013, par Claude GRANDJACQUES

Comme le passé éclaire le présent, permettez-moi, pour commencer de citer le commandant Hélie de Saint Marc qui nous a quittés dernièrement. « Les SAS, écrivait celui-ci dans un article publié dans le Figaro du 23 mars 2009, ont presque disparu de notre mémoire collective, emportées par la volonté d’effacer la guerre d’Algérie comme un mauvais souvenir et une Histoire qui n’a pas eu lieu. Pourtant, eIles n’ont cessé d’être étudiées dans les écoles d’officiers aux États-Unis…


Texte de la conférence donnée le vendredi 25 octobre 2013, à l’Oriel, à Varces dans le cadre d’une exposition sur la guerre d’Algérie, dédiée à la mémoire des soldats de la 27e Brigade d’Infanterie de montagne morts ou blessés en Afghanistan.

Pour lire la totalité de la conférence, dont ci-après la première page, cliquer sur la vignette photo ci-dessous.

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Les S.A.S. en Algérie. Analyse et réflexions d’un ancien chef de SAS
« Pour avoir quand même cherché l’homme au moyen des SAS, nous n’aurons peut-être pas tout raté »

Mesdames, Messieurs

Ce n’est donc pas sans une certaine émotion que je dois parler de l’expérience des SAS pendant la guerre d’Algérie dans le cadre d’une exposition qui entend honorer la mémoire des soldats de la 27e Brigade d’infanterie de montagne morts ou blessés en Afghanistan.

En effet, les victimes du conflit d’Afghanistan forment avec celles de la guerre d’Algérie la chaîne de ceux qui ont sacrifié leur vie dans le cadre d’une cause qui les dépassait, celle de la défense d’une certaine conception de l’homme. Pour le 7e BCA, j’en connais le prix puisque parmi les 63 soldats qui ne reviendront pas, figure mon frère Alain qui était sergent à la SEM.

Comme le passé éclaire le présent, permettez-moi, pour commencer de citer le commandant Hélie de Saint Marc qui nous a quittés dernièrement. « Les SAS, écrivait celui-ci dans un article publié dans le Figaro du 23 mars 2009, ont presque disparu de notre mémoire collective, emportées par la volonté d’effacer la guerre d’Algérie comme un mauvais souvenir et une Histoire qui n’a pas eu lieu. Pourtant, eIles n’ont cessé d’être étudiées dans les écoles d’officiers aux États-Unis…

Le général Petraeus chargé des fronts irakiens et afghans, a ainsi récemment préfacé un livre de l’officier français David Galula, qui prône une action sur tous fronts pour contrer un mouvement insurrectionnel. Les SAS en sont l’une des pièces maîtresses : la guerre doit se déplacer à l’échelle de la population, l’armée doit se fondre dans les villages et assumer des tâches civiles, construire la paix pour éteindre la guerre.. ».

Voilà un extrait de ce qu’écrivait à propos des SAS, l’ancien commandant du 1er REP dont le destin résume à lui seul toutes les contradictions de la guerre d’Algérie. En effet, notre génération a vécu ce que d’aucuns désignent dorénavant une guerre asymétrique, concept dans lequel celui qui veut prendre le pouvoir utilise de façon conjointe le terrorisme et la propagande pour renverser l’ordre établi et arriver à ses fins

Évacuons d’abord ce que recouvre l’acronyme les SAS (Sections Administatives Spécialisées) et plaçons celles-ci dans le contexte de leur création avant d’évoquer mon séjour à Bouzeguène et mes réflexions sur cette expérience.

Au pluriel les SAS désignent ces unités relais de l’administration civile auprès de la population du bled,

Au masculin singulier, le SAS fait référence à l’officier (capitaine, lieutenant ou sous-lieutenant) responsable du détachement hétéroclite composé de quelques militaires, de civils et de moghaznis qui composent la SAS. Tandis qu’au féminin, la SAS désigne la forteresse abritant l’ensemble du personnel.

En 2002, dans l’introduction de sa monographie sur les SAS , le professeur d’histoire à l’Université de Paris Sorbonne, Jacques Frémeaux , les présente ainsi : « D’un point de vue général, la mission des SAS est de rétablir (ou d’établir) avec les populations le contact rompu d’abord par la sous-administration, puis interdit par l’action du FLN et de l’ALN.

Pour le général Partiot, inspecteur général des Affaires algériennes en 1959-1960, « les SAS ont été créées et mises en place pour prendre ou reprendre contact avec la population musulmane ». C’est pour lui « la mission principale, celle qui domine toutes les autres ». Leurs tâches ont été précisées par Soustelle, pour qui « il faut reprendre pour ainsi dire à l’envers le travail des fellaghas. Ils terrorisent ? À nous de rassurer. Ils désorganisent ? À nous de réorganiser. Ils brisent le ressort des populations pour les empêcher de se défendre ? À nous de leur rendre le goût et la possibilité de résister » . Pour cela, « les chefs de SAS exercent les missions de maintien de l’ordre et de pacification, mais aussi une mission d’administration, dans le cadre de la lutte contre les activités rebelles OPA [organisation politico-administrative], d’une action psychologique de remise en confiance des populations et d’une action médico-sociale » .

Concrètement les SAS voient le jour le 26 septembre 1955. Arrêté publié le 30 septembre au JOA (Journal officiel algérien). Celui-ci dans son article 4, précise : les officiers SAS " sont destinés à assurer toutes missions d’encadrement et du renforcement des personnels des unités administratives et des collectivités locales. Ils peuvent, à cet effet, se voir investis des fonctions identiques à celles normalement exercées par les administrateurs des services civils". Ces derniers depuis 1875, assuraient la direction des Communes mixtes, circonscriptions administratives au territoire immense de la dimension d’un arrondissement avec ses ressources propres. Leur population comporte parfois des colons parmi les autochtones et ou le plus souvent exclusivement des autochtones.

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3 Messages de forum

  • Les S.A.S. en Algérie. Analyse et réflexions d’un ancien chef de SAS 20 décembre 2013 08:28, par Claude GRANDJACQUES

    Chers camarades, chers amis.

    La conférence donnée à Varces, a suscité des réactions orales et même une réaction écrite dont j’avais mis le contenu sur Internet en préservant bien entendu l’anonymat de son auteur et en prenant la peine de répondre par voie postale.

    En retour, mon interlocutrice vient de me rappeler les règles entourant la correspondance privée…

    Comme « Une correspondance reste la propriété intellectuelle de son auteur bien que le support physique soit la propriété du destinataire », je suis au regret de priver les internautes des connaissances historiques de cette auditrice.

    Je réagis donc sur le forum en m’adaptant à cette nouvelle donne.

    A la fin de la conférence, il y eut diverses réactions.

    En résumé, celles-ci peuvent être résumées ainsi :“ OK pour la première partie concernant la création des SAS et leur contexte historique ( les massacres du 20 août 1955) mais désaccord ou réprobation pour la dernière partie présentant les violences de la conquête comme une des causes de celles employées par ceux qui se battaient pour l’indépendance”.

    Dans les faits il m’a été reproché à demi mots de méconnaître des aspects de l’histoire que j’aurais occultés :

    « La conquête aurait été justifiée par la lutte contre « la piraterie exercée en Méditerranée par les galères turques, et l’énorme marché aux esclaves d’Alger (l’arrière-pays niçois se souvient encore des attaques sur ses côtes ».

    « ... La France avait reçu mandat pour tenter à son tour de rétablir la liberté de circulation en Méditerranée et faire cesser l’esclavage… »

    « Pour pérenniser le retour de la paix en Méditerranée, … il apparut vite nécessaire de s’implanter là-bas.. »

    Ou encore, il est inexact que la France ait employé la « terreur pour soumettre une population innocente… » Allez faire croire à d’autres que la France soit capables de telles exactions. La France de la conquête n’a rien à voir les exactions des troupes de Napoléon à Madrid ou la répression des Chouans en Vendée..

    « Si des terres octroyées aux « colons » ont été confisquées, elles l’ont été au beylicat turc qui régnait sur le territoire avant 1830. Les nouveaux arrivants ont été le plus souvent jetés sur des terres stériles ou des marécages pestilentiels… ».

    En définitive, vous exagérez car dans la pure tradition chevaleresque les troupes françaises ont respecté la Convention signée entre le Dey Hussein et le Maréchal de Bourmont le 5 juillet 1830 dont vous devriez lire le contenu.

    « 1° Le fort de la Casbah, tous les autres forts qui dépendent d’Alger et le port de cette ville seront remis aux troupes françaises ce matin (5 juillet), à dix heures (heure française).

    2° Le général en chef de l’armée française s’engage envers S. A. le dey d’Alger à lui laisser la liberté et la possession de ce qui lui appartient personnellement.

    3° Le dey sera libre de se retirer avec sa famille et ce qui lui appartient dans le lieu qu’il fixera, et tant qu’il restera à Alger il y sera, lui et toute sa famille, sous la protection du général en chef de l’armée française ; une garde garantira la sûreté de sa personne et celle de sa famille.

    4° Le général en chef assure à tous les soldats de la milice les mêmes avantages et la même protection.

    5° L’exercice de la religion mahométane restera libre ; la liberté des habitants de toutes les classes, leur religion, leur commerce et leur industrie, ne recevront aucune atteinte ; leurs femmes seront respectées, le général en chef en prend l’engagement sur l’honneur.

    6° L’échange de cette convention sera fait avant dix heures, ce matin, et les troupes françaises entreront aussitôt après dans la Casbah, et successivement dans tous les autres forts de la ville et de la Marine. »

    Voilà des points de vue qui méritent d’être confrontés aux réalités des témoignages de l’époque.

    En effet, la fin de la guerre d’Algérie a été un drame pour la France et un drame pour l’Algérie. Un drame qui a laissé de nombreuses familles françaises ou algériennes décimées ou meurtries à la suite de cette guerre civile franco-française, qui a constitué un véritable désastre humain. De nombreuses familles restent encore éplorées de nos jours.

    Tout ce sang versé pour aboutir à quoi ? A une question : “Voulez-vous que l’Algérie devienne indépendante en coopérant avec la France ?”.

    Si les conditions politiques et sociales à cette question de bon sens avaient pu être posées plus tôt, il est évident que la réponse aurait pu être différente ou à tout le moins la coopération avec la France aurait été réalisée dans de meilleures conditions.

    S’il n’en a pas été ainsi, et si la violence a dominé ce conflit, à plus d’un demi siècle de distance il convient de s’interroger, c’est la moindre des choses, sur l’arbre des causes de cette tragédie.

    L’arbre des causes est une méthode utilisée en entreprise pour découvrir l’origine des accidents du travail. Elle est axée sur les faits qui permettent d’établir la filiation des causes à leurs effets. Dans cette méthode les attaques personnelles n’ont pas leur place. Voir : http://fr.wikipedia.org/wiki/Arbre_...

    C’est ce que j’ai tenté de faire à l’occasion de dans mon exposé :“Analyse et réflexions d’un ancien chef de SAS”. Je me suis cantonné à certains faits que j’ai mis en perspective.

    Comme maintenant le divorce est consommé, il faut arrêter de se mentir à nous-mêmes.

    Première remarque au sujet de la “convention entre le général en chef de l’armée française et Son Altesse le dey d’Alger », celle-ci est passée avec l’occupant turc et ne concerne pas l’arrière-pays.

    En outre, l’article 2 n’a pas été respecté puisque le trésor du dey servit à payer les frais de l’expédition. Quant à l’article 5 concernant « la liberté des habitants de toutes les classes, leur religion, leur commerce et leur industrie, ne recevront aucune atteinte ; leurs femmes seront respectées, le général en chef en prend l’engagement sur l’honneur », en dehors du respect de la religion, les années qui vont suivre démontrent que l’engagement sur l’honneur d’un général en chef de la France n’avait déjà aucune valeur.

    À entendre certains, la France de Charles X serait allée en Algérie pour mettre fin à la course ou à la piraterie. À ce sujet il faut se rappeler que France d’alors, via ses corsaires, pratiquait la course. En matière de piraterie maritime, ceux-ci avaient un savoir-faire sans pareil.

    Voir l’article “La course et le corso en Méditerranée du XVIe au XIXe siècle” de Xavier Labat Saint-Vincent, Ingénieur d’études à l’université Paris IV-Sorbonne. http://www.clio.fr/BIBLIOTHEQUE/la_.... ] Voir également la liste des corsaires dans http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_..., L’un des plus célèbres corsaires français, “Le baron Robert Charles Surcouf (12 décembre 1773- 8 juillet 1827), harcela les marines marchandes et militaires britanniques, non seulement sur les mers de l’Europe, mais aussi sur celles de l’Inde. Il acquit de ce fait une réputation, et fit fortune en faisant la course et des opérations de spéculations commerciales. Il fut nommé membre de la Légion d’honneur le 26 prairial an XII (14 juin 1804) et Baron de l’Empire en 1810”.

    D’autres ont avancé que Charles X aurait lancé l’expédition pour libérer les esclaves chrétiens détenus par les occupants turcs. Objectif louable, mais qui ne correspond pas à la réalité. Il est de notoriété publique que comme tous les pays occidentaux, les colonies de la France d’alors tout comme l’Empire ottoman pratiquaient l’esclavage. Voir à ce sujet à l’article intitulé “Décret d’abolition de l’esclavage du 27 avril 1848” http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A...’abolition_de_l’esclavage_du_27_avril_1848

    On peut y lire que c’est seulement “À partir de 1827, que la Traite est considérée comme un crime et les négriers risquent la confiscation, une amende et le bannissement. Cependant de 1827 à 1830, cinquante navires quittent Nantes dans des conditions qui font suspecter la continuation du trafic....

    Dans les faits pour comprendre les causes de l’expédition de Charles X contre le bey d’Alger, il faut lire l’extrait du livre remarquable “Histoire de l’Algérie française 1830-1962” écrit par historien originaire d’Alger, Claude MARTIN. Voir http://miages-djebels.org/spip.php?...

    À l’évidence, la conquête de ce qui allait devenir l’Algérie n’était absolument prévue au programme. Elle durera plus de 30 ans et sera initiée sous Louis Philippe. Elle sera conduite par d’anciens officiers de l’Empire comme l’explique Claude Martin : “ La révolution libérale-nationale de Juillet avait ramené aux postes de commande beaucoup d’hommes de la Révolution et de l’Empire. Soult, Mortier, Sébastiani, Gérard, Clauzel, Savary, Drouet d’Erlon, Berthezène, Valée, Bugeaud avaient servi avec éclat Napoléon. C’était la vieille armée impériale qui revenait avec eux au premier plan - comme Talleyrand et Mole représentaient le personnel civil napoléonien. Ces hommes habitués au culte de la gloire napoléonienne - et aux profits des conquêtes - leurs cadets, avides de gloire et d’avancement, n’auraient pas compris l’abandon d’un territoire que l’armée royale venait de conquérir. Beaucoup d’entre eux songeaient avec regret aux frontières naturelles perdues en 1815. Louis-Philippe ne pouvait leur donner satisfaction sous peine de reconstituer la coalition anti-française de 1813. En compensation, il leur donnait Alger. C’est pourquoi il choisit pour succéder à Bourmont un des bons généraux de Napoléon, Clauzel, qu’un exil en Amérique du Nord pendant la Restauration avait familiarisé avec les problèmes coloniaux sinon avec ceux de l’Islam….

    Si Fouché avait été le virtuose de la police politique de l’Empire, Savary en avait été le gendarme. Exécutant dévoué et brutal, il avait montré dans certains cas, comme l’exécution du duc d’Enghien, un zèle irraisonné et une absence totale d’humanité. Quand il assurait l’intérim de Murât à Madrid en 1808, Napoléon avait signalé à son frère Joseph le manque de finesse de cet excellent serviteur. On devine ce qu’un homme de ce tempérament et de ce passé pouvait faire dans une colonie lointaine où il avait tous les pouvoirs. Il « gouverna en pacha turc », arrêtant, rançonnant et parfois faisant mettre à mort les chefs et les notables de tribus dont il soupçonnait les intrigues. C’est ainsi que des crimes ayant été commis sur le territoire des Ouffia, il lit exterminer cette tribu (avril 1832). Des caïds étant soupçonnés par lui de trahison, il les convoqua à Alger, munis d’un sauf-conduit de sa main, puis les fit arrêter, juger, condamner à mort et exécuter sans se soucier de sa parole. De tels procédés atteignaient un effet opposé à celui que recherchait le Français. Il voulait se faire craindre et obéir : il fit le vide autour de lui. Quand en avril 1833, il quitta l’Algérie pour aller mourir en France d’un cancer, ses sujets dirent que c’était le châtiment de ses parjures”.

    À lire ce passage, il est de fait que les brutalités et les violences ont commencé dès le début de la conquête.

    Pour les incrédules il convient de lire le chapitre XIV du livre “Histoire de l’Algérie des origines à nos jours” de Pierre Montagnon. Voir http://miages-djebels.org/spip.php?....

    Cet ancien officier, sept fois cité, deux fois blessé en Algérie, partisan s’il en est de l’Algérie française, analyse les “les germes de la discorde” dans ce chapitre. C’est une synthèse sobre qui permet d’appréhender les causes premières du bain de sang qui a accompagné la marche de l’Algérie vers l’indépendance . Cet historien est Lauréat de l’Académie française pour “La Guerre d’Algérie, genèse et engrenage d’une tragédie”. Pour mieux le connaître http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre...

    Pour d’autres informations sur l’ambiance de la conquête, lire sur le site Miages-djebels : “Lettres du Maréchal de Saint Arnaud” voir http://miages-djebels.org/spip.php?... “Du Tizivert aux Miages : les campagnes de la conquête de la Kabylie 1851-1857 à travers deux livres passionnants” : http://miages-djebels.org/spip.php?... qui comprend HISTOIRE DU CHERIF BOU BAR’LA par Nil Joseph ROBIN et RÉCITS DE KABYLIE CAMPAGNE DE 1857 par Émile Carrey.

    Consulter également les pages du site Benifoughal.com. Il présente des témoignages à partir de documents en provenance de la BNF. La page “La soumission des Babors et de Beni Foughal par le Maréchal Bosquet) est instructive. : http://www.benifoughal.com/histoire... Il s’agit des lettres du général Bousquet à sa mère.

    Quant à l’évolution de la scolarité en Algérie qui dans les faits prendra son essor lorsque l’armée prendra le problème à bras le corps, des éléments intéressants figurent sur le site http://ens-web3.ens-lsh.fr/colloque...

    Chers amis, pour ceux qui en douteraient , sachez que j’ai beaucoup d’admiration et d’amitié pour les pieds-noirs qui après avoir indéniablement mis en valeur le pays, seront avec les harkis les victimes des rigidités héritées d’un autre âge qui ont fait également le malheur de bien des familles algériennes.

    Comme je ne suis pas un historien, je laisserai le soin de conclure à deux grands passionnés de l’Algérie au parcours opposé.

    Pierre Montagnon dans l’introduction du « chapitre XV ALGERIE FRANÇAISE (1857-1919) » du livre Histoire de l’Algérie, faisait l’analyse suivante : « Si militairement l’Algérie française commence le 14 juin 1830, politiquement elle s’ouvre en 1857, une fois la pacification acquise ou supposée telle. Sur les bases évoquées : conquête impitoyable, colonisation exigeante, elle se poursuivra jusqu’au 1er novembre 1954. Entre 1857 et 1954, elle connaîtra deux à-coups majeurs, les révoltes de 1871 et de mai 1945, entrecoupés de tornades dont il serait erroné de minimiser l’importance. En ces décennies françaises, le pays se transforme et se développe profondément mais, en dépit des apparences, il ne se francise pas dans les cœurs ».

    Cette analyse est pertinente et justifie le fait que dans les années 1954-1962, tout était à reconstruire sur des bases nouvelles. C’est ce qu’ont tenté de faire les SAS.

    L’ancien maire d’Alger Jacques Chevallier tant décrié alors, s’était lui aussi activement attelé à la tâche. Il écrivait dans l’introduction du chapitre VIII de son livre « Nous, Algériens…. » « Comme d’autres, j’ai connu et fréquenté, un temps, le clan de ceux qu’on a désignés depuis comme celui des "ultras ". Tout ce qu’ils disent et pensent encore je l’ai à certain moment partagé, dit, pensé et écrit avec une conviction non moins grande que la leur jusqu’au moment où, à explorer de toutes parts le problème algérien, j’ai compris ce qu’il était vraiment : un problème simplement humain. Il n’y a que des problèmes humains en Algérie. Ici comme partout ailleurs, les hommes naissent, souffrent, espèrent ou désespèrent et ici comme partout ailleurs, cet ensemble de joies et de souffrances, d’espoir et de désespoir, s’appelle la Vie.

    Du jour où, après avoir erré, méprisé et quelquefois haï, comme tant d’autres le font encore, j’ai pris conscience de cette réalité, j’ai réformé tous mes jugements. Dès cet instant, contre vents et marées, sans souci de l’injure et de l’injustice, j’ai suivi le chemin du coeur qui, en Algérie, est aussi celui de la raison… ».

    Son analyse date de 1958. Cinquante-cinq ans plus tard, il serait grand temps de la partager.

    Lire la suite à http://miages-djebels.org/spip.php?...

    Bien amicalement à tous ceux qui m’ont fait l’honneur de m’écouter.

    Claude GRANDJACQUES

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    • Les causes de a guerre d’Algérie sont clairement exprimées dans l’hymne national algérien, Le Kassamen. Comme c’est un poème qui a été écrit dans des circonstances dramatiques, il exprime en les synthétisant non pas les causes, mais les motifs du déclenchement de la guerre en 1954, de manière si denses et si vraies qu’il a été aussitôt adoptée après l’Indépendance. Je me souviens des notes de piano, hésitantes, qui s’élevaient dans la nuit sur la place du marché et qui émouvaient même le coeur d’un ex-OAS, découvrant le Kassamen

      Les motifs du soulèvement de 1954 sont ainsi exposés :

      "Ô France ! le temps des palabres est révolu Nous l’avons clos comme on ferme un livre Ô France ! voici venu le jour où il te faut rendre des comptes Prépare toi ! voici notre réponse Le verdict, Notre Révolution le rendra Car Nous avons décidé que l’Algérie vivra."

      Il en découle que le motif du soulèvement ne sont pas les massacre de 1830-1850, mais plutôt le fait qu’on a jamais pris en compte leurs revendications.

      Il est intéressant d’observer que le chant de guerre ne fait pas explicitement référence au passé. Il évoque le "sang pur générausement versé" (allusion à la Marseillaise ?). Les rois, les tyrans de La Marseillaise sont remplacés par la France.

      A mon avis, ce chant nous dit que les indépendantistes n’avaient pas de ressentiment pour les épisodes cruels de la conquêtes, mais ne pouvaient plus accepter la situation qu’ils vivaient après avoir proposé en vain de négocier. Le motif principal était d’être traité comme un étranger dans son propre pays.

      Au final, un chant de guerre très occidental, reflétant l’influence de la France dans le psychisme de l’élite du FLN, et surtout, bizarrement pour un pays musulman, sans aucune référence religieuse islamique. Je pense qu’on pourrait l’adapter pour la France, si à Dieu ne plaise, celle-ci devait finir par sombrer.

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      • Cher ami

        Vous avez parfaitement raison de corriger les ambiguïtés de mon message.

        Il n’y a bien entendu pas de lien de cause à effet entre les violences de la conquête et le désir d’indépendance exprimé par les élites musulmanes que nous avions formées.

        C’est le blocage des réformes avec la perspective pour les autochtones de rester indéfiniment confinés au rôle d’incapables majeurs, qui a été la source de la confrontation qui a dégénéré en conflit armé.

        Lors de cet affrontement, les partisans de l’indépendance ont utilisé la violence, comme arme de persuasion à l’égard de la population attentiste ou acquise à la France.

        L’utilisation de la terreur à laquelle a répondu la contre terreur de l’armée française a été source de questionnement à l’ancien combattant que je suis.

        Face à certains à priori, en étudiant les conditions de la conquête, j’ai trouvé la preuve que je cherchais : Nos frères algériens ne sont pas plus violents que les Français.

        Lors de la guerre d’indépendance, les combattants algériens n’ont fait qu’utiliser les armes qui avaient vaincu les tribus lors de la conquête. Pour ceux qui en douteraient, je leur conseille d’interroger l’histoire.

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