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Mémorial A.F.N. Haute Savoie. Annecy

lundi 29 juin 2009, par Collectif.


Le mémorial A.F.N. de Haute Savoie à Annecy a été inauguré le vendredi 15 décembre 2006 en présence de nombreux officiels, des familles des victimes et d’une foule importante.

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Mémorial A.F.N. Haute Savoie. Annecy

Cette manifestation comblait un vide. Il manquait en effet aux familles, bien souvent restées seules avec leur douleur, la marque d’une reconnaissance collective envers ceux qui ne sont pas revenus

Pendant la cérémonie parfaitement réussie, soufflait le vent de la camaraderie des djebels qui avivait le souvenir de ceux qui ont vécu cette guerre : la foule a écouté dans le recueillement les interventions des officiels ou la musique du 27e BCA sur les lieux même d’où, il y a 50 ans, les Chasseurs partaient combattre en Grande Kabylie.

Dans sa sobriété artistique, le monument de marbre noir arrosé par l’écoulement permanent de l’eau représente les larmes des familles ou le temps qui passe inexorablement, une symbolique parlante pour honorer les noms gravés dans la pierre.

L’eau, source de vie, en mouvement perpétuel peut également figurer notre sentiment purifié envers cette période que nous nous devons d’évoquer avec un regard apaisé et régénéré par les années et la distance envers les événements vécus.

Au mémorial a été adjoint « Le livre d’or de la Haute Savoie en mémoire de ses disparus », cadeau inattendu et émouvant qui donne un visage aux noms gravés dans la pierre et permet aux familles d’être en communion avec les douleurs vécues également par d’autres.

Cet album de familles place la tragédie à laquelle toute une génération a été mêlée dans un contexte historique objectif qui n’allait pas de soi.

Il fallait à son auteur, Serge Cattet, non seulement des qualités de cœur chaleureuses, un esprit de camaraderie intact, une énergie à toute épreuve, mais également une solide et rigoureuse compétence d’historien, pour mener à son terme des travaux de recherches aussi minutieux.

Puisse la présentation de ce monument aux symboles forts et la lecture émouvante du livre d‘or , aider les jeunes générations à réfléchir sur cette période et méditer sur ce que nous avons vécu.

Les familles des soldats tombés en Algérie expriment à tous les membres du Comité du Mémorial leurs sentiments reconnaissants pour avoir mené à son terme ces deux réalisations de grande qualité.

Claude GRANDJACQUES.


Pourquoi ce Mémorial ?

Pour défendre et honorer une mémoire...

L’armée française a été appelée à servir en Afrique du Nord, en Tunisie, Maroc et Algérie pendant dix années de 1952 à 1962.

Dans un premier temps, les militaires de carrière, puis les gendarmes mobiles, furent appelés. Puis ont été concernés les jeunes qui effectuaient leur service militaire. En 1956, il fallut même rappeler ceux qui avaient terminé leur service militaire. La plupart d’entre eux avaient repris une activité professionnelle, certains avaient fondé un foyer. Tous sans exception, ont éprouvé le même déchirement en voyant s’éloigner le port de Marseille. Il leur a fallu ensuite s’habituer à un pays totalement inconnu. S’habituer à un climat, mais aussi à la population, dont le parler et les coutumes, la culture et la religion, leur étaient pour la plupart ignorés.

L’armée dut s’attaquer à des rebelles motivés, qui frappaient indifféremment les forces de l’ordre, les adversaires politiques, les populations, notamment la population musulmane, ses hommes, ses femmes, ses enfants. Leur objectif était d’obtenir par tous les moyens la soumission de cette population pour que par la terreur elle se détache de nous. Stratégie révolutionnaire avec son cortège des horreurs de la guerre civile ! Le massacre de Melouza, de sinistre mémoire, annonçait des tueries d’ampleur plus grande encore.

L’armée, donc, participa à des combats difficiles. L’ennemi était nulle part et partout. Il n’y avait pas de front et aucun endroit n’était à l’abri du danger. Le commandement sut s’adapter rapidement et la troupe réagir avec détermination et abnégation pour, au-delà des combats, protéger les populations, tracer des routes, instruire la jeunesse et soigner les malades. Les succès ne manquèrent pas, les pertes non plus !

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Livre d’or de Haute Savoie en mémoire de ses disparus 1952-1962

Le Mémorial que nous avons réalisé à Annecy, comme le Livre d’Or édité à cette occasion, doivent rappeler le sacrifice des 165 Haut-Savoyards tués lors de la guerre d’ALGERIE, et des combats en TUNISIE et au MAROC.

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Livre d’or de Haute Savoie en mémoire de ses disparus 1952-1962

Le comité départemental du Mémorial, composé de l’U.D.C. - AFN. et Autres Conflits, de la F.N.A.C.A. et de l’U.F., exprime sa plus vive reconnaissance à tous ceux qui ont facilité financièrement la réalisation de ce Mémorial, Bernard BOSSON Député-Maire, Bernard ACCOYER Député-Maire, Martial SADDIER Député-Maire, Pierre HERISSON Sénateur, Jean-Claude CARLE Sénateur, Jean-Paul AMOUDRY Sénateur, Ernest NYCOLLIN Président du Conseil Général, merci à la ville d’Annecy et à MM. les Maires de nombreuses communes du département, au Ministère de la Défense, à toutes les Associations patriotiques, au Souvenir français et aux Particuliers, un grand merci à Serge CATTET, qui a réalisé ce Livre d’Or.

Sans la générosité, sans leur patriotisme, le témoin de l’Histoire ne serait pas.

Hubert BORNENS Président du Comité du Mémorial


À l’égard de nos camarades frappés, en Afrique Française du Nord, par la mort, quelle qu’elle ait pu être, notre devoir était simple : entretenir ou plutôt réveiller leur mémoire et accorder à chacun d’eux une égale attention, des égards identiques. Il n’a pas été aisé de remplir pleinement cette mission même si son esprit a été respecté. Des difficultés se sont présentées qu’il n’a pas toujours été possible de surmonter comme nous l’aurions souhaité.

La liste des disparus a pu être établie avec une crédibilité certaine grâce au travail de recherche déjà effectué par les Associations d’Anciens Combattants, grâce au concours des services de la Direction de la Mémoire du Patrimoine et des Archives du Ministère des Anciens Combattants, grâce enfin à l’extrême obligeance des Archives Nationales et Départementales.

Après accord des autorités préfectorales de la Haute Savoie, la direction des Archives Nationales nous a donné l’autorisation de consulter, aux Archives Départementales de la Haute-Savoie, des documents qui, protégés, n’avaient pas encore été jugés communicables. Que tous ces services soient, dès maintenant, remerciés et assurés de notre gratitude pour leur aide précieuse.

La consultation des quotidiens et périodiques en usage dans le département ("Le Dauphiné Libéré", "Le Progrès", "L’Echo Liberté", "Le Messager", "L’Essor Savoyard") nous a été d’un grand secours. Le plus souvent, en effet, lorsqu’un de nos camarades disparaissait, la presse s’en faisait l’écho et la cérémonie de ses funérailles était suivie d’un article où étaient rappelés son parcours d’homme et les circonstances, les conditions dans lesquelles ce parcours avait été brutalement interrompu.

Malheureusement, malgré ces différentes contributions, il ne nous a pas été possible de réserver aux 165 Haut-Savoyards, hommes de troupe, sous-officiers, officiers qui n’ont pas eu le bonheur de retrouver notre terre, une égale présentation ; les obstacles ont été trop nombreux pour y parvenir. C’est là notre grand regret.

Le temps a fait son inexorable œuvre d’oubli. Le contenu des documents consultés s’est avéré d’un intérêt très variable ; dans certains cas, les détails abondaient, dans d’autres, au contraire, le vide l’emportait. Les listes déjà établies étaient incomplètes et n’apportaient pas, pour tous les cas, le même degré de précision. Les comptes-rendus de la presse n’ont pas été à même de combler toutes les lacunes ; ils les ont même parfois accentuées, de façon bien involontaire.

À l’annonce des décès, ou des retours des corps, les peines ressenties, les émotions exprimées ont été partout semblables comme les honneurs qui ont été rendus à nos compagnons disparus, mais peines, émotions, honneurs n’ont pu être relatés partout de façon identique.

Ils l’ont été correctement et abondamment dans les centres, tels Annecy, Annemasse, Thonon, Evian, bien pourvus en correspondants et photographes de presse ; ils l’ont été beaucoup moins, souvent de façon succincte, dans les communautés les plus petites, les plus reculées dans la montagne qui ne disposaient pas des mêmes moyens d’information, de communication. Là, des articles conséquents accompagnés de photos, ailleurs, à peine quelques lignes.

Dans les rubriques nécrologiques les avis de décès, suivis des remerciements des familles, ont apporté leurs lots de renseignements, malheureusement un certain nombre de nos camarades n’y ont pas figuré.

Cette disparité dans l’abondance et la qualité de nos sources ne pouvait pas ne pas avoir de répercussion dans le résultat et l’expression de notre travail de mémoire. Si pour la majorité de nos compagnons, nous avons été à même d’esquisser leur portrait et de rappeler la très vive émotion suscitée par leur disparition et la répétition insupportable de ces disparitions, pour d’autres, au contraire, nous avons été placés dans l’obligation de limiter nos ambitions et de rester d’une douloureuse discrétion.

Nous en sommes sincèrement désolés et nous prions toutes celles et tous ceux qui pourraient être émus de cette apparente inégalité de traitement de bien vouloir ne pas nous en tenir rigueur.

Serge CATTET Agrégé de l’Université Sous-Lieutenant au 2/22e R.I.Ma. (1960-1962) Historien, auteur du "Livre d’Or".


Dernièrement, Jean Claude STELLA pour le compte de GenWeb a mis en ligne les informations concernant chacun des soldats hauts-savoyards tombés en Algérie.

Un travail minutieux et rigoureux accompli avec coeur .

Merci Jean Claude.

Dorénavant, les Internautes peuvent avoir accès aux renseignements d’ordre personnel extraits le livre d’or. http://www.memorial-genweb.org/~mem...


Maintenant que les informations sont en ligne sur Internet, nous demandons aux familles et aux camarades d’unité qui détiendraient des informations complémentaires ou des photos, de prendre contact avec le site Miages-djebels.


Pour commander le livre d’or, prendre contact avec

Comité du Mémorial AFN

Secrétariat.

2 Rue Cécile Vogt-Mugnier

74 000 ANNECY

Tél : 04 50 08 00 20

Livre disponible au prix de 15 €.

Documents joints

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